Mardi 27 février 2007

Ah que de promesses contenues dans le titre ! L'enfer des zombies fleure bon comme une comptine à mes oreilles ; ah l'énucléation de la femme du médecin qui se prend une méga écharde de porte en bois, ah la cervelle explosée qui gicle des linceuls nauséabonds en faisant un bruit de pomme qu'on croque, ah les plops à la version VHS aux raccords de scène, aaaaaahhhhh cette musique à l'orgue qu'on n'ose même pas jouer aux enterrements tellement c'est morbide...

Aaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh l'enfer des zombies, que de chauds et doux souvenirs d'enfance remontant à la surface...

C'était donc avec une joie à peine dissimulée qu'il y a deux ans je me rappelle, je m'étais installée peinarde sur mon canapé pour la vision du DVD collector de cet Enfer, DVD qui a mis des lustres à sortir. Ca faisait... je sais pas au moins 15 ans que je n'avais pas vu le film. Au bas mot. Je m'étais même préparée un velouté à la tomate. De circonstances. Premières notes du générique (orgue funèbre) et voilà qu'une violente nausée m'assaille. J'incrimine le velouté, peut être pas frais ? Une gastro fulgurante ? Peut être ? L'ebola inoculé par des pigeons citadins ?

Mais qu'est-ce qui se passe docteur ???? Je jette le fameux velouté dans l'évier rouge de tomate et j'arrête le film. Je suis mourante. Je vais mourir d'une perforation stomatologique dûe à une salmonellose tomatesque et je n'aurai même pas le temps de voir l'enfer des zombies. Je vais mourir dans d'atroces souffrances et ensuite je vais hanter mon lecteur DVD d'entre les morts pas vivants jusqu'à ce que quelqu'un me délivre (mon frère attend patiemment ça d'ailleurs, il bave sur mon imposante collec' de films horribles). Y'a pas de justice dans ce bas monde... pitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiié laissez-moi au moins voir Désiré !!!!!

Le lendemain j'étais encore en vie sans nausées hémorragiques ulcéreuses : je rattaque. Sans velouté à la tomate, à la diète, sans même une cuillèrette de Nutella. Je mets le DVD. Générique.

2 notes d'orgue.

Rebelote.

Bordel j'ai grandis.

L'enfer des zombies me donne la gerbe.

Lundi 26 février 2007

Clint Eastwood est un grand monsieur. Un très grand monsieur qui sait distribuer les uppercuts au coeur même quand il ne tourne pas sur la boxe. Avec lui les bleus à l'âme se ravivent et se mettent à saigner. Ils se fendent en deux d'un rouge vif qui ne coagulera jamais. Clint Eastwood ne milite pas pour la tranquillité de l'esprit, ni pour la cicatrisation de l'âme, non lui il y va et vous colle des sacrées tartes dans la gueule. De celles que vous n'oublierez jamais ; d'ailleurs ce serait le trahir que de passer à autre chose.

Ce serait vous trahir.

"Lettres à Iwo Jima" est le pendant japonais à la bataille sanglante qui eut lieu sur l'île du même nom, une île stérile sans couleurs pour une guerre sans couleurs toute aussi stérile. Je n'ai pas vu "Mémoire de nos pères" - le point de vue américain - j'étais un peu fâchée avec les pères à sa sortie et je connais trop bien le bonhomme pour savoir que de temps en temps il faut se planquer pour ne pas qu'il nous atteigne. Dévier les coups, se protéger, antithèse par excellence du "Million dollar baby". Et trahison. Aujourd'hui je ne me suis pas planquée, je n'ai pas fui, et je me suis mangée une phénoménale leçon d'humanité dans tout ce qu'elle peut avoir de barbare et de magnifique. Je suis sûre que le point de vue de "Mémoire de nos pères" est le même que celui de "Lettres à Iwo Jima" ; il n'y a pas de nationalité dans ce film, pas de camp, pas de jugement, pas de gentil ni de méchant, il y a des comportements humains transgressés par une situation innommable et absurde, filmés par un humain sans aucun point de vue sinon l'universel.

