Dimanche 2 novembre 2008

Tourné il y a presque 30 ans, ce chef d'oeuvre français de Jean-Pierre Melville, supplante encore à l'heure actuelle la
grande majorité des productions, et ce de quelque nationalité que ce soit.
(Attention si vous n'avez pas encore vu le film - malheureux ! - ce qui suit peut révéler quelques scènes)
Pendant la seconde guerre mondiale, un groupe de résistants français tente coûte que côute de mener ses activités contre l'occupation allemande. Parmi eux Philippe Gerbier figure respectée de la Résistance, le "Masque", le "Bison", Luc Jardie le grand patron, et Mathilde femme exceptionnelle et admirable, véritable cerveau de l'organisation. C'est au péril de leur vie, et pire de leur santé mentale et physique quand certains d'entre eux courent le risque d'être capturés par la gestapo et les bons collaborateurs français, sans défaillir un seul instant dans leur code d'honneur parfois tragique, qu'ils vont livrer l'une des plus importantes batailles de l'Histoire : libérer une France exsangue et occupée sous l'emprise du joug allemand...
En ce moment je regarde des films de 3 catégories : les très mauvais ou ceux qui sortent complètement de mon champ habituel (pour n'en citer que deux : "la revanche de Freddy" ou "sex and the city") me faisant bailler aux corneilles ou pire pester devant mon pauvre écran qui n'a rien demandé, les bons voire très bons mais pourvus de quelques défauts (en gros les 3/4 des films, ce qui est une bonne moyenne), et les excellentissimes qui entrent directement dans la case "légendaire" comme le "Furie" de De Palma ou encore "L'armée des ombres".
Ce film de Melville en plus d'être cultissime, est rentré dans la mémoire populaire en ne méprisant jamais celle-ci, et ce tout en ravissant la plupart des critiques de cinéma. Pour ne citer qu'un plan, celui où Lino Ventura retenu prisonnier dans une prison française, est amené avec d'autres prisonniers dans ce qui ressemble fort à une pièce d'exécution. Avant cet acheminement et au moment où la cigarette fumée pourrait être la dernière du condamné, gros plan sur les visages en doute des morts en devenir, avec la musique des Dossiers de l'écran qui a angoissé et terrorisé des générations entières de téléspectateurs. Dans ce fantastique métrage, tous les plans font mouche dans une densité dramatique intense, où la suspicion, la trahison et la mort planent de manière constante. Le suspens de certaines scènes peut paraître insoutenable, notamment dans la mise à mort du collabo dans cette maison isolée où l'on entend une fillette chanter "Frère Jacques" dans toute sa naïveté, alors que dans la pièce à côté se joue un drame cruel entre adultes, légitime en ces temps tourmentés certes, mais dont les exécuteurs ne sortiront pas indemnes.
Et le spectateur non plus.
Impossible d'évoquer ce film sans cette pléiade d'acteurs talentueux, à faire pâlir les productions actuelles : Jean-Pierre Cassel pris dans une spirale morale dont il ne pourra et ne voudra pas sortir, Paul Meurisse à la double vie, charismatique et quelconque à la fois, Christian Barbier en exécuteur improvisé et dépassé par les évèments, et surtout les exceptionnels Simone Signoret et Lino Ventura : ces deux phénoménaux acteurs font passer toute la palette des émotions humaines en un seul regard.
Pas de cabotinage, pas de dialogue, un simple juste regard et en eux vous ressentez la peur et surtout la pire des choses : le désespoir. Personnages désespérés pour une fin toute aussi désespérée et tragique, pour une cause qui s'avèrera gagnante quelques années plus tard.
Mais à quel prix ?
(Attention si vous n'avez pas encore vu le film - malheureux ! - ce qui suit peut révéler quelques scènes)
Pendant la seconde guerre mondiale, un groupe de résistants français tente coûte que côute de mener ses activités contre l'occupation allemande. Parmi eux Philippe Gerbier figure respectée de la Résistance, le "Masque", le "Bison", Luc Jardie le grand patron, et Mathilde femme exceptionnelle et admirable, véritable cerveau de l'organisation. C'est au péril de leur vie, et pire de leur santé mentale et physique quand certains d'entre eux courent le risque d'être capturés par la gestapo et les bons collaborateurs français, sans défaillir un seul instant dans leur code d'honneur parfois tragique, qu'ils vont livrer l'une des plus importantes batailles de l'Histoire : libérer une France exsangue et occupée sous l'emprise du joug allemand...
En ce moment je regarde des films de 3 catégories : les très mauvais ou ceux qui sortent complètement de mon champ habituel (pour n'en citer que deux : "la revanche de Freddy" ou "sex and the city") me faisant bailler aux corneilles ou pire pester devant mon pauvre écran qui n'a rien demandé, les bons voire très bons mais pourvus de quelques défauts (en gros les 3/4 des films, ce qui est une bonne moyenne), et les excellentissimes qui entrent directement dans la case "légendaire" comme le "Furie" de De Palma ou encore "L'armée des ombres".
Ce film de Melville en plus d'être cultissime, est rentré dans la mémoire populaire en ne méprisant jamais celle-ci, et ce tout en ravissant la plupart des critiques de cinéma. Pour ne citer qu'un plan, celui où Lino Ventura retenu prisonnier dans une prison française, est amené avec d'autres prisonniers dans ce qui ressemble fort à une pièce d'exécution. Avant cet acheminement et au moment où la cigarette fumée pourrait être la dernière du condamné, gros plan sur les visages en doute des morts en devenir, avec la musique des Dossiers de l'écran qui a angoissé et terrorisé des générations entières de téléspectateurs. Dans ce fantastique métrage, tous les plans font mouche dans une densité dramatique intense, où la suspicion, la trahison et la mort planent de manière constante. Le suspens de certaines scènes peut paraître insoutenable, notamment dans la mise à mort du collabo dans cette maison isolée où l'on entend une fillette chanter "Frère Jacques" dans toute sa naïveté, alors que dans la pièce à côté se joue un drame cruel entre adultes, légitime en ces temps tourmentés certes, mais dont les exécuteurs ne sortiront pas indemnes.
Et le spectateur non plus.
Impossible d'évoquer ce film sans cette pléiade d'acteurs talentueux, à faire pâlir les productions actuelles : Jean-Pierre Cassel pris dans une spirale morale dont il ne pourra et ne voudra pas sortir, Paul Meurisse à la double vie, charismatique et quelconque à la fois, Christian Barbier en exécuteur improvisé et dépassé par les évèments, et surtout les exceptionnels Simone Signoret et Lino Ventura : ces deux phénoménaux acteurs font passer toute la palette des émotions humaines en un seul regard.
Pas de cabotinage, pas de dialogue, un simple juste regard et en eux vous ressentez la peur et surtout la pire des choses : le désespoir. Personnages désespérés pour une fin toute aussi désespérée et tragique, pour une cause qui s'avèrera gagnante quelques années plus tard.
Mais à quel prix ?
par Suzy Dumeur
publié dans :
Ciné Dumeur
communauté :
Cinéma
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Humeurs des autres