J'ai longtemps longtemps hésité avant de voir ce film. Et pour cause, je n'ai pu tenir qu'un quart d'heure devant "La maison des 1000 morts" de notre cher Robbie,
pas tellement à cause de la violence des actes mais plutôt de l'ambiance qui se dégageait du film, crade, glauque et profondément malsaine. Un genre de "Massacre à la tronçonneuse" (le premier)
mais puissance 10 dans la sordidité des personnages, et surtout dans l'impunité qui sous-tendait leurs actes horribles. Moi j'aime pas quand c'est trop réaliste. Alors j'ai hésité. Et
puis un beau jour, après avoir vu "Halloween" (celui
de 2007, de notre Robbie toujours), je me suis dis "ma petite poulette, je crois que tu es prête" (chose que je n'arrive toujours pas à me dire pour d'autres trucs profonds de la vie il paraît,
et surtout pour "La maison des sévices" de Takashii Mike).
Tonight is the night.
Alors The devil's rejects raconte la suite de la Maison des 1000 morts, sauf que vous n'avez pas besoin d'avoir vu celui-ci pour suivre le fil. La famille Firefly (le capitaine Spaulding - Papa,
la mère, Otis et Baby les deux rejetons) se repose tranquillement après avoir commis encore les pires méfaits durant la nuit passée (on voit même le frère dormir peinard aux côtés d'un
cadavre de femme qu'il a saccagée), quand au petit matin le Shérif Wydell, ivre de vengeance après l'assassinat de son frère par la famille Barjo, les traque dans leur propre demeure... La chasse
aux dégénérés commence...
Bon disons le tout de suite, ce film n'est pas à mettre devant toutes les mirettes. Il y a quelques scènes qui mettent mal à l'aise mais au final pas tant que ça, Le livre de Jérémie par exemple
est beaucoup plus insupportable, et pourtant encensé aussi par une certaine critique (d'ailleurs Asia quand est-ce que tu vas tourner avec Zombie ????). La violence perpétrée par les personnages
est très réaliste et ressemble à certains faits divers entendus ça et là, même si les personnages sont plutôt atypiques avec leurs surnoms issus des films des Marx Brothers. Ce qui est
dérangeant et qui a fait grincer les dents de nos chers culs serrés de par le monde, c'est cette faculté de filmer les psychopathes les plus dangereux de la planète, sans aucun jugement ou espèce
de moralité que ce soit. De façon quasi neutre. La fin est très ambiguë, mais je me repète il n'y a pas de complaisance non plus chez le réalisateur, mais plutôt une espèce de respect à l'égard
de nos congénères humains.
Et ouais comme nous les gars et les filles. Ces tueurs sans foi et sans coeur, ayant commis les pires actes de tortures, de viols, d'humiliations et de meurtres, ont pendant 9 mois eux aussi
poussé dans un ventre, et pas dans du bon terreau il faut croire, mais ne faisons pas de psychologie de comptoir. Ca me rappelle les polémiques qu'il y a eu lors de la diffusion sur les chaînes
hertziennes d'un téléfilm sur Hitler, les critiques moralisatrices et choquées par le personnage, s'étaient offusquées de le montrer autrement qu'avec une fourche à la main et des pieds de bouc
sataniques. Le plus terrifiant est d'ouvrir les yeux sur ce genre de créatures et de s'apercevoir qu'ils sont comme nous, constitués des mêmes atomes de chair de sang.
Terrifiants quand ils vous feront rire sur la rivalité entre Groucho et Elvis, terrifiants dans ce final à la Thelma et Louise, quand ils vous feront part, par flash
back, des moments heureux vécus en famille.
Des humains tuant des humains. On en est toujours là, et on en sera toujours là.
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Humeurs des autres