
Que sont-ils devenus dit l'affiche, nos joyeux lurons dont les problèmes sentimentalo-existentiels nous étaient exposés dans le premier opus du même titre mais avec
un 1 derrière ? Et bien 4 ans après ils n'ont pas beaucoup changé, comme nous d'ailleurs. Enfin comme vous, moi ça empire !
Bref revenons à nos lurons. Alex, Antoine et Manu se réunissent comme tous les étés dans la maison de campagne de Jeff mais celui-ci en a ras-le-bol du chant des cigales éternel, et vendrait bien
son mas provençal pour un F12 pollué dans Paris, pour vivre avec sa femme 30 ans plus jeune et leur bout de fille...
En fait je n'ai pas grand-chose à dire sur "le coeur des hommes 2" (à part que le 2 c'est un peu nul comme titre, mais bon c'est une suite hein, ça marchait pour Rambo), parce que c'est bien,
agréable, divertissant, bourré de répliques truculentes ; et qu'on attend rien d'autre d'abord. Le coeur des hommes - la suite, c'est comme un groupe de potes qu'on quitte un jour et qu'on
retrouve volontiers au détour d'une rue comme ça, par pure coïncidence de la vie. OK c'est gentillet, OK ça se passe jamais comme ça dans la vie (genre tu suis Valérie Kaprisky en scoot et 2
jours après elle te mange dans la main dans ton appart', et en plus elle a de beaux restes la cocotte) mais bon qu'est-ce qu'on en à foutre ? On rit de bon coeur, on ne pense pas aux fêtes
familiales pourraves qui approchent, et après on se tape une bonne pizza entre potes en s'échangeant quelques répliques épiques.
Et pis y'a Gérard Darmon avec sa voix grave et ses fous rires ténébreux, y'a Marc Lavoine avec sa mauvaise foi et sa fameuse bombe H, y'a Gérard Darroussin tout penaud fauché par un amour
impossible et touchant en diable, et Bernard Campan un peu faiblard mais bien quand même (moi j'aurai remplacé Kaprisky par Berling-rrrrrrrrrrraaaaaaaaaaaaaaaaaaaa, ça l'aurait stimulé le
Campan). Alors rien que pour ça - même si ça ne vaut pas le quatuor ubuesque des films d'Yves Robert beaucoup moins consensuel et beaucoup plus fort en gueule - on prend son ticket, on rigole un
bon coup, et pis c'est tout.
Comme ça vous oublierez la seule matinée de pluie depuis 2 mois, et l'heure d'hiver bande de nazes.
A ne pas confondre avec "La coquine a des yeux 8" dans un tout autre genre, "La colline a des yeux 2" est la suite de "la
colline a des yeux 1", lui-même remake de "La colline a des yeux the first". Je me moque, je me moque mais le remake de Craven (réalisé par un petit français, on en tient un !!!!!!!!!)
supplantait largement l'original et valait son pesant de cacahuètes ("la cacahuète a des yeux 3"). Qu'en est-il alors de la suite du remake mesdames et messieurs ? Vous me suivez dans le fond, j'en vois qui
dorment ???
Alors on ne prend pas les mêmes mais on recommence : dans le fameux secteur 16 où vivent nos dégénérés du bulbe radioactif préférés, y'a des militaires qui arrivent pour livrer du matériel
médical à des scientifiques qui étudient je sais pas quoi (la naissance des points noirs je crois), et tout ce petit monde là ne sait pas encore que régulièrement, des abrutis comme eux se font
laminer par les habitants du cul du cru. Pardon. Bien sûr ils ne vont pas tarder à tâter du hachoir les cons, et nous on va tarder tout du long à trouver un intérêt quelconque au truc.
Bon c'est dit : j'ai pas aimé et j'aime pas quand j'aime pas ; ça m'a ruiné mon week end de 49 heures à dormir et à mater que des films d'épouvante ; oh mais attendez mesdames et
messieurs qu'apprends-je avec une stupéfaction évidente ? Non c'est pas vrai La colline a des yeux 2 a été écrite par Wes Craven ! Oh ben y'a rien à comprendre en fait, c'est normal que ce
soit une bouse filmée dans le noir avec les pieds et pompée laborieusement sur les films de Neil Marshall !!!! Y'a du Wes là dessous ! Franchement chuis con, j'aurai mieux fais de me renseigner
au lieu de perdre 1 heure et quelques sur les 25 du dimanche, sacré Wes va...
