Qu'il est bon de retourner à la maison. Qu'il est bon de se ressentir soi à nouveau après une longue traversée du désert truffée de sentiments inconnus jusqu'à
maintenant ; les montagnes russes avaient déjà été pratiquées mais la tiédeur ras les pâquerettes, jamais. Ou si vite oubliée.
Qu'il est bon encore de ressentir la colère sourde, la folie délirante et paranoïaque, la putain de crapouasse hypocondriaque, les envolées de science-fiction, les tourments intello-spirituels,
ou spirituo-intellectuels, les vieilles turpitudes de l'enfance glauque, toute cette agitation qui me composait et que je croyais dans ma pathétique arrogance disparue à tout jamais ;
qu'il est bon de retrouver tout ça !
Certains se targuent de se vautrer dans un bonheur perpétuel et une sérénité complaisante, moi je dis - et d'autres l'ont dit autrefois - qu'il n'y a que les cons qui sont heureux, ou
en tout cas ils sont assez cons pour être certain de l'être, heureux. Ca n'est pas moi, ça n'a jamais été moi et j'ai fait semblant tous ces longs mois de travailler à, de croire en, de vivre
sans, la Bête.
De la démagogie du bien être de comptoir. Ca n'est pas moi. Ca ne me fait même pas envie.
On me demande ce qui a bien pu se passer là bas, mais je n'avais pas les mots pour le dire. Analyse à zéro. Maintenant je sais. Elle m'a rattrapée. Une nuit Elle était tellement
présente, tellement revenue, que mon coeur s'est arrêté de battre. Je n'ai même pas cherché mon pouls ; avoir un électrocardiogramme à plat protège des maladies du coeur. Pas de coeur, pas
de fracture, c'est d'une logique indiscutable.
Implacable.
C'est très confortable. Pas trop, très. Tout juste me suis-je dit à bas mot pour ne pas le réveiller le palpitant anesthésié : "ça y est je suis redevenue comme mes chères créatures".
Re-devenue. Enfin moi-même. Pourquoi entrer dans une pseudo lutte contre soi ? La bataille n'est-elle pas vaine, stérile, épuisante, perdue d'avance ? Ne pas s'avouer vaincue mais ne pas
se tromper d'agresseur surtout.
Ne pas se tromper de cible.
S'assumer soi dans toute son insanité, sans en avoir honte. S'assumer soi et composer avec sa - ses - part(s) mauvaise(s), ses multiples de moi qu'il ne faut plus essayer de ranger dans des
tiroirs proprets, qu'ils sortent de là dedans tous ces petits mondes là, en trombe, avec leurs ressorts rouillés et cassants. Je ne veux plus jouer l'actrice surfaite de composition, l'Oscar ira
à tous ses comédiens mensongers de la mélodie du bonheur. Je suis enfin redevenue moi, entièrement moi, entièrement plusieurs, fondamentalement à côté de la plaque normative creuse de tout
raisonnement.
Je ne veux plus me tromper moi-même.
Je préfère le six pieds sous terre à la vue ras du gazon et des pâquerettes.
Je ne veux plus qu'Elle se demande s'il faut s'extirper avec difficulté ou rentrer et ne plus jamais en sortir. Qu'Elle y reste, j'y resterai aussi. Au chaud toutes, ou au froid selon, mais
jamais plus dans la tiédeur moite et vulgaire, immonde routine calme et monotone. Paradoxalement mon coeur s'est arrêté de battre, mais en dedans d'autres organes et d'autres sens palpitent
sourdement, brutalement, à plaie ouverte.
Récupérer ma vie...
Récupérer ma vie.
J'aime bien les films d'horreur avec des curés et des nonnes, surtout quand les sus dits se prennent des gros coups de tatane à la chevrotine dans le fion. Y'en a un
qui est épique dans ce domaine là c'est "Le couvent" de Mike Mendez, où Adrienne Barbeau, héroïne carpenterienne, dans un final épique, chevauchait sa grosse moto bardée de gros flingues pour
filer la rouste à des ecclésiastiques zombifiés. C'était drôlement bien "Le couvent", tellement bien que quand j'ai vu la jaquette de "La nonne", et ben je me suis plus du tout sentie.
