Comment décrire un cri
d'extase avec les mots les plus justes possibles ? Je ne vois pas, mais je vais essayer quand même. Je n'ai jamais été déçue par un film des frangins Coen ; en même temps je les ai pas tous
vu (il m'en manque 4, sur 13 ça fait une bonne moyenne visuelle néanmoins) mais je ne crois pas trop prendre de risque en disant qu'on n'est JAMAIS déçu par eux. Jamais et en plus, fait
assez extraordinaire pour être souligné, dans une carrière de réalisateur c'est drôlement rare : C'EST DE MIEUX EN MIEUX !!!!!
Llewelyn Moss, chasseur à ses heures, tombe en plein désert sur les victimes d'un deal de drogue qui a très mal tourné, tellement mal tourné que les cadavres jonchent le sol, qu'un énorme tas
d'héro est resté à l'arrière d'un pick up, et que non loin de là sous un arbre, un homme gît, une malette pleine de dollars à ses pieds. Llewelyn fait ce que tout le monde aurait fait à sa
place : la prendre. Mais il ne va pas tarder à s'apercevoir qu'un véritable cataclysme en la personne d'Anton Chigurh, vient de se déclencher...
Je ne crois pas être complètement hystérique en proclamant haut et fort que ce film est un véritable chef d'oeuvre. Tout y force l'admiration : la réalisation, pure
et en même temps stylisée, parfois speed mais parfois sachant se poser, et composant avec une multitude de sentiments : la contemplation avant la tempête dans le désert, la
bestialité froide et orgasmique du personnage d'Anton Chigurh, la terreur quand celui-ci traque sa principale proie (phénoménale scène dans l'hôtel avec l'émetteur de la valise, du pur
cinéma d'épouvante !), le respect inspiré par sa personne teinté de peur, l'empathie à l'égard du chasseur de biches traqué, la pudeur et la justesse de ton enfin incarnées par le personnage du
shériff joué par Tommy Lee Jones (très belle scène de l'annonce sans paroles faite à la femme de Llewelyn).
La bande son est également magnifique, tous les petits bruits ont une part - un rôle ? - dans le déroulement du film et on y prête très attention (ah le parquet qui grince annonçant que Chigurh
est devant la porte !!!). Je ne vous parle même pas du casting de la mort (bah si en fait je vais vous en parler) : Javier Bardem que j'ai déjà glorifié juste en dessous mais qui m'inspire encore
d'autres qualificatifs comme gros pourvoyeur de terreur ultime, Tommy lee Jones en totale retenue et dépassé par la violence des hommes, Josh Brolin essayant de garder un minimum de virilité face
à la Bête, et Woody Harrelson dans un rôle de tueur à gages traquant Chigurh, qui ne va pas tarder lui aussi à s'incliner très très bas devant lui...
Je me rappelle avoir ri à certaines scènes du film mais elles se sont effacées face aux autres, celles touchantes, notamment entre Tommy Lee Jones et un ancien
shérif, handicapé pendant l'exercice de ses fonctions, où les frères Coen égratignent subtilement ce pays violent de tout temps, qui non, décidemment, n'est pas fait pour les vieux...
Le meilleur des Coen, assurément.