Allez vivement "La colline a des yeux 3" remake de "la colline a des yeux 2" de notre surdoué Wessie.
Quoi de neuf sous le soleil de Resident Evil ? Ben rien, et depuis des lustres déjà... Autant le jeu vidéo me faisait hurler de terreur (je vis toutes mes
expériences en profondeur, alors je vous dis pas la course dans l'eau avec le requin...), autant le film ne provoque dans le meilleur des cas qu'une pointe d'hilarité, et dans le pire un ennui
profond sans sommeil.
Il n'y a pas vraiment d'histoire, juste des resucées de films prestigieux ; sont jetés pêle-mêle sans liens aucun et sans même un soupçon d'hommage : les deux premiers Mad Max, les western
spaghetti, et aussi "Les oiseaux" d'Hitchcock ; dans un film avec Milla Jovovitch franchement fallait oser. Celle-ci cabotine et surjoue un max, ce qu'elle a toujours fait d'ailleurs mais au
moins là tout le monde s'en rend compte (parce qu'à la grande époque de Besson c'était une icône Melle Jovovitch, et oué tout arrive). Le tout est plat, poussiéreux, avec quand même quelques
références au jeu (sinon on aurait pas su que c'était en lien avec Resident Evil) mais uniquement dans les "monstres" : les dobermans, les corbeaux, les zombies of course et le fameux boss de fin
(se faisant laminer en à peine 10 minutes).
C'est à la limite du lamentable surtout quand la demoiselle sort l'artillerie lourde dans des pirouettes censées épater la galerie, telle une desperado, ça se veut branchouille et profondément
glamour c'est juste très ridicule et chiant. En matière de sensualité sauvage, rien ne vaut le bon vieux cuir de Max. Rrrrrrrrrrrraaaaaaaaaaaaaaaaaa..............
Vivement l'extinction du titre tiens.
Tiens je m'étonne moi-même de n'avoir encore rien écrit sur ce sommet de boulotage de vivants ? Faut dire que comme tous les afficionados de Romero, j'avais
drôlement fait la grimace en entendant parler d'un remake du "Zombie" cultissime du Maître, mais faut pas mourir con non plus (ou pire con-servateur en conserve) et je dois me féliciter moi-même
d'avoir fait fi de tout jugement impétueux. Bon allez j'arrête, ça fait tout bizarre quand j'écris pas toutes les 5 minutes putain ou bordel (bienvenue aux égarés ayant tapé dans Google
"bordel avec plein de putain" !!!!). Finalement "L'armée des morts" ça ressemble à "Zombie" mais c'est pas Zombie, je m'explique...
Anna est infirmière à l'hôpital et coule des jours heureux dans sa bonne zone pavillonnaire avec son petit Luis qui lui résume à son retour du travail, les résultats d'une émission télé réalité
genre "Nouvelle star". Un gentil petit foyer tout chaud et tout doux où les gamines font du roller à l'envers sans risquer de se prendre une voiture conduite par un alcoolique. Bref ça pouvait
pas durer un bonheur pareil, heureusement les zombies arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiivent !!!!
Et ça ne dure pas effectivement, les 10 premières minutes constituant un véritable monument de déchainement des évènements, bouleversant l'ordre paisible a priori accompli. On assiste
impuissant, comme les protagonistes, à une véritable fin du monde ultra-violente en un condensé de temps, où l'être humain inadapté à de telles circonstances, tente vaille que vaille de survivre
et d'échapper aux hordes affamées. En ça "L'armée des morts" est très différent du Zombie de Romero, celui-ci prenant son temps pour poser l'histoire et les personnages, et dénonçant par la même
(en 1978 !) une société consumériste vouée à l'extinction morale ; dans "L'armée des morts" vous n'aurez pas de message de quelque sorte, juste - et beaucoup - d'action et de patates dans ta
gueule. Autre distinction : la rapidité des zombies déployant des tonnes d'énergie pour croquer du vivant et courant le 100 mètres, à l'image des contaminés de "28 jours plus tard", avec eux vous
n'avez aucune chance !
