Dimanche 29 juin 2008


Frérot n'est pas maso, alors ce week-end il m'a gratifiée d'un film complètement abruti qu'il avait déjà vu auparavant. Réalisateur inconnu au bataillon, casting inconnu au bataillon itou, et pitch à faire peur : une jeune femme perdue dans les bois tente d'échapper à un psychopathe... en VTT. Bah oué celle là on ne nous l'avait pas encore faite tiens.

Oh ben ça alors je viens de m'apercevoir que je venais aussi de faire le résumé du film ! Bon on va passer aux choses sérieuses tusuite : "Blood trails" se veut un film auteurisant pour probablement sortir des sentiers maintes fois rebattus du slasher et de la dinde qui court dans les bois en s'époumonnant : c'est bôôôôô, y'a des gros plans tout le temps sur le visage de l'actrice (qui soi-dit en passant ressemble à un mec avec une grosse lèvre lippue, avec deux expressions à son compte), et le sang qui coule est rose framboise pour faire stîîîîîîle. Pis surtout c'est bourré d'incohérences, histoire de faire encore plus film de branlette : l'héroïne trouve le moyen de se sentir attirée par le psychopathe qui démembre plein de cadavres dans la forêt. On apprend au début que peut être elle a déjà couché avec lui avant de partir avec son mec officiel dans un chalet, peut être parce qu'elle est pas sûre au final de ce qui s'est passé dans le lit. Et bien qu'elle voit plein de gens se faire trucider y compris son hoooomme, ben l'héroïne quand le pervers au couteau de Rambo il lui ouvre le portail pour qu'elle se barre en 4X4, stoïque elle sort le VTT de la caisse et part en arrière dans les bois ! La réalisation du film ressemble à du Sergio Leone tout craché, enfin craché surtout quand on y regarde vite.

Le cache cache derrière les arbres finit par nous assommer encore plus, et quand enfin le psychopathe se saisit de sa dinde pour la saigner en lui taillant dans le lard, le soulagement n'arrive même pas tant le dernier plan est affligeant (attention je vais le raconter !!!) : la cycliste et le méchant s'éteignent tendrement dans la même agonie. En fait "Blood trails" c'est le Broken du encore plus pauvre, tant c'est chiant et supposé langoureux. Et moi je vais aller faire du vélo tiens.


par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Vendredi 27 juin 2008

George A. Romero fait partie de ces réalisateurs que j'adule - peut être même LE réalisateur que j'adule, et il n'est pas une journée où je ne pense pas à l'une de ses oeuvres. Oui je sais, je ne suis pas la personne la plus équilibrée au monde, en même temps si vous qui me lisez, pensez tous les jours à Walt Disney ou à "La petite maison dans la prairie", franchement je vous plains davantage ! Un jour mon zombie viendraaaaaaaaaaaaaaaaaa ! J'aime les films de zombies depuis "La nuit des morts vivants" (d'ailleurs la génèse de mes potes putréfiés ne vient-elle pas de cette oeuvre principalement ?), et la scène de la petite fille tuant sa mère de sang froid, continuera à me poursuivre très longtemps. Ensuite il y a eu "Dawn of the dead" ("Zombie") et à chaque fois que je vois ma mère pousser un caddie, je ne peux pas m'empêcher de faire un certain rapprochement... "Le jour des morts vivants" me semble moins familier, mais ce qui m'a interpellée puis a été poursuivi par le Maître dans "Land of the dead" - son quatrième épisode de la saga - c'est la ré-humanisation des morts-vivants semblant petit à petit, retrouver des gestes et pensées humains, plus que des réflexes d'ailleurs, alors que les soi-disants véritables représentants de notre chère espèce, continuent à perpétrer des crimes de porcs et d'hypocrites parvenus, comme s'ils étaient encore les maîtres du monde.

Qu'allait-il donc en être dans ce cinquième opus ?

Des étudiants en cinéma tournent en pleine forêt un film sur une momie, hommage aux oeuvres classiques. Pendant le tournage, ils apprennent via leur poste radio que quelques personnes isolées dans le pays, reviennent à la vie alors qu'elles avaient été déclarées cliniquement mortes. Hoax ou énième manipulation des médias ? Cherchant à rejoindre leurs foyers car un peu inquiétés par cette nouvelle étrange et alarmiste, les étudiants ne vont pas tarder à voir par eux-mêmes qu'il ne s'agit pas d'une rumeur loin de là... Et que les cas de zombies ne sont plus isolés, le supposé virus se propageant de façon effrayante. L'un deux va s'emparer d'une caméra pour rendre compte au peuple, des évènements dramatiques qui se déroulent à l'échelle nationale et bientôt mondiale...

