
Oyé oyé ! Sonnez les trompettes ! Pour une fois qu'un film de genre FRANCAIS est réussi, on peut quand même l'annoncer en
fanfare non ?? C'est un peu normal remarquez cette réussite, parce que les petits gars à la réalisation - Maury et Bustillo - sont d'anciens collaborateurs et journalistes de Mad Movies, on
pouvait donc compter sur eux pour ne pas pondre une énième bouse masturbatrice d'intellect en panne.
Oyé oyé !!!!
Sarah, jeune photographe de presse, est sur le point d'accoucher, la mort dans l'âme et ne vivant pas la naissance de son futur bébé comme un heureux évènement. 4 mois plus tôt elle perdait son
mari dans un tragique accident de voiture. Nous sommes le soir de Noël et elle s'apprête à passer les festivités seule, en attendant la délivrance, mais pas complètement puisqu'une femme ne tarde
pas à venir la harceler dans sa maison...
Je dois dire que rarement j'ai surveillé avec autant d'attention la pendule, attendant moi aussi la délivrance terminale. Parce que "A l'intérieur" est un véritable chemin de croix, tout en ce
film est douloureux et pue une souffrance insoutenable. J'ai du le voir en plusieurs étapes, valait mieux ! Les deux femmes se livrent une lutte acharnée, tachée de fluides corporels sanglants
divers et variés, à l'aide d'armes improvisées (ciseaux, couteau, grille pain...). C'est ultra violent, l'une se battant pour sa vie et peut être celle de son futur enfant (on n'est pas
très sûr de son attachement), l'autre tel un Nosferatu doublé d'un Michael Myers fantomatique mais aussi désespérée que sa victime, cherchant par tous les moyens à extirper le divin enfant de sa
matrice. Tous ceux passant dans la maison pendant cette mise à mort pleine de respect malgré tout, vont le payer cruellement de leur vie et de quelques membres perdus au passage.
Le mal d'enfant peut conduire à des faits terribles... Béatrice Dalle est exceptionnelle et franchement impressionnante, elle mérite amplement sa place au panthéon des psychopathes les plus
sinistres et les plus dangereux surtout. Alysson Paradis - la petite soeur de l'autre - est très convaincante aussi, dans le rôle de la "victime" pas complètement soumise, et tentant de parer les
coups. Et la réalisation de nos deux Mad Moviesien est empreinte d'un style sombre mais magnifique, notamment dans les apparitions de Béatrice Dalle, monstre fascinant et énigmatique. Une des
scènes rappelle le plan le plus flippant de la planète : le passage de Regine devant la fenêtre dans "L'exorciste", vaporeux et planant tel un fantôme diabolique...
Le tout baigne dans un contexte de violence urbaine avec en rappel constant, les émeutes d'un certain mois de décembre avec un certain ministre parlant de tout nettoyer au karcher...
"A l'intérieur" est une très belle réussite dans le gore français, c'est d'ailleurs bien dommage car il s'avère tellement cru et insoutenable (les dents pétées s'étalant sur le sol, la césarienne
artisanale où la jeune future maman appelle sa mère qu'elle a tuée par inadvertance, une pique à cheveux dans la gorge au début du film !) que je ne veux plus jamais le revoir !
Mais j'attendrai avec impatience le remake d'"Hellraiser", même si je ne comprends pas qu'un tel film nécessite un remake ; mais laissons à Bustillo et Maury le bénéfice du doute.
Le glas du film de genre français, honteux, frileux et mauvais a t'il sonné ? Espérons-le... Nous pouvons l'espérer !
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