Lundi 10 mars 2008

Il y a un truc qui continue à m'effarer et à me mettre dans un pétard tout rouge, c'est la tendance à vêler de certain(e)s de mes congénères - par vêler j'entends se comporter comme un gros veau -  et il faut même croire que pour certains c'est pour la vie, et ce jusqu'à l'abattoir. C'est effarant de mammiférité (ça existe pas comme mot mais ça devrait je trouve, et pas seulement parce que c'est moi qui l'ait pondu !). Alors aujourd'hui parlons des veaux qui prennent le bus, j'ai une sacrée expérience dans ce domaine là (pas dans le veau, dans le bus ! On est peut tous être le veau de quelqu'un, mais là quand même !).

Voilà monsieur le Juge. Je prends le bus matin et soir, matin pour aller au boulot, soir pour en repartir, jusque là tout va bien. Le matin je prends une ligne qui s'arrête aussi devant la fac de droit (que nous appelerons Bus 1),  MAIS - c'est là que ça se complique - y'a une autre ligne (Bus 2), qui fait EXACTEMENT le même trajet jusqu'à l'université et après leurs chemins se séparent. Je ne peux pas prendre le Bus 2 car il ne va pas jusqu'à mon travail que j'aimeuh et que j'adoreuh, mais par contre les blaireaux d'étudiants espoirs de notre belle nation, EUX peuvent prendre les deux. Eux. MAIS il existe chez eux une forte propension, et peut être même qu'il y a des cours magistraux à ce sujet, à se comporter comme des veaux dans une prairie ou comme des sardines en boîte c'est selon, mais comme j'aime trop les sardines je ne les insulterai pas.

Inévitablement le blaireau d'étudiant qui va gentiment avec son petit cartable en cuir et sa tenue bleu marine kaki à la fac de droit, prendra le Bus 1, moins fréquent, plus petit, très très encombré le matin du fait de l'accumulation de bovins à l'intérieur, au lieu d'attendre tranquillement le Bus 2 JUSTE DERRIERE à une minute près, TRES SPACIEUX, TRES CONFORTABLE AVEC PLEIN DE SIEGES DISPONIBLES ET QUI PUE PAS A L'INTERIEUR, ET QUI SUIT LE MEME TRAJET BORDEL. C'est comme ça, c'est déterminé génétiquement, quand t'es un veau tu te comportes comme un veau, le veau c'est plus fort que toi. Le Bus 2 il est collé juste derrière le cul du Bus 1 mais non NON NON ce serait trop simple, vaut mieux se tasser les uns contre les autres, nez contre aisselle, haleine de phoque édenté contre bottes de poireaux frais du marché, plutôt que de faire 2 mètres, 2 PUTAIN DE METRES, et voyager tranquille en première classe.

Dans le Bus 2. 

Et ce qui confirme ma belle théorie comme quoi la détermination bovine a de beaux jours devant elle jusqu'à ce que mort s'ensuive, c'est la nette tendance de nos chers seniors a répéter exactement le même comportement. Ils ont du aller à la fac prendre des cours eux aussi, et c'était pas en option faut croire. Hier à la télé, le bulletin météo annonçait des rafales de vent et un avis de tempête sur toute la côte ouest mais également dans les terres - notre département était concerné - et les géniaux présentateurs de placard de donner des conseils : "restez vigilant, ne sortez que si c'est important, blablabli blablabla" (NB : je précise aux futurs esprits moqueurs qui me serinent tout ça parce que j'ai envoyé UN sms de Florence pour évoquer un bel orage, QUE DES FOIS je regarde la météo parce que quelqu'un m'a piqué la télécommande et menace de cuire ma lapine Rustine comme Glenn Close dans Liaison Fatale si j'essaie de la récupérer, la télécommande). Ce matin donc itou à la radio, annonce d'un vent à écorner les veaux dis-donc, 110 kilomètres à l'heure au moins.

Au moins.

Vous connaissez un vieux qui regarde pas la météo vous ? Moi pas. Des fois qu'il y aurait la guerre, sait-on jamais, et qu'il faudrait stocker du sucre. Je vous le donne en mille, kiséki a pris le BUS 1 bondé ce matin, de bon aloi, alors qu'il était même pas 9H30, hein, kiséki ? Ben on va dire deux femmes entre deux âges, plus jeunes mais pas complètement très vieilles non plus (genre 75 ans bien tapés), qui au péril de leur vie et de leur col du fémur ont quand même décidé de faire les soldes au Damart. C'est ce qu'on appelle profiter de la vie à 100%, ça donne envie d'être à la retraite tiens. Dehors y'avait des ardoises qui volaient, des parapluies qui faisaient parapente en plein centre ville devant des voitures qui avaient du mal à tenir une trajectoire droite, mais non non non, les deux braves elles ont décidé de fuck la life et de faire comme au bon vieux temps où elles travaillaient : se lever tôt alors qu'on a rien à foutre de la journée et que dehors c'est la petite apocalypse. C'est vrai quoi pourquoi changer ses petites habitudes et se la couler douce devant un bol de chocolat chaud à 11 heures du mat', alors qu'on peut mettre le réveil à 7 heures et affronter les éléments déchaînés à la place, hein pourquoi je vous le demande ? 

