Mercredi 20 août 2008

L'adaptation d'un roman de Stephen King est une tache périlleuse voire carrément casse gueule. Beaucoup s'y sont frottés, beaucoup s'y sont plantés. Je ne vais pas vous refaire le bilan des bons/contre pas bons mais juste vous signaler un peu en hors sujet la réussite de "The mist" dont j'ai déjà parlé en ces colonnes (y'a pas de colonnes, cherchez pas, c'est juste une expression). Pour en revenir à Chambre 1408, il s'agit donc de l'adaptation de l'une des nouvelles du Maître issue du recueil "Tout est fatal", et bonne nouvelle : ce n'est pas un cuisant échec. Problème : ça n'est pas une réussite non plus ! Ah ben tiens comment ça se fesse ?

Mike Enslin est un écrivain. Brillant par le passé, il ne réussit pas à ré éditer cet exploit, et est devenu par la force des choses enquêteur des lieux où il règnerait une atmosphère surnaturelle voire démoniaque. Cynique, désabusé et profondément dépressif, Mike ne croit pas en ses missions et n'a jamais constaté une seule fois la présence d'un quelconque fantôme. Jusqu'au jour où il reçoit une carte postale de l'hôtel Dolphin, situé au coeur de New York, où la chambre 1408 a une réputation des plus morbides...

Bon ben voilà j'ai annoncé la couleur, Chambre 1408 est un film tiédasse. Or il n'y a rien de pire que la tiédeur, je préfère à la place une bonne grosse daube, au moins ça a de la personnalité la daube. On va commencer tout de suite par ce qui vaut quand même le coup d'oeil : l'interprétation. Samuel L. Jackson en employé de l'hôtel annonciateur de mort est magistral (mais sous employé avec un petit rôle, argh !) et John Cusack est impeccable et fort heureusement, car il figure dans pratiquement tous les plans. Mais on sent qu'il rame comme un taré pour nous tirer de la torpeur le pauvre... Attention pas tout de suite les moments pauvrets !!!! Dans ce qui retient l'attention encore, la première partie du film avec l'installation de l'écrivain dans la chambre maudite (le Diable est censé vivre là dedans ! Rien que lui !), le réalisateur nous titille, titille encore, on sent que ça vient, qu'on va prendre son pied, que ça va être terrible et qu'on va enfin voir une queue fourchue et et et...

Bah rien. Pas d'orgasme de terreur. Frustration. Aigreur. On redevient tout mou de partout. Chambre 1408 c'est comme Brad Pitt qui se pointe la gueule enfarinée une rose entre les dents et qui souffre d'éjaculation précoce : chiant et foutrement décevant. Y'a plus qu'à se faire une tisane et à se pieuter. Donc la seconde partie ne brille pas par son histoire, ni par ses rebondissements qui sont drôlement cousus de fil blanc en plus. A faire pleurer dans les chaumières même et complètement hors sujet. D'ailleurs je ne me rappelle pas que ces effets de suspens et autres ficelles larmoyantes figuraient dans la nouvelle ? Moi elle m'avait faite frissonner la petite, pas comme ce truc planplan là...

Allez je ne vais quand même pas complètement vous décourager, peut être que vous êtes encore plus bon public que moi et que vous ne ferez pas la fine bouche devant ce divertissement, car au final il remplit ce contrat là, c'est un bon film du dimanche soir en gros. Pour la trouille au ventre et les cauchemars nocturnes, allez voir ailleurs (par exemple du côté de La maison du Diable, de Robert Wise tourné en 1964, et toujours aussi efficace le bougre).


par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mardi 19 août 2008


Tourné au début des années 90, bien avant le règne médiatique tout puissant actuel, « C'est arrivé près de chez vous » fit à l'époque - car c'en était une, d'époque - l'effet d'une bombe. Défendu avec virulence et vilipendé avec virulence également, ce film n'a laissé personne indifférent, et est devenu culte instantanément. Qui pouvait deviner presque 20 ans plus tard, qu'il serait le visionnaire d'une société occidentale en pleine déliquescence et en proie à de graves dérives exhibo-voyeuriste via tous les supports de communication existants ?

Une équipe de télévision belge tourne un documentaire sur Benoît, serial killer professionnel. Elle va donc partager la vie quotidienne de ce psychopathe, l'assistant même pendant son « travail », et se rendant complice sous prétexte du tournage, des exactions du tueur...

Bon quand on lit le résumé comme ça, le film a l'air glauque de chez glauque ; d'ailleurs certains spectateurs ont du le prendre tel quel lors du visionnage, alors évidemment dans ces conditions, cela peut engendrer une certaine souffrance voire un dégoût certain. Erreur ! Si vous ne le prenez pas au deuxième voire trente huitième degré, vous risquez de passer à côté de ce monument politiquement incorrect, dénonciateur des travers futurs d'une télé réalité débutante. Les procédés utilisés sont provocateurs, dépassant toutes les limites, avec un cynisme outrancier dévastateur pour peu qu'on se prenne au jeu ; en effet tout le monde y passe : les vieux (mémorable mamie Tromblon !), les gamins, les postiers, les nains, les Maghrébins, le petit Grégory... et j'en oublie certainement !