Dans une école religieuse en Espagne, des jeunes filles sont maltraitées par une bonne soeur ultra bigote et coincée du cul, enfin une bonne soeur quoi. Quand l'une d'entre elles va tomber
enceinte des oeuvres du brave curé, la nonne va très mal le prendre et infliger un rituel de purification horrible (une douche vaginale) à la coupable. Celle-ci va être vengée par ses copines qui
vont tuer la nonne. Et celle-ci va se venger à son tour quelques années plus tard et tuer les copines.
Que de boucheries haineuses pour une simple douche vaginale hein...
Au générique j'ai commencé à me méfier quand j'ai vu le nom de Yuzna crédité en tant que producteur, c'est pas qu'il est mauvais mais il n'a pas vraiment de flair
par les temps qui courent. Mon intuition s'est révélée juste puisque le film n'a pas tardé à cumuler tous les pires poncifs du genre. Le scénario par exemple est truffé de stupidités dignes d'un
feuilleton pour teenagers : "l'héroïne" - le fruit du péché - va détourner du séminaire un futur prêtre alors qu'ils se connaissent juste depuis 2 heures (oh tiens ça me rappelle un certain
président de la République !), ces deux-là vont même tenter de copuler dans le couvent alors que les cadavres s'amoncèlent dans un vrai carnage pas catholique ; y'en a qui ne pensent qu'à la
bête à deux dos même dans les pires circonstances, incroyable ! C'est dingue comme dans les films d'épouvante ils ont tendance à copuler alors qu'il faudrait être vigilant plutôt !
Ca continue avec l'arrivée de toute la clique au couvent donc, où bien sûr la voiture ne manque pas de tomber en panne, et pis je vous le donne en mille y'a pas de réseau téléphonique !! Le
summum de la connerie est atteint avec l'une des protagonistes (la vengeresse de la douche vaginale), vous allez voir c'est affligeant : la troupe se dirige vers une galerie de peintures où ô
lumière, on s'aperçoit que la nonne démoniaque met en scène ses futurs meurtres en prenant modèle sur les dites peintures, vous me suivez toujours ? Zoé par exemple, remarque en regardant
une des croûtes qu'elle va mourir brûlée vive, c'est son destin. Et bien qu'est-ce que vous croyez qu'elle va faire la Zoé dans un élan d'intelligence accrue ? Aller dans la seule pièce où
IL Y A UN FOUR bien évidemment !! La suite on la connaît, bien fait pour sa gueule tiens.
Bon franchement il n'y a rien à sauver dans ce film, et encore moins le casting aussi pourrave que dans "La malédiction des profondeurs" : y'a plein de bêtasses siliconées à bas prix, toutes moches avec des lèvres en canard WC, leur chirurgien a du les opérer sur une table de cuisine tiens. Et tout ça pour une malheureuse douche vaginale, je t'en foutrai tiens ; le seul moment intéressant du film en plus...
On a les animaux qu'on mérite il paraît, et même que des fois une certaine familiarité s'établit entre la bête et le maître - à moins que ce ne soit le contraire
- les deux finissant par se ressembler. Ma soeur par exemple qui est une chienne à elle toute seule, possède dans tous les sens du terme, un vieux chat cancéreux au dernier carat. Hé
bien au terme de sa vie, la bestiole de jour en jour, est devenu son portrait craché : lent comme un zombie dans tous ses gestes, lourd et disgracieux dans sa démarche alors qu'il a perdu tout
son poids, son oeil tumoral crache en permanence un pus croûteux qui fait qu'à la longue, on se demande si ce n'est pas son cul qu'on regarde. Il est où le cucul, elle est où la tétête ?? Et
malgré le cancer qui lui ronge la tête, le chat il peut pas s'empêcher de miauler à la mort à quatre heures du mat', ce qu'il a toujours fait remarquez, même au firmament de sa forme. Miauler
pour miauler, avec tout le monde qui lui jette des objets à la tronche pour qu'il ferme enfin sa gueule, après une avoinée de noms de chats crevés.
Toute l'histoire de la vie de ma chienne de soeur.
Moi en ce moment je n'ai pas d'animaux, ni aucun être à poils d'ailleurs, tout juste consens-je à m'attacher à deux sex toys que je remplacerai le jour où ils seront morts. Pour l'instant je
change les piles. Les sentiments c'est pas bon, l'affection c'est le début des emmerdes, tu te lies et pan ! soit l'objet de tes désirs se casse après t'avoir pompé tout ce qu'il pouvait te
pomper, soit il agonise dans d'atroces souffrances et te laisse seule, seule, seule.
