Mercredi 19 mars 2008
Un autre sport très pratiqué par mes amis les veaux : parler pour surtout SURTOUT ne
rien dire, comme si le silence si précieux à mes petites esgourdes (à tel point que l'anti ecclésiastique que je suis, se réfugie des fois dans des églises ou autres lieux de culte où brûle une
bonne odeur de cierge) leur rappelait trop la petite boîte en bois dans laquelle on ira tous un jour (ou dans le toasteur c'est selon). C'est fou la salive gaspillée à coups de répliques inutiles
et autres commentaires sur le néant intersidéral. Et c'est fou l'énergie distillée à tenter de parer ces attaques stériles ou d'essayer de faire comprendre aux veaux à quel point ils feraient
mieux de fermer leur clapet à insipidités, et d'écouter enfin ce silence tant méprisé dans cette cacophonie ambiante.
Il y a longtemps Bigard disait des choses drôles et pas vulgairo-beaufesques. Les non paroles répandues par une bonne partie de la population munie d'une langue, me rappellent inévitablement l'un de ses tous premiers sketches : "Les expressions". Vous en avez probablement entendu parler : quand vous arrivez dans un resto le soir et que le serveur vous demande "c'est pour dîner ?" et là Bigard de répondre "non c'est pour faire un tennis connard !". Voilà exactement de quoi je parle, et depuis ce fameux sketch on dirait que la manie langagière du rien a contaminé le pays. Dernièrement j'ai relevé plein d'exemples et comme par hasard, tous se sont déroulés sur mon lieu de travail ; tiens comment que ça se fait ma brave dame ? Y'aurait-il une plus grande concentration de blaireaux au boulot qu'ailleurs ? Un jour peut être je ferai une étude sociologique là-dessus. En attendant extraits.
Je vous passe les "il fait beau hein ?" suivis de rien du tout alors que oui, effectivement le soleil brille, les petits oiseaux gazouillent, les arbres bourgeonnent, et que le tableau devient subitement gâché par de la paraphrase bêtasse. Les repas entre collègues sont également sujets à questionnement philosophique, inévitablement. Entrée en matière : j'arrive avec un pamplemousse. Je ne m'attends pas à ce qu'on me parle de mon pamplemousse, c'est rien qu'un pamplemousse, surtout qu'il a l'air complètement normal en plus, coupé en deux et couleur pamplemousse quoi. J'ai envie qu'on me laisse bouffer tranquillement mais non, apparemment c'est trop demander : une collègue - pourtant plus évoluée que la normale - me soumet à la question : "ah tiens tu as pris un pamplemousse ?". Moi, ayant déjà subi muettement de multiples affronts de la sorte sans rien dire, lui rétorque toute rouge bouffie de colère, une réponse à la Bigard : "ah ouais t'es sûr ??? Putain c'est vraiment des incompétents dans cette cuisine, bordel je croyais que c'était des carottes râpées !!!! QU'ON M'APPELLE LE CHEF CUISINIER C'EST INADMISSIBLE !!!!!!! JE NE PAIERAI PAS MON REPAS A MOINS DE 3 EUROS POUR CETTE ERREUR IMPARDONNABLE !!!!!". Et la fameuse collègue de répondre subtilement : "euh t'es en train de te foutre de moi ?!", moi : "non non NON je te jure, je croyais VRAIMENT que c'était des carottes râpées dans mon assiette !!!!!".
Aussi les absences de certains dans leur bureau soulèvent des interrogations ultra pertinentes : moi assistant à la scène et faisant office les 3/4 du temps de secrétaire médicale, le bureau d'à côté vide vide VIDE complètement VIDE et il suffit d'un regard d'une seconde pour s'en apercevoir ; complètement vide aussi la plupart des visiteurs, s'enquérant de l'absence de personne dans le dit bureau par un perspicace : "elle est pas dans son bureau Ginette ?". Moi, me retenant de répondre la réplique suivante, parce que je peux pas tout dire tout le temps ce que je pense parce que sinon je pense que je me ferai licencier : "ben c'est qu'elle en a marre de voir ta sale gueule, vérifie bien quand même je crois qu'elle est planquée dans le placard CONASSE !!!!!!!". En général j'essaie de me calmer, et je dis juste "ben non on dirait qu'elle n'est pas là dis-doooooooonc".
Dans un autre style, les politesses du matin foisonnent d'inintérêt profond : entre les bises dispensées à tout va même aux collègues qu'on ne peut pas saquer (je ne cèderai jamais JAMAIS à cette tradition naze, je n'embrasse que les gens que j'aime, et encore !!!!!) et qui puent pour certains déjà très très tôt, arrive la formule soi-disante de politesse : "ça vaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!", je précise sans point d'interrogation. Parce que si vous foutez un point d'interrogation dans le ton, alors là c'est la porte ouverte à tout ma brave dame ! Imaginez un seul instant que l'autre en face de vous dont vous n'avez strictement rien à foutre mais à qui vous faites semblant de demander quand même, vous sorte un "NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONNN !!!!!!!!!" de derrière les fagots ??? Mais c'est des coups à vous foutre dans la merde ça !!! C'est des coups à ce qu'il manifeste une ébauche de malaise voire de mal être, et qu'il vous gâche la journée en vous disant sincèrement comment il va vraiment, putain mais quelle idée !!!!! Etre poli certes, mais être un poil empathique et compatissant ce serait franchement trop exagéré là...