Alors les deux dames pas complètement encore vieilles mais déjà velles dans l'âme à la naissance, et ben y'en a deux qui ont pris pitié d'elles et qui leur ont laissé leurs places ASSISES. C'est qu'on veut bien braver le risque de se prendre une branche d'arbre sur la tronche pendant qu'il tombe des cordes, mais pas gérer une légère force centrifuge debout sur 400 mètres.

Bah non c'est risquer de se vautrer dans le bus et du coup rater la promo sur le dernier thermolactyl, CA VA PAS LA TETE !!!!!!

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Mardi 24 avril 2007

Quand je dis vous, je ne dis pas vous qui êtes auprès de moi ni vous qui partagez mes pages, je dis vous que je n'ai pas choisis, vous que j'ai cru choisir mais qui vous êtes échappée avant que je croûle sous votre joug idéaliste, vous que je subis au quotidien et qui êtes pluriel, vous qui me regardez d'un air compatissant alors qu'il n'y a pas de détresse en moi, enfin pas de détresse injustifiée, pas de détresse catastrophée,  pas de détresse de fin du monde pour des sempiternels problèmes non éludés mais si anodins. En tout cas vous que je subis et qui empiétez sur ma liberté jamais je ne vous laisserai paraître quoique ce soit de mon Moi profond - ou alors en toute fugacité mais vous n'êtes pas apte à me décrypter - de mon Moi tourmenté, de mon Moi léger, de mon Moi qui seul m'appartiens et à quelques autres à qui je cède du terrain, et que je vois avant vous ou après vous.

Vous me violeriez et déjà vous me fatiguez.

Les jours ouvrables je vous subis, du matin au soir, et quelques fois comme aujourd'hui je vous oppose mon rideau que vous avez mis du temps toutefois à ne pas franchir sans invitation mais maintenant il est à peu près respecté lui. Tous les matins quand j'arrive je me prépare à vous voir et je dois me séparer violemment de la musique connotée à mon univers où vous n'existez pas, où vous n'êtes rien, tout  juste des perles de stress que j'essaie de semer sur le chemin du retour ; tous les jours je subis vos bonjours apocalyptiques contrits de guerre à laquelle je me prépare et qui n'est même pas la mienne, tous les jours je subis vos mines apitoyées qui me font penser que je suis cancéreuse chose à laquelle je n'avais pas encore pensé ce matin tôt.

Vous me contaminez.

Je mets mon masque de robot infaillible et sans émois tous les jours pour ne rien vous laisser paraître par peur d'être vampirisée ou pire, par peur de faire tomber le masque et de vous voir vous écrouler sans l'oxygène que vous me pompez en permanence. Je ne dis pas que vous ne seriez rien sans moi, je dis que sans personne pour vous aider à combler vos fissures d'un plâtre mou que vous creusez sans cesse par seule ambition autodestructrice, vous seriez à ramasser en plus grande quantité sur cette terre pourtant nourricière. Je me refuse à votre complaisance de pacotille, je me refuse à votre chantage capricieux, je me refuse à vos tentatives de me sonder et de me materner, je me refuse à vos essais de transformation échoués si loin de ma personne.

Je vous subis tous les jours mais quand je ne suis pas avec vous et même en votre présence - sans que vous vous en aperceviez - je vous échappe. Je vous emmerde même. Qui êtes-vous déjà, petits pluriels ?

Je sais que vous me fatiguez mais vous n'irez jamais jusqu'à m'abattre même si telle n'est pas votre intention à la base.

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Samedi 24 mars 2007

Pascal Obispo dernièrement a piqué une grosse colère. Une bonne grosse colère. Figurez-vous que depuis le temps qu'il rend hommage à Michel Polnareff, celui-ci lui a rendu toute sa gratitude en le cataloguant persona non grata lors de son dernier concert. Y'a de quoi être vexé comme un pou même s'il a pas un cheveu sur le caillou le Pascal.

Ben moi je dis keumême que Polna aurait pu avoir un tout petit peu un tout petit peu de gratitude envers ce grand homme qui a révolutionné la chanson française en pompant avantageusement tout le répertoire et le style d'un autre. C'est vrai quoi c'est quoi ces snobinards qui dédaignent comme ça leurs plus grands fans, qui se sacrifient pour eux quitte à se mettre à genoux et à ne pas émanciper ce talent personnel immense qui ne demande qu'à poindre ??

Moi perso j'en veux grave à John Lennon. Très souvent le matin quand je me gratte la couenne dans la douche ou tard dans la nuit quand mes pochtrons d'amis ont déserté la casbah et que moi je vide tous les cadavres dans la poubelle, je chante pour John des chansons de John. Ma préférée quand je suis grave pétée c'est "Jealous guy". Et bien vous savez quoi ? Ce gros melon de John - petite enflure de première - et bien jamais il est venu me remercier pour les hommages viticoles que je lui rends dans toute ma splendeur des fois dans les chiottes. Ok il est mort, d'accord mais keumême c'est pas une excuse ça, franchement je l'aime à un tel point qu'il pourrait un jour me rendre une petite visite de l'au delà ou me dire un petit truc de dessous la lunette des chiottes ; John si tu es là remue 3 fois cette lunette bordel.