Le nôtre. Le leur. Le sien.

Et quel humain... un qui sait jauger votre âme, vous transpercer de ses yeux plissés qui vous scrutent sans relâche, sans vous manquer de respect mais essayant avec plein d'espoir de vous faire entr'apercevoir une toute petite lueur de lucidité sur votre moi profond, celui que vous tentez vainement ou brillamment de dissimuler aux autres et à vous même ; surtout à vous même.

Nous passons notre temps à combattre quelqu'un ou un camp, mener un combat contre des idées qui ne nous appartiennent pas, contre des comportements qui nous répugnent, contre une maladie qui nous assaille, droite contre gauche, religion contre religion, peau contre peau, homme contre femme/femme contre homme ; Eastwood a lui réussi à concilier tous les partis en les faisant se massacrer sur une terre ressemblant à l'Enfer et au Paradis tellement mêlés qu'il n'y a plus aucun discernement possible : tout le monde se ressemble et ce quelque soit le côté duquel on se trouve. Où on est supposé se trouver. Il n'y a ni de meilleur ni de pire. Il n'y aura ni vainqueur ni vaincu, ne subsisteront que des écorchés vifs aux pupilles hébétées. Les femmes omniprésentes dans la filmographie d'Eastwood, le sont encore plus dans cette pellicule alors qu'elles sont à peine visibles, et pourtant...

Clint Eastwood est un révélateur. Et je ne sais pas encore si j'ai bien fait d'avancer à découvert.

Je sais déjà que je ne suis pas sortie indemne de la salle.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Jeudi 22 février 2007

Ils

ATTENTION ! "Ils" est un film français. Un thriller français, un film de genre français. Oui je vois votre moue dubitative pas convaincue car vous savez ce que valent les 9/10èmes des réalisations sur ce thème. Oui mais si on lui laissait le bénéfice du doute à "Ils" ? Allez on essaie.

"Ils" s'inscrit dans la lignée des films réalistes, comme "Le projet Blair witch" auquel il ressemble beaucoup beaucoup dans la réalisation saccadée et obscure, avec le strict minimum d'éclairage et de dialogues épurés. Un couple de français réside dans une bâtisse perdue dans les bois en Roumanie. Lui est écrivain, elle instit'. Ils se préparent à un bon petit week-end en namoureux quand soudain... "ils" débarquent et tentent par tous les moyens de pénétrer dans la maison, terrorisant leurs occupants. Et on ne saura que tard qui sont ces ils, toujours filmés de façon chaotique, capuche sur la tête. Mais "ils" sont humains, rien à voir avec la sorcière de Blair.

Je dois avouer que ce film déroute, d'abord par la durée (même pas 1 heure 20) et ensuite par le mystère des motivations et de l'identité des assaillants, ce qui est éminemment flippant quand on ne sait pas contre qui et pourquoi on doit se défendre. Ca donne froid dans le dos à vrai dire tellement ça paraît réaliste et absurde. Gratuit. D'actualité ? Non, n'allons pas jusque là, "Ils" n'est pas un film visionnaire sur les moeurs actuelles, ce type d'agressions gratuites existant depuis la nuit des temps (méfiance car la fin laisse croire que ce fait divers a réellement existé ; or non).

Bref revenons à nos "Ils". Je ne pense pas revoir ce film pour le plaisir ni le revoir tout court, car je n'ai pas pris mon pied à suivre le calvaire de ces gens qui pourraient être nous, de cette violence intervenant en plein quotidien, dans cette solitude extrême avec la technologie qui défaille. C'est stressant, très stressant, on court en même temps que les protagonistes avec le coeur à tout rompre et la trouille vissée au corps. On veut savoir pourquoi, et finalement on ne saura jamais.

Je préfère de loin mes démons de 3 heures du mat' et mes zombies aux souliers moisis, ceux là je ne crois pas que je les croiserai en vrai un jour dans ma cuisine en train de boulotter mes bananes. Peut être que je me trompe mais bon...

