Vendredi 27 juin 2008

George A. Romero fait partie de ces réalisateurs que j'adule - peut être même LE réalisateur que j'adule, et il n'est pas une journée où je ne pense pas à l'une de ses oeuvres. Oui je sais, je ne suis pas la personne la plus équilibrée au monde, en même temps si vous qui me lisez, pensez tous les jours à Walt Disney ou à "La petite maison dans la prairie", franchement je vous plains davantage ! Un jour mon zombie viendraaaaaaaaaaaaaaaaaa ! J'aime les films de zombies depuis "La nuit des morts vivants" (d'ailleurs la génèse de mes potes putréfiés ne vient-elle pas de cette oeuvre principalement ?), et la scène de la petite fille tuant sa mère de sang froid, continuera à me poursuivre très longtemps. Ensuite il y a eu "Dawn of the dead" ("Zombie") et à chaque fois que je vois ma mère pousser un caddie, je ne peux pas m'empêcher de faire un certain rapprochement... "Le jour des morts vivants" me semble moins familier, mais ce qui m'a interpellée puis a été poursuivi par le Maître dans "Land of the dead" - son quatrième épisode de la saga - c'est la ré-humanisation des morts-vivants semblant petit à petit, retrouver des gestes et pensées humains, plus que des réflexes d'ailleurs, alors que les soi-disants véritables représentants de notre chère espèce, continuent à perpétrer des crimes de porcs et d'hypocrites parvenus, comme s'ils étaient encore les maîtres du monde.

Qu'allait-il donc en être dans ce cinquième opus ?

Des étudiants en cinéma tournent en pleine forêt un film sur une momie, hommage aux oeuvres classiques. Pendant le tournage, ils apprennent via leur poste radio que quelques personnes isolées dans le pays, reviennent à la vie alors qu'elles avaient été déclarées cliniquement mortes. Hoax ou énième manipulation des médias ? Cherchant à rejoindre leurs foyers car un peu inquiétés par cette nouvelle étrange et alarmiste, les étudiants ne vont pas tarder à voir par eux-mêmes qu'il ne s'agit pas d'une rumeur loin de là... Et que les cas de zombies ne sont plus isolés, le supposé virus se propageant de façon effrayante. L'un deux va s'emparer d'une caméra pour rendre compte au peuple, des évènements dramatiques qui se déroulent à l'échelle nationale et bientôt mondiale...

Je suis émue là. J'ai du mal à trouver les mots justes pour exprimer mon ressenti, et non je n'utiliserai pas mon habituel AAAAAAAAAAAAAA de satisfaction écrit en très très gros. En fait si je viens de le faire mais en tout petit. Je vais essayer de garder ma dignité, car "Diary of the dead" est un film digne, et le seul reproche que je pourrai lui faire c'est que j'ai été tellement absorbée et estomaquée par cette oeuvre, que j'en suis venue à zapper mes petits chéris. Quoi "Diary of the dead" c'est un film de zombies ???? Euh t'es sûr ???? Déjà dans ces précédents ouvrages, Romero disséquait nos sociétés occidentales avec une faculté toute visionnaire, là dans son dernier opus on peut dire qu'au niveau diatribe sociale il n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Les médias trépassent, et avec eux les bloggeurs, les hackers et les spectateurs de ces exhibitions de cirque, nous tous mesdames et messieurs, victimes volontaires et friandes de grand spectacle sur écran.

A l'ère de la médiatisation, l'apocalypse s'installe violemment, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment, et on se surprend à avaler cette possible énième couleuvre avec une neutralité froide et très distanciée. Il y a quelques semaines Haneke s'élevait de façon arrogante contre le spectateur avide de friandises violentes, cette fois c'est Romero qui beaucoup plus subtilement et sans jamais dénier la réalité froide de notre monde actuel, nous pose en témoins indifférents d'un massacre qui est pourtant en train de se perpétrer. C'est comme si à travers l'oeil de la caméra qui shoote, ce qui se déroulait derrière n'existait pas. Le recul à travers la lentille de Romero est définitivement dérangeant, à l'inverse d'un [REC] qui nous rendait acteur d'un cauchemar filmé avec lequel on intéragissait corps, âme et tripes surtout.

"Diary of the dead" est un énorme coup de poing dans la gueule, et le film le plus abouti de George A. Romero. Il parvient en un seul métrage à rendre hommage à ses oeuvres, non par nombrilisme, mais dans le but je pense de faire plaisir à ces fans qui le suivent depuis la saga des zombies : comme dans "La nuit des morts vivants", on assiste impuissant à la naissance de l'Apocalypse, vient ensuite l'organisation de la survie comme dans "Zombie", puis des clins d'oeil au "Jour des morts vivants" ainsi qu'à "Land of the dead". Le seul regret c'est que la réhumanisation des morts vivants ne soit pas plus développée comme dans ce dernier, néanmoins le plan final jusqu'au boutiste, nihiliste à l'extrême mais magnifique dans cette unique larme de sang coulant sur une joue putréfiée, laisse présager de très bons augures  en ce sens.

Vivement le sixième épisode !


AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!




par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mardi 24 juin 2008
Il y a fort longtemps déjà sur ce blog je m'énervais contre le français moyen en lui tirant le portrait. Presque 2 ans. Et c'est peut être le signe que je vieillis, parce que là j'ai l'impression qu'ils se sont accouplés les cons. Et bizarrement je rencontre de fortes concentrations de ces specimens en voie de prolifération un peu partout.

J'ai peur. La France tremble, la France a peur.

Oh bien sûr c'est bien connu et ça marche pour tout, on est tous le beauf de quelqu'un, et on a tous des fois de temps en temps une attitude beauf. Moi par exemple j'adore me décrotter le nez sur le canapé en regardant Cristiano Ronaldo courir derrière un ballon, pour un peu j'aurai même envie de roter devant une bière tiens. Ca m'arrive je vous jure, et je ne me sens même pas coupable, ça aussi c'est un trait beauf d'ailleurs. Mais là où ça devient carrément pathologique c'est quand une seule et même personne cumule TOUS les facteurs de risque, et, encore plus apocalyptique, quand dans la même pièce - sans être au Macumba de saint Jean de Monts je précise - la moitié des personnes ont ces symptômes. C'en est même terrifiant.

Condensé d'une semaine de tout ce que j'ai pu entendre comme témoignages en la matière. Une semaine. Oué je sais ça fait peur. Bis.


