Pas la peine de le répéter, la famille Argento me fascine. Et à la vision de Scarlet Diva, le premier film en tant que réalisatrice
d'Asia, cette fascination quasi morbide n'est pas prête de s'éteindre. Car morbide c'est le mot qui convient bien à la famille du cinéma la plus illustrement déjantée ! (et encore je ne
connais pas bien la mère, la terza madre ?) Ca et glauque, répulsif, envoûtant et sombre. Bref un univers à la Disney comme je les aime.
Anna Battista est une actrice à la renommée internationale, véritable écorchée vive, se déclarant elle-même pute, car tout le monde du cinéma est une pute où il faut savoir se vendre ; mais
paradoxalement à la recherche d'un amour pur et infantile (tiens à l'image des midinettes fans des Disney !!). Le film retrace donc un condensé de son parcours, jusqu'à une apothéose mystique
bien trash...
Déroutant. J'avais oublié aussi cet adjectif. Ce film extrémiste et ne ressemblant à aucun autre dans sa réalisation cahotique, ne peut laisser personne froid, même si j'imagine que bon nombre de
spectateurs a du quitter la salle dare dare... Car Asia n'est pas facile, et difficilement approchable, et tout du long de sa création qu'on imagine pour le moins autobiographique, Asia souffre
en cultivant un sens rare du masochisme : Asia se drogue avec des trucs pour les chevaux, Asia se met dans des situations inextricables puant à 10 kilomètres, Asia baise avec tout ce qui bouge et
n'en garde aucun souvenir, Asia se fait violer, Asia se fait harceler par des brutes psychopathes, Asia enceinte de 5 mois tombe dans les escaliers...
Bref Asia s'en met plein la tronche pour pas un rond et il faut pouvoir supporter sur pellicule cette vie décadante et sans cesse bordeline, filmée par soubresauts anarchiques. Mais malgré ce
masochisme outrancier à l'état pur, il faut voir cette illumination sainte éclairer ce visage stigmatisé pendant l'échographie de sa fille ou encore pendant le chant de son amant australien d'un
soir.
Encore une demoiselle fragile qui en a dans le ventre...
Dans la série des grandes, voilà une nouvelle venue : mademoiselle Rose McGowan. Madame peut
être, puisque la miss s'acoquine depuis quelques temps avec le réalisateur qui a su la faire exploser et la sortir des cucuteries style Charmed, Robert Rodriguez pour ceux du fond qui ne suivent
pas !
Dans le segment de Tarantino elle ne crevait pas la pellicule mais crevait tout court dans une scène ultra cruelle ; dans Planet Terror on ne la lui refait pas à la dame, non non non, car
c'est elle qui tire les ficelles, n'hésitant pas à crever (oh 3 fois crever, je suis en forme !) l'oeil de Tarantino avec sa jambe en bois, celle en chair ayant été boulottée par nos amis les
contaminés. Et bien le Tarantino avant de se voir crever crever crever l'oeil, n'en revenait pas qu'une unijambiste puisse être strip teaseuse (alors qu'elle, rêve de stand up !), nous on n'en
revient pas de voir une telle puissance érotique à l'écran, je vous jure même moi qui ne jure - jure jure jure - que par les messieurs poilus ET Asia Argento.
Rarement autant de symbolisme sexuel avait été exprimé avec la puissance de feu de la demoiselle, qui se débrouille très bien au final avec une seule patte. Je confirme Rose : c'est toi qui a la
plus grosse.
A l'origine ce film de Robert Rodriguez devait être présenté en même temps que l'oeuvre de Tarantino "Death proof", les deux réunis dans une anthologie Grindhouse ; mais cette
présentation ayant été un échec au box office américain, les salles européennes programmèrent donc ces deux films séparément avec une petite faiblesse pour le sieur Tarantino. Finalement il est
salutable pour Rodriguez surtout d'avoir été séparé de son frère de cordon. Pourquoi ? Parce que son oeuvre est nettement plus proche de l'esprit Grindhouse - avec le peu que j'ai pu voir dans ce
genre, et donc nettement supérieure au film de Tarantino même si celui-ci est particulièrement jouissif, mais dans un autre style. Death proof c'est du Tarantino, Planet terror c'est du pur
grindhouse !!!! Du vrai, bien bisseux ; bref un véritable hommage.
