
Non ce film n'a rien à voir avec l'un des pornos dont je raffole ! Faut arrêter maintenant, je ne pense pas qu'à ça tout le temps ! (attendez un peu mon post sur
"Norbit"...) Y'a des fois même où je me culture avec des films de Brian Yuzna, dingue nan ? Alors pour les incultes, Brian Yuzna c'est le réalisateur du "Retour des morts vivants 3" (petite perle
zombiesque à la Roméo et Juliette), Society, "Le dentiste" ; et c'est aussi l'un des producteurs chéris de Stuart Gordon (Re Animator, d'ailleurs Brian a réalisé sa suite). Ca vous met sur
la voie ? Nan ? Tant pis ! Le monsieur excelle par ses critiques acerbes avec du gros gore qui tache, et dépeint comme personne (à part Stuart Gordon, je me demande s'ils sont pas jumeaux les
deux ?) des univers glauquissimes à la Lovecraft. Seulement voilà, depuis quelques années ce n'est plus que l'ombre artistique de lui-même...
Marienbad, petite ville a priori tranquille, voit son sort scellé par le maire, décidant subitement d'engloutir la cité sous les eaux d'un barrage. Deux enfants s'y promènent avant le jour
J, et se rendent, après avoir entendu des cris de désespoir, dans le sous-sol d'une espèce de sanctuaire où semblent se dérouler des cultes sataniques... L'un des deux libère par mégarde le
"gourou" et le paiera cruellement de sa vie. 40 ans plus tard, la ville s'apprête à fêter la bonne tenue du barrage, ayant permis la prospérité de la vallée...
"La malédiction des profondeurs" ne signe hélas pas la résurrection de notre Brian adoré, mais pas son arrêt de mort non plus ; il a encore de beaux restes, malheureusement emmêlés dans un
résultat brouillon. En gros son film est un mélange de séries B et de Z. Dans le B : un pitch très intéressant lorgnant sévère vers le Lovecraft, quelques moments truculents et subversifs (la
partouze finale où les habitants pètent un câble, même le prêtre s'y met et roule des galoches à une chèvre !! Ils savent s'amuser en Espagne, y'a pas à dire !!) et des personnages
simplement esquissés qui auraient mérité plus ample analyse (le gardien du barrage faisant face à une créature cauchemardesque lui rappelant sa femme - sic ! - et "l'enfant" survivant).
Du côté du Z, j'en ai tout autant : des acteurs à la masse pour la plupart et un casting beaufissime et franchement douteux (la blondasse siliconée se
questionnant sur le sens de la mort avant d'enlever son soutif pour coucher avec son ex zombifié, la mère et la fille ayant à peine 5 ans d'écart, le maire lorgnant sévèrement vers le personnage
au même rôle des "Dents de la mer"...), des effets spéciaux tout pourraves (on devine très fortement les décors peints des profondeurs, dans lesquels sont très mal incrustés les personnages), des
raccourcis scénaristiques incohérents (la baby sitter passant son temps à roupiller au lieu de surveiller les gosses, ceux-ci en profitant évidemment pour se paumer dans la nature) et une fin
digne d'un Vendredi 13, donc ultra prévisible (je ne prédis pas une grande carrière d'acteur au môme de la dernière scène).
Dans la Malédiction des profondeurs il y en a à prendre et à laisser, mais finalement le tout s'équilibre. Mais peut mieux faire Brian...


