J'écoute du JoeyStarr. Moi le mix improbable entre Joe Dassin et David Bowie, moi élevée au Julio Iglesias et au tirolirolirouuuuu, moi ayant dans mon MP3 autistique une sélection des meilleures reprises de Julien la Nouvelle Star et pensant fermement que les Beatles sont et resteront toujours le meilleur groupe of the univers, moi étant passé à côté de Prodigy jusqu'à mes 34 ans (et ouais c'était pas le moment !), moi moi moi j'écoute du JoeyStarr.
JoeyStarr le gars là qui tape sur les macaques et les hôtesses ? Naaaaaan pas possible !!
Ben plus maintenant. Extraits.
"Cherche pas t'auras pas le temps de comprendre (J'arrive)
Y a un truc dans l'air ça sent le sang (J’salive)
Y a une guerre qui se prépare / L’adrénaline est mon phare (J'arrive, j'arrive)
[...] Qui crie au loup finit par avoir raison (J'arrive)
Qui crie au loup finit dans le feu de l’action (J'arrive, j'arrive)
Courant après l'infini, j'ai le mors (J’arrive)
Et c'est jamais fini (J'arrive)
La prédation est ma science, j’ai en alerte tous mes sens" *
Ou. (j'ai pas réussi à extraire ce que je préfère, j'aime toutes les paroles).
Ma ganache de nègre errant
Toujours aussi réfractaire à vouloir rentrer dans le rang
Avec vous je serai franc, franc au possible
Dans l’rang impossible votre morale au crible
Qu'on me déleste de mon ego
Ça me rend psycho, j'sors les crocs
Ça me rend psycho dans mon flow et là il y a plus d'idéaux
Et donc je deviens accro à la suffisance, la violence
Et là vous brave gens, ah c'en est trop
Avec ma gueule de métèque mon œil de prédateur
En phase avec son temps, j’ai poussé sans tuteur
Poussé comme une mauvaise herbe
Comme un môme croate ou serbe
Qu’on me dit que mon attitude fout la gerbe
C’est la merde, c’est la merde
Avec ma gueule de métèque rafistolée qui s'est bastonné
A qui on a tout pris tout volé si peu donné
J’ai pris des branlées par un père déserteur
Au point d’espérer qu'en enfer il y ait du bonheur
La perception atrophiée
Et c’est pas votre moralité qui m'a habillé
Parce qu’anormal est l’isolement dans lequel j'ai pu nager
Dans lequel on m'a plongé
Auquel personne n'a jamais voulu rien changer
Avec ma gueule de métèque abreuvé par la passion
Mon sacerdoce est ma mission et si récompense il y a
Mon cœur me guide au trépas
Rien est acquis j’ai toujours appris
Ca m'inquiète pas
Avec mon air aigri amer, galbé comme un fil de fer
Affûté pour la guerre j’roule pour la maison mère
Avec ma gueule j’fais belek
J'ai pas une ganache de dieu grec
Il est possible qu'on m'arrête ou par erreur qu'on m'affrète
Avec ma bouche qui a trop bu mon air obtus qui pue la rue
Cette façon d’être à raffut et en même temps d'être à la rue
Avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver
Avec mes rêves de délinquant
Mes coups d’sang incessants
Avec ma gueule de métèque
Héritière d'une souffrance lointaine
J’veux pas finir en victime ni même finir à Fresnes
Avec son visage ses yeux verts
Tout me rapproche de ma mère
Tout m'éloigne de mon père grâce à qui j'ai ce goût amer" **
Mais pourquoi est-il si méchant ??
PARCE QUE !!!!!!!
Je dis merci à l'automobiliste qui me laisse passer (j'arrive)
Je fais comme si j'étais toujours la même mais (j'arrive,
J'ARRIVE !!!!)
** Paroles de la chanson "Métèque", , interprétée par JoeyStarr, album "Gare au Jaguarr"
J'adore les Sims. Pour ceux qui ne connaissent pas, les Sims c'est ce jeu sur consoles et sur PC où vous dirigez la vie de personnages virtuels - même que vous pouvez les créer ; en gros quand vous jouez aux Sims vous êtes Dieu. Un Dieu virtuel certes, mais un Dieu quand même. Et des fois quand vous êtes hyper accro au jeu et donc un poil paranoïaque à force d'enfermement chez soi avec des biscuits apéro japonais comme seule nourriture, et bien les rares fois où vous sortez vous vous demandez s'il y'en a pas un là haut qui joue avec vous et qui se marre comme un bossu en vous faisant subir les pires trucs.