Dans une petite ville du Texas, plusieurs personnes vont être attaquées par des "contaminés" - chuis désolée c'est pas des vrais zombies !!! - à la suite de
l'évaporation d'un gaz chimique dans l'ancienne base militaire ; jusqu'à ce que cela devienne l'apocalypse...
PS : Robert tu es devenu grand, le cordon est coupé, pas de énième Spy kids please.
Force est de constater que c'est sans grande motivation aucune qu'hier je me suis installée devant l'épisode de Tobe Hooper de la seconde saison des Masters of horror, mais bon
faut bien y passer à un moment où à un autre, et force est de constater que franchement j'aurai du suivre mon intuition... enfin intuition toute relative car plutôt constatation qu'il y a bien
longtemps que le bonhomme fait des grosses taches dans sa filmographie.
Et une de plus !!!
Bon l'histoire déjà : une petite famille bien tranquille dine dans sa maison et se prépare à souffler les bougies d'anniversaire du papa quand soudain celui-ci pète un câble - annonçant les
hotilités par un "les forces obscures m'ont rattrapées" - et tue sa femme au fusil de chasse devant leur jeune fils Kevin, qui se met à fuir car aussitôt poursuivi par son père en furie... 24 ans
plus tard, le petit Kevin est devenu shérif, vit dans la même maison familiale, connaît des problèmes de couple et comme par hasard dimanche c'est son anniversaire !
Ca commençait plutôt bien et même que ça m'a tenue en haleine une bonne vingtaine de minutes, mais monsieur Hooper ne tient pas plus la route que ça et se met à faire de l'autocaricature du genre
(peut être inconsciemment faut voir). Je suis sûre que vous avez tous vu - même ceux qui n'aiment pas le genre épouvantable - un film où les personnages remplissent tout le cahier de charges
tranquillement et se mettent à faire des trucs stupides : se séparer pour chercher un pote perdu alors qu'on sait qu'il faut surtout pas faire ça, prendre un raccourci dans une forêt au lieu de
suivre tranquillement l'autoroute bourrée de stations essence ou encore trouver abri dans une baraque hantée et y faire crac-crac surtout s'il y a une douche ? Oui ? Ca vous dit quelque chose ?
J'en étais sûre ! Et bien là le petit Tobe Hooper il concentre dans les 10 dernières minutes tous les monuments de conneries commises ces dernières 50 années dans les films de genre :
se réfugier dans la maison familiale où un carnage a été commis 24 ans auparavant alors que 5 minutes avant le gars il dit "il faut absolument quitter la ville !" ou bien se barrer après les
hostilités avec une voiture qui n'a plus d'essence (comme quoi la vie ça passe à peu de choses, c'est vraiment trop con).
Et oui on en est là Tobe !!! La bestiole en question semeuse de zizanie est digne du Blob et de la flaque de mazout de Creepshow 2 (tout ça réalisé dans les années 80 hein...) mais peut être
qu'il y a un message là derrière ? Oh les méchants humains opportunistes et avides de pétrole ! C'est pas joli joli de faire du blé comme ça et de ruiner des familles entières ! Trop fort
l'implication politique !! Et puis je ne vous parle même pas de la fin... oh si tiens je vous en parle, ça m'énerve trop, ça faisait longtemps que j'avais pas vu une fin aussi pourrave, digne
d'au moins Vendredi 13 n°5 !! (j'ai cité cet épisode au pif, les Vendredi 13 étant aux 9/10ème nazes). Ca s'appelle une fin à rebondissements, on croit que les personnages vont s'en
tirer mais la bébête leur tombe sur le poil (faut dire qu'on roule pas bien vite avec le réservoir vide, hips !) dans un agglutinement stupide de plans brefs dans lesquels on ne voit rien du
tout ; ça se veut réaliste peut être Tobe ?
Lamentable. Voilà. Il m'a énervée tiens.
Paix à ton âme Tobe Hooper. J'espère que dans ton néant cinématographique tu reposes avec les tarés texans et ce bon vieux crocodile dans un train fantôme.