L'humour corrosif fait mouche dans toutes les répliques, toutes déclamées par un Benoît Poelvoorde au summum de son Art (qui n'a jamais d'ailleurs décliné même dans des films moyens, aux chiottes Lindon), dont le personnage beauf fait de la philosophie à deux balles type Jean-Claude Vandamme, mais qui est transcendé et pris au sérieux par le seul pouvoir de la caméra. Ca ne vous rappelle pas certaines émissions télévisées actuelles ??? Visionnaire en son temps, je disais... Quand on voit certains témoins dans les émissions de Delarue et les sujets de télé réalité ayant dépassé l'océan Atlantique (traque de pédophiles par des personnes utilisant les mêmes procédés que les prédateurs, pose d'anneau gastrique chez des obèses filmés dans leur vie quotidienne...), une seule question se pose alors : à quand « C'est arrivé près de chez vous » sur tous les petits écrans ?

Dans pas longtemps, dans pas longtemps... A méditer (merci monsieur Romero au fait, dans un autre genre) et à ne jamais laisser tiédir, la manipulation médiatique a encore de beaux jours devant elle.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Samedi 16 août 2008


Ah Rambo, sa vie, son oeuvre, son sacrifice du genre humain ! Quel plaisir de revoir sa bonne vieille trogne 20 ans pile poil après ses dernières aventures. Ce qu'il y a de bien avec lui, c'est qu'on peut être sûr d'une chose ; de deux même si on veut pousser le vice plus loin :

1. Pas de place à la branlette intellectuelle,
2. CA VA CHARCLER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

John Rambo coule des jours heureux en Thaïlande sur son bateau, avec pour compagnie des cobras et des pythons (c'est qu'il aime pas s'emmerder avec des poils sur le canapé). Sauf qu'un jour, un médecin et sa blonde virginale, vont lui demander de les emmener en bateau en Birmanie, parce qu'ils trouvent que la guerre c'est pas bien, et qu'ils pensent que les petits nenfants Birmans ont le droit comme tous les enfants du monde à une dentition impeccable et surtout à une Bible neuve. Alors Rambo il va écouter que son grand coeur (et aussi un peu son pénis parce qu'il en pince un peu pour la blonde faut dire) et les conduire là bas. Mais à peine arrivés, le gentil monsieur et sa gentille épouse vont se faire kidnapper par des méchants niakoués pédophiles et violeurs, et là Rambo, ça va lui faire moyen, faut pas déconner nan plus...

Promesses tenues !!!! John Rambo c'est pas un film à taffioles hein ! Et vaut mieux pas non plus être Birman et susceptible, parce que là vous ne passerez pas un bon moment... Sinon, pour peu qu'on soit un peu dérangé de la cabioche comme moi, ça peut le faire. D'abord on a affaire cette fois à un Rambo qui a mûri, qui a peut être même suivi une psychothérapie allez savoir, et qui pense dans sa tête : il réfléchit fort qu'en fait, la guerre c'est pour les gens comme lui qui aiment voir le sang couler (je rigole mais là il a pas complètement tort), et que personne ne se bat réellement pour son pays.

Et là subitement on sent que ça lui manque grave de défourailler les méchants caricaturaux. Le plus drôle, ce sont les interventions de nos deux évangélistes aux dents blanches, qui pensent eux tout le contraire de façon pas très lucide, car le médecin en question après que Rambo ait sauvé sa dulcinée d'un gang bang asiatique en atomisant la tête des futurs violeurs avec un gros calibre, trouve le moyen de lui dire : "mais qu'est-ce que vous faites ?? Nous sommes là parce que nous sommes contre la violence, et vous, vous les tuez en pensant faire bien ! Je vais être obligé de le signaler !!!!". Au lieu de lui dire merci comme tout le monde... A se pisser dessus de rire !

Enfin le tout est tellement caricatural et tiré par les cheveux que tout pacifiste qu'on soit (je ne parle pas de moi hein, moi je dis vas y Rambo, TUE LES TOUS !!!!), on prend un malin plaisir vengeresque à voir l'armée d'occupation se faire laminer la tronche à coups de lance roquettes dans le cul. Et vraiment faut pas chercher autre chose dans ce film là : que du gore en gros plan avec des corps sectionnés de partout (allez-y de ma part !!!), et de l'action bourrine comme dans un bon vieux rital des années 80. Ne cherchez vraiment rien d'autre, sinon ça va beaucoup vous énerver...

Et Rambo faut pas l'énerver, non non, vaut mieux pas...

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Jeudi 14 août 2008

C'est complètement par hasard que je suis tombée sur ce petit film là, et que pour une fois je n'ai pas eu besoin de retourner au groupe de désintoxication pour amateurs de daubes malgré le fait que je cherchais bien les emmerdes avec le pitch ci-dessous. C'est d'ailleurs ce qui m'a hautement alléchée de prime abord :

Au Canada, des Rangers organisent régulièrement des sessions de réinsertion dans les bois pour des jeunes ayant eu maille à découdre avec les autorités. Mais ce dont personne ne se doute, c'est qu'un tueur en série ayant commis de nombreux viols et recherché par toutes les polices, usurpe l'identité de l'un des accompagnateurs... Quand en plus la Nature s'en mêle, les promesses de massacre sur des jeunes cons à bouffer du foin, se révèlent nombreuses !

