
"Les chiens de paille" a été réalisé en 1971. Il y a donc 37 ans (oui je sais j'ai une bonne calculette), mais franchement quand on le
compare à certains films actuels dans le genre "survival" (entre autres genres, cette oeuvre est difficilement étiquettable) et prônant une violence purement gratuite, il n'a pas pris une seule
ride et les gars même feraient mieux d'aller se rhabiller fissa. La comparaison ne serait même pas flatteuse pour Peckinpah (le réal') tant il aborde de sujets pertinents et ô combien
dérangeants, en ne brossant surtout pas le spectateur dans le bon sens du poil (ni dans certains de ses bas instincts, même si je n'ai pas coutume d'être moralisatrice je m'expliquerai sur le
sujet, enfin si vous en avez quelque chose à foutre !!).
David et Amy Sumner, vivant habituellement aux USA, viennent de s'installer dans la maison natale de la jeune femme, dans la campagne anglaise. David est un personnage plutôt solitaire et terne, ne vouant de réelle passion qu'à la physique atomique (ou un truc dans le genre...) et délaissant par la même sa jeune épouse fraîche et candide, mais au désir sexuel plutôt inassouvi et quelque part exacerbé. Elle ne va pas tarder à déclencher inconsciemment la convoitise des mâles du village, plutôt rustauds et portés sur la bibine, dont l'un d'eux fut autrefois amant d'Amy. Les conflits vont alors exploser dans le couple, ainsi que dans le petit village aux apparences calmes mais trompeuses, et dissimulant de lourds secrets pas si lointains que ça...
Quand vous aurez vu le film, vous aurez l'impression comme sur l'affiche, de vous prendre un gros coup de poing dans la tronche. Vous en ressortirez à peu près indemne, mais cela ne va pas renforcer outre mesure votre opinion sur l'espèce humaine. Tout le monde ici en prend plein son grade, mais finalement c'est le personnage principal incarné par Dustin Hoffman qui va remporter tous les mauvais suffrages, car on ne s'attend pas à autant d'anesthésie affective réunie en un seul homme, qui plus est d'un plus haut niveau social et culturel que la "norme". Que les lourdauds alcooliques du village fassent des blagues plus que douteuses, et en viennent à la violence physique d'abord dans l'assaut de la jeune épouse puis de la maison et de tous ses habitants, soit (sans les cautionner pour autant et sans traiter tous les villageois du monde de violeurs meurtriers, ouh la attention !), mais que le chercheur physicien se comporte comme une lavette de première et fait comme s'il n'entendait pas les gros sous-entendus de sa femme après le viol, ça, ça soulève l'estomac, on est vraiment pas habitués à ce type de traitement dans ce genre de film... Il faut voir le personnage tout bonhomme alors que les vitres explosent de partout comme si c'était la troisième guerre mondiale et que sa femme demeure stupéfaite par la terreur, exprimer un léger "monte te coucher chérie tout va bien, ils vont voir de quel bois je me chauffe ouh la la". Atterrant !
Comportement de surface qui ne va pourtant pas durer, puisque David acculé dans sa demeure dans laquelle se sont déjà déroulés des actes violents, va se déchainer lui aussi, dans un acte de bravoure "enfin", mais qui ne va pourtant pas réjouir grand monde, et encore moins soulager le spectateur d'un éventuel sentiment de justice... car même s'il se "réveille", on ne sait finalement pas dans quel but, tant la quête, la défense des lieux et surtout de la personne qui a trouvé refuge dans la maison du couple, paraissent floues et ambigues : David veut-il venger son ego meurtri de mari floué ? Veut-il empêcher une justice sommaire et inhumaine, mais légitimée par l'émotion ? Ou est-il tout simplement rattrapé par des instincts primaires qu'il semble avoir fui avec son tableau noir d'équations et ses bouquins si rationnels et donc si rassurants ?