Alors que "Heroes" s'essouffle alors même que la saison 1 n'est pas terminée (j'ai trop vite jugé Julie Lescault), en voilà une qui reprend du poil de la bête alors qu'elle
était un tant soit peu enlisée dans le mou du genou tiré par les cheveux.La saison 2 de Lost était ultrarichissime - que dis-je ultra-indigeste de flash backs du passé des personnages, le tout mélangé grassouillement à leurs conditions de survie dans l'île avec des intrigues rebondissantes à tel point que ça faisait mal aux cheveux d'essayer de comprendre. Un trop plein de tout en quelque sorte, avec un suspens que finalement on ne cherchait plus à démêler tant les scénaristes s'acharnaient à le rebidouiller à la sauce n'importe nawak, brouillant les pistes dans l'indifférence totale puisque de toute façon jamais on ne connaitrait l'issue finale, alors à quoi bon ?
Et ben finalement p'têt pas...
La saison 3 donc s'annonçait de façon identique à cause des 2-3 premiers épisodes. Mais voilà qu'après cette période de debriefing pompeux, s'amorcent alors des dénouements d'intrigues nous jettant encore plus dans la mélasse, mais cette fois ci dans la plus grande joie du téléspectateur redevenu accroc aux ours polaires sous les tropiques. Les personnages s'épaississent sans gargarisation, l'histoire également, tout en évitant les sempiternels barbecues sur la plage, et en y gagnant une profondeur sombrissime... Certains protagonistes deviennent de plus en plus ambigus, se confondant d'ambivalence avec les fameux "autres", qui ont des motivations eux mêmes de plus en plus obscures...
La vérité n'est pas prête d'éclater mais elle se laisse entrevoir par petits pans dans un jour très sombre... et se fait désirer sans lassitude mais avec une impatience grandissante et grandissante ! Nous allons encore rester en plan chers téléspectateurs, mais alors quel plan !
Que celui ou celle qui n'a jamais perdu une chaussette dans le tambour de la machine à laver me jette la première pierre. Aujourd'hui, avec votre aide commentateurs chéris, j'aimerai résoudre le problème éminemment complexe de la chaussette qui disparait pendant la lessive ; pour une fois que vous avez le droit exceptionnel de vous exprimer sur mon blog habituellement fermé à la liberté d'expression, profitez-en et aidez-moi.
J'ai tenté tout d'abord de percer le mystère moi-même, et voici quelques hypothèses supputées triturées par ma petite cervelle très terre à terre :
1. après vérification qu'au départ elles étaient bien deux et assorties, la chaussette toute seule se désintègre pendant la lessive à cause des enzymes polluants et pulvérisée se dissémine partout sur les autres vêtements ;
2. comme dans le container du tri sélectif où chacun le sait un être vivant vit (c'est le cas de tous les êtres vivants, ils vivent sinon on dit qu'ils sont morts), un être non identifié peut être même d'une autre planète et parasitant le dessous de tambour, subtilise une chaussette sur les deux pour faire des expériences sessuelles, l'inséminer et 9 mois plus tard hop ! une socquette ;
3. la chaussette pour faire chier son monde se transforme en une autre pièce d'habillement : string, pantalon en côte de velours, robe de mariée de chez Tati, et du coup passe complètement inaperçue avec sa tenue de camouflage ;
4. après une vie de couple de merde avec sa chaussette assortie, la chaussette Steve Mc Queen tente l'évasion ou l'autolyse en se faisant aspirer dans l'eau de rinçage, toutes les eaux vont à la mer il paraît.
Voilà. Ce sont les seules explications que j'ai pu obtenir après la perte regrettée d'une chaussette jaune Charlie Brown et d'une bleue avec une chatte portant comme inscription "Girl cat" (une chatte quoi). C'est des coups à faire une socquette verte ça bordel...
Faut pas vieillir. J'entends ça tous les jours de la part de personnes jugées vieilles mais qui pourtant ne s'arrêtent pas de vieillir. Est-ce que ça vous est déjà arrivé de constater brutalement que vos parents étaient vieux ou en train de le devenir ? Certes il y avait un peu de gris dans ses cheveux, certes il y a eu cet embonpoint autour de la taille, certes il a fallu élever la voix de plus en plus pour se faire entendre, déjà que.