Depuis Hostel décidemment les pays de l'Est n'ont pas la cote !!!!

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mercredi 21 février 2007

Oh mais quelles sont ces bestioles zarbi que l'on voit grimper dans une baignoire habitée ? L'année dernière quand le film est sorti, y'a eu une campagne de pub sur les bus et je me suis toujours demandée ce que c'était. Enfin je sais. Non ce ne sont pas de grosses saucisses inoffensives, mais oui ce sont bel et bien des bestioles aux intentions plus qu'hostiles.

Horribilis - je ne sais absolument pas ce que ça veut dire, en même temps y'a "horrible" dedans donc je suppute - a été réalisé par un illustre inconnu - James Gunn - donc j'ai dû me pencher sur sa filmographie pour savoir : oh il a été scénariste des 2 Scooby Doo !!!! Aaaaaaaaaaaaahhhhhhh mais aussi de "L'armée des morts". Oui mais bon une telle incohérence de carrière peut-elle faire de bons films goresques horribles et sanguinolents ? La réponse : pas tout à fait mais quand même. D'abord le gars il a vu quelques références de genre et ça se sent, "Society" de Brian Yuzna mais sans sa folle décadence perverse, quelques films de zombies (dont "L'armée des morts" sûrement), et d'autres dont je ne me rappelle plus (j'ai pas pensé à prendre des notes). Ensuite le scénario est quelque peu strange : une comète tombe sur notre belle planète, en plein Ploucville, et lache un truc poisseux dans un oeuf qui va sauter au poitrail d'un homme (ah oui ça y est je me rappelle l'autre référence !!!!). Celui-ci va être possédé par la bête et va se mettre à boulotter toute la viande rouge du patelin, jusqu'à ce qu'il ensemence une bimbo qui ne va pas tarder à pondre des...

... saucisses ? Limaces ? Sangsues ? Bref plein de trucs rouges comme sur la photo et qui vont à leur tour sauter dans la bouche des pauvres gens qui vont se transformer en zombies et... et j'arrête je vais pas vous raconter tout le film non plus. Bon dit comme ça ça peut paraître péjoratif et basique mais non, on passe un bon moment avec Horribilis, c'est un peu dans la veine d'"Arac attack" en un peu moins beauf, c'est très bien ficelé avec des personnages plutôt atypiques, et franchement l'histoire est strange, peu commune, même si elle reprend les codes du genre et rend hommage à quelques illustres prédécesseurs.

On passe un bon moment et par les temps qui courent : je prends.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Lundi 19 février 2007

Anna n'avait rien d'une étoile malgré le modèle auquel elle avait essayé de ressembler ; modèle douloureux dont elle aurait dû se méfier, et qui l'a happée - pas - malgré elle. Anna n'y a vu qu'une blondeur à imiter avec des poses poupoupidesques mais le tourbillon l'a emporté. Il y avait du pathétique en elle comme chez l'étoile, du sordide, une histoire de vie tacheronne et sombre, des origines embrouillées où le père ; où le Père ?

Anna énervait, hérissait les poils et représentait la bimbo par excellence, fade, excessive, repue à la chirurgie esthétique déformante, ultramaquillée, prédatrice, avide d'argent... tous les clichés portés à leur plus bas firmament. Anna voulait à tout prix ressembler à une étoile, à son étoile, mais elle n'a jamais ressemblé à rien ou à trop justement. La robe de l'étoile à été cousue à même sa peau.

Anna était prédestinée à mourir prématurément, ou trop tardivement. Vie et mort, mort-vie, ne faisaient qu'un, comme le jour où son fils a subitement rejoint l'au delà à 20 ans alors qu'elle dormait paisiblement dans le lit d'à côté, avec dans ses bras une petite fille qui venait de naître. De naître réellement ? Cette petite créature aujourd'hui âgée de 5 mois est l'objet de querelles juridiques - où sont les pères ; responsable d'être née et ainsi d'empêcher sa mère d'être dignement enterrée.

