Alors là rendons à César ce qui est à César. Ces derniers temps j'avais l'habitude de persifler sur la pauvre tête de Tobe Hooper. En même
temps il l'a bien cherché, avec des titres comme Mortuary ou pire encore, Les forces obscures, l'un des segments de la série Masters of horror 2. Je savais pertinemment que "The toolbox murders" était réalisé par le bonhomme, mais j'ai quand même
demandé à Frérot d'aller le louer, car le très peu que j'en avais vu en streaming méritait un petit coup d'oeil pas critique. Et pis Tobe Hooper je souhaite secrètement qu'un jour, il retrouve sa
superbe.
A Los Angeles un jeune couple loue un appartement dans un immeuble autrefois réputé célèbre, et ayant abrité par exemple Elizabeth Short avant qu'elle se fasse méchamment cueillir et inspire "Le
dalhia noir". Les lieux sont donc chargés d'histoire mais pas seulement, car dans l'ombre un psychopathe un poil bricoleur, trucide toutes les jeunes femmes esseulées dans leur appartement...
Alors là chapeau. Non pas que le film soit exceptionnel mais il dégage une ambiance ultra sympathique comme série B. Plein de clins d'oeil au genre sont discrètement placés (sans que ce soit un
gros pompage foutage de gueule comme dans les Wes Craven, lui par contre je suis pas prête de me calmer à son sujet), notamment dans l'immeuble qui aurait pu inspirer Argento autrefois ; les
meurtres également auraient pu être commis dans un giallo - avec une bonne trousse à outils c'est fou ce qu'on peut faire - mais sans les tons saturés et l'ambiance baroque du Maestro. Un
juste retour aux sources hooperiennes s'opère par l'entremise de la créature dégénérée commettant ses méfaits, mix probable entre Leatherface et l'avorton de "Creep". Le tout est très
bien ficelé et interprété justement, notamment par une Angela Bettis humble et efficace, et tout un casting de secondes trognes très attachantes. La fin clôture ce qui est un véritable hommage au
genre, par un clin d'oeil au "Halloween" de Carpenter.
Quitte à me répéter "The toolbox murders" est très très sympathique, mais quitte à me répéter aussi il a été réalisé avant les deux bouses que je cite en tout début... Désespoir quand tu nous
tiens...
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Humeurs des autres