Bon, j'arrête là mes exemples d'expressions débiles et de conversations vides, avant de sombrer moi-même dans l'insipidité d'écrire pour ne rien dire...
A bon lecteur...
Il y a longtemps Bigard disait des choses drôles et pas vulgairo-beaufesques. Les non paroles répandues par une bonne partie de la population munie d'une langue, me rappellent inévitablement l'un de ses tous premiers sketches : "Les expressions". Vous en avez probablement entendu parler : quand vous arrivez dans un resto le soir et que le serveur vous demande "c'est pour dîner ?" et là Bigard de répondre "non c'est pour faire un tennis connard !". Voilà exactement de quoi je parle, et depuis ce fameux sketch on dirait que la manie langagière du rien a contaminé le pays. Dernièrement j'ai relevé plein d'exemples et comme par hasard, tous se sont déroulés sur mon lieu de travail ; tiens comment que ça se fait ma brave dame ? Y'aurait-il une plus grande concentration de blaireaux au boulot qu'ailleurs ? Un jour peut être je ferai une étude sociologique là-dessus. En attendant extraits.
Je vous passe les "il fait beau hein ?" suivis de rien du tout alors que oui, effectivement le soleil brille, les petits oiseaux gazouillent, les arbres bourgeonnent, et que le tableau devient subitement gâché par de la paraphrase bêtasse. Les repas entre collègues sont également sujets à questionnement philosophique, inévitablement. Entrée en matière : j'arrive avec un pamplemousse. Je ne m'attends pas à ce qu'on me parle de mon pamplemousse, c'est rien qu'un pamplemousse, surtout qu'il a l'air complètement normal en plus, coupé en deux et couleur pamplemousse quoi. J'ai envie qu'on me laisse bouffer tranquillement mais non, apparemment c'est trop demander : une collègue - pourtant plus évoluée que la normale - me soumet à la question : "ah tiens tu as pris un pamplemousse ?". Moi, ayant déjà subi muettement de multiples affronts de la sorte sans rien dire, lui rétorque toute rouge bouffie de colère, une réponse à la Bigard : "ah ouais t'es sûr ??? Putain c'est vraiment des incompétents dans cette cuisine, bordel je croyais que c'était des carottes râpées !!!! QU'ON M'APPELLE LE CHEF CUISINIER C'EST INADMISSIBLE !!!!!!! JE NE PAIERAI PAS MON REPAS A MOINS DE 3 EUROS POUR CETTE ERREUR IMPARDONNABLE !!!!!". Et la fameuse collègue de répondre subtilement : "euh t'es en train de te foutre de moi ?!", moi : "non non NON je te jure, je croyais VRAIMENT que c'était des carottes râpées dans mon assiette !!!!!".
Aussi les absences de certains dans leur bureau soulèvent des interrogations ultra pertinentes : moi assistant à la scène et faisant office les 3/4 du temps de secrétaire médicale, le bureau d'à côté vide vide VIDE complètement VIDE et il suffit d'un regard d'une seconde pour s'en apercevoir ; complètement vide aussi la plupart des visiteurs, s'enquérant de l'absence de personne dans le dit bureau par un perspicace : "elle est pas dans son bureau Ginette ?". Moi, me retenant de répondre la réplique suivante, parce que je peux pas tout dire tout le temps ce que je pense parce que sinon je pense que je me ferai licencier : "ben c'est qu'elle en a marre de voir ta sale gueule, vérifie bien quand même je crois qu'elle est planquée dans le placard CONASSE !!!!!!!". En général j'essaie de me calmer, et je dis juste "ben non on dirait qu'elle n'est pas là dis-doooooooonc".
Dans un autre style, les politesses du matin foisonnent d'inintérêt profond : entre les bises dispensées à tout va même aux collègues qu'on ne peut pas saquer (je ne cèderai jamais JAMAIS à cette tradition naze, je n'embrasse que les gens que j'aime, et encore !!!!!) et qui puent pour certains déjà très très tôt, arrive la formule soi-disante de politesse : "ça vaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!", je précise sans point d'interrogation. Parce que si vous foutez un point d'interrogation dans le ton, alors là c'est la porte ouverte à tout ma brave dame ! Imaginez un seul instant que l'autre en face de vous dont vous n'avez strictement rien à foutre mais à qui vous faites semblant de demander quand même, vous sorte un "NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONNN !!!!!!!!!" de derrière les fagots ??? Mais c'est des coups à vous foutre dans la merde ça !!! C'est des coups à ce qu'il manifeste une ébauche de malaise voire de mal être, et qu'il vous gâche la journée en vous disant sincèrement comment il va vraiment, putain mais quelle idée !!!!! Etre poli certes, mais être un poil empathique et compatissant ce serait franchement trop exagéré là...
Bon, j'arrête là mes exemples d'expressions débiles et de conversations vides, avant de sombrer moi-même dans l'insipidité d'écrire pour ne rien dire...
A bon lecteur...
par Suzy Dumeur
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