Dannielynn héritera peut être un jour de la fortune controversée de sa mère, argent pourri qui multiplie les faux pères. Mais cela n'est qu'une infime partie visible de sa peut être destinée, de quoi héritera t'elle d'autre, réellement ? On a connu meilleure entrée dans la vie... on a connu meilleure sortie dans la mort.

Comme quoi il ne vaut mieux pas se tromper de tuteur. Ne pas se tromper d'étoile...

Jeudi 15 février 2007

Bonne nouvelle ! Céline revient ! Après avoir sorti dans les charts le succulent "Je ne vous oublie pas" non jamais, la voilà qui nous ressort un titre fameux pas du tout commercial un jour pas du tout commercial qui fait grimper les notes de resto et s'y faire agglutiner tous les veaux, un certain 14 février ; "S'il n'en restait qu'une" ça s'appelle, avec comme sous titre - la précision a son importance - "je serais celle là".

Voilà, la Céline elle a choisi que ce serait elle qui resterait, elle nous a même pas demandé notre avis, et c'est pas du tout arrogant comme attitude. En même temps, décomposée de mauvais foie comme je suis, je n'ai pas lu ces paroles probablement baveuses, déjà je l'ai entendue brailler comme un âne en rut hier matin à 8H45 (avant Canteloup) et même que sa voix s'est épaissie comme si elle était possédée par toutes les âmes des pucelles frustrées mortes - ou mortes frustrées, et déjà, déjà j'ai eu de la peine comme quand mon pot de Nutella il est vide.

J'ai voulu me planquer dans le coffre de mon clic clac avec une couette dans les deux oreilles, mais je rentre pas et la couette non plus.

Elle sera celle là bordel. La seule, l'unique, la survivante à une épidémie décimant toutes les chanteuses de talent. Teresa Salgueiro, Tori Amos, Natacha Atlas, Cyndi Lauper, Lauryn Hill, Emilie Simon, Björk, et des dizaines que j'ai oubliées, toutes mortes brutalement d'un accès de Dionite aigüe. Putain de virus je te jure.

Et dire qu'elle a osé commettre cet acte - avant l'irréparable, la sortie de l'album au joli mois de mai - le jour de... le jour de la môme. Il paraît que tu as ressuscité la môme, prouve le nous : pète lui juste une corde vocale à la fausse gouailleuse, par la seule force de ton esprit tapageur, histoire qu'elle ne nous les pète plus tout court.

En même temps, "je serais celle là" précédé d'un "si", il me semble que c'est du conditionnel nan ? Pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu pourvu.............

par Suzy Dumeur publié dans : A vos humeurs
Mercredi 14 février 2007

J'adore le détournement de slogans bidons. A la SNCF c'est les spécialistes du slogan bidon qui ne leur correspond jamais. Z'avez vu leur dernière campagne de pub ? Anticiper les besoins - surtout les vendredis, les week end et pendant les vacances scolaires - rendre le voyage confortable - surtout dans un train bondé avec une place non assise en surréservation - enfin que des conneries quoi.

J'arrête les tirets, j'attaque.

Samedi je suggère à une amie d'aller nous renseigner au guichet pour éventuellement savoir combien coûterait un voyage jusqu'à Lisbonne au mois de mai. Aller et retour. Eventuellement. Si on dérange pas. D'entrée les hostilités s'annoncent : "Lisbonne ? Lisbonne... Lisbonne c'est à la frontière franco-espagnole ?...". Déjà elle situe ça en Europe ce qui est plutôt inespéré. La suite relève du même ton malgré toute la bonne volonté de la guichetière bien emmerdée à taper sur son clavier avec des moufles sans connaître la géographie du bas de l'ancienne CEE et entrant péniblement les coordonnées que je lui communique, ayant déjà pris ce même train il y a une décennie : arrêt à Bordeaux, puis Bordeaux/Irun et enfin Irun/Lisboa santa Apolonia. A l'époque c'était moins compliqué. Curieusement je subodore des complications technologiques en plus des géographiques, la SNCF s'acharnant à régresser alors qu'il est possible de réserver un Paris/Pékin en 2 minutes sur Easyvoyages.