Et si la vie était une partie de Sims ? Parce que les Sims c'est chouette, ça vous donne plein de supers pouvoirs sur des êtres que vous avez vous-même conçu et que vous faites vivre et mourir à votre gré : vous leur donnez la tronche que vous voulez, vous construisez leur maison, leur donnez du boulot ; et surtout le plus drôle c'est de régenter leur vie sociale et affective. Récemment je me suis remise aux Sims et celle que j'ai créée se tape absolument tout ce qui passe dans le voisinage ; c'est une séductrice acharnée qui en quelques clics parvient à faire crac crac même avec les mères de famille bagouze au doigt, elle accumule 13 liaisons cachées et doit jongler délicatement pour que les uns et les autres ne se cotoient pas, un vrai challenge ! Surtout quand chéri(s) ou chérie(s) se ballade dans le quartier et tombe nez à nez sur le contenu à 4 jambes du bain à remous...
En 3 clics vous faites démissionner votre Sim d'un poste ultra confortable de hautes fonctions de police à 1225 simflouzes/jour pour devenir escroc à la petite semaine. Quand vous voulez le faire crever ou faire crever un conjoint avec qui vous vous êtes fatigué de jouer, vous ne le nourrissez plus, l'enfermez dans une haute tour ou lui faites boire de l'elixir de vie quand sa barre d'aspiration et de besoins est rouge, effet radical. La grande faucheuse arrive et bientôt vous n'aurez de souvenirs de votre Sim - paix à son âme - qu'une petite pierre tombale que vous placez où vous voulez dans votre jardin.
Les Sims devraient être étudiés en psy tiens. Car petit à petit vous vous prenez tellement au jeu que bizarrement - normalement - les personnages créés vous ressemblent de plus en plus ; c'est le propre des jeux de rôles très probablement, ça vous permet de jeter sur votre écran de moniteur des désirs inassouvis ou des explosions de colère gravement répréhensibles dans la "vraie" vie. Vous ne leur faites pas mal puisqu'ils n'existent pas, vous ne faites rien d'immoral puisque tout cela est virtuel. Jetez, jetez, jetez tout, personne ne vous en tiendra rigueur !
Mais si ?
Plus ça va, plus je pense que les scénarii de "Total Recall" ou de "The Truman show" sont hautement plausibles. J'imagine au-dessus de moi mes ficelles de pantin, avec aux manettes un réalisateur taré s'emmerdant grave, faisant de moi l'héroïne d'un film qu'il n'oserait lui vivre dans sa réelle existence. Comme moi avec ma Sim. Je croyais contrôler un tant soit peu mon existence et ma personne, et bien non en fait y'en a un au-dessus qui me manipule à son aise, au gré de ses humeurs ; avec quelques limites toutefois puisque les débordements sont encore contenus. Très contenus. Je croyais que c'était moi qui les contenais au fait ?
Et bien qui que tu sois là haut, t'es qu'un petit joueur, j'en ai pas assez de coups de tonnerre, de foudre, d'orage et d'odeurs de terre après la pluie, alors donne m'en plus coco, arrête de faire ta mijaurée et donne m'en plus...
Alias "j'aurai leur peau" dans la traduction française très distinguée, ce segment de la deuxième saison des Masters of horror est la création de monsieur Argento, qui me file toujours la bave aux lèvres le petit saloupiaud.Jake Feldman dirige une usine de production de fourrures, c'est une enflure avec ses "salariés" et sa religion est la loose : il passe ses soirées à traquer une belle strip teaseuse qui lui rabâche à longueur de temps qu'il pue la viande pourrie et que pour tout l'or du monde elle ne couchera jamais avec... Sauf qu'un jour, Jake va s'enquérir des plus belles fourrures de ratons laveurs qu'il ait jamais vues, se foutant complètement des circonstances plutôt glauques dans lesquelles elles ont été fabriquées...