Un petit "merci pour tout ce que tu as fait afin de perpétuer ma mémoire" ça t'écorcherait la gueule hein MOSSIEU John Lennon ???????

Tu parles, tous des snobinards ces stars. Et à Pascal qui a rétorqué brillamment suite à ce dédain Polnareffien un truc dans le genre "moi m'en fous suis moins gros que lui nanananèreuuuuuuuuuu !!!" moi je te conseillerai plutôt dans l'avenir de chanter les chansons de quelqu'un comme Jean Pascal (le blaireau de la 1ère Rats' Ac) voire même les Musclés, eux ont besoin de toi.

Sauvons les Musclés (qui sortent d'ailleurs un "album" si si) ; d'avance merci Pascal pour ton humilité si Obispienne et pour tout ce que tu feras pour eux.

Eux te diront merci.

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Jeudi 8 mars 2007

J'adôôôôôôôre la Nouvelle Star. D'habitude j'ai horreur des varièt's - ne parlons même pas de la Rats Academy - mais la Nouvelle Star j'adôôôôôôôre. Le mieux quand on est une enflure misanthrope comme moi c'est le casting. Ah le casting ! Un peu de plus et ça dépasserait le sentiment joussif sadique que j'éprouve quand les candidats de Koh Lanta bouffent des gros vers blancs gigotant et que moi je suis en train de me taper une côte de boeuf mort saignante.

Ou morte saignant c'est selon.

Le casting de la Nouvelle Star c'est du comique involontaire dans un monde de brutes, où régulièrement les pseudo stars du 21ème siècle se prennent des taules monumentales sous les caméras. Mais hier je n'ai pas autant ri, non non il faut croire qu'il y a de l'espoir en moi, et même que je me suis mise très très en colère et que ça faisait bien 3 semaines que ça m'était pas arrivée (d'ailleurs j'ai failli consulter pour "comportement-anormalement-calme-et-j'aime-pas-quand-c'est-trop-calme-c'est-grave-docteur").

Hier il y a une pauvre fille lamentable qui s'est faite laminer par Manu Katché (entre parenthèses () j'adorerai que celui-ci me susurre des monstruosités méchantes pendant que je pousse certaines vocalises), loin de moi l'idée de juger ces critiques franchement violentes, parce que malheureusement elles étaient fondées. La violence appelle la violence faut croire. D'abord elle a commencé par se présenter comme aide à domicile auprès de "papies et de mamies", appellation vulgaire qui m'écorche les oreilles quand elle n'est pas utilisée pour ses propres grands-parents, et inspirant une familiarité malsaine envers une population qui mérite le respect, tout autant que les autres.

Passons, ce genre de conneries dépassera les siècles jusqu'au jour où les vieux domineront le monde et se vengeront. Mais voilà qu'elle se met à... à... faire une espèce de truc sortant de la gorge qui est censé être un chant, massacrant avec une platitude morte sans nom, un titre de Camille, "Paris". Dans sa performance le néant intersidéral, l'appartenance signifiée au Veau Land dans toute sa médiocrité.

Passons.

Non ne passons pas. Marianne James demande alors à la donzelle si c'est ce qu'elle chante à "ses malades" (vieux = malade, passons) et l'autre de rétorquer "non ils sont sourds". Que Dieu bénisse les sourds me suis-je dis dans toute ma putasserie intérieure. Ils méconnaissent leur chance, n'écouteront jamais plus Mozart certes mais ne subiront plus les jacasseries probables de la donzelle pendant son "aide". Sûre qu'elle bavasse à qui mieux mieux, c'est écrit. Et voilà que la machine musicale Katché se met en route, à juste titre, souffrant d'une telle prestation lui vrillant les oreilles au marteau piqueur.

Ca fait mal.

C'est vrai que ça fait mal. Cette femme fait mal, pas tellement par son euh... chant mais par ses propos puant l'âgisme et révélant un mépris total complètement inconscient envers les gens qu'elle est censée aider (c'est dans l'intitulé du titre de son métier). Le jury finit par lui demander pourquoi elle chante ce morceau pourtant si empreint d'originalité dans la bouche d'une vivante, de façon si mortifère, triste, avec 3 siècles de retard. Et l'autre de répondre : "ça doit être parce que je travaille avec des vieux".

Bon à savoir. Les vieux sont des morts-vivants ambulants que rien ne ré-anime et même qu'ils contaminent les jeunes plein de vie qui les cotoient. Le vieillissement est un virus virulent d'une extrême dangerosité. Les vieux transmettent une merde mortifère avec leurs Brel et leurs Piaf complètement désuets et sans âme.