Ouaipa. On tente un raccourci par Madrid : rien à faire. Une correspondance à Hendaye ? que dalle. Et si on passait par Salamanca ? Non c'est pas possible. Au final le serveur plante et la seconde guichetière nous donne l'adresse de la compagnie ferroviaire espagnole pour le faire de chez nous. A eux de vous faire préférer l'avion ?

C'est pas fini. C'est qu'à la SNCF ils ont des idées d'avance.

Demain je dois aller à Paris. Je vous raconte ma vie comme ça mais là y'a un intérêt. Confiante je cherche les horaires de train et tente une réservation en tapant mes horaires d'aller et retour : merdouille, y'a plus de place disponible sauf en première classe. A 72 euros l'aller simple. Sans garantie d'avoir une place assise puisque le train est en surréservation. Mais il y a des places en première. Des places mais pas de places assises. Question : puis-je ne pas m'asseoir en seconde classe pour 22 euros de moins ? ou poser mes miches au bar avec une bière matinale ?

C'est pas possible.

Vicieuse une idée sadique et particulièrement mauvaise me vient à l'esprit : "ah ben tiens enculé si je décomposais mon voyage ? Je prends un aller simple de ma ville PUIS un autre simple de Paris ? Pour le retour ?". Vous me suivez ? Attention suivez bien parce que ça peut vous servir, z'allez voir. Je suis donc mon idée de voyageuse désargentée minable même si c'est le boulot qui me paie mon billet : "ben ça marche enculé !!!", le site Bienvenue SNCF.com à destination de Vache-à-Lait-Land me propose un aller simple en seconde classe à une cinquantaine d'euros dans le même train aux mêmes horaires et assise bordel !!!! Exit la première classe onéreuse payée par le boulot, debout.

Plus de 20 euros d'économie. Et mes grosses miches assises.

Moralité : si vous voulez que votre voyage ne vous coûte pas la peau du cul prenez l'avion, ou soyez vicieux détournez les grosses ficelles de la SNCF (ça marche aussi avec les Prem's).

Ca vous donne des idées d'avance possibles.

par Suzy Dumeur publié dans : A vos humeurs
Lundi 12 février 2007

Tout ce qui suit s'est vraiment passé réellement en vrai. Ames sensibles s'abstenir.

En - - italique les notes du traducteur.

Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing !

(Moi) : mwarfou ? - bonjour, comment m'appelle-je, qui suis-je, il est 11h du mat c'est l'aube.

(Ma Mère) : yé chouis à Continent - Carrefour en fait, le magasin a changé d'enseigne depuis 15 ans mais le temps n'a pas de prise sur ma mère - j'ai deux films est-ce qu'ils chont bons ?

MM - Ma Mère - ne dit jamais bonjour ni comment ça va je te dérange, je suis sortie de ses entrailles fumantes pendant une césarienne sanglante, il me semble que les présentations ont été faites il y a 3 décennies déjà alors pas de chichis hein.

(Moi) : vas-y dis-moi les titres - je suis reconnue dans la famille comme une experte en films et fréquemment consultée pour cette incroyable faculté.

(MM) : lou gars il est vert.

(Moi) : ... - réflexion. Attention le chrono tourne. Attention ma mère m'appelle d'un portable donc ça va lui coûter la peau du séant. Attention je ne dois pas la décevoir. J'hésite entre Hulk et un autre, en même temps Hulk on l'a vu ensemble je pense qu'elle aurait fait cette précision s'il s'agissait de lui - The Mask !!! - je n'attends pas la réponse je sais que c'est lui, je sais tout ce que ma mère pense - il me semble que tu l'as déjà acheté nan ?

(MM) : t'es choure ? Bon. Après je voulais faire un cadeau à ton père - tiens elle sympathise avec l'ennemi maintenant ? - tou sais le film avec le gars qui est mort et qui se passe à la guerre ?

