Samedi 16 décembre 2006

Avoir un bon Blog Rank - l'idéal étant de flirter avec les 90 - est indispensable pour devenir une star du Ouèb. Ne me demandez pas comment ça s'obtient ni comment ça se calcule, d'ailleurs personne ne le sait vraiment, et si vous êtes maso et que vous voulez quand même savoir parce que tout petit vous sériniez en permanence vos pauvres parents sur le bleu du ciel, ouvrez un doublon sur un forum et là vous verrez qui c'est qui commande. Et toujours pas d'explication au Blog Rank.

Moi hier, sans le faire exprès, j'ai explosé mon Blog Rank. 70 j'ai eu hier. J'ai eu la très bonne idée de vouloir toucher à mon CSS machin et sur IE ça marchait pas le code couleur mais sur MF oui (langage geek exprès pour vous faire comprendre que vous êtes un gros nul). Alors du coup j'ai changé mon design en rose tarlouze et noir nuit. Seulement avant d'arriver au magnifique résultat que vous avez maintenant sous les yeux, j'ai dû ouvrir je ne sais combien d'aperçus en passant par tous les biais possibles.

Ce matin j'avais un BR de 70.

Alors que tous les connaisseurs s'accordent à dire que le BR calcule les visiteurs uniques justement pour éviter les manipulations des gens malheureux qui veulent désespérément être une star du Ouèb et ainsi recevoir plein d'avances sexuelles de bombasses en chaleur. Cela signifie-t'il que je ne suis pas unique ? Je savais d'ores et déjà qu'on était plein là dedans, enfin là quand même ça mériterait un petit exorcisme. En regardant mes stats j'ai eu 54 visites venant de l'administration de mon blog, et j'étais tellement désespérée à 23H30 que j'ai tapé 33 fois "billets dumeur" dans Google.

J'ai gagné 16 centimes d'euros rien que pour hier.

Andy Warhol a dit que nous aurions tous un jour notre quart d'heure de gloire. Pour moi c'était hier. Je suis devenue une star adulée par moi-même et j'ai gagné 0,16 euros rien qu'à taper mon propre nom de domaine dans Google. Est-ce que cela s'apparente à de l'autocannibalisme ? Vais-je m'auto-ingérer jusqu'à n'être plus rien dans la blogosphère ?

Hier j'ai été une star du Ouèb, ma propre star de mon propre écran, je n'étais rien qu'à moi et c'était bôôôôôôôôôô. Je m'aime, je m'aime,

JE M'AIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIME !!!!!

Mais maintenant je voudrai que ma notoriété soit plus publique et que l'équipe de rugby néo-zélandaise en rut m'envoie des photos des douches sans putain de ballon devant les parties nobles. La célébrité ça doit servir à quelque chose bordel et je voudrai quelques esclaves : JE VEUX ET J'EXIGE que Kip, la part de l'autre (d'ailleurs toi faut te trouver un autre surnom dorénavant) et Méluzine, mes 3 lecteurs assidus et groupies fanatiques, me saturent de commentaires et prennent ma défense au cas où un vilain troll aux dents vertes oserait me coller un smiley non désiré.

Assassinez les intrus et vénérez-moi !

Je suis une star du Ouèb, j'ai un Blog Rank à 70 et j'ai gagné 16 centimes d'euros rien qu'à cliquer sur moi.

PS : parce que la célébrité est une drogue, aujourd'hui je ne serai disponible pour personne, de toute façon je n'ai pas de vie sociale comme tous les nerds qui se respectent, je vais taper jusqu'à plus soif "billets dumeur" dans Google pour essayer de battre mon record. Les All blacks me voilà !!!!!!!!!!

 

 

par Suzy Dumeur publié dans : A vos humeurs
Jeudi 14 décembre 2006


Bon à la demande générale d'une seule personne, je consacre UN article aux commentaires, enfin c'est pas vraiment un article puisque je pompe honteusement le principe du Livre d'or.

Alors que m'écrire ? Un petit coucou, un roman, des mots d'amour (Brad je sais que tu me lis), ce que vous voulez ! En fait euh non pas tout à fait ce que vous voulez... les commentaires dégoulinant de guimauve, chargés de smileys bêtasses, ainsi que les menaces de morts et les SMS sortis de leur contexte téléphonique seront automatiquement... envoyés au purgatoire des purges.

Pitié soyez constructif ! 