Et Manu Katché de lui conseiller de changer de taf. Je lui dispenserai ce même conseil pour d'autres raisons : cessez madame Mortifère de pourrir le restant de vie de personnes vivant leurs dernières palpitations et qui ont tant à nous apprendre dès l'instant qu'on daigne leur tendre une oreille et ne pas brailler dans la leur. Qui savent se péter la ruche au porto et chanter des chansons avec plus de talent que vous. Avec plus de talent ? que dis-je, avec moins de morgue.

Changez de taf oui, changez de taf c'est un bon conseil. Remplissez donc des boîtes de petits pois dans une usine, les petits pois c'est déjà mort. Et c'est sourd.

Dieu bénisse les sourds.

Et les morts. Ils ne connaissent pas leur chance.

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Samedi 3 février 2007

Si vous ne faites pas mes fonds de tiroir, moi par contre je les scrute, et quand je tombe sur autre chose qu'une vieille paire de chaussettes élimée et dépareillée, et bien je suis bien contente. J'aime bien ce texte, le deuxième que j'ai écris sur ce blog (j'ai déjà supprimé le premier !!!) et ça en dit long je trouve sur le fait que je me sente toujours décalée par rapport à la masse et que je fais pas mal le contraire d'eux. Sans provoc', comme ça naturellement.

Parce que. Je vais quand même pas commencer à me justifier non ?

Une histoire de côté encore une fois n'est-ce pas ?

Les gens raisonnables ça traverse dans les clous,
ça met des sous de côté pour la retraite,
ça mange des carottes râpées sans sel,
ça boit de l’eau Taillefine à 0% de matières grasses,
ça n’a pas de curry et de safran sur l’étagère à épices,
ça fait des analyses de sang tous les ans,
ça ne met pas de déo normal à cause du cancer du dessous de bras,
ça pense que le summum de la réussite c’est un pavillon à crédit,
ça fait tout ce que les autres leur disent de faire.
 
Les gens raisonnables ça fait des rimes et ça compte les pieds,
ça peint des corbeilles de fruit le dimanche,
ça fait des pipes avec une capote à la fraise,
ça utilise du fil dentaire 4 fois par jour,
ça conduit 5 km/h en dessous de la limite de vitesse,
ça va en Afrique avec le Club Med’,
ça aime quand « Les choristes » passent à la télé,
ça pense que la guerre c’est pas bien,
ça veut 2,2 enfants obéissants,
ça a un coeur qui s’ignore.
 
Les gens raisonnables ça ne dit pas que ça regarde TF1,
ça fait des placements sûrs à la Bourse,ça entretient une sexualité le samedi soir ou le dimanche matin,
ça ne s’essouffle pas en montant l’escalier,
ça fume des light et ça boit du déca,
ça voudrait qu’il fasse soleil tout le temps,
ça étudie l’amour dans des livres,
ça veut un CDI pour toute la vie,
ça n’atteint jamais la réserve d’essence,
ça ne comprend pas les gens déraisonnables.
 
Les gens raisonnables n’aiment pas la vie, et elle leur rend bien aussi.
La preuve : elle les fait crever comme tout le monde.
 
Merci à Mickey 3D pour l'inspiration

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Samedi 20 janvier 2007

Allez je commence la nouvelle année - parce que moi ma nouvelle année elle commence pas comme celle de tout le monde, bande de blaireaux - avec une bonne blague toute pourrave : à quoi est-ce qu'on reconnaît un car de portugais ? Ah ah je vois Robert, routier de sa profession, qui trépigne dans le fond : IL A LA REPONSE !!! Aux poils sous les roues ? Non mais Robert, tu te crois où là, AUX GROSSES TETES ???? Dehors Robert ! Va dans ton camion !

Et bien non mesdames et messieurs, dans les bus portugais point de poils pour les reconnaître mais plein d'autres trucs qui peuvent vous mettre sur la piste. Je rappelle aux méditerranéens énervés - bien qu'il n'y ait jamais eu la Méditerranée au Portugal mais bon on est pas à une connerie près - que moi-même je suis issue d'un ventre portugais et que celui-ci a brillamment été fertilisé par des spermatozoïdes bien au chaud avant le délit qui m'a donné naissance dans des bourses très portugaises elles aussi, alors si vous n'avez pas de 38ème degré allez d'ores et déjà vous faire dépoiler les mollets bande de moru(e)s.

Donc la première fois que vous montez dans un autocar à destination du Portugal - ou de retour du Portugal - vous savez tout de suite où vous mettez les pieds, même si vous ne regardez pas le panneau de destination. D'abord devant la porte du bus fermée et depuis des heures déjà, il y a une vieille portugaise toute ridée généralement accompagnée de son conjoint au visage lui aussi buriné - le travail en plein air ça burine - lui-même facilement reconnaissable au béret vissé sur sa tête. Qu'il ne quittera jamais, même devant cette salope de reine Mère. Ils attendent, attendent, et attendent encore que cette foutue porte s'ouvre pour pouvoir enfin monter à l'avant du bus (sachez que le portugais est génétiquement déterminé à être une commère) et ENFIN retourner au pays (ou en revenir, mais notons que l'effet n'est pas le même).

