
C'est en me balladant sur le forum de Mad Movies et sur le site Allociné que je me suis aperçue de l'effet que produisait le dernier film de
George A. Romero ; rien que sur le site de Mad il y a 28 pages de polémiques déchaînées ! Haï et adoré, le moins que l'on puisse dire est qu'il interpelle, et dans cette période estivale où
toutes les préoccupations sont tournées vers la bronzette et la météo des plages du lendemain, on pourrait même dire que ça laisse de l'espoir tiens... Je me suis surtout attachée aux critiques
négatives du film, et voilà en gros ce que l'on reproche à cette oeuvre : vieillote et radotante dans le message socialo-politique, mettant en arrière arrière plan nos zombies chéris, et
maladroite dans la forme par rapport au style romérien habituel, plus dans l'action "divertissante" dans le précédent opus (ce qui n'exclut pas l'aspect grinçant chez le bonhomme).
Je suis allée voir le film 2 fois, à 2 semaines d'intervalle environ, je lui ai déjà consacré un texte d'ailleurs, et voilà la seconde lecture que j'en fais, après l'avoir vu accompagnée en plus cette fois ci. A la première vision j'avais été dérangée d'avoir vécu cette expérience en tant que spectatrice distanciée comme si j'assistais blasée aux informations télévisées (que je ne regarde plus d'ailleurs), alors qu'habituellement je vis mes trips cinématographiques à fond les manettes comme si j'étais "à la place de". On peut dire que Romero a touché à sa cible en dépersonnalisant les émotions par cette prise de recul via la caméra et les supports technologiques omniprésents ; sur moi ça a marché, et pourtant je ne suis pas un Bisounours sans sens critique loin de là... A la deuxième lecture et au vu des sursauts multiples à ma gauche et des grands coups de pieds dans le fauteuil derrière, je me suis aperçue que le film faisait mouche à beaucoup de scènes dans le cadre "cinéma d'épouvante", et qu'il versait également pas mal dans le gore organique. Ce que je n'avais absolument pas remarqué la première fois.
Curieux non ? Inquiétant je dirai même. Beaucoup de forumeurs dénoncent la lourdeur du message de Romero à l'encontre des médias comme s'il se posait en moralisateur avec 30 années de retard, je trouve qu'au contraire celui-ci se montre encore plus dans l'air du temps à l'ère du tout numérique envahissant, du pékin lambda remplaçant le reporter et le paparazzo, et de la foison communicative et désinformative régnant sur TOUS les supports technologiques : nier cette emprise ou trouver sa dénonciation obsolète n'est-ce pas déjà un signe d'engluement et d'anesthésie des esprits ? Rien que le fait d'accoler "Télé" et "réalité" est un non sens complet, et celle-ci fait encore des records d'audience.
Ce que l'on reproche au final à Romero, c'est de ne pas avoir "respecté" les codes inhérents au film de zombies (pourquoi les protagonistes agissent si bêtement ? comment ça se fait qu'ils ne savent pas ENCORE qu'il faut viser la tête ? et patati et patata) alors qu'au contraire il a ouvert une brêche rafraîchissante dans le film de genre s'autoenfermant parfois dans sa propre catégorie, comme les oeuvres pompeuses dites "d'auteur" d'ailleurs. Et c'est à ce niveau que l'on reconnaît la patte Romerienne, non visionnaire certes (mais qui peut se prétendre tel ? Kubrick ? Il est mort les gars !) mais témoin dérangeant de l'air du temps. Non ce ne sera jamais un combat vain que de dénoncer la propagande médiatique, et ce même pour le fan de film de genre (là dedans je catalogue tout ce qui n'est pas branlette artistique méprisante à l'égard du peuple) dont je fais partie, peut être moins dupe que la populace ambiante sur la manipulation des cerveaux.
Et plus paranoïaque aussi !
Je suis allée voir le film 2 fois, à 2 semaines d'intervalle environ, je lui ai déjà consacré un texte d'ailleurs, et voilà la seconde lecture que j'en fais, après l'avoir vu accompagnée en plus cette fois ci. A la première vision j'avais été dérangée d'avoir vécu cette expérience en tant que spectatrice distanciée comme si j'assistais blasée aux informations télévisées (que je ne regarde plus d'ailleurs), alors qu'habituellement je vis mes trips cinématographiques à fond les manettes comme si j'étais "à la place de". On peut dire que Romero a touché à sa cible en dépersonnalisant les émotions par cette prise de recul via la caméra et les supports technologiques omniprésents ; sur moi ça a marché, et pourtant je ne suis pas un Bisounours sans sens critique loin de là... A la deuxième lecture et au vu des sursauts multiples à ma gauche et des grands coups de pieds dans le fauteuil derrière, je me suis aperçue que le film faisait mouche à beaucoup de scènes dans le cadre "cinéma d'épouvante", et qu'il versait également pas mal dans le gore organique. Ce que je n'avais absolument pas remarqué la première fois.
Curieux non ? Inquiétant je dirai même. Beaucoup de forumeurs dénoncent la lourdeur du message de Romero à l'encontre des médias comme s'il se posait en moralisateur avec 30 années de retard, je trouve qu'au contraire celui-ci se montre encore plus dans l'air du temps à l'ère du tout numérique envahissant, du pékin lambda remplaçant le reporter et le paparazzo, et de la foison communicative et désinformative régnant sur TOUS les supports technologiques : nier cette emprise ou trouver sa dénonciation obsolète n'est-ce pas déjà un signe d'engluement et d'anesthésie des esprits ? Rien que le fait d'accoler "Télé" et "réalité" est un non sens complet, et celle-ci fait encore des records d'audience.
Ce que l'on reproche au final à Romero, c'est de ne pas avoir "respecté" les codes inhérents au film de zombies (pourquoi les protagonistes agissent si bêtement ? comment ça se fait qu'ils ne savent pas ENCORE qu'il faut viser la tête ? et patati et patata) alors qu'au contraire il a ouvert une brêche rafraîchissante dans le film de genre s'autoenfermant parfois dans sa propre catégorie, comme les oeuvres pompeuses dites "d'auteur" d'ailleurs. Et c'est à ce niveau que l'on reconnaît la patte Romerienne, non visionnaire certes (mais qui peut se prétendre tel ? Kubrick ? Il est mort les gars !) mais témoin dérangeant de l'air du temps. Non ce ne sera jamais un combat vain que de dénoncer la propagande médiatique, et ce même pour le fan de film de genre (là dedans je catalogue tout ce qui n'est pas branlette artistique méprisante à l'égard du peuple) dont je fais partie, peut être moins dupe que la populace ambiante sur la manipulation des cerveaux.
Et plus paranoïaque aussi !
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