Lundi 11 décembre 2006

J'ai un problème avec les morts. J'ai aussi un problème avec les vivants. En fait j'ai un problème avec les deux catégories, c'est-à-dire que j'ai un problème avec 825 256 789 230 personnes passées ou présentes (le chiffre est une estimation suziste). Mon problème c'est que je ne me rappelle pas quand les gens sont morts et des fois même je ne me rappelle plus qu'ils sont encore vivants.

Jean Lefèbvre par exemple. Maintenant je sais qu'il est mort, mais au début de l'année je ne le savais pas. Pourtant j'ai dû le savoir, je ne vis pas dans une grotte, j'ai l'ADSL, et Jean Lefèbvre est - était - une figure nationale majeure, sûrement autant que Mozart. Sûre qu'on en a parlé partout que Jean Lefèbvre était mort. Ca m'a fait le même coup tout à l'heure quand j'ai entendu la pub pour le nouvel album de Juliette Gréco, en récurant mon étagère à produits de beauté je me suis écriée : "tiens ! un nouvel album ! et ben elle est pas morte Juliette Gréco ???". Ca m'a époustouflée. Je m'excuse Mme Juliette Gréco mais je croyais que vous étiez morte, ça n'est pas méprisant de ma part c'est juste que j'ai un problème avec les morts, et aussi avec les vivants.

Je me demande pourquoi ? En fait je crois - pour me défausser complètement de ma morbidopathie - que c'est la faute des médias. Les gens ils sont morts et ils sortent des albums, Les Beatles viennent d'en mettre un dans les bacs et régulièrement Dalida en pond aussi. Les gens ils sont morts et ils jouent dans des films qui passent à la télé, j'en veux pour preuve "Le vieux fusil" récemment rediffusé. Et même que des fois les gens ils meurent, et après ils tournent quand même dans des films ou des spots publicitaires.

Vous trouvez ça magique, moi je trouve ça flippant. Ca doit être ça l'immortalité artificielle. Et dire qu'on va se taper Jean Lefèbvre ad vitam aeternam... Jean Lefèbvre dans "Le retour de la 7ème compagnie des morts-vivants" là par contre j'achète.

Ca s'appelle un compromis.

Vendredi 8 décembre 2006

Ce matin j'ai cru que j'allais mûrir. Enfin mourir, enfin bref c'est pareil. Comme vous l'avez constaté si vous habitez en France - enfin je parle pas des planqués du sud - y'avait ce matin un vent à décorner les cocus ; 110 kilomètres heure, de quoi défriser les radars. Donc en attendant fidèlement mon bus, mon brushing en a pris un coup dans l'aile, dommage j'avais réussi une vague à la Farah Fawcett, je sais encore pas comment j'ai pu y arriver à faire cette vague-là. Probablement que jamais plus je n'y arriverai. Adieu Farah.

En descendant du bus, y'a une rafale qui a voulu m'emporter mais ma cellulite m'a permise de rester collée au bitume, mais quand je suis arrivée dans l'allée bordée de chênes, là j'ai cru mûrir. Les arbres tout autour de moi se sont animés et je me serai cru dans un remake pourrave d'Evil dead sauf que j'étais plus ou moins protégée avec mon jean quand même en cas d'attaque de tronc vicieux. Ils ont bougé dans tous les sens, certains même se sont pliés, et je me suis sentie pisseuse à affronter le déchaînement de mère Nature tout ça pour aller au boulot. J'en connais certain(e)s qui se seraient foutus en arrêt maladie dare-dare, et moi j'allais mûrir tout ça pour des cons de principes prolo professionnels.

A la con. C'est pas une mort digne.

Mûrir en allant au taf franchement c'est la loose. Tu parles d'un honneur. Je voyais déjà les gros titres du conard du coin décrivant ma fin de vie minable, écrasée par un chêne centenaire sans gland, à 50 mètres de l'oasis croûpi, sans ma vague de Farah Fawcett, avec un gros trou stratégique dans le jean. Un chêne centenaire vérolé allait provoquer ma mort entre autres tortures, moi qui m'imaginais dans une fin apothéosique - suzisme - devant des caméras sur un champ de guerre en Italie, en train de me battre contre l'oppresseur. Je sais y'a pas la guerre en Italie mais je ne compte pas mûrir tusuite nan plus. Et tant qu'à faire je préfèrerai que ce soit en Toscane.

Tant pis pour la Toscane.

