Cloverfield est arrivé sur les écrans en fanfare, après une bande annonce choc diffusée dans les salles de cinéma juste avant sa sortie. Celle-ci montrait une fête
entre amis, filmée caméra à l'épaule dans l'à peu près bonne humeur, et d'un seul coup : la tête de la statue de la liberté échouait dans les rues de Manhattan, décapitation orchestrée par
on ne sait qui ! Il n'en a pas fallu plus pour que ce film devienne un mythe à l'heure d'Internet. En France l'impact n'a pas été le même, mais dans les forums américains on ne parle que de ça
depuis des mois. Il faut dire que les producteurs en connaissent un rayon sur la mystification, jouant la carte du "ça ressemble au Projet Blair witch" et celle du "personne ne sait à quoi la
créature ressemble !!!".
L'histoire est ultra simple : une surprise party a été organisée en l'honneur de Bob, qui va bientôt s'installer au Japon et commencer une brillante carrière professionnelle. Quelques intrigues
amoureuses s'installent ça et là histoire de divertir le pékin, et soudain le chaos s'abat sur New York, sans que qui ce soit en comprenne les tenants et les aboutissants. La fuite éperdue pour
la survie commence !
J'étais drôlement sceptique avant la vision du film, légèrement agacée par l'attitude des producteurs voulant à tout prix attirer le chaland à force d'entretenir le mystère, on sait que nombre de
daubes ont été vendues de cette façon là. Mais là je dois dire que Cloverfield vaut son pesant de cacahuètes, pour le peu que l'on prenne ça au second degré, sans se pincer le nez, et en ne
prenant ça que pour du divertissement. Le film honore complètement son contrat à ce niveau là.
C'est péchu, saccadé ; le mystère est très bien entretenu par la réalisation à l'épaule, floutant en quelque sorte les passages les plus stressants. C'est très habile car en même temps on
aperçoit les créatures responsables du chaos, sans pour autant tomber dans le trop plein de détails, ce qui je conçois, peut frustrer nombre d'amoureux de nos bébêtes adorées, mais on en voit
quand même des bouts de bestioles ! La scène dans le métro par exemple titille nos nerfs quand l'un des protagonistes actionne le mode nuit de la caméra, et aperçoit dans le champ du film ce
qu'il n'aurait jamais dû voir : des prédateurs entre Aliens et Pitch Black tranquillement en train de grouiller sur les murs et le plafond et attendant le moment fatidique !
Cloverfield est un film dans le film, comme Le projet Blair Witch en son temps, et qui n'a pas à avoir honte de la comparaison. Il y a quelques incohérences inhérentes au genre (malgré le siècle
de cinéma qui s'est écoulé, il y en a encore qui prennent la fuite par les ponts, qui reviennent sur leurs pas pour sauver quelqu'un, ou qui ne comprennent pas pourquoi les rats prennent la
tangeante à contre-courant !) mais qui ne plombent pas le tout. Cloverfield est une bonne petite surprise sans prétention qui fonctionne à merveille, un bon film du samedi soir qui ne rentrera
pas dans les annales cinématographiques mais qui aura fait son petit effet en son temps !
Mieux vaut ça à un gros film d'auteur qui se la pète n'est-il pas ?
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Humeurs des autres