Donc "L'armée des morts" n'est pas un vrai remake même si le titre original est "Dawn of the dead", il reprend juste à son compte quelques détails comme la survie dans le supermarché (oui
celui-ci est devenu un détail et non plus un symbole), le personnage phare du policier black et les caméos de Tom Savini et Ken Foree, celui-ci déclamant les pires horreurs à la télé en concluant
par la phrase maintenant mythique "quand il n'y aura plus de place en Enfer, les morts reviendront sur Terre". C'est du bon cinéma, du très très bon cinéma d'épouvante et même s'il n'y a aucun
message politique à décoder (ou alors chuis trop bête) il faut retenir le générique de fin ultra glauque et sans espoir pour l'espèce humaine...
Vous verrez un jour "L'armée des morts" sera classée comme oeuvre phare dans tous les magazines sérieux de cinéma...

Donc les 300 ça raconte l'affrontement entre 300 mecs et des poussières contre la plus grande armée du monde, suréquipée en éléphant et en rhinocéros et tout et tout. Les 300 y sont drôlement bodybuildés et imberbes, y portent des slibards en cuir et je peux vous dire qu'il y a de la tablette de chocolat au centimètre carré, c'est pas des taffioles de calendrier ces messieurs là non non non ! D'ailleurs les Perses vont s'en prendre plein la tronche, eux tout puissant qu'ils sont et tout nombreux qu'ils sont aussi...
Bon là j'ai caricaturé, alors que j'ai bien aimé, sauf que ce film là je pense que je ne le reverrai plus, par rapport à mes zombies favoris que je dévore à mon tour très régulièrement. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucune espèce d'émotion humaine dans ce film, à part dans les scènes de la Reine, seule caution subtile dans ce monde de brutes. Les 300 défouraillent non stop dans un flot d'hémoglobine stylisé, comme s'ils étaient des machines à tuer, sans peur et même sans colère ; pourtant les acteurs font ce qu'ils peuvent pour paraître en colère (cf le père dont le fils se fait décapiter) ou autre, mais je n'y ai pas cru un seul instant. En plus les 300 louchent sévèrement vers des chefs d'oeuvre en leur genre, Gladiator pour ses scènes de remémoration dans les blés et pour la Reine, Lena Headey sosie de Connie Nielsen, jouant exactement le même rôle diplomatique. Et puis impossible de ne pas penser aux "Deux tours" au côté duquel les 300 sont tout petits petits, dans le manque de souffle épique et l'absence totale d'humanité des protagonistes. Ah l'assaut des "Deux tours", Aragorn tentant de rassurer le jeune adolescent allant se battre avec l'épée de son père...
Mais bon ne boudons pas notre plaisir, il faut prendre les 300 comme ils sont, un film magistralement réalisé (un brin contemplatif mais bon j'arrête), testostéroné et couillu en diable, chargé en hormones mâles dégoulinantes et planté dans des décors dantesques. Et puis il y a des mecs qui se battent torse nu et en slip alors...
Bienvenue à Twin Peaks, 51 201
habitants, petite ville paisible perdue dans le fin fond de l'Amérique, aux paysages de quiétude éternelle. Mais la réalité ressemble t'elle à une carte postale idyllique ? Laura Palmer,
lycéenne, est bientôt retrouvée morte, nue, jetée dans la rivière ; et peu après, Ronnette Pulaski est recueillie à la frontière de l'Etat, hagarde, quasi nue, ayant visiblement subi des tortures
dont des sévices sexuels...