Surtout que je n'ai pas eu le temps de rédiger mon dernier nouveau testament, et dans une vision fugace j'ai vu mon enterrement avec un curé à l'office décrivant une vie de sainte imaginaire - comme tous ces cons de curés font aux enterrements sans rien savoir du pécheur, du moment qu'on met des sous à la quête - avec en musique de fond un Ave Maria déchirant alors que moi j'aurai plutôt aimé comme chanson "Y'a trop de gens qui t'aiment" ; et plein de gens que j'aime pas - c'est peu dire - tout ça parce que j'ai pas eu le temps non plus de faire de l'élagage dans mon répertoire téléphonique. Y'a trop de gens que j'aime pas.

Putain ce serait vraiment trop bête.

Cet éclair de lucidité m'a sauvé la vie. J'ai foncé autant que mon gras aux fesses et mes gros poumons me l'ont permis, vite, vite, vite, en plus j'ai même pas eu à racheter un jean.

Quand même la vie ça passe à peu de choses.

Mercredi 6 décembre 2006

Nan nan nan je ne suis pas en pleine crise d'attaque de panique de tâtonnement des ganglions, c'est juste que régulièrement des articles bien pensants colportent des conneries bien énormes, car les personnes qui écrivent ces inepties se contentent d'exposer froidement des stats sans rien nuancer, sans rien analyser, et rajoutent à cela des raccourcis très courts plutôt hasardeux. Et comme par hasard, je me sens toujours ciblée, et avec moi toute une population qui en ras-le-cul d'avoir des étiquettes collées tout partout sur la tête et surtout dans le cul. Tiens j'ai mis cul deux fois ? Je laisse j'ai pas envie de mettre un synonyme. Et puis ça va augmenter mon blog rank.

Cul, cul, cul, cul.

J'en viens au fait. Très régulièrement donc on nous dit que le fait de vivre seul fait baisser l'espérance de vie. Donc cela concerne les célibataires, les divorcés et les veufs. Je vais aussi faire un raccourci hasardeux plein de mauvaise foi : le fait de ne pas avoir un conjoint fixe 24/24, 7/7, 365/365, et ce depuis la naissance TUE. Alors moi je me demande comment que ça se fait que les maisons de retraite sont bourrées à craquer de nonagénaires ayant enterré Robert depuis une trentaine d'années ? Ne sont-elles pas censées être MORTES du fait de la solitude ? Robert enterré = crac Marguerite casse sa pipe.

Inéluctable. Les chiffres le prouvent.

Et puis comment que ça se fait que dans ce genre d'endroit c'est bourré aussi de nonagénaires vieilles filles qui n'ont jamais vu le loup et que même coincées dans le col de l'utérus y'a des couches sédimentaires dont seul un piolet d'archéologue peut venir à bout ? Comment que ça se fait qu'elles échappent à la baisse de l'espérance de vie ? Comment que ça se fait messieurs les statisticiens ? Est-ce que par hasard de temps en temps vous interrogez ces dinosaures là ?

On dirait que non. On dirait messieurs les statisticiens et messieurs les journalistes de la santé et messieurs les chercheurs en recherche - je dis messieurs mais c'est pas par sexisme, c'est juste que ça m'emmerde de rajouter mesdames là maintenant tout de suite - que vous êtes paniqués à l'idée que la mort et a fortiori la vie ne soient pas mesurables. Vous cherchez à les apprivoiser avec vos petits chiffres et avec votre petite calculette, et je parie ma culotte qu'un jour vous l'aurez dans le cul parce que la fin est la même pour tout le monde.

D'ailleurs est-ce que la qualité de la vie se mesure à la quantité ? A quoi ça sert de vivre le plus vieux possible si ça veut dire passer ses journées à compter les mouches qui tournent autour de la couche et ne plus avoir aucun plaisir ? Ne vous êtes vous jamais senti extrêmement seul alors qu'une multitude de gens vous entoure et que votre conjoint continue tranquillement à péter dans le lit pendant que vous vous tapez un blues monumental ? Et mère Teresa bordel vous en faites quoi de mère Teresa, elle est morte à 87 ans ???

Vous m'emmerdez avec vos raccourcis mathématiciens et vous aurez beau manger 5 légumes, 5 fruits, ne pas fumer et boire un verre de rouge par jour, quoiqu'en disent les statistiques et les recommandations du Ministère de la Santé, quand la Faucheuse est là elle se détourne rarement de votre chemin et peut prendre la forme d'un pot de chrysanthèmes tombant d'un balcon. Connement. Du premier étage en plus. Pendant que vous faites pisser le chien.