Je suis émue là. J'ai du mal à trouver les mots justes pour exprimer mon ressenti, et non je n'utiliserai pas mon habituel AAAAAAAAAAAAAA de satisfaction écrit en très très gros. En fait si je viens de le faire mais en tout petit. Je vais essayer de garder ma dignité, car "Diary of the dead" est un film digne, et le seul reproche que je pourrai lui faire c'est que j'ai été tellement absorbée et estomaquée par cette oeuvre, que j'en suis venue à zapper mes petits chéris. Quoi "Diary of the dead" c'est un film de zombies ???? Euh t'es sûr ???? Déjà dans ces précédents ouvrages, Romero disséquait nos sociétés occidentales avec une faculté toute visionnaire, là dans son dernier opus on peut dire qu'au niveau diatribe sociale il n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Les médias trépassent, et avec eux les bloggeurs, les hackers et les spectateurs de ces exhibitions de cirque, nous tous mesdames et messieurs, victimes volontaires et friandes de grand spectacle sur écran.

A l'ère de la médiatisation, l'apocalypse s'installe violemment, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment, et on se surprend à avaler cette possible énième couleuvre avec une neutralité froide et très distanciée. Il y a quelques semaines Haneke s'élevait de façon arrogante contre le spectateur avide de friandises violentes, cette fois c'est Romero qui beaucoup plus subtilement et sans jamais dénier la réalité froide de notre monde actuel, nous pose en témoins indifférents d'un massacre qui est pourtant en train de se perpétrer. C'est comme si à travers l'oeil de la caméra qui shoote, ce qui se déroulait derrière n'existait pas. Le recul à travers la lentille de Romero est définitivement dérangeant, à l'inverse d'un [REC] qui nous rendait acteur d'un cauchemar filmé avec lequel on intéragissait corps, âme et tripes surtout.

"Diary of the dead" est un énorme coup de poing dans la gueule, et le film le plus abouti de George A. Romero. Il parvient en un seul métrage à rendre hommage à ses oeuvres, non par nombrilisme, mais dans le but je pense de faire plaisir à ces fans qui le suivent depuis la saga des zombies : comme dans "La nuit des morts vivants", on assiste impuissant à la naissance de l'Apocalypse, vient ensuite l'organisation de la survie comme dans "Zombie", puis des clins d'oeil au "Jour des morts vivants" ainsi qu'à "Land of the dead". Le seul regret c'est que la réhumanisation des morts vivants ne soit pas plus développée comme dans ce dernier, néanmoins le plan final jusqu'au boutiste, nihiliste à l'extrême mais magnifique dans cette unique larme de sang coulant sur une joue putréfiée, laisse présager de très bons augures  en ce sens.

Vivement le sixième épisode !


AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!




par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Samedi 21 juin 2008

Shining fait partie des grands classiques du cinéma fantastique au même titre que "L'exorciste" ou encore "Alien". Il a également la particularité d'être une adaptation d'un roman de Stephen King (celui-ci le détestant magistralement) et d'avoir été réalisé par l'un des maîtres du 7ème Art : j'ai nommé monsieur Stanley Kubrick, n'ayant à l'époque plus rien à prouver en matière de chefs d'oeuvre puisqu'il avait déjà donné naissance à moult d'entre eux (Lolita, Docteur Folamour, 2001 l'odyssée de l'espace, Orange mécanique...).

Jack Torrance accepte un poste de gardien d'hôtel complètement isolé dans les montagnes et fermé pendant tout l'hiver pour pouvoir travailler sur son nouveau livre. Il va s'installer avec sa femme Wendy et avec leur petit garçon Danny, qui possède des dons paranormaux. Dans cet univers silencieux et chargé d'une histoire meurtrière et pesante, coupé du monde, Jack ne va pas tarder à présenter les premiers signes cliniques d'une pure démence...