Twin Peaks était diffusé sur feu la 5 au tout début des années 90. J'étais lycéenne moi aussi et l'impact que la série a eu sur mes mirettes - entre autres - ne s'est jamais démenti. Mais j'avais
quasi oublié la série, tant obnubilée par d'autres, et quand j'ai appris l'édition - la première - en DVD de la saison 1, mon sang n'a fait qu'un tour. Non je n'ai pas oublié Twin peaks, et
encore moins le désir violent suscité par son attente, car à l'époque (hé oui c'était une époque !) il n'y avait pas de téléchargement par le Net et il fallait attendre toutes les semaines la
diffusion de l'épisode tant attendu. C'était bon vous avez pas idée, vous les petits jeunes qui voulez maintenant du tout cuit dans le bec, et si possible gratuit. Jamais vous ne connaîtrez cette
frustration palpitante et cette rage à attendre et attendre encore...
Bref. Laura Palmer c'était un peu une copine à nous. Une femme naissante que l'on devinait torturée sous ses dents blanches de Reine du bal de promo 1990, cachant des mystères tellement
épais que même une enquête policière menée par le brillant Dale Cooper, ne mettra jamais à jour. Au contraire, Laura plus vous commencez à la connaître, et plus elle vous enfonce dans de sombres
recoins où la lumière de l'espoir ne verra jamais le jour (c'est beau ce que je viens d'écrire, si si). Car Laura dissimule un sombre secret, la base de tous, et il sera le puissant
détonateur de cette ville proprette dans ses apparences, mais passablement corrompue par le vice et le stupre.
D'ailleurs le pilote de la série débute de façon toute doucette, dans un cadre campagnard avec ses bons habitants rustauds sirotant du café au drugstore du coin, jusqu'à ce que le cadavre de
Laura soit découvert, pendant une banale partie de pêche et dévoilant par le même coup quelques pans de vérité qui ne finiront pas de partir en décomposition. L'annonce de sa mort faite à tout
son entourage (tous plus aveugles les uns que les autres face à cette détresse adolescente palpable et cette douleur de vivre) est un summum dans la désolation tourmentée, faisant naître chez
certains une culpabilité qui ne va plus les lâcher, mais chez d'autres une hypocrisie mêlée d'inquiétude car eux connaissaient la vraie Laura Palmer.
Ils ont enfoncé Laura Palmer dans son mal d'être vivante, en la poussant dans toutes les perversions.
Quelle formidable machine à remonter dans le temps que cette série inclassable, authentique et jamais dépassée depuis. C'était au début des années 90, j'étais lycéenne aussi, et Laura Palmer c'était un peu mon amie.
Seconde réalisation de notre icône italienne (si l'on excepte une co-réalisation et un court métrage), rappelons-nous mesdames et messieurs que "Scarlet diva" nous avait mis sur le
cul, dans une position ultra inconfortable. Je ne vous dis pas à quel point "Le livre de Jérémie" va vous faire encore plus mal... si je vous le dis tiens, y'a pas de raison qu'il n'y ait que moi
qui morfle.
Jérémie est un enfant tranquille vivant dans une famille paisible, où l'amour semble abonder. Seulement cette famille n'est pas la sienne, puisque sa mère naturelle, Sarah (Asia Argento) vient un
jour le cueillir de ce bonheur et lui faire partager sa sienne de vie, pour le moins cahotique, violente, trash, perverse et nauséabonde.
Attention âmes sensibles s'abstenir ! La phase tranquille avec papa-maman adoptifs dure 3/4 de seconde et après c'est 1H31 de duretés et de maltraitances allant crescendo dans la folie. Le
charbon saigne, comme dirait l'héroïne de ce long chemin de croix, femme-enfant qui n'a jamais pris pied sur cette belle planète qu'est la nôtre, et dont on imagine très facilement ce qu'elle a
pu vivre elle-même dans sa propre enfance. C'est simple, ce qu'elle a vécu elle va le rendre au centuple à son enfant, avec l'aide de son entourage quelques fois encore plus déjanté
qu'elle. Ca s'appelle l'amour maternel. Jérémie va tout subir et on reste impuissant de notre point de vue de spectacteur, assistant à une véritable non assistance à personne en danger. Le
pire c'est qu'après avoir enduré tout ça - on finit par éprouver une sympathie compassionnelle malsaine à l'égard de Sarah - on arrive quand même à trouver la fin jolie. Parce qu'elle arrive
comme une claque en boucle et soulage dans sa passivité à ne plus vouloir lutter. Pourquoi faire ?
