Qui se préoccupe encore d'Halloween en France en 2006 ? Il y a quelques années
l'orange, les citrouilles et autres squelettes étaient à l'honneur partout PARTOUT dans les boutiques, et les rues dégueulaient de pseudo morbidité dans un opportunisme commercial. Dieu merci -
Diable merci - cette mode stupide s'est éteinte d'elle-même, par faim je suppose, les fêtards ne l'alimentant plus. Et même pour les admirateurs de la face obscure cette fête n'a jamais eu aucun
sens en France car c'était du pipi de chauve-souris. Mais là où ça devient drôlement sympathique et salutaire c'est qu'ARTE a voulu marquer le coup quand même en diffusant le chef d'oeuvre du
maestro Argento, opus faisant partie de la thématique "La nuit des sorcières" et pas question de bouder notre plaisir en ces temps de pénurie télévisuelle horrifique !
C'était Noël la veille de la Toussaint ! Je me suis régalée en revoyant une nouvelle fois "Suspiria", film que je n'ai pas vu très souvent du fait de sa rareté dans les programmes et dans les bacs DVD. C'est de l'Argento pur, de l'Argento parfait, de l'Argento par tous les pores de la peau. Le film est bleu, jaune, rouge écarlate surtout dans des tons sanguinolents où même le vin paraît vénéneux. L'atmosphère est baroque, flamboyante, malsaine, dans des décors kitsch et pop, et empreinte d'un certain sens du grand guignol. Il n'y a qu'à voir le cabotinage des acteurs - même les premiers rôles - c'est du pur giallo des années 70 !
Les scènes reflètent une certaine cruauté dans le traitement imposé à ses personnages, il suffit de suivre la destinée de ce pianiste aveugle pour s'en rendre compte ! Le Mal est tapi partout, dans une malle, dans un verrou, dans un enfant, dans l'air tout simplement. C'est magistralement réalisé, la scène nocturne avec l'aveugle et son chien est à couper le souffle tellement nous sommes saisis par les effets de caméra. Des montagnes russes qui vous secouent drôlement les boyaux et l'âme... Mention spéciale à la scène où une jeune femme se fait poursuivre par on-ne-sait-quoi et qui prise au piège, tombe elle-même dans une fosse remplie de rouleaux de fils de fer où elle n'a plus qu'à être cueillie... D'ailleurs Bousman n'aurait-il pas rendu hommage à Argento dans Saw II avec la fosse à seringues ? Un sous-hommage mais l'intention y était...
"Suspiria" - le plus beau titre de film AU MONDE, si si ! - a marqué nos pupilles dans les années 70, les miennes étaient vierges et juvéniles mais elles se souviennent avec délectation de ce choc artistique et visuel...
Merci ARTE !
PS : vous faites quoi à la saint Valentin ?
Pour voir le trailer d'origine, en américain.