Je l'ai déjà dit à moult reprises, la météo est le sujet number one de tout beauf qui se respecte. Mais alors attention ! Pas n'importe laquelle : la météo plaintive qui fâche, oui car mesdames et messieurs, la météo est un thème de discussion qui peut fâcher, ça donne ça : "t'as vu le temps qu'il fait ? [non je suis aveugle, sourde, et ma peau ne ressent absolument aucune sensation thermique] on est bientôt en juillet, on se croirait en automne ! Ca doit être le dérèglement climatique, ils en ont parlé à Julien Courbet !". Deux jours plus tard, l'été arrive enfin, mais pas pour le beauf qui trouve toujours le moyen de ne jamais être content : "comment il fait chaud, mais il fait trop chaud là, c'est n'importe quoi ce temps !!!!!". Et bien sûr l'orage qui arrive pour soulager tout ce petit monde en souffrance, devient rapidement un nouveau sujet de plaintes parce que la pluie ça mouille et que bientôt on est en juillet quand même.

...

Autre sujet litigieux : la voiture, et, depuis que les médias en parlent, le prix de l'essence. Je n'ai pas de voiture mais je sais que le prix en est excessif, le beauf aussi le sait puisqu'il s'en plaint TOUT LE TEMPS, mais pensez-vous qu'il changerait d'un iota sa façon d'utiliser sa caisse ? Bah non pourquoi c'est lui qui changerait d'abord, ils n'ont qu'à baisser le prix d'abord ! D'abord ter ! Discussion, ou enfin censée telle :
- "t'as pas de voiture ?"
- [moi] : "bah non j'ai pas de voiture, j'en vois pas l'utilité, je vis en centre ville, et comme ça je fais des économies"
- "ah oui ? C'est que t'as pas le permis en fait ?"
- "si j'ai le permis, mais le fait d'avoir le permis n'oblige pas de conduire et d'avoir une voiture non ?"
- "ah oui... mais alors tu bouges jamais de chez toi !!!!! Tu pars pas en vacances non plus !!!!!!"
- ...
Et oui c'est comme si le beauf vivait en plein Moyen Age, sans train, sans taxi, sans avion, sans vélo, sans pieds même puisqu'il continue à aller chercher son pain à 500 mètres de son pavillon en caisse. Pis les transports en commun la honte !!!! Y'a pas de jantes alu sur le bus ouhhhhhhhhhhhhhh !!!!!

Les vacances donc. Parler de ses futures vacances ou oser les évoquer même sans s'étaler dans les détails, attirent le beauf car lui il s'y connait en matière de loisirs et de voyages, il va tous les ans dans le même camping Les Mimosas dans le sud de la France, et quand il est un peu plus aisé, le beauf il prend une semaine entière à Center Park. Dialogue entre quelqu'un d'à peu près normal et un beauf dans toute sa splendeur :
- "je reviens de la Martinique, et j'ai visité..."
- "des rhumeries hips ! de toute façon y'a que ça à faire là bas hein ! pis aller à la plage ! avec du rhum hihihihihihihihi [pardon ARF ARF ARF ARF passke le beauf rit grassement aussi]
- "non non y'avait pas que ça, on a été..."
- "pis d'abord y'a combien d'heures d'avion ?"
- "8 heures"
- "8 heures ???? non mais ça va pas, c'est beaucoup trop long, t'es pas bien !!!!"
- "8 heures c'est pas énorme, quand tu pars avec ta voiture dans le sud de la France t'en as pour ça à peu près, et là tu débarques en Martinique quand même..."
- "ah oui mais non c'est pas pareil, tu peux faire des pauses sur une aire d'autoroute pour manger au Flunch, dans l'avion qu'est-ce que tu peux bien foutre pendant 8 heures ???"
- "tu sais ils ont inventé des histoires qu'on écrit sur du papier pour passer le temps..."
- "ah oui je vois de quoi tu parles, mais un magazine de tuning ça se lit en 4 heures, maximum ! ARF ARF ARF !!!!! Allez hips ! un petit rhum pour la route !"

Aussi pour terminer, le beauf a horreur du travail. Oh ne vous méprenez pas, il ne fait pas partie de ces glandus de première qui parasitent la France terre d'asile et de l'assistanat, non non non le beauf est utile à la société : il a un emploi. Mais attention, parce qu'il faudra bien qu'il profite de sa retraite alors c'est qu'il faut pas l'user avant terme le beauf. Le matin alors qu'il a embauché il faut qu'il fasse le tour de tous les bureaux et comme les emplois du temps sont différents, ça nécessite une organisation spéciale avec planning pour honorer tout le monde avec une tasse de café. A l'heure du déjeuner c'est pareil, faut faire le tour des bureaux pour prévenir que c'est bientôt l'heure de manger, et idem le soir à la débauche, l'heure de fin exige une préparation psychologique aux retrouvailles intenses avec sa chère voiture et son bol de cacahuètes.
Exemple.
- [moi] devant la mine déconfite de deux pieds de long d'un collègue, m'imaginant que toute sa famille venait de mourir dans un accident de voiture : "assieds-toi ça a l'air d'être grave ! Qu'est-ce qui t'arrive ????"
Pas de réponse. Sa lèvre supérieure tremble. Il devient tout rouge, il va pleurer.
- c'est ton père ? Il a eu une crise cardiaque ? Tu t'es engueulé avec ta femme ? Quoi ? Mais qu'est-ce que t'as ?????
- nooooooooooooooooooooooooooooon à la maison tout va bien mais c'est ici, y'a des gens qui sont méchants avec moi !
- .....?
- oui on m'a demandé de faire mon travail, tu te rends compte, faire mon travail !!!!! Et puis quoi encore, je me donne à 100%, je suis pas payé cher, et maintenant on me donne des ordres !!!! Faudrait qu'il prenne un autre temps plein, je peux pas TOUT faire TOUT seuuuuuuuuuuuuuuuuuul !!!!!!
- euh tu m'excuseras mais là j'ai du TRAVAIL, y'a M. UNTEL qui est en train de mourir, qui souffre le martyr mais qui ne veut pas de morphine, et je sais pas quoi lui dire, et Mme TRUC qui vient d'apprendre qu'elle avait un cancer et que les métastases avaient envahi son foie.


Bah oui Robert, la vie c'est vraiment trop injuste hein, elle t'en fout plein la gueule à toi spécialement, et même qu'il paraît que c'est de la merde qu'on se tartine tous les jours ; oh ben vivement la retraite tiens !!!

par Suzy Dumeur publié dans : A vos humeurs
Samedi 21 juin 2008

Shining fait partie des grands classiques du cinéma fantastique au même titre que "L'exorciste" ou encore "Alien". Il a également la particularité d'être une adaptation d'un roman de Stephen King (celui-ci le détestant magistralement) et d'avoir été réalisé par l'un des maîtres du 7ème Art : j'ai nommé monsieur Stanley Kubrick, n'ayant à l'époque plus rien à prouver en matière de chefs d'oeuvre puisqu'il avait déjà donné naissance à moult d'entre eux (Lolita, Docteur Folamour, 2001 l'odyssée de l'espace, Orange mécanique...).

Jack Torrance accepte un poste de gardien d'hôtel complètement isolé dans les montagnes et fermé pendant tout l'hiver pour pouvoir travailler sur son nouveau livre. Il va s'installer avec sa femme Wendy et avec leur petit garçon Danny, qui possède des dons paranormaux. Dans cet univers silencieux et chargé d'une histoire meurtrière et pesante, coupé du monde, Jack ne va pas tarder à présenter les premiers signes cliniques d'une pure démence...

Je ne sais plus quand j'ai vu ce film pour la première fois, mais je ne devais pas être bien vieille puisque j'ai démarré ma carrière de tarée très très tôt. Shining est sorti en salles en 1980 ; j'ai dû le visionner sur le bon vieux magnétoscope familial à VHS, je dirai avant la fin des eighties. A l'époque ça m'avait glacé le sang - même si L'exorciste était passé avant et allait devenir mon mètre étalon en matière de trouillomètre - et quelques scènes étaient restées intactes dans mes pupilles juvéniles, de par leur côté malsain et décalé : la pin up dans la baignoire qui se transforme en vieille femme décomposée après avoir copieusement embrassé Jack Nicholson, l'arrêt de Danny devant la fameuse chambre 237 alors qu'il déboule dans les couloirs avec son tricycle, la découverte par Wendy des pages et des pages d'écriture de son mari toutes répétant la même formule ("all work and no play make Jack a dull boy"), les dialogues de Jack au comptoir ou dans les toilettes du bar avec le barman puis avec l'ancien gardien de l'hôtel (qui a découpé sa famille à la hâche) ou encore la scène bizarre et fugitive entr'aperçue par Wendy à la fin du film dans une chambre d'hôtel entre un homme déguisé en lapin et un membre du personnel... Toutes ces scènes et le film en entier allaient devenir cultissimes et c'est avec une joie passablement angoissante qu'on se complait à les retrouver.

Néanmoins avec mes yeux d'adulte (oué enfin presque) je me suis rendue compte tout de même du côté vieillotant  de certains aspects du film : l'interprétation surtout - très mal doublée en français d'ailleurs à part Nicholson - avec Danny Lloyd jouant le petit garçon de façon surjouée, agaçante et un poil inquiétante (on dirait un adulte miniature !), Shelley Duvall au physique d'endive cruchote, et Nicholson égal à Nicholson, en faisant des tonnes dans le psychopathe dément bas du front ... Le tort de Shining à mon sens est d'avoir été ultra popularisé, ultra vu, et ultra cité à tort et à travers, la magie ne peut plus fonctionner de la même manière, 28 ans plus tard (tiens ça ferait un bon titre de film de zombies ça !). Regrettable également que le film n'ait pas rendu plus hommage au livre du King, véritable perle dans le thème de la maison hantée ; Kubrick a préféré traiter la pathologie psychiatrique naissante du personnage principal au détriment de la nuisibilité des lieux.

Mais, à part ces infimes digressions critiques, Shining reste un des films ABSOLUMENT à voir ne serait-ce que par sa magistrale mise en valeur glauque de décors pourtant somptueux (l'hôtel 5 étoiles, les montagnes enneigées, le labyrinthe naturel...), donnant corps à ce quatrième acteur que représentent  ces lieux. Et puis à entendre aussi, dès les premières notes du générique on a la sensation d'aller à l'enterrement de plusieurs personnes aimées et que le deuil ne sera jamais possible. Si la musique était une entité diabolique, ce serait celle de Shining...



par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Vendredi 20 juin 2008
Parmi les vérités populaires sur les Portugais, il y en a encore une qui fait des ravages dans le bon sens à la française : le ménage. Le ménache pourrai-je même dire, ça fait encore plus cliché véritable comme ça. Alors une Portugaise ça se reconnait au fait qu'elle fait très très bien le ménache, elle est née et déterminée génétiquement pour ça et on peut lui faire confiance les yeux fermés dans le nettoyage des toiles d'araignée et autres petits inconvénients poussiéreux. Avoir une bonne Portugaise équivaut à une maison bien rangée, clean et qui sent bon la lavande.

Extraits d'une conversation téléphonique avec môman, qui excelle en la matière du plumeau.


Môman : tu te rends compte de ce qu'elle a dit l'autre saloperie de pétasse [Note de la Traductrice : grand-mère potentiellement rivale d'Attila le Hun, ma nièce] l'autre fois ??? ELLE A DIT QUE MA MAISON ETAIT SALE !!!!!!! TU TE RENDS COMPTE, MA MAISON SAAAAAAAALE !!!!!

Moâ : ben quoi pour une fois qu'elle dit un truc vrai on va pas lui reprocher !

Môman : QUOAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!! TU OSES DIRE QUE MA MAISON EST SALE !!!!! NON MAIS C'EST PAS VRAI TU TE RENDS COMPTE DE CE QUE TU DIS !!!!!

Moâ : j'ose pas c'est vrai, vous vivez dans un taudis, c'est dégueulasse, ça déborde de partout, y'a des souris qui courent dans les pièces, la poussière n'a jamais été faite sur les meubles, l'autre fois t'as fait celle qui ne savait pas qu'une cabine de douche ça se nettoyait, et quand on était gosse on t'appelait la grande crado ! Pourquoi à ton avis !

Môman : !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! CA FAIT JUSTE QUELQUES ANNEES QUE JE NE PEUX PAS FAIRE LE MENAGE, JE SUIS HANDICAPEE, AVEUUUUUUGLE, MALAAAAAADE, C'EST DE MA FAUTE PEUT ETRE !!!!!!!! [Note de la Traductrice : ma mère est aveugle mais arrive très bien à lire les courriers de la Banque de France à destination de ma soeur bien-aimée, et même à compter les zéros s'empilant sur sa dette. En ce qui concerne le pseudo handicap, ça fait au moins deux décennies que ça dure et on ne sait pas au final quelle est la pathologie sous-jacente, malgré les investigations médicales pouvant être compilées dans l'annuaire de l'Ile de France]

Moâ : oui bon ça va, la maison est crade voilà, tu ne veux pas l'admettre je m'en fous !

Môman : ce n'est parce que tu viens UNE FOIS PAR MOIS [Note de la Traductrice = tu as lâchement abandonné ta mère qui t'a donné la vie et s'est saignée les veines pour toi, pour ne t'occuper que de ta petite personne, sale égoïste] que tu peux juger de l'état de la maison TOUT LE TEMPS !

Moâ : ah oué ? T'es en train de me dire que vous me faites l'immense honneur de dégueulasser la maison quand vous savez que je viens en week-end ? Ah ben merci, sympa l'accueil que vous faites aux invités !

Môman : JE TE PASSE TON GROS CONARD DE PERE !!!!!!!

Mon gros conard de père : c'est vrai que ça n'est pas très agréable pour toi quand tu viens, tu passes la serpillère, tu nettoies le micro-ondes...

Godzilla en arrière plan téléphonique : RTURIUT85768GFT8T8Y9TAZCDMS%M¨M !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! VA TE FAIRE FOUTRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Moâ : n'en rajoute pas une couche ou tu vas mourir.
Saddam Hussein avant l'attaque des deux tours :
ù:*,;:ù$^m$^$mop$mùklm^$m^ SALOPERIE DE MERDE !!!!!


Mon père gros conard : je te repasse ta mère...

Adolf croassant dans les jardins de la Chancellerie : BONSOARRRRR !!!!!

Mon père ce héros : on dirait qu'elle ne veut pas te parler...

Moâ : t'inquiète tu peux la rassurer, la prochaine fois je ferai comme d'habitude, je dirai des choses fausses et flatteuses qui ne fâchent pas.


Donc peut-on déduire de cela que ma mère est l'exception qui confirme la règle ? Très certainement, et comme ça au moins les morues seront bien gardées.


par Suzy Dumeur publié dans : Sagrada Familia
Mardi 17 juin 2008
Que celui qui n'a jamais entendu une pub Carglass à la radio me jette la première pierre dans le pare-brise. Si vous êtes vierge de ce côté là, soyez béni par tous les dieux du silence parce que vous ignorez le stress que génère ce spot publicitaire. Alors voilà comment ça commence en général. C'est le matin, vous êtes tranquillement en train de manger du gorgonzola au mascarpone pour vous consoler d'une nuit angoissante avec réveil à 2H18 à cause d'une attaque de vampires tout droit issus de "30 jours de nuit" (y'avait aussi des loup-garous, mais je me suis réveillée avant de voir si les balles en argent ça marche vraiment sur eux) quand d'un seul coup une agression auditive sans nom sort de votre poste radio, et fait monter votre taux d'adrénaline déjà à fleur de peau. Non il n'y a pas eu de nouveau tsunami en Thaïlande, non ils n'ont pas découvert un nouveau virus se répandant via le téléphone portable, non la France n'a pas gagné l'Euro 2008 : il s'agit juste d'une pub Carglass.

Juste ? Ca n'est pas le terme exact. Jugez plutôt.

L'annonce des hostilités est toujours la même, ça débute par le jeu de mots très subtil suivant, le tout sur une chansonnette très avenante qui va vous pourrir toute la putain de journée : "Carglass répare, Carglass remplace". Et puis après intervient le chef d'atelier Carglass, en général il s'appelle Manouel ou Pedro. Et là le gars il se met tout simplement à traiter les clients de blaireaux inconscients du danger que représente un trou de balle. Ou un trou d'autre chose, enfin un trou c'est un trou quoi. Voilà à peu près ce qu'il dit, Pedro chef d'atelier à Maubeuges chez Carglass : "alors l'autre fois y'a un gros con de client qui s'est pointé avec un pare brise complètement en miettes. L'abruti ça fait 6 mois qu'il roule avec un trou de 2 millimètres dans sa vitre, et comme ce conard en plus d'être stupide il aime polluer l'ozone, il a mis sa clim' à fond en roulant sur un nid de poule et... CRRRRRRRRAC !!!!!!!! Je vous le donne en mille, le pare brise il a volé en éclats dans sa tronche de rat ! Imaginez s'il était sur l'autoroute à 2.30 avec sa gosse de 2 ans à l'avant peinarde dans son fauteuil ??? Et ben ils seraient crevés tous les deux et ce serait bien fait pour leur gueule ! Alors que s'il était venu chez Carglass, et bien on lui aurait bouché son trou à ce blaireau, ça aurait pris 2 minutes, et il aurait pas payé une franchise de 5000€, parce que chez Carglass c'est gratuit ! Mais bon vous avez le droit de dépenser votre fric inutilement aussi hein, surtout au prix actuel de l'essence !".

Je vous jure j'exagère à peine. Le ton employé par le chef d'atelier qui a vraiment l'air d'être un chef d'atelier en plus, est humiliant et culpabilisant. La preuve c'est que j'ai eu du mal à avaler ma troisième tartine diététique et que j'ai regardé d'un air coupable ma petite tasse de Nespresso, parce qu'il me semble qu'elle est légèrement fissurée ? J'ai peur. En plus je n'ai pas de voiture, qu'est-ce que ce serait si j'en avais une ?

La France tremble, la France a peur.

Dorénavant pour vivre longtemps en étant bien considéré par ses pairs, en plus des 5 fruits/légumes par jour, de 0 cigarettes, du verre de vin rouge unique à table, de l'abstinence sexuelle et téléphonique, il va falloir rajouter à cette longue liste (et j'ai dû en oublier, mais c'est pas grave, moi je sais que je vais mourir) :

ALLEZ CHEZ CARGLASS C'EST EFFICACE

Et sors de ce corps Pedro, j'ai pas envie que tu bouches mes trous avec ton tuyau de colle pauvre naze.

par Suzy Dumeur publié dans : A vos humeurs
Lundi 16 juin 2008
Après l'interdiction du tabac sur les quais dans les gares, l'interdiction de l'amiante dans les grille-pains, l'interdiction de la pipe - et du cunnilingus - sans préservatif en dehors des liens sacrés du mariage, l'interdiction de la chips au beurre de cacahuètes à l'apéritif, voilà arrivée l'interdiction nouvelle : l'utilisation du téléphone portable près de son oreille de prédilection. Vous avez l'habitude de téléphoner avec votre mobile en plaçant bêtement l'écouteur sur votre ouïe en pleine campagne ? Et bien j'ai une bonne nouvelle pour vous :

VOUS ALLEZ CREVER !!!!!!

Oh que j'adore faire ce type d'annonce comme ça et rappeler à mes semblables mortels qu'ils n'ont pas fini de s'éteindre dans une longue agonie douloureuse ! Le comble quand même à cette très bonne histoire, c'est que curieusement toutes les prédictions statistiques tendent à prouver qu'on va mourir de plus en plus vieux mais sous certaines conditions suce-citées là haut. D'ailleurs c'est fou ce que la liste se rallonge tous les jours ? M'est avis que c'est un complot orchestré par l'Eglise catholique, parce que c'est bien connu leurs membres mangent les fruits et légumes de leurs potagers, ne boivent du vin que les jours de messe (et encore une toute petite gorgée), ne fument pas et encore moins des gros cigares, ne risquent pas de choper la chtouille parce qu'ils n'ont pas de vie sexuelle (ou alors quand ils en ont une, leurs objets du désir n'ont généralement pas eu le temps d'en contracter une) et ils ne téléphonent pas non plus étant donné qu'ils sont connectés spirituellement à leur big boss.

Vous ne voulez pas choper le cancer du Sida ? Convertissez-vous, il est encore temps, l'Eglise catholique recrute !

Sinon, regardez le bon côté des choses pour changer :

- quand votre patron vous appelera le week-end, vous pourrez prétexter une prévention contre les tumeurs malignes ;
- quand votre conjoint(e) vous téléphonera pour ne pas que vous oubliez ENCORE UNE FOIS de ramener du pain, vous lui ferez le coup du cancer au lieu de celui fort usité du tunnel ;
- dans les lieux publics, au resto par exemple vous ne serez plus pollué par les annonces triomphales relatives au dernier match de foot ou au vainqueur de la Nouvelle Star. Surtout si vous mangez des légumes, ça diminue le risque il paraît ;
- vous pourrez même vous débarasser de votre pire ennemi en le harcelant de coups de fil meurtriers (mais prenez soin de brancher le kit oreillettes bande de cons) ;
- et la dernière mais non la moindre, vous connaissez un homme politique vous qui ne passe pas son temps pendu à cet objet de mort ?

Et puis tous les médias s'accordent à dire que l'on peut éviter d'atroces souffrances en prenant certaines précautions, par exemple en privilégiant les SMS : je vais pouvoir continuer les SMS impardonnables.

Et ne même pas en mourir, YES il y a une justice !!!!!

Un autre moyen est de rapprocher son téléphone portable de son cul parce que c'est bien par cette voie qu'on écoute le mieux, surtout au vu de la qualité des majeures conversations téléphoniques. Mais peut être une étude démontrera dans 10 ans des risques de cancer de l'anus surtout si on ne batifole pas avec des brocolis ?

Rendez-vous dans 10 ans ! Ouh ce que j'ai hâte d'y être !
Samedi 14 juin 2008


Oui je sais, ça fait bizarre ce genre de film dans ma cinéphilie trash mais en même temps j'ai quelques grosses affinités avec Sylvie Testud et Sagan fait partie de ces personnages rock'n roll qu'on se plaît à aimer d'entrée, comme si on les connaissait depuis toujours...

Le résumé va être très court : l'histoire de la romancière Françoise Sagan depuis le succès de son premier livre "Bonjour tristesse" jusqu'à sa mort...

Dieu que le film aurait été pétillant et à l'image de cette formidable personnalité si la réalisatrice aux commandes n'était pas aussi plate... Il y avait matière à en faire un monument de cinéma... Autant "La môme" a été quasi idéalement servie par son metteur en scène suivant brillamment et dramatiquement pas à pas la gouaille et le lyrisme de son interprète/personnage principal, autant "Sagan" ne bénéficie - et Diable merci - QUE de l'interprétation corps à corps de la géniale mais humblissime, Sylvie Testud. Au début on se dit qu'elle surjoue, au final on se rend compte qu'elle colle complètement à l'identité que l'on se représente de Sagan, et que finalement c'est la romancière elle-même qui devait un tant soit peu caricaturer sa vie et sa manière d'être. Comme Marion Cotillard à "la place" de Piaf, Testud s'est totalement confondue dans l'être Sagan, mais en moins flippant que la môme je trouve (et ça je ne saurai l'expliquer !). Son interprétation toute en justesse est renforcée par les multiples protagonistes entourant l'écrivain, tous admirablement interprétés : Pierre Palmade bien sûr en dandy délicat, Jeanne Balibar en compagne impertinente (un genre de Patsy Stone des "Absolutely fabulous" !) ou encore Guillaume Gallienne jouant le frère affligé de Sagan.

Dommage et mille fois dommage néanmoins que toute cette brochette d'artistes donnant tout à leur jeu et servis par des dialogues effrontés, aient été trahis en quelque sorte par cette réalisation sans âme, fade et sans consistance, à l'image du dernier plan du film montrant Sagan sur une plage à Deauville : lourd en symbolique maladroite, et terriblement mou. Sagan ne se retournera pas dans sa tombe, mais le spectateur lui peut passer son chemin.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Vendredi 13 juin 2008

Ma passion pour le cinéma fantastique et d'horreur, toujours il en sera question ! J'essaie de l'expliquer, de lui apporter des raisons rationnelles, pragmatiques, mais pas seulement... Fallait-il que mon unique Grand Amour soit à ce point virtuel, abstrait et platonique ? Et oui il en sera ainsi ! Aujourd'hui petite tentative pour vous faire partager - comprendre ? - l'origine de mes battements de coeur les plus enivrants, jamais déçus ceux là... (rassurez-vous je ne vais pas nan plus me transformer en geek aigrie à mettre du vieux pain sur le balcon, moi le pigeon c'est aux petits pois, préalablement déplumé au lance-flammes).

Je me rappelle d'une de mes premières rédactions à l'école de mon village. Je savais à peine lire et écrire mais déjà, j'avais connu les joies de l'épouvante sur petit écran. Oh pas encore d'"Exorciste" ou de "Massacre à la tronçonneuse" mais juste quelques plans volés à la télévision de "King Kong" et de mon premier amour, Dracula. Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaîtreeeeeeee... King Kong n'avait pas encore été revisité par Peter Jackson (et il n'avait pas serré non plus dans sa grosse menotte la divine Jessica Lange) et Dracula était toujours magistralement interprété par Christopher - qui ???? - Lee.

Dracula. Ses quelques petites lettres là avaient atterri dans ma copie d'écolière à la coupe au bol. Je ne sais plus tout à fait le thème de la rédac', un vaste truc fourre-tout du genre "qu'est-ce que vous avez comme loisirs ?" ou "quelles sont vos occupations ?" (d'ailleurs me vouvoyait-on, je ne crois pas !) à moins que ça n'ait été "quel est votre héros favori ?". En tout cas pour moi les 3 potentiels sujets étaient synthétisés dans ce même personnage aux dents longues ; le suce-nommé vampire le plus célèbre du monde. Je ne sais plus quelle note j'ai eue, en tout cas ce dont je me souviens très bien, c'est la réaction de mon institutrice, femme admirable et un poil avant-gardiste : elle a ri et elle m'a demandée "mais pourquoi tu aimes cela ?". J'ai répondu sûrement avec ma petite voix pas encore mutante : "parce que j'aime avoir peur". Admirable et ouverte d'esprit aussi elle était, car je pense qu'un môme de 8-9 ans - et encore plus une fille - disant cela à l'heure actuelle, aurait droit à une série d'entretiens chez le pédopsy avec dénonciation sur liste noire gouvernementale "à surveiller, probable psychopathe en puissance". Ca s'appelle la prévention des risques. Mais là n'est pas le sujet d'aujourd'hui.

La peur.

Elle a accompagné mon premier cri en ce monde, elle aura ma peau à mon dernier souffle.

La peur, délicieuse et tant redoutée. La peur qui rend pâle comme un fantôme et qui fait disparaître tout le sang dans un endroit ignoré de son corps. La peur qui fait se sentir vivant alors même que nous refusons de la voir vainement à travers des mains aux doigts écarquillés...

Elle est tellement exquise... Tellement brutale et en même temps ardemment désirée. Quand je regarde ce genre de film, que ce soit dans une salle de cinéma ou chez moi sous une couette protectrice, l'effet est toujours le même, toujours. La magie est restée intacte, comme au temps où je regardais les yeux épouvantés King Kong s'emparer d'une femme dans son appartement, pour la saisir violemment et finalement la jeter par la fenêtre du haut de son building... Intacte, dès les premières notes du générique, que je connaisse déjà le film par coeur (mes oeuvres refuges des années 80), ou que je sois encore vierge des pupilles quand la pellicule s'avère pleine de promesses terrorisantes...

Intacte.

Est-ce que vous sentez battre votre coeur ? La plupart du temps nous ignorons qu'il existe, mais quand il défaille, quand il dérape et quand il s'émeut, c'est là que ses pulsations vitales à tout rompre et désordonnées vous font ressentir votre présence sur Terre. D'un seul coup le puissant se manifeste et bataille dans votre cage thoracique qui désespérement tente de l'empêcher de s'extraire avec fracas par ses frêles côtes... Vous sentez votre coeur battre de façon anarchique et, comme quand vous aviez 8 ans, vous sentez la terreur dans l'obscurité de votre chambre, imaginant 1000 démons venus vous emporter avec eux en Enfer. Je ne peux toujours pas dormir avec les bras et les jambes pendant hors du lit... Au petit matin après des heures de bataille, vaincue, vous vous sentez un peu ridicule quand l'aube pointe, mais vous cauchemardez délicieusement à l'idée de la prochaine séance, recherchant ce goût métallique de déjà vu...

La peur primale. Celle que nos ancêtres ressentaient dans leur environnement hostile, quand ils avaient froid, faim et sommeil. Et vous dans votre petit confort moderne, au sein de votre ville où vous vous sentez en sécurité, vous brûlez de ressentir ces sensations hautes en adrénaline un peu contrôlées, mais toujours indomptées car vous avez gardé votre âme d'enfant dévolue au croque mitaine. Bien sûr qu'il existe. Pour le voir apparaître il faut dire son nom 5 fois devant un miroir. Pour l'appeler il faut se servir d'un oui-ja. Pour l'incanter il faut dessiner sur le sol un cercle à la craie et s'asseoir au centre. Le croque mitaine a des dents longues, a des poils hirsutes sur tout le corps, a des yeux jaunes de bête démente, se transforme les soirs de pleine lune et craint l'eau bénite, autrefois il y a bien longtemps, il a pu être humain et traîne ses guêtres de revenant ou de zombie ; le pire toutefois c'est quand il est impalpable et se manifeste bruyamment dans le corps d'un autre ou dans des objets du quotidien... Un crucifix qui se retourne et c'est le trouillomètre au beau fixe assuré. Ne me demandez pas pourquoi, j'en ai un dans ma chambre. Objet contraphobique qui peut devenir terrifiant sous la faiblesse d'un clou qui s'affaisse. Vade retro...

Voilà pourquoi j'aime tant mes chers films d'épouvante, et que je cherche les ennuis en les regardant à la nuit tombée seule, et sachant que je vais encore devoir dormir avec la lumière : pour retrouver cette délicieuse nostalgie enfantine et cette pureté visuelle devant l'écran qui s'agite. Pour sentir mon coeur battre alors que je le croyais à l'agonie ou pire, inexistant. Mort, éteint, exsangue, puis ré animé sauvagement par des électrochocs de frissons. Jusqu'au prochain. Succulente toxicomanie...

Pour un temps seulement.

Mercredi 11 juin 2008
Copie d'un mail à moi adressé à la SNCF... Oui je sais, je suis impardonnable de m'en prendre toujours aux mêmes cibles.


Madame, Monsieur,

C'est en effectuant complètement par hasard une réservation sur le site de voyages SNCF, que je suis tombée sur vos nouveaux concepts de voyage personnalisé : IDZen et IDZap. Toujours complètement par hasard j'ai choisi le Zen, me disant que j'allais probablement être fatiguée de mon aller-retour Paris Nimes sur à peine deux jours ; un peu de calme est toujours bon à prendre dans ces cas là.

Zen donc.

C'était le 10 juin 2008, départ de Nîmes 19H50.

Je suis entrée dans le compartiment et là ô surprise ! je m'attendais vaguement à des personnels de bord rasés comme des bonzes en toge orange, disséminant ça et là des vapeurs d'encens avec en bruit de fond une cascade tibétaine, mais non, il n'y a rien eu de spécial, rien de rien même, et ça ressemblait vaguement à un voyage normal dans une voiture TGV lambda. Probablement que c'en était une de voiture lambda, c'est pour ça sûrement que tout a paru normal. J'ai fait comme d'habitude : rechercher la zénitude avec mon lecteur MP3, on est si bien servi que par soi-même il paraît. J'ai écouté ma musique deux heures environ, à un volume assez bas au cas où une annonce particulière aurait lieu (genre un retard imprévu prévisible), ou un évènement catastrophique (genre une troupe de rugbymen bourrés déboulent dans ma voiture, ou pire une troupe d'écoliers en partance pour une colonie de vacances).

J'ai coupé une première fois mon lecteur quand j'ai entendu le jingle zen.

L'annonce qui a suivi était très très très intéressante et ô combien indispensable : un barista* (parce que je crois que vous les nommez ainsi, je me suis documentée) a déclamé à une foule de voyageurs en délire qu'au menu ce soir il y aurait du croque monsieur brûlé. Alors là applause, hein franchement quel humour décapant, un futur Jamel Debbouze le barista, pour sûr ! Vu le prix des consommations au bar en plus, ça laisse vaguement rêveur.

Première annonce d'importance, merci de nous avoir fait partager ce genre de confidences, d'un seul coup c'est comme si on était potes depuis toujours.

Zen !

Un peu plus tard j'ai décidé d'enlever mon casque pour lire un livre (oui je sais j'ai une vie trépidante), et là j'ai assisté à un véritable sketch haut en couleurs : un contrôleur s'est permis de faire la morale à une voyageuse pas du tout bruyante à la base, et lui a précisé qu'elle était dans un espace zen et qu'elle était priée de ne pas parler aussi fort et de ne pas déranger tout le monde. Je me suis dit "heureusement qu'elle n'a pas ne serait-ce qu'une corde vocale dumeurienne**, parce que là le contrôleur il aurait compris de suite ce que ça signifiait vraiment parler fort". Du coup, à la fin de cet entretien de plus en plus musclé, le contrôleur est devenu de moins en moins zen et c'est là qu'à mon sens, de l'encens et un bruit d'eau qui coule aurait pu le détendre le pauvre. Voire un moyen plus illicite, mais à mon avis ça n'est pas compris dans la charte de la SNCF.

Presque fin de l'épisode. La dame très vexée a du coup commencé à faire beaucoup de bruit alors que jusque là elle était plutôt discrète, bel effet que n'avait pas escompté votre membre du personnel probablement épuisé par tous ces abrutis de voyageurs ne comprenant décidemment pas la zen'attitude, alors que lui a reçu une formation spéciale à ce sujet.

Ca a fini par se tasser quand même. Et c'est à ce moment précis, après cette accalmie passagère, qu'à trois reprises, en à peine 10 minutes d'intervalle, des effets d'annonce spectaculaires ont encore été émis par haut parleur dans les oreilles contrites et moins zens de vos passagers : pas de clown brûlé cette fois-ci mais mieux encore, j'ai nommé THE caviar de la zen'attitude à la SNCF : la blague à Toto. Le futur remplaçant de Jamel a sorti "pour détendre l'atmosphère" une plaisanterie digne du jury élitiste de Carambar, ça parlait d'un chauve et d'un peigne et je ne sais plus trop quoi encore car je le rappelle, j'essayais de lire mon fichu bouquin dans mon compartiment zen et ça faisait quatre fois que j'attaquais la même page.

Zen. Restons zen. Le mot d'ordre : zen.

Enfin, c'est devenu très très drôle quand le barista a terminé en disant "au fait nous sommes à l'heure", là tous les passagers de la voiture (enfin peut être pas la dame vexée, elle avait juste la permission de se taire elle) se sont mis à rigoler à l'unisson, c'est vrai que ce n'est pas très fréquent que vous fassiez de l'autodérision à ce sujet, mais au final je crois que c'était plutôt involontaire comme remarque ; mais passons, ça a bien détendu l'atmosphère pour le coup.

Un train à l'heure. J'ai encore mal aux côtes rien que d'y penser tiens.

Moralité : la prochaine fois qu'on me demandera de faire un choix sur le type de voyage que je souhaiterai, je choisirai "normal" même si c'est plus cher, car c'est quand même beaucoup plus calme et tranquille que chez les zens, surtout quand ils ont bouffé du Lagaf' autosatisfait de ses performances de comique. Moi je demandais juste à lire mon bouquin peinarde, mais bon, IDZen en a décidé autrement.

PS : si vous recrutez des artistes de spectacle, je connais un petit gars de 10 ans qui a un répertoire de blagues léguées par son père beaucoup moins foireuses, remarquez à ce stade ça n'est pas trop compliqué d'élever le niveau. C'est juste qu'il a arrêté de manger des Carambars, ça aide vous verrez.


PPS : si je vous envoie ce mail c'est parce qu'en sortant du train, une autre annonce dans un haut parleur (la je ne sais combientième) a proposé aux passagers de donner leurs éventuelles suggestions sur le site SNCF, et moi franchement c'est le genre de perche que je saisis même si on me la tend pas. Mais merci quand même.


* : cliquez sur le lien et vous découvrirez un autre univers inconnu, celui des gentils baristas zens ou zappeurs, en tenue colorée mieux que chez Disney.

** : dans le mail envoyé à la SNCF, ils me connaissent sous mon vrai nom non dumeurien.

par Suzy Dumeur publié dans : A vos humeurs
Jeudi 5 juin 2008
Ce que j'aime chez les Dumeuriens, c'est que jamais on ne sait comment les choses vont tourner. Tout est calme, tout est paisible, it's oh so quiet shhhhhh shhhhhhhh, quand d'un seul coup vous vous prenez un uppercut à l'estomac sans vraiment savoir pourquoi. D'ailleurs le Dumeurien qui vous l'a asséné n'en sait foutre rien lui non plus : c'est un genre de sport dont les règles ne sont pas près d'être définies. Une espèce de saut à l'élastique sans élastique mais que curieusement vous allez pratiquer longtemps avec tous les risques inhérents à cette haute discipline olympique.

Et qui vous provoque de drôles de guiliguilis dans le bide parce que vous ne savez jamais vraiment ce qui va se passer en Dumeurie, c'est ça qui est excitant. Donc vous y retournez sans cesse parce qu'il faut bien l'admettre : vous y êtes drôlement accro. Drôlement drôlement. Et même que vous rencontrez d'autres joueurs de toutes catégories ; à plusieurs la fête est plus folle.

Jeudi soir. J'appelle môman Dumeur. La plus cyclothymique de l'équipe. Celle qui détient toutes les cartes maîtresses. The capitaine of the team. Maman quoi.


Moi : bon ben j'arrive à la gare demain à 21H. Tu sais j'ai pas trop le moral en ce moment...

Môman : QUOI Q'UEST CE QUI SE PASSE HEIN QU'EST CE QUI SE PASSE ?????? [Notes de la traductrice : forcément si je n'ai pas le moral pour ma mère, y'a tusuite une équation qui s'écrit sur le tableau noir maternel : PAS DE MORAL = MEC = COEUR BRISE = T'AURAI DU ECOUTER TA MERE ET TU ECRIRAS 10 000 FOIS "NE JAMAIS S'APPROCHER DE L'HOMME", C'EST BIEN FAIT POUR TA GUEULE MAMAN T'AVAIT PREVENUE]

Moi (ne voulant pas expliquer au téléphone à ma mère le distingo pourtant très subtil entre "homme" et "pénis", surtout celui qui se met curieusement à écrire en maître Yoda quand il est très très énervé) : PUTAIN TOI T'AS PAS LE MORAL DEPUIS TA NAISSANCE, T'AS PAS FORCEMENT UNE EXPLICATION TOUTE PRETE A CA NON ALORS J'AI LE DROIT AUSSI TU CROIS PAS !!!!!!!

Môman (se transformant subitement en Joconde placide) : ... je vais aller à la poissonnerie demain et te faire plein de poissons.


Du pénis jamais je ne me rapprocherai.

Proverbe dumeurien, promesse devant l'Eternelle.

Le jour du départ en Dumeurie, Dieu m'a donnée la voie. Il a mis sur mon chemin spirituel de moule égarée sans sa petite sauce, plusieurs signes hautement révélateurs allant dans le sens de la phrase yodesque écrite 2 lignes au dessus.

J'ai croisé une bonne soeur toute de grise vêtue aux bonnes joues roses épanouies.

Je suis sûre qu'elle doit s'éclater à faire ses confitures elle-même.

Et j'ai eu en pseudo entretien psychologique parce que je suis pas vraiment psy c'est Yoda qui l'a dit et Yoda il s'y connaît, une divorcée très très jeune.

Elle va fêter ses 101 ans bientôt.

Et elle n'a aucun problème de sécheresse vaginale.

Alors avec tous ses bons hospices, je suis arrivée à la casa maternelle toute confiante sans me préparer aux cataclysmes dumeuriens habituels, et même en laissant ma carapace hérissée de barbelés sur le porte-manteau d'habitude très très chargé.

Et bordel j'ai eu raison, voilà qu'en Dumeurie l'armistice venait de connaître ses premiers balbutiements.

Un grand moment d'émotion.

Surtout que sur la toile cirée de la cuisine, gisaient plusieurs espèces poissonnières menacées : sardines, daurades et même du peulpe. Oui vous avez bien lu, du peulpe. Je ne me suis jamais expliquée pourquoi ma mère arrivait très bien à dire à mon père plusieurs fois par jour "va te faire fOUtre" en faisant correctement le "OU" avec sa petite bouche en coeur, et pourquoi le "OU" du peulpe devenait subitement une épreuve linguistique ? Encore un mystère dumeurien.

Alors quand ma mère m'a demandée comment je voulais mon peulpe, je ne me suis même pas foutue de sa gueule, et j'ai demandé "bien cuit" au lieu du sanguinolent habituel.

Quand à table ils ont commencé à se prendre la tête sur le volume de la télé pendant "30 miilions d'amis" j'ai rien dit.

Quand mon père a gueulé qu'il y avait un complot orchestré par les fabricants de produit d'allumage de barbecue parce qu'il fallait un bidon tout entier pour juste quelques braises, j'ai rien dit, même pas un diagnostic de psy de comptoir.

Quand il a dit "qu'est-ce qu'elle fout l'autre elle peut pas préparer la salade ???" en parlant de moi, j'ai même préparé la salade.

Subitement la paix était entrée en moi comme si j'avais fait un gros caca douloureux qui couvait depuis des lustres et qui venait faire subitement un gros plouf dans la cuvette. De là à dire que la paix c'est de la merde, c'est un pas que je franchirai... franchirai.

Parce que le lundi même, le gros con de barbu qui joue aux Sims là haut et qui curieusement assaisonne toujours les mêmes dans son petit jeu sadique, m'a ouvert une autre voie.

Pas besoin de vous faire un dessin ? Si ?

J'ai croisé un joli jeune homme très grand complètement égaré au rez-de-chaussée de la résidence et frappant à des portes vides. J'ai pensé "ma porte t'es complètement ouverte bel inconnu" et après je me suis rincée la bouche au savon en grande pécheresse que je suis.

C'était quoi déjà le proverbe là ? Pénis du s'en approcher faut pas ????? Môman !!!!!!!

Puis un bellâtre très connu m'a fait un sourire de fauve et je me suis tortillée les cheveux en le regardant, il ne manquait plus que le "hihihihihihihihi" de bécasse finale.

J'ai jamais été bonne au Scrabble et je ne m'appelle pas maître Capello alors au final, bordel, que se faire foutre la leçon à copier aille !

Impardonnable je suis, oh que oui, et plutôt plein !


par Suzy Dumeur publié dans : Sagrada Familia

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ici c'est le livre d'humeurs, et par aussi d'autres articles à commenter. Ici enfin figure le palmarès de la moule, commentable également et là là là y'a les photos de mes objets beaux à regarder pour moi favoris. Des questions ???

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