Le réalisateur m'est complètement inconnu (Tom Skull) et peut être vaguement ai-je entendu parler de cette oeuvrette via les Notules lunaires de notre déjanté San Helving. Peut être, je ne m'en rappelle même plus. En tout cas ce qui est certain, c'est que mon cerveau avide de stupidités décérébrantes avant d'attaquer les gros morceaux du week-end (Solitaire, la Terza madre...), a vite fait l'équation « abrutis de jeunes citadins aux casiers judiciaires chargés + bois bourré de bébêtes + Grizzly du titre + serial killer = Vendredi 13 en puissance et buffet de barbaque à volonté » !!! Et ma foi j'ai été servie sur plusieurs points, mais pas forcément ceux auxquels je m'attendais.

Tout d'abord voir un film canadien en version originale est un vrai bonheur. Là bas par exemple ils disent « bon matin » au lieu de « bonjour », y'a des « R » qui roulent joyeusement, et quand un des rangers voit le tueur débarquer avec une chemise maculée de sang, il lui dit tout simplement « faut que tu changes de camisole mon gars ! ». De la pure truculence ! Ensuite le film ne se prend pas au sérieux une seule seconde, et ne respecte aucun des codes du genre. Le tueur sert effectivement de prétexte puisqu'il n'officiera que pendant un tiers du film, cédant sa place à un bien plus gros prédateur, voire plusieurs même, car la Nature est extrêmement sauvage par là bas ! Ici pas de vierge effarouchée rescapée du massacre, mais un retournement de situation pas piqué des hannetons et hilarant au possible !

Le réalisateur s'en donne à cœur joie dans les gags énormissimes, casant même un costume de grizzly avec sa grosse tête, dans l'un des sacs à dos des jeunes ! Complètement idiot mais jouissif dans la régression infantile, tout comme l'avant dernier plan final révélant le suspens éminemment primordial sur l'état siliconé ou non de la poitrine de Bibi (il y a aussi une Kiki dans le film, manquait plus que l'oncle Donald), ayant donné matière à penser aux mâles tout le long de l'histoire.

La conclusion est plutôt cruelle avec quelques relents de « Justicier dans la ville » (mais en moins facho et en plus fun rassurez-vous), puisque la seule supposée oie blanche du lot va payer chèrement sa personnalité manipulatrice. Bref une bonne surprise que ce Grizzly Park, dont il ne faudra pas attendre grand-chose néanmoins si on ne veut pas être déçu du voyage : laissez votre sens critique cynique et votre recherche de cohérence au vestiaire, et activez votre 38ème degré, vous verrez c'est meilleur que certains slashers en activité (voire passés, n'est-ce pas mon Jasounet d'amour ?), et en plus y'a du mixage avec Dumb et dumber !

Have fun !




par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mardi 12 août 2008


Attention ça va charcler... Hier soir j'ai regardé un film qui m'a foutue dans un pétard noir, comme jamais il me semble, sans même que je sois en période prémenstruelle, c'est dire. Frontière(s) ça s'appelle, et devinez de quelle nationalité c'est ? Je vous donne un indice : depuis la création du 7ème Art, ce brillant pays n'a réalisé qu'une dizaine de films de genre dignes de ce nom. Toujours pas ? Z'êtes trop gentil je vois que ça... Bon y'a Samuel Le Bihan et Estelle Lefebure qui "jouent" dedans ? C'est produit par Luc Besson ??? Ayé vous les situez ???

Second tour des présidentielles en France, un candidat d'extrême droite se retrouve à la tête du gouvernement. Des émeutes éclatent dans le pays, et un petit groupe de braqueurs en profite pour se faire du blé vite fait, avant de partir en exil à Amsterdam. S'arrêtant dans un hôtel à la frontière française, les djeuns n'ont pas prévu de tomber dans l'antichambre d'une famille de cannibales nostalgiques du 3ème Reich...

Dès les premières minutes j'ai senti que ça puait du cul cette affaire là. Générique pataud lorgnant vers "L'armée des morts" mais sans Johnny Cash, clichés sur la banlieue (la caillera qui parle à la zyva), symboles lourdingues, dénonciation maladroite du climat politique actuel, interprétation hasardeuse, tout cela inaugurait un véritable plantage. Mais comme j'ai réussi à regarder Prom night jusqu'au bout - pour ne nommer que celui-là - pourquoi ne pas tenter le coup avec ce film là aussi ? Après tout ce n'est pas tous les jours que notre beau pays peut se targuer de produire une oeuvre a priori déroutante rien que dans son pitch.

Sauf qu'au tout début j'ai reconnu la société de production bessonnienne, là j'ai franchement blémi.

Mais bon. Laissons-lui une chance !!!!!

Que nenni j'aurai du. J'ai tellement été abasourdie par l'interprétation lamentable de quasiment tous les "acteurs", que je n'ai pas pu un seul instant profiter de ce qu'il pouvait y avoir de bon dans le film : c'est à dire en très très gros une très belle photo (la scène entre Yasmine et Eva, avant qu'elle lui coupe les cheveux, rappelant un certain Balaguero dans "A louer") et une volonté très prononcée du réalisateur de rendre hommage au genre via des effets jusqu'aux boutistes dans le gore et la caricature outrancière, ainsi que des clins d'oeil multiples à ses oeuvres phare. Xavier Gens a d'ailleurs tellement été inspiré que l'indigestion d'hommages frôle le plagiat : tout en effet transpire la saga de Massacre à la tronçonneuse, entre autres (citons aussi les oeuvres de Rob Zombie).