Il est bon mon raton laveur, il est bon !!! En fait "Pelts" est une fable écolo mais alors ne vous attendez pas à du Nicolas Hulot c'est plutôt trash, très gore, et franchement cruel - pour le spectateur aussi. Alors que dans beaucoup de productions horrifiques les scènes sont suggérées ou détournées quand ça devient trop TROP, chez Argento ranafoutre : on montre TOUT du début à la fin (même les scènes de sexe sont crues, yippiiiiii !). Ames sensibles s'abstenir ! Il y a donc une bonne demi-douzaine de scènes de ce cru, où les personnages ayant participé de près ou de loin au massacre des ratons laveurs (épouvantable la scène où le père initie le fils à l'éclatement de trachée de bestioles...) finissent par s'autotrucider dans un sadisme tout... humain. L'un s'éclate la tronche dans un piège à animal, l'autre se coud tout ce qui est cousable à vif en confectionnant un manteau... Et y'en a encore d'autres comme ça. C'est franchement impressionnant ! Le tout accompagné d'une musique toute argentienne, rappellant les hymnes à la Suspiria, un poil décalée - et c'est ce qui fait sa puissance - avec les atrocités qui se déroulent sous nos yeux.
Un très bon épisode au scénario ultra light mais redoutablement filmé et marquant au fer rouge nos pupilles éffarées... En tout cas je retiendrai une chose : faut pas faire chier les ratons laveurs !!!!!
Ayééééééééééééééé la deuxième saison des Masters of horror est arrivééééééééééééééééééée !!!! C'est Noël, c'est Noël, C'est Noëëëëël !!!!!!!!! Surtout quand on voit les noms de Carpenter et d'Argento au générique, alors là, alors là, alors lààààààààààà !!! Ca y est je suis frappée de stupidité comme les gourdasses le jour de l'ouverture des soldes moâ ?Qu'à cela ne tienne je bave et je vous emmerde non mais ! Alors hier soir j'ai commencé par l'opus carpenterien, Pro-life de son petit nom, et au début je n'ai pas fais le lien entre le titre et l'association américaine nauséabonde homonyme. Qu'est-ce que Carpenter allait nous donc nous faire avec cela ?
Au début de l'épisode une jeune femme apeurée court dans les bois, cherchant visiblement à fuir quelqu'un voire quelques uns. Evitant de peu de se faire renverser par une voiture, elle est recueillie par deux salariés de la clinique voisine qui lui proposent de l'ausculter. La dite clinique est en fait spécialisée dans les avortements, et c'est là que les emmerdes commencent, la jeune fille voulant à tout prix se débarasser de l'enfant qu'elle porte à l'insu de son père - à elle - activiste Pro-life à fond les balais...
Il faut peut être que je le visionne une seconde fois mais Pro-life ne m'a pas fait autant de guilis guilis carnassiers dans la bidoche que le segment carpenterien de la première saison des Masters, la faute peut être à une bande originale alourdissante et omniprésente pondue par le fiston ; il y a des moments où le silence est d'or très cher. Mais quand même ! Le film se pose là et bien là, offrant quelques clins d'oeil à la filmographie du sieur (Assaut bien évidemment, mais aussi The thing pour la tronche du rejeton...), et autres scènes d'une cruauté insoutenable... Ron Perlman qui est magnifique partout où il tourne, ne déroge pas à sa règle, incarnant le paternel fanatique activiste avec une sobriété remarquable même dans les pires moments (référence à "l'avortement" du chef de clinique, un homme ben ouais...). Le pire c'est qu'il est persuadé du bien fondé de sa cause, même quand il assaille violemment les lieux et ses occupants... tout cela avec ses fils, ralliant petit à petit le délire du père.