Réponses que nous n'aurons jamais et surtout pas dans la fin, une des plus noires qu'il ait été donné de voir au cinéma, et ne nous laissant pas en repos après un déchaînement d'éléments apocalyptiques. Au contraire. Elle nous laisse pantelant et abasourdi devant tant de pensées indécises suscitées par les comportements de surtout trois des personnages (David, Amy et son ancien amant). Cela fait mal mais du bien en même temps, car cela interpelle au plus haut point, surtout après une ingurgitation de films formatés à la réflexion finale toute tracée, et aux héros/anti héros très - trop - bien discernés...
David et Amy Sumner, vivant habituellement aux USA, viennent de s'installer dans la maison natale de la jeune femme, dans la campagne anglaise. David est un personnage plutôt solitaire et terne, ne vouant de réelle passion qu'à la physique atomique (ou un truc dans le genre...) et délaissant par la même sa jeune épouse fraîche et candide, mais au désir sexuel plutôt inassouvi et quelque part exacerbé. Elle ne va pas tarder à déclencher inconsciemment la convoitise des mâles du village, plutôt rustauds et portés sur la bibine, dont l'un d'eux fut autrefois amant d'Amy. Les conflits vont alors exploser dans le couple, ainsi que dans le petit village aux apparences calmes mais trompeuses, et dissimulant de lourds secrets pas si lointains que ça...
Quand vous aurez vu le film, vous aurez l'impression comme sur l'affiche, de vous prendre un gros coup de poing dans la tronche. Vous en ressortirez à peu près indemne, mais cela ne va pas renforcer outre mesure votre opinion sur l'espèce humaine. Tout le monde ici en prend plein son grade, mais finalement c'est le personnage principal incarné par Dustin Hoffman qui va remporter tous les mauvais suffrages, car on ne s'attend pas à autant d'anesthésie affective réunie en un seul homme, qui plus est d'un plus haut niveau social et culturel que la "norme". Que les lourdauds alcooliques du village fassent des blagues plus que douteuses, et en viennent à la violence physique d'abord dans l'assaut de la jeune épouse puis de la maison et de tous ses habitants, soit (sans les cautionner pour autant et sans traiter tous les villageois du monde de violeurs meurtriers, ouh la attention !), mais que le chercheur physicien se comporte comme une lavette de première et fait comme s'il n'entendait pas les gros sous-entendus de sa femme après le viol, ça, ça soulève l'estomac, on est vraiment pas habitués à ce type de traitement dans ce genre de film... Il faut voir le personnage tout bonhomme alors que les vitres explosent de partout comme si c'était la troisième guerre mondiale et que sa femme demeure stupéfaite par la terreur, exprimer un léger "monte te coucher chérie tout va bien, ils vont voir de quel bois je me chauffe ouh la la". Atterrant !
Comportement de surface qui ne va pourtant pas durer, puisque David acculé dans sa demeure dans laquelle se sont déjà déroulés des actes violents, va se déchainer lui aussi, dans un acte de bravoure "enfin", mais qui ne va pourtant pas réjouir grand monde, et encore moins soulager le spectateur d'un éventuel sentiment de justice... car même s'il se "réveille", on ne sait finalement pas dans quel but, tant la quête, la défense des lieux et surtout de la personne qui a trouvé refuge dans la maison du couple, paraissent floues et ambigues : David veut-il venger son ego meurtri de mari floué ? Veut-il empêcher une justice sommaire et inhumaine, mais légitimée par l'émotion ? Ou est-il tout simplement rattrapé par des instincts primaires qu'il semble avoir fui avec son tableau noir d'équations et ses bouquins si rationnels et donc si rassurants ?
Réponses que nous n'aurons jamais et surtout pas dans la fin, une des plus noires qu'il ait été donné de voir au cinéma, et ne nous laissant pas en repos après un déchaînement d'éléments apocalyptiques. Au contraire. Elle nous laisse pantelant et abasourdi devant tant de pensées indécises suscitées par les comportements de surtout trois des personnages (David, Amy et son ancien amant). Cela fait mal mais du bien en même temps, car cela interpelle au plus haut point, surtout après une ingurgitation de films formatés à la réflexion finale toute tracée, et aux héros/anti héros très - trop - bien discernés...
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