Mardi 4 septembre 2007

"Partir c'est mourir un peu", cette citation d'Haraucourt améliorée par Gilles Veber : "mais rester c'est crever doucement", résument à elles seules mes pourquoi de bougeotte du comment. Mais, car il y a un mais : comment retrouver des pupilles vierges et un ventre sans bleus à l'âme quand on a déjà reçu des uppercuts des plus belles, comme Lisbonne ou Florence ? Quand celles-ci vous ont estomaqué de stupeur par leur délicatesse architecturale, par le temps qui s'étire à l'infini paisiblement, par cette douceur de vivre intemporelle et subjuguante ? Je ne vous parle même pas de l'esprit qui les possède, qui vous possède, qui vous accompagne pendant votre séjour, et ensuite qui vous hante de toute sa violence spirituelle ; esprit qui jamais ne s'en va de votre chair et de vos sens et qui restera fidèle à vos côtés,  jusqu'à votre agonie terminale. Avec elles jamais vous ne vous sentez seul, où que vous soyez, quelles que soient les circonstances.

Il est des villes qui vous marquent au fer rouge pour votre plus grande joie masochiste, et du coup vous vous attendez à chaque gare ou aéroport, à recevoir encore de plein fouet ce violent crochet qui va vous tuméfier l'estomac et vous torturer les tripes. Vous l'espérez, vous fermez les yeux, vous suppliez en votre for intérieur et...

... Rien. Rien tout simplement rien. Je vais probablement me faire assassiner par les Bruxellois, les Belges et autres admirateurs de la demoiselle, mais rien, rien, RIEN ! En même temps il n'y a rien à reprocher à ses habitants, à ses maisons, à elle toute entière ; non il n'y a rien à lui reprocher (si quand même, ses moules marinières entre 20 et 25€ !!!!!), mais en même temps rien. A aucun moment je n'ai senti mon palpitant s'emballer comme un fou furieux ni mes tripes s'entortiller comme si j'allais me répandre en flaque dans un égoût ; et même que je me suis sentie seule, extrêmement seule, bourrée de névroses, de tics, de maladies du cheveu imaginaires, et d'esprits démoniaques me disant "dégage, dégage" à 3 heures du mat'. 

Pour sûr je conçois aisément que mes expériences masochistes de la vie en général ne soient pas perceptibles par la plupart d'entre vous, et qu'une ville reste une ville.

Pour sûr cela a été violent mais en sens inverse.

Pour sûr cela a tout de même permis une confrontation avec la Bête qui peut être se terminera en l'accouchement d'un chien fou ou d'une larve molle et gluante ; on en reparlera ou pas dans quelques mois ou années.

Pour sûr il y a eu ça :


Ciel-de-Bruxelles.jpgOui, tout de même il y a eu ça, pour sûr. Mais si peu, tout juste un petit "oh" sans conséquences stomacales aucunes... J'aime passionnément ou je déteste violemment (ou les deux mélangés) mais je ne peux pas me contenter de sentiments tiédasses, ça non.

Tout ce que je sais c'est que je n'ai jamais aussi vite décanillé d'un endroit. Parce qu'il est des villes qui vous font ressentir trop fortement votre situation d'étrangère en cet univers...

Pour sûr...
par Suzy Dumeur publié dans : La vie, l'à mort, le cul
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