C'est dans le sang, il n'y a rien à y faire.
Ca vous fait peur tout ça ? Vous avez raison d'avoir peur, rien à voir avec les films de papa Argento la plupart du temps ancrés dans un fantastique
irréel et baroque, avec Asia vous toucherez douloureusement la réalité et la non vie qu'essaient pourtant de mener des millions de gosses sur notre belle terre. La tentative de survie en
tant que morts-vivants devrai-je plutôt dire.
Quand on a adulé comme moi "28 jours plus tard", il est fort évident d'attendre avec une certaine impatience la séquelle, surtout quand un nom comme Carlyle est
crédité au générique et que le réalisateur est de souche espagnole... même pas une once d'appréhension !
L'histoire est donc résumée dans le titre, les évènements se situant 28 semaines après la contamination de la Grande Bretagne par le virus de la fureur. Cela commence fort par l'attaque de
zombies (oui oui oui c'est des zombies non mais euhhhhhh !!!!) sur une poignée de survivants cloîtrés dans une maison, dont Alice et Don, tentant vainement de survivre sans leurs enfants, ceux-ci
ayant connu l'immense chance de ne pas être en Angleterre pendant la première phase de contamination...
Ca commence fort, fort, FORT je disais donc ! D'entrée l'histoire s'installe sans répit, montrant un Robert Carlyle pétri de lâcheté mais surtout complètement désemparé (sauver sa propre peau en
fuyant ou risquer d'être contaminé en apportant de l'aide à quelqu'un de très cher ?), annonçant une tonalité sombre qui va s'amplifier tout le long du métrage. Là où "28 jours plus tard"
remplissait nos mirettes d'une poésie glauque mais pleine d'amour et d'espérance, "28 semaines plus tard" se pose en frère sombre, dépressif et fondamentalement lucide sur la nature humaine,
toute en ambiguïté douteuse. Des humains tuant des humains. Il n'y a qu'à voir la relation que Don (Robert Carlyle aouh aouh AOUHHHHHHH !!!) entretient avec sa femme "survivante" et ses enfants
retrouvés ; dans sa quête désespérée de pardon (et de justification de ses non actes), il va juste recevoir en retour le fameux virus et le propager à vitesse grand V aux survivants
tentant de retrouver un cocon familial, et traquer sans relâche sa progéniture, aux gènes détenant la solution à la contamination... dur dur de ne pas sortir complètement dépité de la
salle après ça...
28 semaines plus tard est tourné de façon saccadée, comme un documentaire, de façon donc très réaliste, sans ménager une seule seconde le spectateur secoué par tant d'images douloureuses. Tout le
monde en prend plein son grade, que ce soit la famille, l'homme, les américains sauveurs de l'humanité, les militaires, et tout le reste du monde lâche d'avoir abandonné cette petite île
contaminée (elle même arrogante de protectionnisme et prise à son propre piège...). Il lui manque toutefois la poésie et la légèreté de son grand frère de sang, magnifique de nuances et jamais
grossier dans son symbolisme ; ce que rate majestueusement "28 semaines plus tard" dans son dernier plan final et dans ses clins d'oeil appuyés au premier opus... personnellement j'aurai
arrêté le film 2 minutes avant, sur une dernière image de vitre d'hélicoptère maculée de sang... hommage sombre à Romero plutôt que lorgnage vers Independance Day ç'eût été plus subtil, mais bon à voir quand même pour tout le reste (ce qui est déjà énôôôôôrme !).