Même si ces deux éléments là ne sont pas présents, et qu'il n'y a personne aux alentours, rien que d'escalader les marches du bus et vous savez que vous êtes dans un car de portugais : c'est comme de rentrer dans une église, il y a une atmosphère qui s'en dégage, le bus s'étant transformé depuis des décennies en véhicule diplomatique ambulant. Dès que vous rentrez dans le bus, vous êtes au Portugal, dans le Portugal populaire et donc pas toujours de très bon goût.

Ca parle portugais, ça chante portugais, ça mange portugais, ça fait tout portugais, dépaysement total pour pas cher et très très rapide.

Seulement vous ne voyez pas encore la mer, mais déjà les thons sont là. Et le thon guette. Le thon est redoutable. Dans la capitale française un échappé lusitanien demande justement à son voisin s'il y'a la mer à Paris et s'étonne de la réponse négative de celui-ci. C'est que le portugais peut être fier comme un français sur la présence omniprésente de la mer chez lui, cette mère nourricière serpentant les côtes de sa sainte patrie. Et l'autre de lui répondre quand même qu'il y a la Tour Eiffel, et que la Tour Eiffel c'est pas de la gnognotte, c'est même l'une des sept merveilles du monde.

Et toc.

Autre signe que vous êtes dans un car portugais : les chansons qui y sont braillées via le poste. Moi qui toute mon enfance et une partie de mon adolescence ai été martyrisée par une certaine Linda de Suza - ma mère lui a d'ailleurs attribué un très joli surnom que je ne dévoilerai pas ici au cas où Linda me lirait - voila que le pire de mes cauchemars refaisait surface : LA SOUPE PORTUGAISE. Les portugais sont capables de vous pondre de la varièt' avec un âne en couverture du disque - l'âne n'est pas forcément celui qu'on croit - sans même éprouver une once de honte. Que du naturel. Et ça les fait danser sur les tables, terrible. N'allez jamais à un mariage portugais malheureux, c'est pire qu'en France, là bas ils ont le burriquito*. De la soupe j'en ai bouffée, à coups de curaçao et d'accordéon jouant deux notes au mieux, sans oublier les tiroliroliro tirolirolo en excès comme de la mauvaise graisse sur un poulet au piment doux.

Ensuite le portugais et la portugaise parlent fort. Croyez-moi j'en sais quelque chose, cette pétasse de Samantha Fox peut aller se faire dégonfler les nénés. Chez nous on ne casse pas du cristal avec nos voix, on fait beaucoup mieux que ça : on réveille les momies. Heureusement aucune momie ne réside au Portugal, elles habitent dans une des sept merveilles du monde il paraît. Seulement moi à la différence de mes congénères, je ne parle pas fort tout le temps surtout quand je me tais. J'ai horreur du blablatage pendant les voyages, ça me déconcentre. Par contre le portugais parle tout le temps. Et sa portugaise aussi. A peine arrivés dans le bus déjà ils se sentent comme à la maison ; il n'est que 13 heures ? pas grave on va installer le lit - oui vous avez bien lu, le lit dans un car - on va gonfler les coussins et ouvrir une boîte de thon à l'huile. Notez que pendant qu'il gonfle son coussin, au moins le portugais ne parle pas fort, ou alors c'est étouffé dans le coussin.

C'est moins gênant tusuite.

Mais il fait du bruit, il est programmé pour, il peut pas s'en empêcher. Et puis aussi - chose que j'ai remarqué chez les napolitains également - le portugais il ne pète déjà pas dans la soie alors se moucher dedans j'en parle même pas ; les mouchoirs c'est bon pour les taffioles suisses dans leur car vers Gstaad (ah Robert me fait signe qu'Eurolines ne va pas jusqu'en Suisse !). Nan le portugais - et la portugaise à fortiori - il avale tout le mucus verdâtre émanant de l'intérieur de son nez et se mouche avec sa luette dans des reniflements dépassant le mur du son. Et quand il a la possibilité - c'est à dire quand il est dehors ou devant un évier - il renâcle autant qu'il peut son fond de gorge - visualisez bien la luette, tout est dans la luette - devant témoins c'est plus drôle, et examine son contenu répandu tout fier du rejeton. D'ailleurs mon pote, toi que j'ai entendu dans le bus sans aller jusqu'au crachat, quelque chose me dit qu'il y'a de l'eau dans le gaz du poumon mais heureusement il y a de bons médecins au Portugal.

Alors avec tout ça pas évident de se faire une image très glamour du portugais en général. Mais le glamour c'est fait pour les starlettes hollywoodiennes, pas pour Linda... euh je veux dire pas pour les portugais. Ils transpirent l'authenticité, c'est le moins que l'on puisse dire, sans rentrer dans les clichés habituels et abêtissants ressassés en permanence. J'en veux pour preuve la voix cristalline, angélique mais puissante, accompagnée à l'accordéon LE VRAI, qui vous fera entrapercevoir le paradis sur terre, de la Madredeus**, la Mère de tous les portugais.