Mon père ce héros, que j'ai toujours trouvé beau comme un astre, lui l'Apollon du village qui en a fait tourner des têtes et d'autres trucs, mon père ce héros que j'ai toujours admiré pour la simple confection de toupies en bois ou de poussées de tomates extraordinaires dans le jardin, lui le conteur d'histoires populaires léguées par nos ancêtres. Les autres me disaient "tu ne veux pas voir mais..." ; mais oui je veux pas voir faites pas chier !
Mon père ce héros aux mains burinées et calleuses, ayant vu passer 74 hivers de gerçures et de gale du ciment.
La semaine dernière j'ai vu. Oh je n'ai pas été élevée au pays de Candy, j'avais déjà des doutes. Oui mais j'ai vu... mon père ce blaireau. Presque 3 jours passés ensemble et j'ai pu constater les dégâts. Certains liés au temps comme cette lenteur incroyable à lire 6 lignes de menu ou à faire 50 mètres à pied. Des plombes et des plombes pour tout. Mais d'autres liés à des facteurs intrinsèques que oui, j'avoue je n'ai jamais voulu voir. Ce fossé entre superstitions populaires et culture où vous vous demandez ce que la civilisation à bien apporté finalement, un monde fossilisé où le Diable existe véritablement surtout si quelqu'un frappe dans le vide et que vous l'invitez à entrer.
Mon père ce blaireau, misogyne aux propos stéréotypés sur absolument tous les sujets. Mon père ce blaireau curieux comme une fouine comme dans les cars portugais (ne t'en déplaise grosse conasse de Skyblogueuse qui n'est même pas foutue d'écrire correctement, je t'emmerde morue) à vous regarder des pieds à la tête pendant 30 bonnes secondes, en revue de détails très détaillés. Manque plus que les cacahuètes tiens. Mon père ce blaireau qui s'est coupé du monde pour se créer un univers propre à lui, un univers infantile où quand on boit son chocolat ça fait des gros chlurps comme dans la chanson de Brel et où toutes les 10 minutes on va faire pipi et on demande "quand est-ce qu'on arrive, j'en ai marreeeeeeee !!!". Mon père ce blaireau se transformant en collégien puéril quand il pousse tout le monde pour monter dans le train et l'instant d'après se muant en vieillard qu'il est, celui faisant un concours de médicaments et de vieux rhumatismes avec le voisin de banquette ou le serveur du resto.
74 ans et une virgule entre les deux.
Comment a t'il pu en arriver là comme ça subitement ?? Ca s'appelle l'Oedipe il me semble. Ca s'appelle faire le deuil des idéaux. Et oui je n'ai pas voulu voir ; à la place j'ai voulu il me semble protéger mon patrimoine génétique et aimer quand même malgré tout. Je l'aime toujours mais pas comme avant, ça non pas comme avant. Je pense quand même qu'un jour il me manquera et qu'avec mon frère entre 2 sanglots on se rappelera de la fois où il s'est payé une tôle monumentale en empruntant le vélo des gosses - nous - et de la fois où il a sculpté un lance pierre pour ma nièce pour lui donner un peu de baume au coeur après son séjour paternel.
Encore une histoire de père héroïque blaireautisé par des yeux qui s'ouvrent d'un seul coup. Ca s'appelle grandir.
Enculé d'oedipe.
Lu sur un forum sur notre bonne vieille toile du Net (oui j'adore les lire les forums ça me met en boule de lire des réactions n'importe nawak sous prétexte de la liberté d'expression) : "ce n'est pas parce qu'il y a des amputés des 4 membres de par le monde qu'on ne peut pas se plaindre d'un ongle incarné qui fait mal" ; cette déclaration assez judicieuse je dois dire a été faite suite à la nouvelle polémique suscitée par le "désistement" de Gad Elmaleh sur scène, où un autre internaute avait commenté tout aussi judicieusement qu'il y avait pire comme "affaire".
Oui mais non, on a le droit de se plaindre d'un ongle incarné alors que son voisin n'a plus de membres (et encore 4 membres amputés seulement, ça pourrait être pire hein !). Soit, un petit peu, de temps en temps déclamer des "oh la la c'est trop dur j'ai la gueule dans le cul aujourd'hui" ça n'a jamais fait de mal à personne (sauf à son cul), c'est arrivé à tout le monde, et ça fait du bien effectivement de faire son saule pleureur des fois. Des fois. Oui mais quand c'est tout le temps TOUT LE TEMPS ? Et que bizarrement ça touche toujours TOUJOURS les mêmes gens ?