C'est le deal. Alors jouez le jeu les reptiles.

Ce qui tue c'est d'être seul mentalement et de ne pas avoir choisi cette solitude là. Ce qui tue c'est de ne croiser jamais un seul regard quand vous marchez dans la rue. Ce qui tue c'est le manque d'attention et le manque d'amour. Et ce qui me tue c'est d'entendre toutes les conneries issues de soi-disantes grandes recherches sociologiques et psychologiques restreignant pathétiquement l'âme humaine et cherchant à expliquer les sentiments.

Mais il faut croire que la solitude naît dans les laboratoires et que les rats blancs ne sont pas ceux qu'on croit.

Mercredi 6 décembre 2006

Lecteurs, lectrices, aujourd'hui petit cours gratuit offert par moi sur la façon d'assassiner méthodiquement les hypocondriaques, malades mentaux vous pourrissant la vie ; dont je fais partie accessoirement c'est pourquoi je connais éminemment bien le problème qu'ils représentent. Bande de crevures d'hypocondriaques et masochistes en plus de ça.

Alors le propre de l'hypocondriaque est de croire toutes les 5 minutes que sa mort est imminente, et c'est encore plus drôle quand il suscite des réactions d'anxiété chez les autres, qui se demanderont toujours si c'est du lard ou du cochon. Parce que l'hypocondriaque meurt comme les autres et c'est ça qui le terrorise, donc c'est forcément du cochon.

Et du lard.

Bon attention ça va se compliquer : il y a l'hypocondriaque qui va tout le temps chez le médecin pour se rassurer sur le fait qu'il n'a pas de maladies mortelles, et l'autre, moi donc, qui refuse obstinément d'y aller de peur de trouver une maladie mortelle comme le virus Ebola transporté par les avions. Cette catégorie-là est mourante et ne veut surtout pas qu'on lui confirme.

Donc le pire qu'on puisse lui faire, et secondairement provoquer une attaque de panique = palpitations = crise cardiaque du myocarde infarctusé, c'est de lui dire qu'il... VA BIEN. Ca marche à tous les coups. Le pire qu'il puisse arriver à un hypocondriaque de seconde catégorie c'est donc d'aller bien et de confirmer ça par le biais d'examens médicaux, ça lui ôte même toute raison de vivre. Et toute volonté de se battre. Où transférer ses angoisses bordel si le corps va bien et qu'on ne frôle pas la mort ??? Résoudre une problématique hypocondriaque c'est des coups à transférer tout ça vers une phobie des cheveux éparpillés sur le carrelage blanc ou de la virer vers une paranoïa ciblée sur l'attaque de la chaudière à gaz. La dernière fois que j'ai fais des analyses de sang, ma gynéco, aussi surnommée Zorro, m'a appelée à 20 heures pour me dire que tout était normal. J'ai failli mourir. Véritablement. Mon coeur a migré dans des endroits méconnus de mon corps.

Ca a crée un traumatisme et depuis pas question qu'une piquouze me prélève un chouia de sang.

Ce qui est dur aussi c'est de partager son bureau avec un médecin qui ne s'appelle pas Zorro, lui. Parce que systématiquement il va détruire tous vos clichés préconçus sur le cancer du sida ganglionnaire. Et remettre en question toute votre construction fantasmatique sur votre mort prochaine et votre maladie rare au monde. Non les infections urinaires dégénérant en cancer métastasé du rein ça ne s'attrape pas sur la lunette des chiottes publiques, oui effectivement des hôtes vivants autres que des bébés peuvent vivre dans votre ventre mais ils disparaissent avec 3 comprimés et ne sortent pas dans un bain de sang pendant un diner familial alors que vous reprenez du cuissot de dinde.

Ce qui est terrible aussi c'est de s'apercevoir qu'une tumeur mortelle envahissant votre cerveau a subitement disparu au petit matin ou s'est transformée en petite croûte minable sur votre front. Un jour j'ai eu l'impression d'avoir perdu un ganglion - les ganglions se cachent pour mourir - et ça m'a fait comme si je venais de m'apercevoir subitement qu'un oeil était sorti de son chaud orbite (cherchez pas, y'a pas de contrepèteries) ; après un tatônnement anxieux je l'ai retrouvé, je l'ai échappé belle. Pour cette fois.