Voilà. Point. Stop. Et la suite ? Comme je le disais, je crois que je n'ai JAMAIS vu un tel plantage dans le casting et l'absence flagrante de direction d'acteurs, même dans les bisseries les plus Z de ma carrière de spectatrice. J'en viens à regretter le casting réuni de Prom night, Dérive mortelle et Cannibal holocaust !!!!! Rien à dire sur Samuel Le Bihan, il est comme d'habitude, rustaud et borborygmant quelques mots comme s'il venait d'apprendre à parler. Estelle Lefebure est pathétique dans son imitation à deux balles de la divine Sheri Moon Zombie, on ne croit pas un seul instant à son jeu sensuel bas du front censé nous impressionner ; idem pour Maud Forget, inconnue au bataillon, improbable Amélie Poulain de la famille de bouchers, faisant des tonnes de mimiques débiles soi disantes propres à son personnage (une neunette séquestrée dans son enfance par l'ersatz de Goebels). Les palmes du grotesque reviennent néanmoins à Jean-Pierre Jorris, outrancier dans son rôle de nazi sur le tard, et surtout à Karina Testa - actrice prometteuse selon certaines sources - ayant deux expressions en tout et pour tout à son palmarès à futurs Césars : l'hystérie et la catatonie. Le final est ubuesque à tous les points tellement la malheureuse est livrée à elle-même,  pas crédible ni subtile pour deux sous, elle nous gratifie  (attention je cite*)  "d'une splendide démarche de canard sodomisé, le tout accompagné de hochements de tête débiloïdes" ; elle doit venir du cours Florent la petite, à n'en pas douter. Vous trouvez que Nicholson ou Cage en font des caisses dans le cabotinage ? Matez Frontière(s) et vous réviserez votre jugement !

C'est lamentable ! Encore une fois, Besson en produisant ce petit chef d'oeuvre du pathétique, nous prouve son penchant pour les héroïnes hystériques morveuses et baveuses, se mangeant des baffes par des musclors surdimensionnés, quand elles ne plongent pas toute bouche ouverte dans la merde de cochon ; belle image cinématographique de la femme, on est bien loin malheureusement des héroïnes à la Sarah Connor ou Ellen Ripley. Je ne vous parle même pas des allégories pachydermiques censées faire passer des messages hautement intellectuels ou des incohérences scénaristiques ; ben si en fait je vous en parle : le Christ crucifié dans plusieurs plans, la Beurette soumise à une union forcée, la pluie purificatrice dans un final hystérique et sanglant, Eva mère d'enfants plus âgés qu'elle... et puis merde tiens, je vais arrêter là mon appréciation et vite oublier ce nouveau plantage à la française, en terminant au choix ou par l'accroche putassière de l'affiche "il y'a des limites à ne pas franchir" ou par un extrait de dialogues du film, qui en quelques mots en dit bien long sur le métrage, et en fait la meilleure conclusion :

- "Mais où est-elle ?"
- "Dans ton cul, sale nazi !!!!!"

*La citation vient de EBE dans le forum Mad Movies consacré à ce magnifique film.
par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Dimanche 10 août 2008
« Doberman » avait fait en son temps fortes sensations chez les fans de genre hexagonal. C'était le temps des Kassovitz, des Gans, et une lueur de renouveau, que dis-je de nouveau tout court (à part Les yeux sans visage de Franju, que dalle de notable sous le soleil fantastique franchouillard ; rappelez-moi la date de production de ce bijou noir d'ailleurs ???) pointait au bout du tunnel du néant intersidéral de la créativité fantastique mad in France. Fâcheuses illusions d'ailleurs, puisque les frais élus prometteurs ont eu vite fait ou de payer les fours d'un milieu « artistique » masturbateur pas encore prêt à cette mutation, ou de s'exporter dans des contrées plus chaleureuses dans ce domaine, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs.

Jan Kounen avec « Doberman » faisait partie de ceux-là. Le gars a eu d'ailleurs beaucoup de mal à rebondir après cette œuvre-ci, et encore plus après « Blueberry », véritable échec commercial. Qu'est-ce qui a fait que Kounen a donc été choisi pour réaliser l'adaptation du best seller de Beigbeder, méga production, avec dans le casting l'une des stars nationales les plus plébiscitées par le public ? A priori mystère.

Octave Parengaut est un publicitaire renommé, ultra cynique, cultivant un parisianisme méprisant, en symbiose toutefois avec les compétences requises pour son poste, puisque dans ce domaine il s'agit de plumer le plus de monde possible tout en les manipulant dans le bon sens du poil. C'est aussi un capricieux narcissique, arrogant, immature et pisseux, toxico à l'adrénaline, celle-ci étant favorisée par moults substances illicites qu'il se met régulièrement dans le pif... Largué par sa petite amie enceinte de ses œuvres, Octave prend subitement conscience du vide de son existence...