(Moi) : Le vieux fusil ? Bah tu le trouveras pas ils n'ont pas réédité le film.

(MM) : ah ! Qu'est-ce que je prends à ton père alors ? - ah ouais je me disais aussi, faut que je te trouve l'idée on dirait...

(Moi) : depuis quand vous savez utiliser le lecteur DVD tous les deux ? La dernière fois que je vous ai offert des films ils sont restés sous blister...

(MM) : mais ils sont pas chers les films, je vais prendre lou gars vert et pis oune autre, oune avec le gordo et lou magre - nan nan nan pas Laurel et Hardy les gars, Terence Hill et Bud Spencer.

(Moi) : fais ce que tu veux...

(MM) : c'est quand que tou viens à la maison déjà, tu me dis jamais quand tou viens à la maison - je te le dis tout le temps mais tu n'écoutes pas, si je te l'écris tu ne le lis pas, si je te fais passer le message tu ignores le messager ou le messager t'ignore,

(Moi) : ah je t'ai pas dis la date ? Excuse-moi je croyais que si, le week end prochain je viens. Tu me feras du poisson ?

(MM) : oui s'il a une bonne tête au Continent ! Bon faut que j'appelle ton frère avec ce poutain de conard de téléphone qui marche pas... bip bip bip bip.

Voilà c'était ma mère. En direct du rayon DVD au Continent.

Samedi 10 février 2007

Adapté d'un roman lui aussi, "Hannibal Lecter : les origines du mal" tout comme "Le parfum" a un autre point commun, celui de dévoiler la génèse d'un psychopathe. Mais pourquoi est-il si méchant hein ? Le film tente de nous le montrer, le livre a essayé de l'expliquer. Seulement voilà les arguments et l'anamnèse sont pour le peu simplistes, comme qui dirait c'est de la psychologie de comptoir (pas du fast psy hein ! faut pas confondre !).

L'histoire du film est donc bête comme chou : c'est la seconde guerre mondiale du côté de l'Est, la famille Lecter se réfugie dans un pavillon de chasse, abandonnant chateau douillet et privilèges aristocratiques, et c'est là que le drame survient : tout l'entourage se fait décimer, laissant pour seuls survivants les deux fraîchement orphelins Hannibal et Mischa Lecter. Qui ne vont pas très bien s'en sortir dans ces atrocités engendrées par l'être humain... surtout Mischa... Hannibal étant devenu la "personne" que l'on connaît.

Le livre donne quelques pistes sur le pourquoi du comment sans jamais les approfondir toutefois, mais le film les supprime carrément : exit les figures paternelles, exit le chapître entier concernant l'intelligence surdouée du petit Hannibal pouvant à elle seule initier une psychopathie hors du commun, exit la séance chez le psychiatre suscitant peut être sa vocation et son futur métier, exit les rares instants de poésie fugace, l'ouverture de la cage des ortolans, les bains parfumés à l'orange, les protocoles sentimentaux japonais, le grillon venu de loin chanter à sa belle...

Exit, exit, exit. Le film - encore un point commun avec Le parfum - accumule les scènes juxtaposées, plaquées sans aucune fluidité, plombant la narration, plombant l'intérêt du spectateur, plombant toute son émotion potentielle (celle-ci étant suscitée par les rares plans avec la petite Mischa toute potelée à notre grand désespoir). "Hannibal Lecter" n'est habité par aucune âme de réalisateur.

C'est vide, creux, sans substance. Par contre le personnage est toujours aussi magnifiquement morbide et fascinant par son franchissement des tabous, Dieu Diable que je l'aime ! Et c'est pour lui qu'on est venu... Hannibal Lecter nous avait laissé en plan dans son film homonyme, se tailladant le poignet en plein cabotinage légèrement outrancier avec découpage de cervelle vivante au passage, mais qu'importe, comme il nous tardait de l'apercevoir ce puissant personnage engendrant frayeur et sensualité frissonnante... Ici donc point d'Anthony Hopkins mais Gaspard Ulliel, cabotinant avec fraîcheur quelques fois, mais surtout franchement inquiétant avec son petit rictus cicatriciel et sa bouche lippue que l'on imagine mordre dans le fruit sanguinolent interdit... Miam... Ulliel est encore maladroit car à tendances humaines donc émotif, mais déjà le dernier plan annonce la maturité meurtrière, la félinité, l'impassibilité et le cynisme splendide de sir Anthony Hopkins. L'un fait inévitablement penser à l'autre en devenir...