TOUJOURS LES MEMES GENS TOUT LE TEMPS, et même qu'ils ne sont même pas dépressifs même ?
A l'échelle nationale on se préoccupe de la météo qui fait fuir les touristes (ouais je sais j'ai un problème avec la météo, permettez-moi de radoter c'est MON blog), de l'angine blanche de Mme Sarkozy, et du départ - de la fuite - de Gad Elmaleh de sa scène à saint Raph' ; pendant ce temps là des clandestins se noient en barque, une fillette est portée disparue depuis 100 jours (on vient tout juste de retrouver son sang sur les murs de la chambre où elle dormait), et 700 000 chinois 700 000 CHINOIS meurent de blessures (accidents de la route, suicides, noyades...) tous les ans !!! Et moi et moi ET MOI ???? A ma toute petite échelle dans mon tout petit univers j'entends à longueur de temps des gens - des collègues pour ne pas les nommer - se plaindre soupirer geindre PENDANT TOUT UN REPAS + LES PAUSES qu'ils n'ont pas pu profiter de tout l'été de leur piscine gonflable à 2 boudins achetée au Leclerc et de n'avoir que des bananes en guise de fruits de saison et que même c'était pas annoncé sur le menu !
Appelez-moi le chef c'est inadmissible ! Des fois je les envie cela dit, des gens qui s'offusquent de trouver des trompettes de la mort en plein mois d'août ça peut pas avoir ou avoir eu des vrais problèmes dans la vie genre des huissiers au petit matin, des abus sexuels ou une voiture en panne sur l'autoroute ; c'est pas possible autrement le seul truc grave qui a du leur arriver à eux ou à quelqu'un de très proche c'est probablement... un ongle incarné.
Sale maladie avec son cortège de deuil d'ongles à accomplir, qui plus jamais PLUS JAMAIS ne verront une lime.
Ah bordel c'est vraiment trop dur la vie tiens. Surtout quand on a pas de membres amputés à part le nerf situé dans le front et qu'on est l'incarnation du veau suprême. Auto-vénérez vous braves gens, auto-vénérez vous, et jamais jamais ne croisez la route d'une pédicure psychopathe de très très mauvaise humeur, opérant avec ses dents baignant dans une salive bourrée de bactéries...
Comme à chaque fois qu'il sort un film, le petit père Mel Gibson se fait allumer la tronche par toutes sortes d'associations, de critiques, de politiques et autres. Chacun prétend pouvoir lire à travers ses oeuvres ce qu'il est réellement, chacun prétend pouvoir interpréter ses créations dans un sens et dans un seul, en gros Mel Gibson serait un antisémite facho extrémiste. Rien que ça. Moi, petite Suzy Dumeur que je suis, je pense plutôt que le bonhomme est beaucoup plus épais que ça et beaucoup plus tordu qu'il n'y paraît, et qu'on ne peut pas l'appréhender aussi facilement que ça. Il est inapprochable. Et ça fait longtemps que lui, a appris a composer avec sa part sombre.Apocalypto est un film de tripes sanglantes qui vous saute à la gorge. Patte de Jaguar coule des jours heureux dans sa communauté Maya (enfin je crois...) auprès de sa femme enceinte et de son jeune fils Course de Tortue. Leur vie est idyllique entre parties de chasse, soirées de noctambules (déjà à l'époque ils savaient faire la chouille), et franches rigolades entre potes. Mais la guerre et son cortège de honte vont bientôt surgir dans cet univers paisible, semant la destruction et la haine...
