Samedi 25 novembre 2006

J'ai voulu aller voir Silent hill au cinéma en mai 2006 et manque de pot le cinéma où je suis allée l'avait déprogrammé. Comme une malpropre je suis retournée chez moi penaude, en promettant que je me vengerai. Et bien je ne croyais pas si bien dire, Silent hill parle de vengeance. Sharon est une fillette somnambule qui appelle le nom de Silent hill à chacune de ses crises, celles-ci la mettant de plus en plus en danger. Sa mère décide alors, désespérée, de trouver la vérité sur les lieux maudits de cette ville fantôme...

Je ne vous parlerai pas du jeu, j'ai du y jouer 13 minutes, le temps d'éviter une apoplexie. Les jeux vidéo avec des monstres, des fantômes ou des zombies me terrorisent, et je n'y joue plus car je tiens à ma santé cardiaque. Et à la tranquillité de mes voisins parce que je braille comme une dératée dès le générique. Alors je ne sais pas si le film est fidèle au jeu, et d'ailleurs autant vous avouer tout de suite : je m'en tape. Ce film m'a bouleversée. C'est tout ce que j'en retiendrai et c'est déjà beaucoup car je ne m'attendais à rien.

Silent hill est un film de femmes avec un bestiaire hallucinant. C'est un cri contre le fanatisme religieux, contre l'ordre moral qui tente de purifier tout ce qu'il n'approuve pas, autant dire TOUT. Une fillette va être sacrifiée sur un bûcher parce que sa mère a commis le tort innommable de la concevoir sans père, ou tout du moins sans image paternelle. Et c'est ce qui va la tuer et pire encore, la maintenir dans un état démoniaque haineux où tous les pores de son corps et de son âme brûlés au 3ème degré réclameront VENGEANCE.

Les hommes sont absents de ce film car falots, lâches, ou desservant comme des larves la folie religieuse de femmes réclamant du sang frais à longueur de journée. Pathétiques pères incapables de venir en aide à leur progéniture reniée, à leur progéniture non assumée et non désirée. Tout ce qu'ils savent faire c'est baisser les yeux, passer leur chemin et craquer une allumette sur un tas de bois sec pour le sacrifice.

Silent hill parle de vengeance et de malédiction, de l'image du père inexistant, de la mère seule face à l'origine du monde. Car il s'agit bien de l'origine du monde, de Dieu et du Diable, de l'Enfer mais pas du paradis ; tout le reste existe mais lui non. Silent hill est un film sur la création, sur votre création, sur ma création et vous y serez insensible si vous n'attendez de cette oeuvre qu'un film adapté d'un jeu vidéo avec plein de terribles bestioles et un brouillard poisseux qui vous colle à la peau.

Sûre qu'il me collera à la peau.

Faites comme Rose, la mère de Sharon, remontez à vos origines, aux origines de votre entourage, aux origines du monde et de l'univers. Elles ne sont pas inaccessibles. Même s'il n'y a rien de beau et de salvateur là dedans. C'est une question de vie.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
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Samedi 25 novembre 2006

C'est le retour de ma cochonne favorite ! Cet après-midi entre les cadeaux de Noël - quels playmobils plairaient le plus à ma nièce - et la douceur printanière de ce mois de novembre, j'ai eu soudain une brusque envie de violence goresque. Et quand la violence goresque vous prend, il faut l'assouvir. Dirigeant mes pas vers mon cinéma favori - celui où les gens ils bouffent des Twix, pas celui où ils lisent "Andromaque" dans la queue - j'ai vu "Saw 3" à l'affiche, et sans que j'ai pu le retenir, un petit filet de bave s'est mis à couler de ma bouche comme si je venais de poêler du foie gras frais : j'avais lu une critique dithyrambique dans Mad Movies et une descente en flèche dans les magazines pour gens biens comme il faut.

Un gage de qualité en quelque sorte.

Je me suis donc précipitée vers le guichet et là que vois-je ? Des affiches placardées tout partout interdisant le film aux moins de 18 ans et exigeant les spectateurs du film à montrer une pièce d'identité. Noël avant Noël !!! Enfin j'allais pouvoir assister à un film sanglant sans être emmerdée par des hordes de boutonneux voulant se procurer un petit frisson autre que la branlette habituelle. Sauf que 3-4 d'entre eux ont réussi à se faufiler en se procurant des tickets pour "Souris city" mais comme ils étaient sous le coup d'une interdiction, autant dire qu'ils n'ont pas fait les branlassons de service en faisant sonner leur portable ou en pouffant intempestivement devant du sang giclant. Et puis quelque part ça a vraiment du leur procurer du plaisir, ça m'a rappelée le bon vieux temps de Cannibal holocaust avec des interdictions semblables et une réputation sulfureuse d'horreur jamais vue. De toute façon s'ils veulent vraiment voir des horreurs autorisées, ils n'ont qu'à aller sur le Net, c'est gratuit et personne ne leur demandera leur carte d'identité.

Alors le film ? Et bien il est purement jouissif dans le sadisme et le putride. Le réalisateur - toujours Bousman - n'a pas lésiné sur les gros plans sanguinolents mais qui restent tout de même supportables. Disons que si vous avez vu la fameuse scène de dîner dans "Hannibal" avec Lecter au scalpel, et bien c'est de la gnognote pour petits bourges voulant se procurer un frisson, Saw 3 n'épargne pas vos mirettes - et vos oreilles aussi - avec des effets très réalistes sur la découpe chirurgical d'un crâne. C'est mieux qu'Urgences ! (sauf qu'il n'y a pas Clooney, j'en conviens).

Enfin pour ma part ce n'est pas le sang qui m'écoeure le plus, le sang on en a tous vu, c'est rouge, liquide, et dans les films on n'en sent pas l'odeur, ce qui est à mon sens le côté le plus dégoûtant de la chose. Non. Ce qui m'effraie dans les Saw, et j'en ai déjà parlé, c'est la propension de l'équipe du film à mettre des cochons partout. Une fois encore ils nous refont le coup de la Mona Lisa porcine, mais à trop la montrer elle ne fait plus le même effet. Par contre, et là franchement c'est à vomir, il y a une scène interminable avec des porcs décomposés utilisés dans le pire des instruments de torture ; l'arrachage de dents de Marathon man c'est du pipi de souris à côté !

Donc Saw 3 continue dans sa lancée mais avec un peu plus de franchise et moins de retenue dans la réalisation, c'est brutal et moins convenu que le deuxième opus par exemple. Il n'y a pas de surenchère d'effets gores, ils arrivent fort à propos et sont justifiés par la teneur du scénario. Ca n'est pas outrancier ni grand guignol - comme Hannibal par exemple - et ça sonne juste. Je pense même que l'interdiction aux moins de 18 ans peut servir la cause du film, car même sans interdiction il aurait été moins suivi par des ados avides de simplification et sans recherche de concepts particuliers. A cet âge là on n'apprécie pas et on ne voit pas les choses de la même façon.

Saw 3 aurait pu devenir un vulgaire Scream et consorts mais il se détourne habilement de ces sentiers re-re-battus. Et bien malin celui qui écrira le scénario du 4.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
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