
J'aime bien raconter le contexte dans lequel j'ai vu les films, et en l'occurrence celui dans lequel je ne les ai pas vu ! Car j'ai mis un sacré bout de temps à voir
celui-là, les structures cinématographiques dans ma chère ville étant ou avides de pognon et de films faciles, ou le nez pincé voire le cul serré depuis la pseudo époque intello masturbatoire de
la Nouvelle Vague. Pas évident de reluquer mes péloches tant vantées dans mon Mad biblique ; il en fut ainsi pour "A l'intérieur" également dont j'attends impatiemment la sortie DVD. Bah oui
parce que moi je suis encore trop bête pour télécharger illégalement à tout va, je crois encore à la magie du grand écran et j'aime plus que tout au monde le désir mêlé de frustration à l'attente
d'un film dans ma boîte de location préférée... Je sais que je n'ai pas d'avenir vu l'essor fulgurant du Net et de ses joyeusetés, et je finirai probablement vieille conne que voulez-vous...
Mais en attendant, Abandonnée ça donne quoi ??
Marie débarque de sa Californie ensoleillée en Russie en plein hiver ; cela fait plus de 20 ans qu'elle est obsédée par ses origines et enquête sur ses géniteurs qui l'ont abandonnée à la
naissance. Il semble que sa quête obtienne quelques résultats puisqu'un notaire lui fournit son acte de naissance, la photo de sa mère ainsi que le titre de propriété de la maison familiale -
paumée dans la campagne russe - dans laquelle personne n'a jamais mis les pieds depuis 40 ans, âge de Marie. La mère de celle-ci aurait péri dans des circonstances très violentes...
Dès le début du film on se sent saisi d'une angoisse diffuse et on se demande s'il faut continuer le visionnage... Touts les éléments dégagent un je ne sais
quoi de malsain, que ce soit la campagne russe, ses habitants inhospitaliers et pire, la fameuse maison familiale où les personnages principaux vont se retrouver cloïtrés, la bicoque devient même
la principale actrice. L'histoire est assez tordue, elliptique et bourrée de symboles, le tout baignant dans des effets spéciaux pour le moins gores, voire insoutenables de par leur réalisme,
j'en veux pour preuve le "règlement de comptes" paternel avec les cochons sauvages (à ce titre Hannibal peut aller se rhabiller) ou encore la tentative de noyade du nourrisson dans
l'auge.
A cause de tout cela, et parce que le film est tout simplement très bon et le réalisateur (encore un espagnol ! Hé ho les français quand est-ce qu'on se tire les mains du cul hein ???) promis à
une très belle carrière, je vous conseille humblement de le voir deux fois d'affilée (et plus si affinités, c'est votre problème), plein de détails ultra importants prennent ainsi une ampleur
méritée. Et on comprend mieux le tout.
La fin également est brillantissime de noirceur et de cynisme, un vrai film de Noël à méditer en famille pour la voix off de la fille de Marie parlant posément sur les joies et bénéfices à être
abandonné ! Tout est relatif effectivement ; vu comme ça...
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Humeurs des autres