Comme Rustine ma lapine.
J'étais enfant - 6, 7 ans je dirai - et mes parents me laissaient nourrir les lapins, à l'époque je savais pas bien pourquoi ils étaient si heureux de les voir prendre du poids les lapins, faut
dire que je m'en occupais bien et qu'ils engraissaient de jour en jour. Parmi les habitants du clapier, y'avait ma belle Rustine, que j'avais appelée comme ça parce qu'elle était toute blanche
avec des ronds noirs, comme des rustines colmatant des trous par en-dessous. Oué je sais j'étais déjà poète à l'époque. Elle était belle ma Rustine, elle était grasse, elle faisait mon bonheur,
et elle n'allait pas tarder à faire le bonheur de mes parents aussi, et de la Sagrada familia au complet.
Un beau midi, je crois que c'était un dimanche, y'avait du lapin au déjeuner.
Et ma belle Rustine a disparu des clapiers. Et j'ai compris. Et je me suis retenue de pleurer. Parce qu'en plus elle était bonne la Rustine et pas pleine de trous sous la peau au final
; non, dans l'assiette y'avait une bonne chair succulente et juteuse. Bien grassouille grâce à ma contribution. Il n'en faut pas plus pour expliquer ma destinée actuelle, j'ai tout pigé le
jour où j'ai vu "Hannibal : les origines du mal" - une psychothérapie économisée - il est devenu psychiatre et cannibale parce qu'on lui a fait bouffer sa soeur sans qu'il s'en rende compte
; je suis devenue psy et carnivore en toutes viandes parce que mes parents m'ont faite boulotter Rustine ma lapine !!!!
C'est simple la psychologie humaine au final ? Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.
Je suis une lapine psychopathe. Et dans mon clapier personne ne vous entendra hurler.

Oyé oyé ! Sonnez les trompettes ! Pour une fois qu'un film de genre FRANCAIS est réussi, on peut quand même l'annoncer en
fanfare non ?? C'est un peu normal remarquez cette réussite, parce que les petits gars à la réalisation - Maury et Bustillo - sont d'anciens collaborateurs et journalistes de Mad Movies, on
pouvait donc compter sur eux pour ne pas pondre une énième bouse masturbatrice d'intellect en panne.
Oyé oyé !!!!
Sarah, jeune photographe de presse, est sur le point d'accoucher, la mort dans l'âme et ne vivant pas la naissance de son futur bébé comme un heureux évènement. 4 mois plus tôt elle perdait son
mari dans un tragique accident de voiture. Nous sommes le soir de Noël et elle s'apprête à passer les festivités seule, en attendant la délivrance, mais pas complètement puisqu'une femme ne tarde
pas à venir la harceler dans sa maison...
Je dois dire que rarement j'ai surveillé avec autant d'attention la pendule, attendant moi aussi la délivrance terminale. Parce que "A l'intérieur" est un véritable chemin de croix, tout en ce
film est douloureux et pue une souffrance insoutenable. J'ai du le voir en plusieurs étapes, valait mieux ! Les deux femmes se livrent une lutte acharnée, tachée de fluides corporels sanglants
divers et variés, à l'aide d'armes improvisées (ciseaux, couteau, grille pain...). C'est ultra violent, l'une se battant pour sa vie et peut être celle de son futur enfant (on n'est pas
très sûr de son attachement), l'autre tel un Nosferatu doublé d'un Michael Myers fantomatique mais aussi désespérée que sa victime, cherchant par tous les moyens à extirper le divin enfant de sa
matrice. Tous ceux passant dans la maison pendant cette mise à mort pleine de respect malgré tout, vont le payer cruellement de leur vie et de quelques membres perdus au passage.
Le mal d'enfant peut conduire à des faits terribles... Béatrice Dalle est exceptionnelle et franchement impressionnante, elle mérite amplement sa place au panthéon des psychopathes les plus
sinistres et les plus dangereux surtout. Alysson Paradis - la petite soeur de l'autre - est très convaincante aussi, dans le rôle de la "victime" pas complètement soumise, et tentant de parer les
coups. Et la réalisation de nos deux Mad Moviesien est empreinte d'un style sombre mais magnifique, notamment dans les apparitions de Béatrice Dalle, monstre fascinant et énigmatique. Une des
scènes rappelle le plan le plus flippant de la planète : le passage de Regine devant la fenêtre dans "L'exorciste", vaporeux et planant tel un fantôme diabolique...