En parallèle, même si on n'adhère pas au jusqu'au boutisme des propos et actions pro-life, le malaise plane dans ces lieux dorés et aseptisés, clinique grand luxe où des âmes en peine demandent une certaine "délivrance" culpabilisante et à jamais inoubliable, quelques soient les circonctances... On ne peut pas être contre l'avortement à mon humble sens, mais on ne peut jamais y adhérer complètement tant la détresse humaine est palpable dans cet acte la plupart du temps déchirant pour tout un entourage, et ça Carpenter l'a bien saisi, en filmant en parallèle plusieurs destinées masculines : celle du père de la jeune femme confondant Dieu et le Diable jusqu'à s'apercevoir au final de l'erreur de son jugement, tout cela après avoir perpétué les pires horreurs au nom du Père, le chef de clinique cynique, fier de son oeuvre jusqu'à exposer des trophées (on les devine) dans une vitrine dans son bureau, armé jusqu'aux dents et lui aussi ne démordant jamais de sa cause ; et enfin le sublimissime père de l'enfant porté par la jeune femme, Bête légendaire magnifiquement démoniaque, probablement le plus beau Diable qu'il nous ait été donné de voir dans le cinéma fantastique. Tout bestial qu'il soit, sa sortie de scène est déchirante et bouleversante d'humanité.
Pour tout vous dire, il m'a faite frissonner...
Dans Pro-life, de quelque bord que vous soyez, vous y perdez. Et c'est probablement le cas dans la réalité. En tout cas le spectateur lui, sort grand gagnant.
Merci Carpenter.
Mon oeillet fixé à votre iris
Comme narcisse je contemple
Dans ces miroirs entre vos tempes
Le reflet sombre de mes vices
Allongée à même le saule
Tout mon hêtre vous peuplier
Moi peu à peu je me pliais
Devant vos charmes et vos paroles
Madame rose hybride de thé
Belle des nuits au crépuscule
Loin des regrets et des scrupules
Quelques pétales au thym parfait
Madame rose hybride de thé
Ne m'en voulez pas de chercher
Il ne me reste de nous deux
Qu'un souvenir bien vaporeux
Comment voulez-vous que je me menthe
Vos songes rongent mes pensées
Vos ronces me sont destinées
Vous étiez pourtant si charmante
Ne prenez pas cet air genêt
C'est un hasard si mes mains tremblent
Dès l'instant où nous sommes ensemble
Sous un conifère enlacés
Madame rose hybride de thé
Belle des nuits au crépuscule
Loin des regrets et des scrupules
Quelques pétales au thym parfait
Madame rose hybride de thé
Ne m'en voulez pas de chercher
Il ne me reste de nous deux
Qu'un souvenir bien vaporeux
Par Emilie Simon
Album "Végétal"
Dans ton caisson blindé sans oxygène - cercueil sans fenêtre - sous ta chape de plomb scellée par du béton armé, derrière ta porte en chêne massif obturée par un code à 23 chiffres qu'on a jeté il y a une éternité - mon éternité - tu as commencé à taper civilement, calmement, posément. Il y a quelqu'un ? Mais personne ne t'a entendu. Alors tu as saisis une batte de base ball posée là dans ton néant éternel. Tu as tapé plus fort. Personne. Aux grands maux les grands moyens, la hache t'a paru plus appropriée pour frapper les esprits, les gros dormeurs sourds.
C'est là que ça a commencé à se fissurer. Mais t'es qui toi ?? Oh mais je te connais, c'est toi qui a brisé le coeur de ma mère, toi qui lui a éclaté en 8000 morceaux tout aussi éparpillés que ton code d'accès. Ca a toujours été toi, toi l'archange abattu en plein vol, toi le regard toujours tourné vers la gauche, mais qu'est-ce que tu pouvais bien regarder de ce côté là ?? Certainement pas la souris en peluche aux grandes oreilles posée à l'opposé ou le camion de pompier dont tu n'as jamais actionné la sirène. Non tu étais toujours occupé à regarder là, là à l'opposé de ta mère dont tu n'as jamais reconnu la voix, celle qui t'appelais par ton prénom celui que tu n'as jamais saisi. Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ce truc rabattu à tes oreilles, à peine distraites par des échos de voix lointaines, d'une autre dimension ?