Après visionnage, on comprend pourquoi Kounen a été choisi pour tourner le film : à l'image de « Doberman »,  « 99 francs » ressemble fort à une bande dessinée animée (et pas un film d'animation fluide, nuance !), où les personnages subissent des traitements infligés par un Tex Avery sous ecsta aux manettes. La réalisation est brillante et découpée en vignettes psychédéliques, mais cette qualité évidente est contrecarrée par... elle-même. En effet, Kounen ne raconte pas une histoire, mais peint plutôt avec une large palette de couleurs saturées, une succession de saynètes sans vraiment de cohérence les unes avec les autres. Qui ressemble fort d'ailleurs au découpage du roman, dont on a beaucoup de mal, plus d'une décennie plus tard, à restituer le contenu du livre. Le film est-il fidèle au roman ? De quoi parle le livre au final, à part le pétage de plombs d'un publicitaire cynique ? Difficile de le dire !

Beigbeder dans « 99 francs » et Kounen dans son adaptation cinématographique, ne racontent pas une histoire académique avec un début et une fin, mais dépeignent avant tout un univers cynique sous Prozac avec une furieuse virtuosité, un peu comme Terry Gilliam en son temps avec « Las vegas parano ». C'est visuellement riche, coloré, épileptique, mais globalement froid et sans âme.

Vide de toute substance.

Pour mieux dénoncer nos sociétés occidentales buveuses de Coca et les consommateurs bêtes à bouffer du foin que nous sommes ?

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mercredi 30 juillet 2008


- Bonjour, je m'appelle Suzy, et je suis quelqu'un de très influençable.

- Bonjour Suzyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !


- Alors voilà je vous explique mon problème, mais j'ai tellement honte...

- Non Suzy, parle, ça fait du bien d'évacuer ses difficultés, c'est la voie de la guérison !!!


- Bon allez je me lance... en fait dès que je vois une jolie affiche et certains mots clés dessus, je n'ai qu'une envie : voir le film, même si je sais d'instinct que ça va être une grosse daube, ben j'y vais quand même, je ne peux pas m'en empêcher, c'est comme une drogue, une pulsion incontrôlable ! Aidez-moi ! Je vous en supplie !!!!

- Mais à quand remonte ton dernier navet ?

- Ben c'était aujourd'hui en fait... mais ça dure depuis plusieurs jours, j'ai vu 2 films tout pourris dernièrement tout ça parce qu'il y avait "diable" et "mortelle" dans les titres... oui je sais, je suis faible, je sais que c'est pas bien mais je le fais quand même, je suis impardonnable !!!!!

- Raconte comment ça s'est passé précisément...

- Alors Prom night c'est l'histoire de puceaux lycéens qui vont à leur bal de promo. Parmi eux y'a Donna, qui a vu toute sa famille décimée par un maniaque amoureux d'elle. Elle voit une psy et tout et tout, et celle-ci arrive à la convaincre de vivre sa vie de jeune gourdasse décolorée comme si de rien n'était. Alors la Donna elle va à son bal de promo avec son Ken de service, même qu'il est comme deux ronds de flanc quand il la voit descendre les escaliers de la maison familiale en robe beige. D'ailleurs on dirait que dans les pavillons américains, y'a des escaliers exprès pour que les blondasses elles fassent leur show avant de perdre leur pucelage sur la banquette arrière d'une Pontiac. Ah oui y'a un truc dont il faut que je vous parle aussi, je peux pas m'empêcher de dire du mal de tout le monde, c'est fou ça, je suis mauvaise, mais alors mauvaise !!!!!

- Vas-y parle, tu es sur la voie de la rédemption, Dieu te pardonnera lui, il n'est pas trop tard !!!!!

- Ca me rassure là, je ne suis qu'une méchante pécheresse ! Bon je continue avec le film, enfin avec le truc là... alors comme de bien entendu, le psychopathe il va s'évader et va pourrir le plus beau jour de la viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie - mariage mis à part cela va sans dire - de toute la clique de jouvenceaux qui sont venus là pour s'éclater avec une maousse limousine à papa, et surtout gagner le concours de la reine et du roi de promo. C'est pas bien !!!!!!!!!!!!!

- Oh non c'est pas bien !!!!


- Le pire c'est que des scénars comme ça y'en a eu d'autres (un certain Carrie d'un réalisateur inconnu par exemple), mais alors à chier à ce point, c'est pas humain là... Le casting est bête à bouffer du foin, les poufs elles gloussent non stop et se maquillent toutes les 10 minutes, la Donna en question elle est tellement bêtasse que pendant une alarme d'urgence, elle prend l'ascenseur pour aller chercher son sac à main et l'écharpe de sa mère au 3ème étage... Bah oui elle avait le nez qui brille la pauvre... Donna, pas la mère hein, elle a plus de nez l'autre dans son cercueil... faut encore que je vous avoue un truc... c'est pire que tout...

- On t'aime Suzyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !!!!

- Pas sûre après une confession pareille... bon allez je me lance... j'en peux pluuuuuuuuuuuuuuuuus, faut que je le dise. Des fois, j'ai envie que les gens meurent. Pas les vrais hein (quoique ?) mais dans les films, quand ils sont comme des burnes, je rêve à des tortures suivies d'une mise à mort carnassière... c'est pas bien !

- ...

