
L'histoire : dans les coulisses d'une émission télé réalité britannique "Big brother", les équipes de télévision sont focalisées sur le prime time du soir devant désigner l'élimination rituelle de l'un des participants. Tous sont obnubilés par leur émission factice et superficielle, et ignorent superbement qu'en parallèle sur les autres écrans interposés, les médias du pays alertent les téléspectateurs sur ce qui ressemble fort à une invasion de zombies. La contamination se répand alors de façon fulgurante, y compris sur les plateaux télé...
Cette série britannique créée par Charlie Brooker a reçu un accueil chaleureux des téléspectateurs pour la diffusion de son pilote (1 million de personnes devant leur poste de télé, rien que ça) et ça fait chaud au coeur, car elle ne ressemble en rien aux productions actuelles, enfin françaises j'entends. Imaginez donc à une heure de grande audience, des morts-vivants dévorant tripailles et gorges, avec surtout en sus une féroce critique des zombies - humains ceux là - friands de daubes télévisuelles insignifiantes et décérébrés par ces visionnages intensifs ne reposant sur rien ? Il fallait oser démonter de l'intérieur cette mécanique bien huilée de la télé réalité, et pour une fois ne pas flatter dans le sens du poil le téléspectateur, finalement peut être à la recherche de productions plus complexes et profondes.
La série est un véritable hommage aux films de zombies et en reprend toutes les ficelles (contamination, survie, recherche d'armes, de vivres, d'un endroit sécurisé, etc) ; on pense à Romero bien sûr, mais depuis ses émules se sont multipliées : citons ça et là "28 jours plus tard" ou encore "L'armée des morts", évoqués à de multiples reprises dans les épisodes (infection fulgurante, zombies courant le sprint, morts-vivants filmés en masse devant les grilles, présence malsaine des autorités...). Alors il existe certaines imperfections certes comme cette réalisation caméra à l'épaule beaucoup trop saccadée par moments, ou encore cette absence de transition entre certaines scènes ne nous donnant pas un instant pour nous plonger dans la séquence suivante, mais franchement il serait dommage de bouder cette bombe horrifique n'inventant rien dans le domaine du zombie, mais se révélant rafraichissante notamment sur sa fin nihiliste et surtout sur ses personnages : les productions faisant la part belle aux femmes combattives et aux participants habituellement déficients des émissions de télé réalité mais prenant de l'ampleur à la mesure du déroulement des évènements, ne sont pas légion par les temps qui courent.
Et qui cracherait sur des éventrations et des arrachements de colonne vertébrale dignes d'un Zombie de Romero à une heure de grande écoute alors que par chez nous c'est la Roue de la fortune qui trône ? Pas moi !
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Humeurs des autres