Car certainement tu as toujours appartenu à cette autre dimension, celle qui m'a toujours fascinée parce que tu y habitais, celle qui un jour - une nuit - a ouvert cette porte vers toi, vers l'autre. Tu t'es assis sur le bord de mon lit. Tu en as profité pour monter sur mes épaules pas très musclées et à me serrer le cou fort fort comme si tu avais peur de tomber, comme si tu avais peur que je te lâche. Car j'avoue aujourd'hui avec beaucoup de lâcheté justement - et ça tu as du le sentir - que souvent j'ai eu envie de te secouer à un moment d'inattention pour que tu dégringoles, pour que tu relâches cette pression sur ma trachée, pour retourner dans mon monde confortable aveugle et sans mort violente. Salope faible que je suis.
Mais j'ai tenu. Et je n'ai pas craqué lors de ces derniers 13 kilomètres qui m'ont paru 29 années d'éternité. Mon éternité. J'ai revu ma vie comme dans les films, c'était pas mal, c'était même bien mais il y avait quelque chose d'inabouti, un goût de pas fini, un truc sur le bout de la langue qui nous échappe ; il manquait la pièce maîtresse, tu devines quoi ? Je crois même que le détour emprunté a été le même que nos géniteurs il y a presque trois décennies, je crois qu'inconsciemment j'ai pris la même route ; faut dire qu'on allait tous au même endroit.
Faut dire qu'on ira tous au même endroit et sûrement moi. Sûrement moi. Dans le labyrinthe des âmes j'ai commencé à avoir peur, peur de ne pas te trouver, peur de me perdre dans ce monde des morts pourtant si familier dont j'ai hanté les allées plus d'une nuit, alors j'ai marché au hasard mais pas complètement, claudiquant suffoquant tout autant que les fleurs et je suis tombée sur toi au détour sans détours, littéralement tombée sur toi. Vraiment tombée.
Par terre. Chaos. Le souffle coupé.
Notre première rencontre.
Notre première rencontre.
C'était facile de te reconnaître en même temps y'avait ton nom gravé sur toi, gravé en dur, gravé pour l'éternité, et on porte le même de nom. Le même. On fait les présentations, enchantée, alors c'était toi qui me serrait la gorge ? Tu n'es plus le même toutefois, déjà tu avais relâché la pression, déjà je te sentais glisser lors de ces 13 derniers kilomètres, desserrer, desserrer... Déjà le cercueil autour de toi a explosé en éclats de bois, te laissant dans cette terre chaude et accueillante, la même qui fait pousser toutes ces vignes alentours, elle n'est plus notre ennemie, celle qui t'a englouti et pourri, elle est la mère nourricière de tes os devenus polis et blancs à force de pluie et de soleil transpirant au travers. Elle est le sang de ta chair qui ne s'est jamais égratignée à la vie, celle dont j'abuse et abuse et abuse encore. Celle qui aura ma peau et moi toute entière.
Je saignerai pour toi mon archange aux os blancs.
Détache toi de ma taille maintenant. Pose un pied à terre. Pose le deuxième. Tu peux me tenir la main si tu veux, sur ta lancée, encore un peu, pas trop loin quand même... Va.
Tu marches maintenant.

Voilà l'objet du délit, pas la peine que je vous le présente hein ? Cet homme anciennement destructeur de chambre d'hôtel, anciennement volage (la légende veut que pendant une journée entière les femmes de Los Angeles n'ayant jamais couché avec le bonhomme, klaxonnent non stop. La ville est restée étrangement silencieuse !), anciennement accroc à tout ce qui est accrochable, et bien cet homme là aux gènes indiens de rock star s'est assagi. On ne peut pas lui en vouloir, c'est tout à fait respectable d'avoir un doux foyer avec des boz'enfants ; le problème c'est : SA FEMME.
Sa femme donc - au nom de paradis en même temps ça s'invente pas - depuis qu'elle le connaît elle fait que des trucs collants à l'eau de rose. Dans son avant dernier album déjà elle faisait gazouiller sa fille dans l'une de ses chansons, et là depuis peu voilà qu'elle nous pond un titre truffé de roucoulades. Vous voulez un extrait ? "Je te vole une plume, pour écrire une rime, au clair de la lune, mon amie l'idylle" et blablabla, blablabla, Lorie ne ferait pas mieux tiens.