Le tout baigne dans un contexte de violence urbaine avec en rappel constant, les émeutes d'un certain mois de décembre avec un certain ministre parlant de tout nettoyer au karcher...
"A l'intérieur" est une très belle réussite dans le gore français, c'est d'ailleurs bien dommage car il s'avère tellement cru et insoutenable (les dents pétées s'étalant sur le sol, la césarienne
artisanale où la jeune future maman appelle sa mère qu'elle a tuée par inadvertance, une pique à cheveux dans la gorge au début du film !) que je ne veux plus jamais le revoir !
Mais j'attendrai avec impatience le remake d'"Hellraiser", même si je ne comprends pas qu'un tel film nécessite un remake ; mais laissons à Bustillo et Maury le bénéfice du doute.
Le glas du film de genre français, honteux, frileux et mauvais a t'il sonné ? Espérons-le... Nous pouvons l'espérer !
L'année dernière je regardais la Nouvelle Star sur M6. D'ailleurs bien avant tout le monde et en me vantant, je savais que Julien Doré allait marquer les esprits
(d'ailleurs il devient quoi le gars à barrettes ???). J'aimais bien les salves de Manu Katché laminant les gros blaireaux et blairotes se prenant pour les nouveaux Pavarotti and co. C'était bon
tout ce côté un peu rock décalé et méchant.
Seulement j'ai appris qu'il allait changer le jury, à part André Manoukian. Lui je l'aime bien mais sans plus, pas aussi féroce que le Manu quoi. Et j'ai su qu'il y aurait Lio maintenant. Ouaipa.
Chouette, trop fort Lio, oué. Vous notez mon manque d'enthousiasme : je n'ai pas mis plein de points d'exclamation ni de mots en majuscules écrits très très gros.
J'ai quand même essayé le jury avec Lio. J'ai tenu une demie heure avec la pub. Je ne supporte pas la façon de parler qu'elle a, ce n'est pas sa voix hein, après tout on ne peut pas en changer,
non c'est l'appui nasillard façon neuneu qu'elle met dans toutes ses phrases. Oui parce qu'elle fait des phrases Lio, et que même elle est au-dessus du lot de tout le monde, et surtout au-dessus
de pas mal de chanteurs formatés à la Star Ac et autres scènes bobotisées.
Lio dernièrement a dit : "je n’ai pas envie de participer à Star Academy... plutôt mourir !". Bah moi si j'avais à choisir, je préfèrerai quand même chanter du Mireille Mathieu ou
danser la bourrée vendéenne aux côtés de la burne de Nikos, que de mourir hein, je sais pas si elle est au courant la Lio que mourir c'est pas un truc évident et pas toujours jojo même quand on
est vieux. Mais ça doit être un effet de rhétorique, faut pas que je prenne tout au premier degré nan plus.
Ne pas participer à la Star Ac' et mourir. C'est beau. Encore plus que de voir Naples tiens.
Elle a dit aussi, je cite : "Chimène Badi est inutile, Amel Bent a une voix magnifique mais des chansons d’un ridicule achevé, et Zazie dit des choses d’un consensuel mou et terrifiant.
Bénabar a un côté anti-sexy qui me dérange. Je ne comprend pas comment on peut faire une chanson sur le fait de manger une pizza à la maison avec ses potes".
J'aime bien les trucs méchants habituellement. Mais quand on se veut sarcastique et virulent, mieux vaut avoir de la consistance derrière et ne pas souffrir d'une amnésie sélective sur
soi-même. Je dirai même qu'il faut connaître à fond ses dossiers, en cas de contre-attaque car je pense que ça ne va pas tarder. Et exceller en répliques de face à face.
Voire exceller dans un domaine en particulier tout court, ça peut aider et ça rend drôlement crédible.
Je rappelle à tous ceux qui auraient autant de mémoire artistique que la miss, les paroles de "Banana split". J'ai pris celle là mais j'aurai pu utiliser "Les brunes comptent pas pour des prunes"
hein, véritable étendard de guerre contre la blondisation des esprits. Heureusement qu'il y a de grands esprits comme ça pour dénoncer le fachisme, sinon qu'est-ce qu'on deviendrait je vous le
demande ?
Baisers givrés sur les montagnes blanches
Et pour paraphraser cette grande intellectuelle du 21ème siècle, je dirai même ceci : "je ne comprends pas comment on peut faire une chanson sur le fait d'aimer le banana split ?".
