
La chute ou "Der untergang" retrace les derniers jours d'Hitler, enfermé dans son bunker tandis que Berlin se fait massacrer par les Russes, il est entouré par ses
fidèles, sa future femme, sa dernière secrétaire, ses généraux et proches collaborateurs, et tout ce petit monde là va aussi pâtir de la chute du fürher, certains complètement fanatisés, d'autres
terrorisés par l'ambiance haineuse instaurée par l'ancien chancelier dans ses derniers instants...
Comme d'habitude, les polémiques vont bon train quand un sujet toujours aussi brûlant 60 ans plus tard, est traité. Pourtant les Allemands ont eu les couilles de le faire, ne laissant pas une
autre nationalité sonder le ventre de la bête, et faisant par la même leur mea culpa. Polémique car Hitler est montré comme il était : un être humain, et c'est cette dimension réaliste et pour
une fois non diabolisante, qui glace les sangs à chaque plan le filmant. Sans vouloir diminuer l'ampleur de son comportement destructeur et haineux, le réalisateur filme sa cour pratiquement
toute acquise à sa cause, et l'on prend conscience que cette incroyable ascension pour un bonhomme finalement très banal (et très mythomane et très paranoïaque), ne se serait pas faite sans
toute une clique de personnalités toutes aussi aberrantes et fanatiques. Les Goebbels par exemple déciment leurs 6 enfants dans un climat froid et austère, l'aînée luttant pour sa vie et
n'entraînant aucune compassion de sa mère bien aimée, et celle-ci jugeant qu'ils n'ont aucun avenir sans le national socialisme... Une vraie démonstration de l'embrigadement nazi dans lequel les
plus fervents défenseurs se sont eux-mêmes liés.
Le final du film est des plus insoutenables, entre les violents suicides, les exécutions froides et futiles d'un régime trop fier pour reconnaîtres ses actes haineux, les actes
désespérés de médecins tentant de faire leur métier dans un Berlin dévasté et dégoulinant de sang, et les milices du petit peuple encore fanatisé malgré les tirs d'artillerie russes, se balladant
pour faire justice avec des rouleaux de corde toujours prêts... "La chute" ne vous laissera pas dormir tranquille après sa vision.
On a donc reproché au réalisateur de montrer Hitler comme l'un de nos congénères, pourtant tout le monde sait que les monstres n'existent pas. Et dans la description de son caractère jusqu'au
boutiste, entier et ambitieux, on reconnait parfois dans ce comportement, certains de nos semblables, proches ou lointains, vivants ou morts, et c'est ça finalement qui dérange, c'est que ça
ne s'arrêtera jamais, et qu'il y aura toujours des simili d'Hitler partout dans le monde.
Retenons la leçon mais ne focalisons pas sur lui, ouvrons les yeux grand grand sur ses futurs remplaçants.
Des humains tuant des humains.
commentaires (0) créer un trackback recommander



Humeurs des autres