C'est pas que je sois allergique au bonheur mais là faut pas pousser hein - plume et lune bordel !!! - donc je lance aujourd'hui un appel du fond du coeur à mon Johnny dont j'ai gardé un souvenir ému quand il se faisait dévorer par son lit et partait en ratatouille dans le premier Freddy : "Johnny, les siruposités à la guimauve faut que ça s'arrête. Tu rends heureux ta femme ça je veux bien le croire, et peut être même que dans mes propos y'a un brin de jalousie. Peut être même sûr. Qu'elle croûle sous le bonheur je respecte, mais elle pourrait pas le faire en silence bordel ? Déjà elle a les yeux qui crépitent de feux d'artifice, mais faut en plus qu'elle nous inonde de sa voix roucouleuse. Alors stop, moi je dis STOP ! Johnny, tu pourrais pas un peu casser sa baraque dis-moi, je sais pas ruiner un fauteuil du salon, péter au lit, te faire décoller les oreilles ou envoyer des SMS cochons à Kate Moss ? Juste pour que la Vanessa elle chante des trucs qui saignent au pied du lit et qu'elle fasse des rimes en vice. Va savoir, ptêt qu'elle t'aimera encore plus en enflure au coeur tendre plutôt qu'en - je cite - "homme idéal, arme à l'âme fatale" (ptain même San Helving il aurait jamais osé la faire celle-là !!!)".
Steuplaît Johnny. Sinon je me mets à klaxonner à toute berzingue. Même si j'ai pas de voiture.
C'est avec une grande impatience - pour ne pas dire plus - que j'attendais le nouvel opus d'Edgar Wright, alias mister Shaun of the dead, alias celui qui a dédié un film entier à Romero tout ça par amour, alias celui qui a remis à la page les hommages respectueux au genre (tout comme Tarantino d'ailleurs) sans leur cracher à la face de façon autoparodique (pas comme Wes Craven d'ailleurs).Force est de constater - pour moi juste pour moi c'est moi qui écrit cet article d'ailleurs - que je n'ai pas éprouvé le même orgasme jubilatoire devant Hot Fuzz que devant Shaun of the dead, cela dit c'est peut être parce que j'adore les zombies et un peu moins le film d'action bourrin avec des cop'ssss dedans. Possible. Possible même sûrement vrai parce que par moments j'ai trouvé le film carrément lourd ce qui est la caractéristique principale des Bad boys et consorts, avec petit mot qui détonne après chaque action (d'ailleurs le perso de Simon Pegg fait des clins d'oeil à ce sujet à tout bout de champ).
Le sujet du film donc : Nicholas Angel est un flic aux méthodes ultrascrupuleuses et ultraperformantes qui sévit à Londres et qui fout la honte à tous ses collègues tellement c'est des billes à beignets ; ses supérieurs jaloux de ce surflic qui leur fait de l'ombre, décident donc de l'envoyer dans la ville la plus calme et la plus fleurie du pays. Et voilà notre Angel qui s'acharne à rester flic coûte que coûte et à faire respecter la loi, et qui se met à arrêter les mômes qui s'enquillent des bières voire à mettre sous les verrous ses propres collègues qui roulent bourrés...
Hot fuzz est donc un hommage à tous les films cités dans le film même, Bad Boys 2 donc mais aussi les "Arme fatale", "Point Break", ou toutes les oeuvres majeures pleines de Chuck Norris. C'est percutant, drôle, caustique mais beaucoup moins irréverencieux que Shaun of the dead politiquement incorrect sur plusieurs points ; dans Hot fuzz il y a du sang et même des crimes gores, mais notre héros Angel règle ses comptes en répandant surtout le ketchup pour mieux sauver sa morale certainement. Mais cette attitude proprette est loin d'être revendiquée par tous les McClane et autres bad boys de la planète... Il n'empêche que derrière ses côtés gentil garçon, le film tire à boulets rouges sur certaines de nos institutions, la police donc qui renvoie son meilleur élément alors qu'il ne fait que respecter une certaine idée de la justice, mais surtout la société occidentale toute entière s'évertuant à purifier ses rues de tout ce qui pourrait renvoyer une image d'insécurité ou de différence, jeunes à casquettes ou gitans... Quand les notables participent au massacre civil.