Que Linda de Suza aille se faire... oups pardon c'est déjà fait !

* merci Kip de m'avoir rappelé ce doux souvenir d'enfance... elle est belle ma Madeleine.

** choisissez la n°5...

 

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Jeudi 30 novembre 2006

Attention, la minabilité - suzisme - comme la connerie sont transmissibles de génération en génération, rien ne sert de lutter si votre père ou votre mère se comporte comme de beaux abrutis, vous finirez inévitablement comme eux ! J'en veux pour preuve l'acte complètement stupide de monsieur Jean-Michel D., facteur de son état, dont nous allons conserver l'anonymat parce que ça doit être pas tous les jours évident pour lui. Ce monsieur qui est tout sauf un crétin notoire a vendu sur Internet une mèche supposée de cheveux de Ramsès II, relique capillaire que son tendre papa avait déjà subtilisée dans les années 70.

Non seulement ces hommes n'ont eu aucun scrupule à dépouiller un cadavre de ces cheveux, ce qui en soit n'est guère reluisant et peu téméraire c'est le moins qu'on puisse dire, mais en plus le digne rejeton de son père n'a pas trouvé mieux que de les vendre sur Internet pour 2000 euros ! Et pourquoi ne pas faire une criée sur le marché à morues espèce d'abruti ? "Qui veut mes mèches de Ramsès II, qui veut, elles sont pas fraîches, elles sont pas fraîches !".

Aujourd'hui monsieur D. présente ses excuses car sa connerie monumentale a crée un incident diplomatique entre la France et l'Egypte. Moi je dis Jean-Michel D. aux prochaines élections, qu'on lui confie la boîboîte à nucléaire ! Qu'est-ce qu'on rigolerait dans les dîners protocolaires : "dis Jean-Michel c'est tes cheveux ou... un postiche de momie ???" ; arf arf arf je m'en pète les côtes d'avance !

En tout cas j'en viens à regretter que ce brave champion du monde dans la catégorie "con et peu respectueux des morts de père en fils " ne soit pas tombé sur le caillou dépoilé de Toutankhamon et sa brave malédiction. Au moins ce brave Ramsès II ne se serait pas retourné dans sa tombe. Surtout qu'il n'en a plus, en plus de tout le reste, décidemment même mort on peut avoir la poisse. N'en jetez plus !

Et je terminerai en disant de vous méfier de votre conjoint(e) car a priori la connerie serait non seulement transmissible génétiquement, mais aussi hautement contagieuse, il n'y a qu'à écouter les propos de Mme D. : "dis Jean-Mi tu crois que ça va passer avec les douanes ?". Meuh oui madame faites donc confiance à votre mari, il enverra la tignasse par la Poste !

Y'a qu'un cheveu sur la tête à neuneu...

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Lundi 27 novembre 2006

Il y a un truc qui met de bonne humeur dès le matin, c'est de faire la contorsionniste pour tenter de rentrer dans le bus qui est censé vous emmener au travail. Effectivement il y a toujours des gens bien intentionnés dont l'unique but dans la vie est de vous pourrir la vôtre justement, et de mépriser votre petite existence merdique à côté de l'aura sublime de la leur. Aujourd'hui j'ai nommé les mères avec poussette prenant le bus. J'en vois déjà hurler à la liberté d'aller et venir, qu'être mère c'est pas facile surtout quand on a pas de sous pour s'acheter une voiture, et gnaingnaingnain attendez de finir de lire mon article avant d'être scandalisé bordel !

Je précise. Il y a deux catégories de mères avec poussette :

- celles qui ont reçu une bonne éducation et qui en gardent quelques souvenirs, et traitent leurs prochains avec courtoisie et respect, bref qui sont civilisées et qu'on aide toujours à sortir leur poussette du bus parce que c'est pas évident de se coltiner tout le matos sans quelqu'un de normal pour vous tenir la porte. Ces mères là garent leur poussette dans un coin qui ne gêne personne, et en général les bus sont conçus pour. Ce qui ne les empêchent pas de s'asseoir à côté de leur progéniture, à condition bien sûr que quelqu'un de courtois leur cède la place en cas d'heure de pointe. J'en ai aussi vu qui pliaient la poussette et qui pensaient même à enlever le gosse avant de le faire (sinon ça fait un gosse plié, c'est pas joli à voir).

Attention j'attaque la seconde catégorie. Ames sensibles allez donc cliquer sur les bisounours hantant le top 50 d'Over blog, vous serez plus à votre place.