Je n'aime pas Wes Craven, autant annoncer la couleur tout de suite. Wes Craven c'est un réalisateur frustré des "vrais" films comme il dit, qui a fait du
"sous-genre" avec le nez pincé dans l'unique but de faire chauffer la marmite. Wes Craven n'aime pas le cinéma de genre, l'horreur, l'épouvante et tous les sous thèmes qui s'y
rattachent, et quand il a sorti cet abrutissement de Scream et consorts, ça a remporté un tel succès public qu'il s'est permis de cracher dans la bonne sousoupe. D'ailleurs Scream c'est un gros
doigt pointé vers les amateurs de genre et pas du tout un film de cette catégorie comme tout le monde le croit (idem pour le 5ème élément dans un autre style !). Mais j'ai vu quand même "La
colline a des yeux", daté de 1977, et second film du monsieur cité ; surtout que "La dernière maison sur la gauche" était une création bien vicieuse, bien glauque et bien viscérale (pas comme le
bonhomme, tiens une erreur de parcours ?).
Quand même.
Alors quand même l'histoire : une gentille famille de la middle class s'aventure avec un gros camping car dans des contrées désertiques, alors qu'on leur a bien dit : "surtout restez sur
l'autoroute !". Bah oué bien fait pour leur gueule, car ils ne vont pas tarder à tâter du sauvageon chtarbé vivant dans les collines en clan ; bah oué c'est ça de pas suivre les conseils du guide
Michelin aussi !
C'est fou ce que je cache mal mes sentiments hein ? Vous avez deviné ? La colline a des yeux est un film qui a vieilli et même drôlement vieilli, sans prendre de la bonne bouteille, alors qu'à la
même époque se tournaient Alien, Suspiria, Halloween, Zombie et tellement d'autres, qui eux n'ont même pas pris une ride. La faute à qui, hein je vous le demande.
Assouvissez plutôt votre soif cinématographique avec le remake tripé de monsieur Aja...
Je n'aime pas beaucoup le cinéma asiatique (à part "les histoires de fantômes chinois" que j'affectionnais particulièrement à une époque, et le premier "The ring"), je trouve ça
redondant et avec des codes beaucoup trop spéciaux que je ne comprends pas toujours ; faut croire que je dois être trop occidentalisée pour ouvrir mes esgourdes, et pis y'a toujours un esprit aux
cheveux gras pour faire de drôles de bruits bronchiques, alors à la longue ça me gave. Donc quand frérot a débarqué avec "The host", je n'ai pas trop frétillé de la queue, j'ai attendu de voir.
Et il a bien fait frérot, car c'est drôlement sympathique The host.L'histoire commence dans une morgue coréenne où un sinistre médecin demande à l'un de ses sous-fifres de balancer dans l'évier des litrons entiers de Formol, tout ça parce que les bouteilles sont poussiéreuses. Le produit écoulé va donc aller droit dans le fleuve et provoquer quelques années plus tard, une véritable catastrophe écologique en une créature caoutchouteuse aux appétits gargantuesques...
Drôlement sympathique disais-je donc. Et pas le genre pompeux documentariste avec des grosses ficelles moralisatrices style "oh les gars je suis en train de délivrer un gros message sur la planète polluée !", non c'est pas le style de la maison ça de faire de la morale arrogante à 2 balles pour les foules en manque d'instruction civique. Au lieu de ça nous avons un film assez drôle, rendant hommage à tout un pan des films de monstres en latex à l'asiatique (Godzilla of course), aux personnages ultra-attachants, complètement hors normes et hors clichés, dont la vie tourne uniquement autour de la seule enfant, véritable lumière d'espérance dans leur existence morne et somnolente. Sauf que la dite môme va se faire entortiller par la bestiole, et être entraînée dans son garde-manger ; la famille va donc tout le long du film courir dans la quête éperdue de l'innocence, et trouver sur leur route nombre d'embûches et surtout les organisations gouvernementales aveugles, sourdes, et bien paranoïaques...
The Host est un film qui ne se prend pas la tête, tout en dénonçant des travers bien occidentaux et ayant contaminé toute la planète. Une bien agréable surprise, attachante tout comme ses personnages, et attachée à des valeurs telles que la famille et la solidarité, sans rentrer toutefois dans des excès extrémistes. C'est joli, poétique même, avec une bonne grosse bébête quand même faut pas l'oublier, qui dévore tout sur son passage, tel le monstre du Loch Ness qui aurait pété un câble.
A voir sans hésitation ! (surtout que la fin est très belle, mais je la raconte pas !)