- allez je continue, je suis lancée, ça me fait un bien fou, merci de m'écouter les gars !!!!!! Le pire quand même dans l'histoire, c'est qu'il n'y a absolument rien à racheter, rien je vous jure. Les abrutis de jeunes ils sont tués comme si le psychopathe avait signé une charte de respect à Amnesty International, et le taré justement parlons-en, il pourrait racheter le film, bah non même pas, il a le charisme d'une endive le con. Et le réalisateur il a pompé plein de scènes au "Silence des agneaux", et il essaie de faire stïïïïle dans sa mise en scène, genre ouh qu'elle est belle cette poignée de mains. Alors vous attendez une bonne scène de cul à vous mettre sous la dent, comme dans tous les Vendredi 13 : là aussi ceinture, ils fichent même pas la langue quand ils se bécotent, alors que pourtant à cet âge là les hormones travaillent grave et les gars ils rêvent que d'enfourner leur grosse...

- arrête Suzy, on fait une pause !!!! Respiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire !!!!

- Non non non je peux plus, faut que je dise tout TOUT !!!!!!!!!!! J'ai autre chose à avouer...

- Encore ????????????? On en garde un peu pour la prochaine séance ????

- J'arrête pas de dire du mal des blondes aussi. Je comprends pas pourquoi, j'ai des amies qui sont blondes, et l'actrice que je préfère au monde elle aussi elle est blonde :


Enfin des fois elle l'est. Alors ??? Vous croyez que ça va s'arranger ? Je me sens mieux, hein ça commence à faire de l'effet les groupes de parole de désintoxication !!!!!

- hé bien euh... peut être, on va d'abord vous prescrire 158 séances de groupe à 125€ après on verra ce que ça donne hein...

- Ah ! Parce qu'il y a le dernier Argento qui sort et là je sens comme une pulsion d'acheter le DVD métallique en technicolor à 859€, et de ne plus avoir du tout de vie sociale, même si à Mad ils disent que c'est nul à pleurer ??? Je sens la rechute, aidez-moi !!!!!

- ... le numéro que vous demandez n'est plus attribué... tududute...

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Lundi 28 juillet 2008


Dérive mortelle fait suite à "Open water" que je n'ai pas vu, parce qu'il fait encore passer les requins pour des vilains mangeurs d'homme, et pis surtout parce que j'ai lu plein de critiques disant que c'était ultra chiant et ultra con. Alors pourquoi j'ai vu sa suite me direz-vous, petit emmerdeur errant sur ma toile ? PASSKE !!!!!!!!!!!!!!!!! Depuis quand je dois me justifier moi d'abord ???

Donc un groupe d'anciens camarades de lycée part pour une virée sur un yacht. Ils ont pris de l'âge mais ils n'ont pas profité des effets de la maturation pour gagner des neurones. Dans le lot il y a une mère de famille avec un poupon de 6/7 mois je dirai à vue de nez (vous verrez ça a son importance le chiard plus tard. Oh ça rime !), plus les sempiternels abrutis dignes d'un survival en pleine mer. Mais pourquoi dis-je abrutis là tusuite ? Passke !!!!! Non en fait il faut 5 minutes chrono pour s'apercevoir du néant intersidéral qui réside dans leur boîte crânienne, et bon sang ne saurait mentir, au bout de 20 minutes de métrage à peu près, ils commettent THE boulette : oublier l'échelle qui permet de regrimper dans le yacht. Oh ben c'est ballot tiens ! Donc les vlà tous à la flotte, et sur le bateau il n'en reste qu'une mais qui ne pourra pas être d'une grande aide aux adultes même si elle est probablement plus intelligente que tous les naufragés additionnés : la môme...

Oh ben on dirait à mon ton subtil que je n'ai pas aimé le film ? Je suis vraiment méchante, y'a pas à tortiller. Bon allez je vais plaider ma cause : rarement je n'ai vu autant d'imbécillité concentrée en 1H40, tout ça pour justifier les grosses ficelles scénaristiques tenant cahin caha le film pendant tout ce temps. Sûre que si le QI était à la hausse sur le yacht, le film aurait duré 20 minutes à tout casser, alors faut vraiment cautionner toutes ces conneries donnant une piètre image de l'espèce humaine. Pour un peu on se surprend à attendre sadiquement la venue des grands squales pour délivrer le spectateur, on leur en aurait pas voulu ce coup ci de boulotter de la viande à deux pattes, ben non même pas, pas un aileron à l'horizon, que dalle. Les acteurs sont lamentables, les dialogues sont lamentables, le scénario hum-hum tient sur le string de la blondasse de service, enfin en un qualificatif c'est : AFFLIGEANT. Vous voulez des exemples ? Au lieu de chercher à s'en sortir, la blonde bête va se mettre à prier, elle qui habituellement serait plutôt du style à choper des chtouilles en boîte tout en vomissant ses 4 grammes d'alcool. Là elle se rappelle que Dieu peut être existe, et pourrait lui venir en aide si elle est très très gentille (effectivement elle l'est, très très gentille, mais n'empêche elle va quand même crever, oups spoiler !) ; alors un autre crétin de philosopher sur l'existence de Dieu et patati patata. Autre exemple : le bêtaud qui a oublié l'échelle en sautant (soi-dit en passant, c'est l'acteur qui joue le très canon chirurgien esthétique dans Grey's anatomy) faut préciser quand même, s'est balancé à la flotte avec une aquaphobe, la seule qui aurait du rester à bord normalement. Et leur venir en aide.

