
Sur la longue filmographie de l'un de mes barbus favoris, on ne compte que de rares échecs, et encore tout est subjectif, la seule chose que
je puisse de mon point de vue d'être humain dépourvu de qualités cinématographiques reprocher à Spielby, c'est sa tendance à la cucuterie un peu trop facile. Citons par exemple "Always" à
rapprocher d'un "Ghost" en la matière mais sans Whoopi Goldberg, ou encore "Le terminal", parsemé de raccourcis mélodramatiques légèrement sirupeux. Mais passons... car franchement s'il y a
quelqu'un en ce bas monde capable de sublimer une star imbuvable et cabotine, c'est bien Spielberg !
Ray travaille sur les docks et entretient avec son entourage des liens quelque peu superficiels. Alors qu'il "accueille" en week-end ses deux enfants, Robbie et Rachel, des créatures de science fiction enterrées dans les sols depuis des millénaires, ravagent l'humanité en quelques heures dans un déchaînement apocalyptique et prennent le total contrôle du monde...
Attention car voir "La guerre des mondes" ne relève absolument pas du divertissement dans le style "Jurassic park" : il vous prendra sérieusement aux tripes tout en vous accrochant de stress et de peur aux accoudoirs de votre fauteuil. La séance n'est pas du tout relaxante tant elle est jonchée d'éléments dramatiques et de symboles guerriers ; le personnage de Ray, quidam entre les quidams, est pris dans une explosion d'évènements dignes d'une troisième guerre mondiale en quelques minutes. D'ailleurs le film est parsemé d'images propres à la Shoah (les cendres humaines puis les vêtements tombant du ciel, les humains dépouillés de leur substance pour servir la cause du vainqueur, le commentaire du personnage de Tim Robbins : "ce n'est pas une guerre, c'est une extermination"...) mais pas seulement : Spielberg filme avec cohérence et vraisemblance à quoi peut ressembler n'importe quelle guerre, vue de l'intérieur par des personnes jusque là tranquilles dans leur quotidien et ne doutant de rien.
Furieusement banal en quelque sorte et éblouissant dans la forme. La plupart des plans sont magnifiques et tellement soignés qu'il faudrait des décennies d'études en grammaire cinématographique pour les décoder un tant soit peu... Citons humblement ce qui est probablement la scène choc du film : Rachel - magnifique Dakota Fanning - fait une pause pipi derrière les arbres et avec stupeur voit flotter sur les eaux du fleuve, un, puis deux, puis une masse innombrable de cadavres humains... Jusqu'à ce que son père la saisisse et lui ferme les yeux. Explosion de douleur silencieuse, multiples symboles d'une extermination massive, dans un cadre paisible et reposant... Et encore ceci n'est réellement qu'un modeste exemple, tous les plans étant lourds de sens et chargés émotionnellement.
Mieux vaut être en bonne condition psychologique pour tenir le choc de ce chef d'oeuvre immédiat. Et même ainsi, "La guerre des mondes" vous vrillera les tripes de façon lancinante et vous touchera le coeur de façon poignante, sans toutefois vous donner le sentiment de vous être régalé devant une bonne oeuvre de fiction : comme "La liste de Schindler" il vous percutera même dans votre quotidien.
Ray travaille sur les docks et entretient avec son entourage des liens quelque peu superficiels. Alors qu'il "accueille" en week-end ses deux enfants, Robbie et Rachel, des créatures de science fiction enterrées dans les sols depuis des millénaires, ravagent l'humanité en quelques heures dans un déchaînement apocalyptique et prennent le total contrôle du monde...
Attention car voir "La guerre des mondes" ne relève absolument pas du divertissement dans le style "Jurassic park" : il vous prendra sérieusement aux tripes tout en vous accrochant de stress et de peur aux accoudoirs de votre fauteuil. La séance n'est pas du tout relaxante tant elle est jonchée d'éléments dramatiques et de symboles guerriers ; le personnage de Ray, quidam entre les quidams, est pris dans une explosion d'évènements dignes d'une troisième guerre mondiale en quelques minutes. D'ailleurs le film est parsemé d'images propres à la Shoah (les cendres humaines puis les vêtements tombant du ciel, les humains dépouillés de leur substance pour servir la cause du vainqueur, le commentaire du personnage de Tim Robbins : "ce n'est pas une guerre, c'est une extermination"...) mais pas seulement : Spielberg filme avec cohérence et vraisemblance à quoi peut ressembler n'importe quelle guerre, vue de l'intérieur par des personnes jusque là tranquilles dans leur quotidien et ne doutant de rien.
Furieusement banal en quelque sorte et éblouissant dans la forme. La plupart des plans sont magnifiques et tellement soignés qu'il faudrait des décennies d'études en grammaire cinématographique pour les décoder un tant soit peu... Citons humblement ce qui est probablement la scène choc du film : Rachel - magnifique Dakota Fanning - fait une pause pipi derrière les arbres et avec stupeur voit flotter sur les eaux du fleuve, un, puis deux, puis une masse innombrable de cadavres humains... Jusqu'à ce que son père la saisisse et lui ferme les yeux. Explosion de douleur silencieuse, multiples symboles d'une extermination massive, dans un cadre paisible et reposant... Et encore ceci n'est réellement qu'un modeste exemple, tous les plans étant lourds de sens et chargés émotionnellement.
Mieux vaut être en bonne condition psychologique pour tenir le choc de ce chef d'oeuvre immédiat. Et même ainsi, "La guerre des mondes" vous vrillera les tripes de façon lancinante et vous touchera le coeur de façon poignante, sans toutefois vous donner le sentiment de vous être régalé devant une bonne oeuvre de fiction : comme "La liste de Schindler" il vous percutera même dans votre quotidien.
par Suzy Dumeur
publié dans :
Ciné Dumeur


