Bienvenue à Twin Peaks, 51 201
habitants, petite ville paisible perdue dans le fin fond de l'Amérique, aux paysages de quiétude éternelle. Mais la réalité ressemble t'elle à une carte postale idyllique ? Laura Palmer,
lycéenne, est bientôt retrouvée morte, nue, jetée dans la rivière ; et peu après, Ronnette Pulaski est recueillie à la frontière de l'Etat, hagarde, quasi nue, ayant visiblement subi des tortures
dont des sévices sexuels...
Twin Peaks était diffusé sur feu la 5 au tout début des années 90. J'étais lycéenne moi aussi et l'impact que la série a eu sur mes mirettes - entre autres - ne s'est jamais démenti. Mais j'avais
quasi oublié la série, tant obnubilée par d'autres, et quand j'ai appris l'édition - la première - en DVD de la saison 1, mon sang n'a fait qu'un tour. Non je n'ai pas oublié Twin peaks, et
encore moins le désir violent suscité par son attente, car à l'époque (hé oui c'était une époque !) il n'y avait pas de téléchargement par le Net et il fallait attendre toutes les semaines la
diffusion de l'épisode tant attendu. C'était bon vous avez pas idée, vous les petits jeunes qui voulez maintenant du tout cuit dans le bec, et si possible gratuit. Jamais vous ne connaîtrez cette
frustration palpitante et cette rage à attendre et attendre encore...
Bref. Laura Palmer c'était un peu une copine à nous. Une femme naissante que l'on devinait torturée sous ses dents blanches de Reine du bal de promo 1990, cachant des mystères tellement
épais que même une enquête policière menée par le brillant Dale Cooper, ne mettra jamais à jour. Au contraire, Laura plus vous commencez à la connaître, et plus elle vous enfonce dans de sombres
recoins où la lumière de l'espoir ne verra jamais le jour (c'est beau ce que je viens d'écrire, si si). Car Laura dissimule un sombre secret, la base de tous, et il sera le puissant
détonateur de cette ville proprette dans ses apparences, mais passablement corrompue par le vice et le stupre.
D'ailleurs le pilote de la série débute de façon toute doucette, dans un cadre campagnard avec ses bons habitants rustauds sirotant du café au drugstore du coin, jusqu'à ce que le cadavre de
Laura soit découvert, pendant une banale partie de pêche et dévoilant par le même coup quelques pans de vérité qui ne finiront pas de partir en décomposition. L'annonce de sa mort faite à tout
son entourage (tous plus aveugles les uns que les autres face à cette détresse adolescente palpable et cette douleur de vivre) est un summum dans la désolation tourmentée, faisant naître chez
certains une culpabilité qui ne va plus les lâcher, mais chez d'autres une hypocrisie mêlée d'inquiétude car eux connaissaient la vraie Laura Palmer.
Ils ont enfoncé Laura Palmer dans son mal d'être vivante, en la poussant dans toutes les perversions.
Quelle formidable machine à remonter dans le temps que cette série inclassable, authentique et jamais dépassée depuis. C'était au début des années 90, j'étais lycéenne aussi, et Laura Palmer c'était un peu mon amie.
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Humeurs des autres