Terrifiant n'est-il pas ?
J'adore toutes les conneries d'aide culinaire que l'on peut trouver sur le marché : appareil à pop corn, stand à fajitas, gaufrier/croque-monsieur/jacuzzi... J'ai
ainsi fait la suprême acquisition en décembre dans une vente privée d'un magnifique appareil à donuts à pas cher. Je me voyais déjà confectionner des mégas gros donuts recouverts de sucre
cristallisé et surtout sans huile bouillante, car j'ai une phobie de l'huile bouillante (à mon avis dans ma petite enfance, j'ai du me trouver un jour trop près de ma mère lors de sa fameuse
recette célébrissime de la dorade-ébouillantée-à-l'huile-dans-une-petite-poêle-avec-le-gaz-à-fond).
Pinaise !
J'ai donc reçu l'engin en décembre et je n'ai pas regardé trop comment ça marchait, trop concentrée sur des fantasmes de père Noël décimé de toutes les manières possibles et inimaginables (c'est
l'esprit de Noël, j'y peux rien, j'adhère trop). En janvier idem, j'étais drôlement occupée à traduire en italien des expressions telles que "septicémie réno-urinaire", "vaginite purulente",
"descente des trompes d'Eustache" et autres "je suis en train de vous dire calmement que je suis en train de crever bordel !". Là en février vers le 21, ce fut l'accalmie une soirée
alors j'ai ressorti de mon placard où de temps en temps il pleut, l'appareil à donuts.
En l'ouvrant supraïze !!!! Les "moules" à donuts étaient tout petits petits (bienvenue aux chercheurs de petits moules au fait), ridiculement rikikis même on pourrait dire. Je ne savais pas qu'il
fallait être joailler ou chirurgien des artères pour faire des donuts ? Parce que j'ai du répartir pendant une bonne heure un demi saladier de pâte avec une cuillère à café. Oué. Une cuillère à
café par donut. Pas de quoi se taper un accident vasculaire cérébral à la dégustation.
Au final j'ai obtenu une quarantaine de ronds sans trou qu'on voit à travers, parce que j'ai dû mettre trop de pâte et que le trou du coup il s'est pas creusé (à la fin j'en ai eu marre, j'ai du
mettre une cuillère à café et demi par moule, c'est mon côté rock n'roll ; Patience est mon 4ème prénom, juste avant Vertue). C'était pas dégueu certes, mais ça n'avait pas du tout le
goût du Donut Grassouille Majuscules, tout juste ça ressemblait à une gaufre molle le lendemain.
Je crois maintenant avec le recul que ça manquait d'huile bouillante et de pâte à beignets au final. Question éminement existentielle : dois-je me séparer de mon appareil à gaufres ou de mon
confectionneur de donuts puisque les deux font à peu près la même chose ?
Rendez-vous dans les 6 mois à venir avec un autre assistant culinaire, j'ai nommé l'appareil électrique pour faire des pâtes fraîches offert par ma maman adôrééééée. Mais d'abord faut
que je trouve des recettes pour accommoder le lapin de Pâques avant que ce gros con n'aille distribuer les oeufs pour les petits nenfants. En hommage à ma lapine Rustine dont je vous conterai un
jour les mésaventures, et qui explique ma sordide existence de psychopathe sur notre belle planète...
Et ça continue ! Dans la série "les américains pondent des bijoux excellentissimes pendant que nous on a Femmes de loi", voilà le dernier né, "Damages". La diffusion
du pilote commence aujourd'hui sur Canal plus, heureux les possesseurs du décodeur qui pour une fois ne vont pas se taper du foot !
Damages raconte la vie d'un cabinet judiciaire new yorkais, dirigé par Patty Hewes à côté de laquelle Margaret Tatcher fait figure d'une gamine à couettes totalement inoffensive. Ellen Parsons,
toute fraîche et toute naïve, va être engagée dans ce cabinet, pour le meilleur mais surtout pour le pire. La vie est une chienne, Patty est une chienne et elle ne va pas tarder à apprendre
ces leçons par elle-même...
Damages, enfin le pilote pour commencer, casse la baraque et augure du très très bon dans la catégorie poids lourd. Glenn Close y est énormément pour beaucoup dans cette réussite, celle-ci
incarnant une avocate redoutable, sondant les âmes comme des livres ouverts de coloriage et n'hésitant pas à manipuler, fourvoyer, soudoyer voire pire, pour se payer la tronche des hommes contre
lesquels elle bataille dans ses procès. Inévitablement je pense à la réplique de Woody Harrelson dans "No country for old men" quand quelqu'un lui demande à propos de Chigurh, à qui on peut le comparer : "vous voulez savoir s'il est pire que la peste
bubonique ?". Patty Hewes serait un peu dans ce style là surtout quand elle a en tête de gagner un procès, en tirant des ficelles les plus tordues les unes que les autres. Je ne vous dévoilerai
pas ce qu'elle commet comme crime et manipulation dans le pilote, mais franchement ça donne froid dans le dos...
Et ça fascine ! Instantanément je suis devenue accroc à la série, qui je l'espère va continuer dans cette voie trasho-cynique, sans s'adoucir sous la pression de je ne sais quelles associations
puritaines. Dexter avait failli prendre cette voie là trop humaniste pour redevenir lui-même dans la saison 2, souhaitons à Patty Hewes le même chemin sans prise de conscience douloureuse, et
avec beaucoup de machiavélisme dans sa démarche de destruction d'autrui. J'imagine déjà les dégâts d'influence qu'elle va commettre sur la petite procureur à
peine sortie de l'enfance... L'affiche en dévoile déjà long !
Sois sadique et n'aies pas de remords, Patty... Sois notre idole à toutes !
Oh ben ça faisait longtemps moi que je n'avais pas consacré un article entier aux joyeux fruits de mer ! Vous savez que mon palmarès de la moule me rapporte
environ 600 visiteurs par mois ? Vous avez raison les gars, la moule c'est bon pour la santé, mangez-en !!!
Je vous passe les sempiternels détournements de moule rédigés avec précipitation (non quand même je ne résiste pas : grosse moule piolue, un cul enorme boure de poils...), pour ne récompenser que
les winners. Alors la Moule de bronze revient à "à quoi reconnaitre une bonne et une mauvaise moule" : peut être à l'odeur mon gars, surtout si elle est consommée dans un resto chinois le jour de
la saint Valentin ? On ne le dira jamais assez : gaffe à la moule avariée, y'en a qui en sont morts !!!! La Moule d'argent est légitimement adressée à "les plus gros vagins du monde" ; si un
producteur en panne d'inspiration de TF1 me lit, sûre que bientôt on aura droit à un classement en prime time présenté par Christophe Dechavanne.
Et enfin la Moule d'or à l'elliptique mais non moins truculent : "entretenir ma bourrine vendeenne". Oui. Oui oui je sais, ça laisse coïte. Si des Vendéens dans l'assistance souhaitent répondre à
cette éminente question, malgré le fait que je les ai souvent insultés et qu'ils vivent dans la région la plus pourrie de la planète (surtout la côte hein, les Vendéens terriens je veux bien
encore), et bien qu'ils ne se gênent pas, la moule est toute ouïe.
Et oui parce que la moule a des oreilles mesdames et messieurs.
Bordel ! Un film de Romero qui m'a échappé ! Oué en même temps si on regarde bien sa filmo, y'en a plus d'un que je n'ai pas vu, et en particulier tous ceux où y'a
pas un zombie putréfié qui traîne ses godasses pourries. En plus Bruiser avait été massacré par la critique - y compris Mad Movies - alors vous comprendrez mon manque d'engouement romérien. Alors
au final, j'ai quand même envie de le défendre le petiot carencé en vitamines zombiesques !
Henry est un petit gars tout lisse, un yes man dans toutes les sphères de la vie : sa femme l'envoie chier quand il ose la réveiller au petit jour, son caniche à couettes actionne la scie
sauteuse rien que pour l'emmerder, son patron se révèle un véritable tyran lubrique qui se tape en plus sa dulcinée ; bref Henry se fait écraser par à peu près tout le monde et d'ailleurs
fait encore plus terrifiant : personne ne le remarque. Jusqu'au jour où dans sa platitude anonymie, un masque blanc immaculé va désormais signifier son visage, et Henry va alors péter un câble et
se révéler au monde de façon plutôt violente...