- La seconde catégorie concerne les mères à poussette qui n'en ont strictement rien à foutre des autres passagers, ni de la lycéenne qui trimballe une valise de 50 kg parce qu'elle est en internat, ni de la petite vieille qui a une prothèse de hanche toute fraîche et qui ne s'en est pas encore remise. Ces mères à poussette vous regardent vous contorsionner comme les veaux qu'elles sont, à brouter leur chewing gum avachies, et plus vous trouvez ça gênant et impratiquable, plus elles n'en ont rien à foutre et disent que c'est le bus qui est mal foutu. Quelle idée de mettre des barres gênantes ! Réponse de moi-même : les barres sont là pour s'accrocher dans les virages connasse, surtout quand on arrive pas à se poser ailleurs parce qu'il y a un engin mal garé dans l'allée et qu'on est condamné à faire le trajet avec une dizaine d'autres personnes dans 1 mètre carré. Conasse. Ces mères là posent nonchalamment leur poussette et son contenu en plein milieu de l'allée centrale juste à côté du chauffeur alors que le bus est quasi vide. Et bien sûr elles prennent 2 places assises tant qu'à faire, c'est que leur gros cul doit être aussi difficile à caser. Faites une réflexion et vous vous en prendrez plein la gueule parce que c'est dur de trimballer une poussette dans un bus, vous n'avez pas idée vous la célibataire endurcie qui n'a pas connu les joies de la salle de travail et du vagin distendu par l'effort.

Comme si c'était un handicap d'être mère ? En tout cas celles-ci sont handicapées du respect envers les autres. Le pire c'est que ce matin le veau empêchant le passage dans l'allée, a aussi empêché la montée d'une autre mère avec une autre poussette. Elle n'a pas voulu gêner cette mère là et elle a attendu l'autre bus.

Même pas foutues d'être solidaires envers celles qui traversent le même parcours du combattant dans nos milieux urbains. Connasses.

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Lundi 20 novembre 2006

La jeunesse fait peur. Les jeunes d'aujourd'hui ils sont pas comme avant. Tout se perd ma petite dame ! Ces 3 propositions là sont dignes de conversations dans un salon de coiffure, enfin le mot "conversations" est peut être un peu trop fort. Et en général les personnes qui émettent ce genre de critiques, ont un casque de permanente sur la tête, avec des bigoudis roses à petites bouclettes ; et un bain de rinçage violet les attend patiemment dans le bac à côté. On parle toujours du manque de courtoisie des jeunes, mais JAMAIS de celui des vieux. JAMAIS.

Et pourtant les exemples sont légion.

Samedi soir je suis allée au théâtre avec une amie. Et en arrivant dans le hall j'ai commencé à prendre peur, la Suzy elle est courageuse mais pas téméraire : c'était bondé de petits vieux et surtout de petites vieilles et elles avaient pas l'air commode. Déjà y'en avait qui faisait la queue depuis longtemps, ce qui peut s'entendre parce que de queue que nenni depuis... pardon, elle était facile. Bref. On s'est tranquillement approchées des portes de la salle de spectacle et là, petit à petit, sournoisement, un élan à bouclettes a commencé à nous pousser vers la dite porte. J'ai horreur qu'on me colle - il y en a qui ont le droit toutefois comme les rugbymen de l'équipe néo zélandaise, c'est un appel les gars - j'ai donc essayé d'avancer un tout petit peu histoire de ne pas voir la mise en plis de la voisine de derrière de trop trop près. Peine perdue, j'étais en fait victime d'une stratégie manipulatrice : plus on me collait et plus j'essayais désespéremment de me décoller et plus j'approchais des portes.

Et là j'ai eu très peur, je me suis vue mourir sous un flot de blouses vintage, collée aux portes du théâtre comme dans un mauvais Bip Bip et le Coyote ; une nuée de cannes et de chaussures orthopédiques piétinant mon corps sans vie. Tant qu'à faire je préfèrerai être piétinée par l'équipe des All Blacks - vous êtes sourds c'est mon second appel ptain ?????

Heureusement Dieu m'a entendue, à moins que ce ne soit le régisseur du théâtre, en tout cas quelqu'un a vu que ça allait être le massacre, pire que dans le stade de Furiani, et ils ont ouvert les portes. Sauf qu'au lieu de soulagement, la vague à bouclettes s'est mise à pousser très fort comme s'il y avait des promos sur les Thermolactyl. On se serait cru au premier jour des soldes au Damart. Terrifiant.

J'ai réussi tant bien que mal à esquiver les rombières en folie, qui essayaient pour griller les précédentes de montrer qu'elles étaient plus handicapées qu'elles : "oui mais moi j'ai un dentier, je suis prioritaireuuuuuuuu !!!!!".

J'en déduis donc que de nos jours il est difficile de passer une soirée trankilou sans subir les agressions des uns et des autres, la vie est devenue sauvage entre les attaques à col claudine au cinéma d'art et d'essai et les coups de bigoudis permanentés au théâtre. Pire que des animaux. Des bêtes monsieur l'agent.

Donc samedi prochain je me prévois un concert de reggae dans le 9.3 histoire de voir des gens normaux détendus du gland.

Les sauvageons ne sont pas ceux qu'on croit. Méfiez-vous des petites vieilles à bouclettes.

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Mardi 7 novembre 2006

Dans la série "ma vie est foutrement intéressante alors j'en parle sur mon blog", hier je suis allée voir "Le labyrinthe de Pan" au ciné. Mais attention !!! Pas dans n'importe quel ciné. Nan nan nan on ne mélange pas les torchons et les serviettes chez ces gens-là, et moi je fais plutôt torchon en général. Je suis allée dans un cinéma D'ART ET D'ESSAI, autrement dit dans un endroit où on ne vend pas du pop corn et où la programmation est on ne peut plus... on ne peut plus... ben ils en peuvent plus quoi. Vous voyez tous les prix du festival de Cannes ? Ben ils passent tous là bas. Y'a des films dramatiques, des films dramatiques et... des films dramatiques de guerre d'indépendance avec des gens qui regardent par la fenêtre et qui constatent qu'il pleut. Et ça dure 2 heures en général. 2 heures de pluie sans un zombie qui traîne un godillot dans une maison hantée moi je trouve que ça ressemble à l'éternité.

Et je vous raconte pas la queue.

Alors donc je faisais torchon parmi toutes ces serviettes à carreaux écossais beige et à col Claudine qui faisaient la queue, même qu'il y avait un gars qui lisait Andromaque - en livre de poche ouf !!!! - mais je me suis dit que pour Guillermo je ferai un sacrifice. Moi Suzy Dumeur prolo immigrée mangeuse de sardines grillées sans couteau à poisson, j'allais me mélanger au-dessus du panier et j'allais peut être apprendre des choses cultivées culturelles du haut monde rien qu'à faire la queue avec eux.

Quelle chance j'avais bordel de merde.

Mais malheureusement la brandade de morue n'a pas pris, gueuse portugaise je suis née, gueuse portugaise je mourrai ; jamais ô grand JAMAIS je ne serai acceptée dans la haute société hantant les cinémas d'art et d'essai et les églises surpeuplées du dimanche matin. D'abord moi le dimanche matin je dors. Ensuite le kaki et le bleu marine ne me vont pas au teint et les cols Claudine y'a pas à dire ça montre pas beaucoup de nénés, et moi je suis vulgaire j'aime bien montrer comment mes nénés naissent. Et puis j'arrive toujours pas à rire derrière un mouchoir en soie en faisant des humf-humf étouffés, faut toujours que ma gouaille méditerranéenne sorte de ses gonds, je ne suis pas vendeuse de morue pour rien.

Aux yeux des prout-prouts du monde entier je suis une vulgaire langue de pute hystérique et je dois aujourd'hui dire que je remercie mon papa et ma maman de m'avoir faite ainsi. Merci papa et maman de me faire du si bon poisson que j'ai le droit de manger avec les doigts. Doigts que je mets aussi sec dans mon nez of course. Merci maman surtout de m'avoir initiée aux plaisirs du commérage érigé en religion, parce qu'il n'y a bien que les prolos qui disent du mal des autres tout le temps, chez les autres ça ne se fait pas. L'amûre et la tolérance sont les deux mamelles des gens biens comme il faut. Merci papa et maman de m'avoir donné cette grande gueule et de battre des records de verres en cristal brisés pendant nos repas familiaux où vous passez votre temps à vous insulter mais que vous vous aimez quand même. Enfin peut être que vous ne vous aimez plus mais en tout cas haine et amour sont toujours proches n'est-il pas ? En tout cas c'est drôlement plus franc que dans les endroits superficiels où on fera toujours semblant. Sans passion. Sans émotions. Dans le noir. En silence. Devant Arte. Et en levant le petit doigt siouplait.

C'est le monde dans lequel j'ai grandis et dans lequel je mourrai, JE NE VEUX PAS D'UN AUTRE. Les autres on dirait qu'ils sont déjà morts tout silencieux qu'ils sont derrière leur petite coupe au carré où rien ne dépasse. Ils n'ont jamais connu le rouge sur leur visage, que ce soit les yeux rouges tristesse, les joues rouges colère ou les lèvres rouge sang. Hier dans la queue au ciné j'avais l'impression d'aller à un enterrement pompeux, sordide et dénué de sens. Donnez-moi des pleureuses que diable ! De la vie diantre !

Mais ce n'est pas moi qu'on enterrait, c'est déjà ça.

Alors pour Guillermo j'ai fais un petit effort et franchement ça en valait la peine (Guillermo tiens ça sonne pas très français et pas très bourgeois), comme quoi je peux faire des efforts. Mais je ne sais pas faire semblant très longtemps, mon naturel hystérique à sang chaud de vipère reprenant très vite le dessus alors sachez bobos embourgeoisés kakifiés que je ne vous aime pas et que vous ne m'aimez pas non plus et que c'est très bien comme ça. Il n'y a pas que le prix des verres dans lesquels on boit qui nous sépare, mais tout un océan abyssal d'idées et d'émotions.

Et pour une fois que c'est réciproque qui va s'en plaindre ?

PS : on a beau ne pas être du même monde, dans les salles d'art et d'essai comme dans les cinémas populos à pop corn ça pue aussi des pieds. Basket niquée versus mocassins italiens en cuir = 1 partout.

PPS : je sais qu'il n'y a jamais eu la Méditerranée au Portugal mais je ne suis pas à un cliché près.

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là

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