Donc pour récapituler, si vous voulez nuire gravement à un hypocondriaque, dites lui qu'il va très bien, qu'il a bonne mine et que la grippe aviaire c'est que pour les poules. Pour l'autre catégorie, la première que j'ai décrite, c'est exactement tout le contraire qu'il faut faire : dites-lui qu'il a une mine de papier mâché, qu'il ferait mieux d'aller voir son médecin et qu'il paraît - les hypocondriaques sont très sensibles aux nuances, ils plongent dedans comme des tarés névrotiques - qu'une plume de pigeon volant dans un appartement pourrait contaminer l'environnement et disperser partout des bactéries mortelles gravissimes de grippe aviaire incurable.

Vous n'y comprenez rien ? Eux non plus ça tombe bien. Mais maintenant que vous connaissez un petit peu leur fonctionnement, amusez-vous, torturez-en quelques uns, c'est moi qui régale ! Mort aux hypocondriaques !

Ils l'auront bien cherché tiens !

Mardi 5 décembre 2006

Cet homme est effrayant. Réellement effrayant. Déjà quand il a commencé sa carrière d'acteur il jouait des personnages flippants comme ce type persuadé d'être un vampire, c'était dans "Embrasse moi vampire" et il suçotait à mort la pauvre Jennifer Beals pas encore remise de Flashdance. Bon il a aussi tourné dans des films proprets mais en général il a toujours mis à profit son aura "je vais péter un câble là maintenant tout de suite" et a toujours eu une petite étincelle délurée voire glauque dans l'oeil, et ça personne ne peut lui retirer. Pas même en lui faisant chanter du Elvis dans une veste reptilienne.

Dans "Lord of war" la dite petite étincelle de folie s'est éteinte pour être remplacée par quelque chose d'infiniment plus subtil et malsain : le cynisme poussé à son paroxysme. Le regard froid. Mort. Il y campe un personnage sans âme, Yuri Orlov dont même le nom est faux, professionnel en diable dans sa discipline, sans aucune émotion sur le long terme. Yuri Orlov est le reptile parfait, justifiant son métier - marchand d'armes mais pas trafiquant selon lui - par les nécessités du marché international. Le monde a besoin de lui, la paix a besoin de lui, les démocraties ont besoin de lui, et il en est persuadé.

Le pire c'est qu'il arrive - cyniquement - à nous en convaincre. Le film se termine sur la note la plus glaciale que j'ai jamais vue, éteignant tous les pseudos souhaits de paix avec colombe blanche lancée dans le ciel. Lord of war et Nicolas Cage arriveront à faire disparaître en vous le moindre espoir dans le genre humain.

Essayez l'extrait entre Yuri Orlov et le dictateur André Baptiste si vous ne me croyez pas. Et regardez le film dans sa totalité.

Effrayant.

Lundi 4 décembre 2006

Ceux et celles qui me connaissent de visu savent que je nourris une haine pathologique contre la SNCF, et bien sûr comme je suis une langue de pute outrancière avérée c'est pour rien que je ne les aime pas, c'est bien plus drôle comme ça. Je suis le clone du schtroumph grognon. Gros con va.

D'ailleurs dans mon ancien - bip - j'avais déjà écris un article là-dessus, j'en remets une couche aujourd'hui parce qu'il y en a qui adorent tendre le bâton pour qu'on leur cogne sauvagement dessus, tout masochistes qu'ils sont (ptain je viens de réagir qu'en écrivant "pute", "bâton" et "masochiste" j'allais m'attirer toute une clique de geeks frustrés sexuellement, bienvenue les gars !!!) et toute sadique que je suis (et un de plus ! jackpot !).

Je ne réitérerai pas mes expéditions du vendredi soir, toutes vouées aux retards SNCFesques, et ça n'a pas changé en un an. La grande nouveauté c'est le lundi matin. Je n'ai pas fais Sciences pô, et vous qui me lisez non plus j'en suis sûre - sinon c'est vraiment dommage pour vous - mais je sais pertinemment que les lundis matins y'a beaucoup de gens qui sortent de leur maison, et accessoirement prennent leur voiture ET le train pour aller on ne sait où. Ca s'appelle un retour de week end même il paraît. Vous, moi, nous avons tous pigé le truc mais y'en a qui savent toujours pas ça, est-il besoin de les nommer ? Donc de bon matin ces fhriut***è d'abrutis crétinoïdes n'avaient pas prévu qu'il y aurait autant de monde sur les quais ; c'est vrai quoi comment prévoir cet afflux monstrueux de voyageurs égarés un lundi matin surtout que la plupart n'achète JAMAIS de billets de train ? Hein ?

Il y avait plein de gens debout. On est restés bloqués sur un quai à Pétaouchnok, avec les portes ouvertes, sans aucune annonce de faite, les seules informations nous venant aux oreilles venant de palabres disséminées à l'extérieur du train, autrement dit autant se fier au téléphone arabe. A un moment on a entendu un "votre attention s'il vous plaît" et puis plus rien, la voix s'est tue et a mouru, ou alors c'est moi qui n'ai rien entendu. Ca a duré une demie heure. Quelques personnes sont descendues et puis le train est reparti.

C'est pas des artistes à la SNCF pourtant le flou ça les connaît. Il paraît à la dernière rumeur qu'il y aurait eu un car pour les gens debout, mais comme personne ne le savait, ils sont restés debout. Et on a perdu une demie heure. Enfin moi j'en ai tiré plein d'enseignements. D'abord dans les trains - comme dans les bus, je crois que je vais éviter tous les moyens de transport jusqu'à l'invention de la téléportation - y'a des gens bizairres qui corrigent des copies avec un stylo rouge où au préalable des élèves ont dessiné des poumons de porc. Et vous ne le saviez peut être pas mais le poumon de porc ça flotte et même que ça rougit l'eau. Si si. Et même qu'il y a des gens qui écrivent "porc" "pore", comme les trucs qu'on débouche au Biactol. D'ailleurs il paraît que les forts consommateurs de cette lotion ont une grave propension à mélanger ces orifices de la peau avec la cochonaille de chez Olida (orifice + cochonaille = re-bienvenue les gars !).

Je m'égare là vous êtes chiant aussi à me déconcentrer. Dans les trains y'a également plein de vagues d'émotions qui viennent tout partout, et que moi l'émotion ça me contamine, surtout en pleine poussée hormonale prématurée. Y'a tous les papas et les mamans qui disent au revoir à leur petit qui va au lycée et à la fac, y'a les gens qui se font des coucous aux fenêtres (surtout quand le train démarre pas, c'est fou la tonne de coucous) et moi ça me bouleverse d'émotions bis. A un moment j'ai croisé le regard d'un cavalier King Charles qui s'appelait Milord et j'en ai eu les larmes aux yeux tellement il avait l'air gentil. Ouais je sais c'est limite tafiole comme comportement, surtout que j'avais eu la veille une conversation avec ma mère expliquant que les animaux domestiques n'étaient pas en voie d'extinction alors pourquoi ne pas en faire des pantoufles ou des paillassons, mais je défie tous les reptiles qui me lisent d'être complètement indifférents au monde qui les entoure avec des hormones qui débordent de partout y compris du soutien gorge.

Surtout du soutien gorge (BIENVENUE !!!!!!!!!!!!!!).

La dernière fois que j'avais écris un article sur la SNCF je leur avais envoyé une copie, et comme je n'ai jamais eu de réponse cette fois je ne vais pas m'échiner pour rien, même si la contrôleuse a incité tous les voyageurs à foutre leur zone parce que ras-le-bol de tous ces dysfonctionnements.

C'est même pas moi qui le dis alors langue de pute à moitié la Suzy. Non cette fois je vais rester bien peinarde à attendre la prochaine. Parce qu'il y en aura une prochaine, et une autre et une autre...

Et une autre...

L'éternité existe. Et c'est la SNCF qui l'a inventée.

Jeudi 30 novembre 2006

Attention, la minabilité - suzisme - comme la connerie sont transmissibles de génération en génération, rien ne sert de lutter si votre père ou votre mère se comporte comme de beaux abrutis, vous finirez inévitablement comme eux ! J'en veux pour preuve l'acte complètement stupide de monsieur Jean-Michel D., facteur de son état, dont nous allons conserver l'anonymat parce que ça doit être pas tous les jours évident pour lui. Ce monsieur qui est tout sauf un crétin notoire a vendu sur Internet une mèche supposée de cheveux de Ramsès II, relique capillaire que son tendre papa avait déjà subtilisée dans les années 70.

Non seulement ces hommes n'ont eu aucun scrupule à dépouiller un cadavre de ces cheveux, ce qui en soit n'est guère reluisant et peu téméraire c'est le moins qu'on puisse dire, mais en plus le digne rejeton de son père n'a pas trouvé mieux que de les vendre sur Internet pour 2000 euros ! Et pourquoi ne pas faire une criée sur le marché à morues espèce d'abruti ? "Qui veut mes mèches de Ramsès II, qui veut, elles sont pas fraîches, elles sont pas fraîches !".

Aujourd'hui monsieur D. présente ses excuses car sa connerie monumentale a crée un incident diplomatique entre la France et l'Egypte. Moi je dis Jean-Michel D. aux prochaines élections, qu'on lui confie la boîboîte à nucléaire ! Qu'est-ce qu'on rigolerait dans les dîners protocolaires : "dis Jean-Michel c'est tes cheveux ou... un postiche de momie ???" ; arf arf arf je m'en pète les côtes d'avance !

En tout cas j'en viens à regretter que ce brave champion du monde dans la catégorie "con et peu respectueux des morts de père en fils " ne soit pas tombé sur le caillou dépoilé de Toutankhamon et sa brave malédiction. Au moins ce brave Ramsès II ne se serait pas retourné dans sa tombe. Surtout qu'il n'en a plus, en plus de tout le reste, décidemment même mort on peut avoir la poisse. N'en jetez plus !

Et je terminerai en disant de vous méfier de votre conjoint(e) car a priori la connerie serait non seulement transmissible génétiquement, mais aussi hautement contagieuse, il n'y a qu'à écouter les propos de Mme D. : "dis Jean-Mi tu crois que ça va passer avec les douanes ?". Meuh oui madame faites donc confiance à votre mari, il enverra la tignasse par la Poste !

Y'a qu'un cheveu sur la tête à neuneu...

par Suzy Dumeur publié dans : Ces gens-là
Mardi 28 novembre 2006

Cela fait des mois et des mois que je souhaitais voir "Death tunnel". Les frères Booth - l'un est le réalisateur de ce film, l'autre y a également participé - avaient donné une interview dans Mad Movies, et franchement FRANCHEMENT la teneur de cet article avait de quoi donner de bonnes sueurs froides bien glaciales, surtout à ceux comme moi qui croient que les maisons hantées existent, ou qui doutent sévèrement sans chercher à tenter le diable. Il faut dire que les lieux où a été tourné le film sont fascinants.

Et encore le mot est faible.

Le sanatorium de Waverly Hills est une immense bâtisse située dans le Kentucky, qui a hébergé et "soigné" pendant des décennies des malades infectés par la tuberculose. A l'époque on ne savait pas comment la traiter, et il y a eu des morts par dizaines de milliers. A Waverly Hills 63 000 personnes sont mortes, et que l'on croit ou pas aux fantômes, un endroit ayant vu s'éteindre autant de vies ne peut qu'être imprégné par cette morbidité et ces souffrances agoniques. Il n'en a pas fallu plus pour que le sanatorium devienne une légende mythique où les fantômes continueraient à errer dans les couloirs.

Donc le film est basé sur cette légende. Et le résultat est plutôt... bizarre et inclassable. Je ne sais pas si on peut aimer ou détester cette oeuvre, ou arriver à se faire une quelconque opinion affective, ce film est autre et ne ressemble à... aucun autre. On ne retient pas le scénario (tiré par les cheveux, à base de pseudo mystères simplistes et inintéressants, avec une idée en filigrane de nénettes en nuisette bizutées au sanatorium), on ne retient pas le casting (c'est pas beau les lèvres siliconées) ; par contre la réalisation transpire la fascination pour ce lieu hors normes. La plupart des prises a été faite à Waverly Hills et c'est le bâtiment qui devient le seul et unique acteur.

Le seul et unique intérêt. Mais quel intérêt ! On ne voit que lui. Et il faut croire que les frères Booth n'ont vu que lui également, au détriment de tout le reste. Et qu'ils l'aiment profondément malgré la répulsion, la froideur, l'humidité, la folie qui en découlent. L'endroit est complètement laissé à l'abandon et a été transformé en squat putride il y a quelques années, avant que quelqu'un se décide à en fermer les portes. Une restauration est à venir ?

En tout cas je vous invite à jeter un oeil à quelques articles et sites dédiés au sanatorium de Waverly Hills, tous écrits en anglais, et qui ne sont pas forcément fantaisistes ; et laissez vous imprégner par lui, sous peine de ne pas trouver la porte de sortie... moi j'y retourne !

 

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur

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