Oué ben le pitch il fait plutôt envie non ? Comme d'habitude chez Romero il y a un message social là derrière, et il n'est vraiment pas dur à décoder, voire simpliste ; c'était quand même mieux
de voir des zombies endimanchés pousser des caddies ! Mais bon, la critique de notre société à la winner fait grincer légèrement des dents, l'interprétation est plus que correcte, la symbolique
des masques avance au fil du film pour devenir plus pesante et... oué je sais dans un film de Romero j'ai employé "correct" et "légèrement", putain ça fait chier !!!!!
Disons pour terminer que Bruiser est un bon film (avec un final pourri ultra convenu, à la Vendredi 13. Pardon...) et pas un bon Romero MAIS je dois
dire et je dois m'insurger POUR UNE FOIS contre certains journalistes de Mad Movies qui ont assassiné le film en
son temps et qui maintenant défendent Steak
!!!!! Enfin !!!! C'est les mêmes propos qui sont tenus dans Bruiser !!!! Alors !!!!
Ouh que de points d'exclamation et de gros mots vulgaires encore dans ce texte... Et ma première salve contre Mad ? Bah alors on dirait que j'ai grandi !!!! C'est des signes de maturité, pour
sûr... Bientôt Suzy Dumeur dans "Les cahiers du cinéma" dans un texte intitulé "oui les scénarii dans les films de Godard sont grandiôses".
Allez mon pot de Nunut' m'attend...
Cloverfield est arrivé sur les écrans en fanfare, après une bande annonce choc diffusée dans les salles de cinéma juste avant sa sortie. Celle-ci montrait une fête
entre amis, filmée caméra à l'épaule dans l'à peu près bonne humeur, et d'un seul coup : la tête de la statue de la liberté échouait dans les rues de Manhattan, décapitation orchestrée par
on ne sait qui ! Il n'en a pas fallu plus pour que ce film devienne un mythe à l'heure d'Internet. En France l'impact n'a pas été le même, mais dans les forums américains on ne parle que de ça
depuis des mois. Il faut dire que les producteurs en connaissent un rayon sur la mystification, jouant la carte du "ça ressemble au Projet Blair witch" et celle du "personne ne sait à quoi la
créature ressemble !!!".
L'histoire est ultra simple : une surprise party a été organisée en l'honneur de Bob, qui va bientôt s'installer au Japon et commencer une brillante carrière professionnelle. Quelques intrigues
amoureuses s'installent ça et là histoire de divertir le pékin, et soudain le chaos s'abat sur New York, sans que qui ce soit en comprenne les tenants et les aboutissants. La fuite éperdue pour
la survie commence !
J'étais drôlement sceptique avant la vision du film, légèrement agacée par l'attitude des producteurs voulant à tout prix attirer le chaland à force d'entretenir le mystère, on sait que nombre de
daubes ont été vendues de cette façon là. Mais là je dois dire que Cloverfield vaut son pesant de cacahuètes, pour le peu que l'on prenne ça au second degré, sans se pincer le nez, et en ne
prenant ça que pour du divertissement. Le film honore complètement son contrat à ce niveau là.
C'est péchu, saccadé ; le mystère est très bien entretenu par la réalisation à l'épaule, floutant en quelque sorte les passages les plus stressants. C'est très habile car en même temps on
aperçoit les créatures responsables du chaos, sans pour autant tomber dans le trop plein de détails, ce qui je conçois, peut frustrer nombre d'amoureux de nos bébêtes adorées, mais on en voit
quand même des bouts de bestioles ! La scène dans le métro par exemple titille nos nerfs quand l'un des protagonistes actionne le mode nuit de la caméra, et aperçoit dans le champ du film ce
qu'il n'aurait jamais dû voir : des prédateurs entre Aliens et Pitch Black tranquillement en train de grouiller sur les murs et le plafond et attendant le moment fatidique !
Cloverfield est un film dans le film, comme Le projet Blair Witch en son temps, et qui n'a pas à avoir honte de la comparaison. Il y a quelques incohérences inhérentes au genre (malgré le siècle
de cinéma qui s'est écoulé, il y en a encore qui prennent la fuite par les ponts, qui reviennent sur leurs pas pour sauver quelqu'un, ou qui ne comprennent pas pourquoi les rats prennent la
tangeante à contre-courant !) mais qui ne plombent pas le tout. Cloverfield est une bonne petite surprise sans prétention qui fonctionne à merveille, un bon film du samedi soir qui ne rentrera
pas dans les annales cinématographiques mais qui aura fait son petit effet en son temps !
Mieux vaut ça à un gros film d'auteur qui se la pète n'est-il pas ?