La saga va sûrement continuer, il ne lui manque plus qu'un vrai réalisateur, le personnage ne pouvant malheureusement pas se sustanter à lui-même. C'est déjà arrivé avec Le silence des agneaux, patience... et espoir.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Samedi 10 février 2007

Pour tous ceux qui ont lu le roman dont est adapté ce film, un souvenir perdure quelque soit le temps qui s'est écoulé depuis ; un souvenir puissant d'un Paris glauquissime, d'un tueur hors normes et sans aucune émotion, de parfums entêtants pestilentiels ou divins, de femmes sacrifiées pour mieux les posséder dans ce qu'il y a de plus profond chez elles : leur odeur.

Le film donc retrace fidèlement le livre : Jean Baptiste Grenouille naît - ou plutôt est expulsé - par sa mère - ou plutôt par son utérus - dans un marché grouillant de poissons aux yeux vitreux et dont on peut deviner même derrière un écran toute la sinistre puanteur. Cette mise à bas hors normes va déterminer le sort de cet enfant quasi mort né ; il est très aisé d'imaginer sa pathétique destinée car en plus le petit Grenouille va s'apercevoir d'une chose épouvantable : il est né sans odeur mais malgré tout doté d'un puissant odorat qui va l'obséder et le pousser à s'en créer une par lui-même... triste ironie...

Pas de mère, pas d'amour, pas d'origine, pas d'odeur : vous n'êtes rien, rien, rien sans tout cela, vous n'existez pas aux yeux des autres et même le poisson pourri garnissant l'étal de la maternité vaut mieux que votre pitoyable existence. Le roman parvenait à susciter des émois inquiets et des sentiments de malaise ; le film n'y réussit malheureusement pas. Tout est beau même la pourriture, tout est précieux même le cuir puant séchant au soleil, tout est magnifiquement filmé et surtout les chevelures rouges des femmes tant convoitées, mais le film manque de ce qui devrait faire son essence : l'âme. Ou le manque d'âme. On dirait que le réalisateur s'est tellement identifié à son sujet, qu'il s'est littéralement fait dévorer par son personnage, le sinistre grenouille au masque livide où seul son nez vit. Vous ne verrez d'expression sur son visage que le froncement nasal. Et ça devient lassant au bout de deux heures...

Les scènes se succèdent dans un très beau tableau très coloré mais ce défilé de scénettes ne vous fait pas accrocher à la vie de ce personnage et encore moins à celles de ces victimes tombant comme des mouches sans aucun état d'âme. Et alors que le fameux marché aux poissons parvient au tout début du film à émouvoir dans toute sa sordidité et son extrême inhumanité, le reste n'est que plat voire grotesque (la scène de la partouze gigantesque avec Grenouille en position christique), dérisoire et sans vie.

Le parfum n'a pas d'odeur. Il est passé à côté de sa vie, comme Grenouille.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur

Humeuriens présents

 

grimmy-pisse.gif
Il y a  2  culottes de Tori Spelling actuellement sur ce blog

Calendrier

Février 2007
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28        
<< < > >>

Humeurs en photos

News Humeurs

Inscription à la newsletter

En cas d'humeurs

Ici on ne lâche pas ses coms ! Y'a des articles qu'on peut commenter, et d'autres pas, à vous de vous démerder pour les trouver ! Enfin quand même y'a celui-là où on peut raconter des trucs...

Humeurs en photos

Humeurs des autres

Syndication

  • Flux RSS des articles
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus