
Je discutais avec une copine l'autre fois au bar, qui me disait qu'elle avait une amie qui se foutait royalement de sa tronche dès qu'elle paniquait devant un film
d'épouvante, sauf que la dite amie fait des attaques de trouille dès qu'elle voit une araignée. Une toute petite araignée. Même en film. Je ne sais pas pour les autres afficionados du genre, mais
je crois que nous avons tous dans les spécialités de films, un truc insurmontable qui nous fout la pétoche, tout visionneur boulimique que nous sommes.
Moi ce sont les films avec le Diable, les démons, et toute la maudite clique. Dès que j'entends une respiration un peu asthmatique avec une porte qui claque au même moment, j'ai le trouillomètre
à zéro, je me dis que ça va être ma fête et que Satan est parmi nous. A bientôt 35 ans il m'arrive de m'endormir encore avec la lumière en pensant à L'exorciste pour ne pas le nommer (mais aussi
L'exorcisme d'Emily Rose, Amityville, le premier "Maison du Diable" et aussi L'emprise dans un autre genre), et y'a pas moyen de me calmer si ce n'est le petit jour qui pointe.
Y'a rien à y faire et aucun discours rationnel ne peut m'apaiser. Sauf que, en bonne vicieuse que je suis, je ne peux pas m'empêcher de voir ces pellicules là. C'est plus fort que moi. Ca me
titille comme une môme devant l'étal de bonbons. C'est bon la trouille aussi z'avez pas idée... ça vous fait des guilis dans l'estomac et ça vous tourneboule les neurones. Alors je provoque ce
genre de situations et j'étais dans cette optique là quand j'ai loué "An american haunting", surtout qu'en plus - et c'est encore meilleur pour le trouillomètre - c'est basé sur une histoire
vraie.
De nos jours, une jeune fille court dans les bois, poursuivie par une force invisible et mystérieuse. C'est un cauchemar en fait, et sa mère la réveille avant de tomber sur un journal intime
ancien, relatant l'histoire de la famille Bell. Au 19ème siècle, dans un petit village aux Etats Unis, la famille Bell va être assaillie par le malin, celui-ci s'acharnant sur la fille à peine
adolescente...
Oué. Et ben j'ai tellement pas eu peur que là du coup, je suis en pétard. Enfin je pense qu'il ficherait un peu la trouille aux midinettes terrorisées qui sursautent
en voyant un chat atterrir sur la caméra, mais moi il me faut quand même la grosse artillerie. En plus de même pas provoquer un guili guili dans le ventre, je me suis emmerdée platoniquement et
c'était LAMENTABLE. Rajoutez à ça pathétique et minable tiens. Sissy Spacek et Donald Sutherland toujours impeccables habituellement, assurent à peine le
minimum syndical ; la nénette supposée être possédée - Rachel Hurd-Wood - a déjà l'aspect bombasse et les lèvres siliconées qui vont avec alors question innocence pervertie par le méchant Diable,
bonjour ! Elle a juste une expression du visage qui dit "buh je fais la muuuuuue !!!!".
Minable je vous disais, et encore y'a pire que le casting, c'est l'histoire : à peine une demie heure passée et déjà on suppute le pseudo retournement à 2 balles à venir, qui s'étire en longueur
jusqu'à la fin. Pas une vraie histoire de possession démoniaque donc. Et les effets spéciaux à grands renforts de bruits et de musique énervée qui va avec, empêchent de piquer un roupillon bien
mérité et ne font qu'exagérer le caractère déjà outrancier et bourré de pathos du film.
"An american haunting" est une arnaque, la jaquette vous fait saliver, le résumé de l'histoire aussi, et quand vous vous plantez dedans non seulement vous débandez, mais en plus il vous a refilé
la chtouille. Vade retro, Satanas !!!!
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Humeurs des autres