Respire.

J'en ai encore : à un moment un téléphone portable sonne. Un gars réussi à le topper (quand ça arrange le scénario les bras peuvent être longs et attraper des trucs à bord, si si) mais bien sûr l'hystérique de service trouve le moyen de l'arroser copieusement, et le gars of course, ne vérifiant même pas s'il est hors d'usage, qu'est-ce qu'il fait ? Ben il le balance à la flotte normal, vous feriez pas pareil vous naufragé en pleine mer en plein cagnard ? Non vous feriez pas pareil ? J'ai une bonne nouvelle pour vous : vous n'allez pas mourir !!!!! Enfin pas tout de suite. C'était l'acte le plus stupide de toute l'Histoire du cinéma, avant c'était le jet de carte dans la rivière dans "Le projet Blair witch", maintenant il est détrôné. Largement. Bon j'arrête là, parce que franchement et sans aucune exagération méditérranéenne de ma part, le "film" est plein de stupidités incohérentes dans ce genre et à la fin c'est très très énervé par autant de médiocrité, que l'on arrête le visionnage pénible de cette pellicule là. Même dans les slashers les plus bêtauds, je n'ai jamais assisté à autant de bêtises prétextes à un film qui n'aurait jamais dû exister finalement, l'hydrocution aurait dû éliminer tous les protagonistes au bout de quelques heures seulement.

Stupidissime.


par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Vendredi 25 juillet 2008

De temps en temps je visionne des trucs comme ça pour savoir ce que regardent les gens normaux, c'est un genre d'expérimentation en laboratoire si vous voulez. En plus Florence m'a dit que c'était le film qu'elle voyait en boucle en ce moment, donc ça m'a franchement interpellée (elle est pas vraiment normale non plus la petite, c'est un peu mon pendant cinématographique à l'extrême, elle aime bien les comédies sentimentales en robe de mariée ; mais elle a des péloches nécrophiles aussi hein donc vous en faites pas trop pour elle). Je l'ai vu donc. Et comme je m'y attendais, ben... Florence détourne les yeux de cet écran, va y a voir des gros mots et ça va charcler grave.

C'est que je voudrai pas être impardonnable encore, et blesser ton petit coeur tendre.

Andréa vient d'obtenir son diplôme de journaliste dans une école prestigieuse, et cherche du travail à New York. Elle se fait embaucher dans le magazine de mode luxueuse Runway et devient l'assistante de Miranda Priestly, patronne tyrannique et imbuvable...

Bon par quoi je commence ? Et bien en fait ce film ressemble à toutes les comédies sentimentales que j'ai pu voir jusqu'à maintenant (hé vous foutez pas de moi, c'est histoire de comprendre l'être humain toujours !!!), du coup j'ai deviné sans grand mal, tout ce qui allait se passer. Alors au début la fille très intelligente, un peu popote avec sa taille 6 (je ne connais pas l'équivalent en français, mais ça doit pas être énorme, genre 38 ou 40) méprise ouvertement le monde léger et superficiel de la mode. Pis au fil du temps elle va prendre plaisir à se ballader avec un sac à main à 1600€ (moi pour le même prix je passe un mois à Florence, et en plus je rends la monnaie, mais bon respectons les priorités des autres) et à se saper grave branchouille que tout le monde même Miranda ne la regarde plus de la même façon. Ca s'appelle avoir de la personnalité et s'affirmer, si si. Alors forcément ses anciens amis un peu pareils qu'elle avant sa transformation, ne vont plus la comprendre et ça va friter grave avec son petit ami, qui l'aimait bien comme elle était avec son pull bleu cyrulléen. Ou cyrillien. Enfin je sais pas le nom de la couleur, je sais écrire Nazareth mais pas cyrumachin-bleu.

Oh pis tiens je suis bien lancée, je vais vous raconter la fin. Alors Andréa elle va découvrir le monde merveilleux et rutilant de la mode, et même se faire aveugler par tout ce strass à 10 000 $ le caillou, perdre encore 2 tailles, et oublier la personne qu'elle était à l'origine et chier sur la faim dans le Tiers Monde, elle la grande reporter en herbe, oué c'est pas beau mais je vous rassure à la fin elle va retrouver son âme, parce que Miranda lui aura dit : "on se ressemble beaucoup toutes les deux", alors bonjour le modèle de référence hein, c'est pas joli-joli. Elle va recoucher avec son petit ami, décrocher un job honorable, bref ne plus flirter avec ce monde de vipères superficielles en Gucci.

Bon je vais pas être peau de vache complètement, ce film est divertissant avec ces grosses ficelles et voilà c'est tout ce qu'on lui demande au final. Moi j'ai d'autres formes de divertissement préféré c'est tout, comme imaginer des têtes qui explosent ou des répliques qui tuent de la mort, ou encore regarder des films où les gens se font amputer avec un petit couteau à beurre parce qu'il y a un truc non identifié qui vit à l'intérieur. Et puis on peut remercier "Le diable s'habille en Prada" d'avoir ouvert la voie à de vraies saloperies sur escarpins comme Patty Hewes dans Damages (l'histoire est quasi calquée sur ce film) ou encore Lucy Spiller dans Dirt. Certes Meryl Streep est très bonne, mais pas dangereuse ou vénale pour un sou franchement... Même pas peur !