Hot fuzz est dérangeant car à un moment vous vous marrez de voir un cygne dans le rétroviseur pour virer brusquement sur des cadavres gênants pourrissant dans une cave. C'est peut être ce qu'on peut reprocher au film, de mêler sans subtilité un genre divertissant bourrin et une critique détonnante - visionnaire ? - sur nos institutions retournant vers à un âge de pierre. Peut-on concilier ses deux styles radicaux ? Pas sûre. Mais en tout cas Hot fuzz fait mouche et c'est avec une grande impatience pour ne pas dire plus, que j'attendrais toujours ton retour Edgar...
Un hommage aux films de possessions démoniaques dans une maison hantée c'est possible ?
Rares rarissimes sont les moments que j'ai vécus ce week end, aux superlatifs non usurpés, en voici une pelletée : émouvant, abracadabrantesque, aviné, raffiné, dantesque, quatrièmedimensionnesque, inattendu, chouette, tendre, complice, amicalement amical, délirant, fou-fou-fou ; magique magique magique pour résumer le tout.
Rares rarissimes sont ces moments là où toutes les conditions se réunissent comme dans un film au happy end non sirupeux (bah ouais moi aussi j'ai un petit coeur tendre qui bat bordel !!!) : les principaux protagonistes bien dans leurs pompes sans soucis physiques aucun (les emmerdes morales sont restées sur le paillasson de la porte de sortie avec les nausées), sans problèmes existentiels professionnels (pareil que les emmerdes morales, y paraît même qu'il y a des collègues de merde qui ont été éjectés dans la stratosphère polluée là où y'a des satellites rouillés et un alien balancé par Sigourney ; qu'ils y restent bordel), avec de la thune juste ce qu'il faut pour remplir les verres de Bordeaux ; sans oublier des conditions climatiques idylliques provoquant des superpositions de bronzage très très harmonieuses (vous voyez, plus on se fout du temps qu'il fait, plus il vous emmerde le temps et fait soleil à sa tête) ; elle est longue ma phrase je vais mettre un point.
Point.
J'ai pas fini avec les conditions idylliques, alors je continue. Sans être organisé, tout s'est passé comme si c'était écrit sur du papier à musique avec des lignes sinueuses : faut trouver un fleuriste, on trouve un fleuriste, faut aller au cimetière avant qu'il ferme, on va au cimetière sans qu'il soit fermé, à plus de cinq heures de l'après midi alors que sur la route de croix y'a eu une envolée cycliste, une incitation à l'excès de vitesse par the Gendarmerie herself, une emportée dans la quatrième dimension avec un raccourci que finalement ils trouvèrent, et un tour du monde de saint Emilion sans route du vin (va falloir qu'on y retourne), et un ours enragé qui nous a barré la route mais qu'on a culbuté (enfin presque, paix à ton âme Canelle).
C'est beau la vie quand ça va tout seul, mais j'y suis pas habituée (faut que je m'y habitue car si si ça arrive, ça m'est même arrivée) ; les fleurs sur mes genoux ont failli mourir asphyxiées et moi avec. Faut pas que ça ferme, faut pas que ça ferme, faut pas que ça ferme... plans d'intrusion dans le cimetière avortés. Chuis vraiment pas habituée au manque d'embûches. Même la plage c'était bien, OK c'était pas en Vendée donc forcément ça a facilité les choses, pas de mômes braillards au nez coulant sur lequel le sable se colle, pas de grappes de Groseille étalées sur le sable propre, même pas un ballon nous tombant sur le coin de la gueule, même pas.
Même la plage c'était bien alors que ça me gonfle la plage, et ben ça me gonfle plus, enfin faudrait que ça soit pareil tout le temps. Est-ce que ça peut être pareil tout le temps ? En tout cas c'est possible, je l'ai vu, on l'a fait, et au final ce petit goût de week end paradisiaque déluré aux rires gouailleurs démultipliés est le résultat de quoi, vous pensez, de la météo, du cadre, des spécialités gastronomiques ?
Non même pas, c'est parce que c'était nous ensemble, c'est tout.
ATTENTION ! Personnes incontinentes s'abstenir sinon risque de pipi dans la culotte...
Trop tard...