Je ne sais absolument pas comment vivaient les Mayas à cette époque ? Enfin s'il s'agit bien d'eux, je suis une bille en Histoire. Beaucoup ont crié au scandale pour certains partis pris du réalisateur montrant entre autres ce peuple comme des monstres assoiffés de sang. Et alors ? Pour reprendre la phrase célébrissimement cynique du major Henry dans "28 jours plus tard" : "moi je ne vois dans ce conflit que ce que j'ai toujours vu : des humains tuant des humains". Des humains tuant des humains, et ce depuis la nuit des temps. Et que je sache Gibson n'a jamais prétendu faire un film d'histoire comme s'il se prétendait historien, tout comme dans "La passion du Christ" ; qui peut se targuer d'ailleurs de faire la preuve irréfutable de l'existence du Christ ?
Mais cessons là tout débat, l'Art existe pour chatouiller là où ça gratte et on peut dire qu'Apocalypto fait plus que ça : il vous irrite jusqu'au sang. On est gentiment embarqué dans cette vie douce et sereine (on dirait le suuuuuud...) où on se verrait bien manger aussi du tapir avec des mômes sur les genoux, puis subitement, brusquement, brutalement sonne le glas pour nombre des protagonistes dans un déluge de brutalité et de violences de tous ordres. Tous les sentiments y passent - la déprime en point d'orgue pendant les 3/4 du film - et tous les organes sont bouffés par l'ultra viscéralité de la réalisation ; essayez de ne pas ressentir le moindre frisson pendant la scène où la petite fille bouffée par je ne sais quelle maladie (la lèpre ?) tout d'abord repoussée de façon méprisante par ses propres pairs, devient en l'espace de quelques secondes une créature ensorcelante aux yeux déchaînés où l'on peut voir conjointement la pire des tempêtes et la plus douce des brises, se met à déclamer un avenir sombre et visionnaire à ses pseudo guerriers de pacotille cloués par la peur par une gamine malade de 8 ans ?
Essayez donc.
Mel Gibson quoi qu'il soit et qui il soit, est un homme qui vous saute à la gorge avec des dents acérées, étouffant par la même occasion les sanglots qui commençaient à y poindre et qu'il a lui même suscités. Un très grand faiseur de sentiments brutaux. Et le reste on s'en tape.
Ah je dois dire que l'affiche est plutôt réussie ! C'est déjà ça de bon à prendre... Cet épisode est réalisé par Rob Schmidt, quasi illustre inconnu dans le domaine du fantastique et de l'horreur puisqu'il a seulement réalisé "Détour mortel" ; mais bon William Malone dans la première saison des Masters n'avait pratiquement auun antécédent non plus et ça ne l'a pas empêché de réaliser un chef d'oeuvre.Cliff et Abbey roulent sur une route de campagne jusqu'à ce que l'inévitable arrive : ils heurtent un arbre en travers de la route, et quelques minutes plus tard Abbey meurt brûlée vive toute arrosée d'essence qu'elle est. Elle se retrouve dans une clinique, consumée au 38ème degré (au moins) en attente d'une greffe de peau (tiens y'a les ratons laveurs d'Argento qui sont donneurs !!), pendant que son mari se morfond, ayant choisi de l'euthanasier la mort dans l'âme - arf arf arf ! - surtout qu'il se tape sa sémillante et vulgaire assistante dentaire castée dans un porno et que sa presque ex femme est riche à millions.
Oh ben zut j'ai tout raconté l'histoire ! Oh ben non j'ai oublié de dire que sa femme quand elle meurt (ce qui lui arrive au moins 3 fois dans le film) elle réapparaît et hante ses bourreaux dans le jaccuzzi ! Bon ben n'est pas William Malone qui veut hein... L'histoire (tiens le sujet de l'euthanasie n'est même pas traité alors que c'est dans le titre, ou alors c'était trop subtil pour moi ?), le scénario, la réalisation, le casting, tout est plat, plat, plat, vulgaire, et insipide ; ça pue les grosses ficelles et les retournements de situation à la n'importe nawak, c'est inepte, sans âme et tout pourri comme les téléfilms qui passaient avant sur la Une, vous vous rappelez, Hollywood Night ? Pourtant il y a bien quelques petites scènes qu'on aurait pu se mettre sous la dent (la dite femme monstrueusement brûlée sous ses bandages avec ses réflexes neurologiques sautilleurs, sans oublier le fameux dépiautage...) mais non, même pas possible de prendre un plaisir malsain là dedans.
Même pas. Bon il m'en reste 8 à regarder. Et n'est pas William Malone qui veut. Et toc !