Diable est nettement usurpé comme terme pour définir ce genre de personne... le mien à moi de diable déambule en chemise de nuit tachée de vomissures, s'enfonce des crucifix dans la foufoune, et a des répliques autrement plus périlleuses que "ouh il y a des freesias à proximité, je n'aime pas les freesiaaaaaaas". Non la mienne de diablesse, elle serait plutôt du genre à éructer "ta mère suce des queues en Enfer !!!!!!!!". Tout est une histoire de référence !




par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mardi 22 juillet 2008

Je ne sais pas si quelques fois vous vous demandez, en matière artistique, si tout cela aura une fin ? Arrivera t'on jusqu'à la fin des temps à trouver des nouvelles mélodies, des nouveaux styles littéraires, des nouveaux scénarii... ? L'Art est-il inépuisable et sans fonds ? Vous avez deux heures pour rendre votre copie. J'ai vu des tonnes et des tonnes de films fantastico-goro-épouvantables d'horreur, et encore, certaines époques me sont totalement inconnues (des années 30 à 65 je dirai, à vue de nez) même si je crois avoir entr'aperçu leurs fondamentaux. Toujours et parfois des dizaines de fois par an, je suis surprise. Agréablement surprise cela va sans dire. Je me rends compte que des thèmes paraissant éculés et surtraités (les films de vampire, de loup-garous, de zombies, de revenants, de démons, de bébêtes de l'espace, etc etc amen) retrouvent une nouvelle fraîcheur grâce à des réalisateurs (et parfois des écrivains) tout frais, et parfois pas. Je citerai en vrac le renouveau des zombies par les "28" quelque chose (Boyle puis Fresnadillo), des hommages de films de genre (Wright ou Marshall), des histoires de revenants (Balaguero, Del Toro, Bayona et toute la clique espagnole) ou encore des vampires (euh juste Slade mais alors quel sang neuf !). J'ai dit en vrac, donc je vais arrêter là ma liste non exhaustive.

Et puis "Les ruines" de Carter Smith est arrivé. Pas excessivement révolutionnaire mais assez atypique pour être souligné. Rendons lui hommage.

Un groupe de djeun's à Cancun pratique joyeusement le Sea Sex and Sun, le tout arrosé d'alcool sans ça la fête est plus folle. Ils décident le dernier jour de leurs vacances, de rejoindre le frère de l'un d'entre eux, archéologue et actuellement sur le site d'une pyramide inconnue des guides touristiques. Arrivés sur place avec les moyens du bord (en taxi, qu'il faut rappeler pour le retour sauf qu'il n'y a qu'un seul portable qui capte...), paumés dans une jungle hostile, le petit groupe va faire soudain connaissance avec les autochtones, pas franchement accueillants : ils abattent l'un d'entre eux et séquestrent les vacanciers sur la pyramide. Ces derniers ne vont pas tarder à comprendre le comportement des habitants du coin et faire face à un Mal des plus sournois...

Loin des sentiers de torture gratuite foisonnant sur les écrans ces derniers mois et voués à une disparition certaine, "Les Ruines" ne manque pourtant pas de cruauté à l'égard de l'espèce humaine (qu'est-ce qu'ils morflent par les temps qui courent nos concitoyens ! Pas de trêve estivale !). Ici pourtant point d'humains tuant des humains, mais le Mal qui s'insinue dans la chair et les esprits des protagonistes prend des airs de revanche millénaire, puisque c'est dame Nature qui reprend justement, mais sadiquement, ces droits sur la toute puissance arrogante de nos chers êtres imberbes à deux pattes. Les joyeux vacanciers légers et insouciants, américains pour la majorité, vont bientôt se rendre compte qu'ils sont seuls au monde, abandonnés par tous, très éloignés du confort de vie occidentale auquel nous sommes pour la plupart accros : pas de McDo ni de bouteille d'Evian à l'horizon, pas de bains à remous ou d'antiobiotiques, et encore moins de Wifi ou de sauvetage via satellite par l'US Air force. Là bas dans ce désert vert, c'est la jungle qui commande et qui assène son droit de vivre ou de mourir.

Surtout ce dernier d'ailleurs. La Nature se propage tel un cancer, et les moyens pour la contrer sont dérisoires et vains : il faut voir les personnages gangrénés peu à peu par cette lèpre verte, s'automutiler de façon désespérée, ou encore improviser une opération d'amputation des deux jambes sans aucune anesthésie et avec un petit couteau de fortune... Sinistre et profondément cruel ! Mais encore une fois pas de surenchère gratuite dans ses actes de dépeçage, le réalisateur ne se lance pas dans le voyeurisme flatteur du gogo en mal de sensations fortes, mais sert ainsi totalement la cause de ce Diable Vert mangeur d'humain. Et franchement il n'y a rien de jouissif dans ces mises en pièce là, à moins d'être une plante verte délaissée en pleine canicule pendant les vacances !

REVENGE DE LA CHLOROPHYLLE !!!!

En tout les cas, "Les ruines" vaut vraiment le coup d'oeil, pour peu qu'on ne soit pas trop sensible tout de même... et Carter Smith fait partie désormais des jeunes réalisateurs à suivre.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur

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