Je ne sais plus quand j'ai vu ce film pour la première fois, mais je ne devais pas être bien vieille puisque j'ai démarré ma carrière de tarée très très tôt. Shining est sorti en salles en 1980 ; j'ai dû le visionner sur le bon vieux magnétoscope familial à VHS, je dirai avant la fin des eighties. A l'époque ça m'avait glacé le sang - même si L'exorciste était passé avant et allait devenir mon mètre étalon en matière de trouillomètre - et quelques scènes étaient restées intactes dans mes pupilles juvéniles, de par leur côté malsain et décalé : la pin up dans la baignoire qui se transforme en vieille femme décomposée après avoir copieusement embrassé Jack Nicholson, l'arrêt de Danny devant la fameuse chambre 237 alors qu'il déboule dans les couloirs avec son tricycle, la découverte par Wendy des pages et des pages d'écriture de son mari toutes répétant la même formule ("all work and no play make Jack a dull boy"), les dialogues de Jack au comptoir ou dans les toilettes du bar avec le barman puis avec l'ancien gardien de l'hôtel (qui a découpé sa famille à la hâche) ou encore la scène bizarre et fugitive entr'aperçue par Wendy à la fin du film dans une chambre d'hôtel entre un homme déguisé en lapin et un membre du personnel... Toutes ces scènes et le film en entier allaient devenir cultissimes et c'est avec une joie passablement angoissante qu'on se complait à les retrouver.

Néanmoins avec mes yeux d'adulte (oué enfin presque) je me suis rendue compte tout de même du côté vieillotant  de certains aspects du film : l'interprétation surtout - très mal doublée en français d'ailleurs à part Nicholson - avec Danny Lloyd jouant le petit garçon de façon surjouée, agaçante et un poil inquiétante (on dirait un adulte miniature !), Shelley Duvall au physique d'endive cruchote, et Nicholson égal à Nicholson, en faisant des tonnes dans le psychopathe dément bas du front ... Le tort de Shining à mon sens est d'avoir été ultra popularisé, ultra vu, et ultra cité à tort et à travers, la magie ne peut plus fonctionner de la même manière, 28 ans plus tard (tiens ça ferait un bon titre de film de zombies ça !). Regrettable également que le film n'ait pas rendu plus hommage au livre du King, véritable perle dans le thème de la maison hantée ; Kubrick a préféré traiter la pathologie psychiatrique naissante du personnage principal au détriment de la nuisibilité des lieux.

Mais, à part ces infimes digressions critiques, Shining reste un des films ABSOLUMENT à voir ne serait-ce que par sa magistrale mise en valeur glauque de décors pourtant somptueux (l'hôtel 5 étoiles, les montagnes enneigées, le labyrinthe naturel...), donnant corps à ce quatrième acteur que représentent  ces lieux. Et puis à entendre aussi, dès les premières notes du générique on a la sensation d'aller à l'enterrement de plusieurs personnes aimées et que le deuil ne sera jamais possible. Si la musique était une entité diabolique, ce serait celle de Shining...



par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Samedi 14 juin 2008


Oui je sais, ça fait bizarre ce genre de film dans ma cinéphilie trash mais en même temps j'ai quelques grosses affinités avec Sylvie Testud et Sagan fait partie de ces personnages rock'n roll qu'on se plaît à aimer d'entrée, comme si on les connaissait depuis toujours...

Le résumé va être très court : l'histoire de la romancière Françoise Sagan depuis le succès de son premier livre "Bonjour tristesse" jusqu'à sa mort...

Dieu que le film aurait été pétillant et à l'image de cette formidable personnalité si la réalisatrice aux commandes n'était pas aussi plate... Il y avait matière à en faire un monument de cinéma... Autant "La môme" a été quasi idéalement servie par son metteur en scène suivant brillamment et dramatiquement pas à pas la gouaille et le lyrisme de son interprète/personnage principal, autant "Sagan" ne bénéficie - et Diable merci - QUE de l'interprétation corps à corps de la géniale mais humblissime, Sylvie Testud. Au début on se dit qu'elle surjoue, au final on se rend compte qu'elle colle complètement à l'identité que l'on se représente de Sagan, et que finalement c'est la romancière elle-même qui devait un tant soit peu caricaturer sa vie et sa manière d'être. Comme Marion Cotillard à "la place" de Piaf, Testud s'est totalement confondue dans l'être Sagan, mais en moins flippant que la môme je trouve (et ça je ne saurai l'expliquer !). Son interprétation toute en justesse est renforcée par les multiples protagonistes entourant l'écrivain, tous admirablement interprétés : Pierre Palmade bien sûr en dandy délicat, Jeanne Balibar en compagne impertinente (un genre de Patsy Stone des "Absolutely fabulous" !) ou encore Guillaume Gallienne jouant le frère affligé de Sagan.

Dommage et mille fois dommage néanmoins que toute cette brochette d'artistes donnant tout à leur jeu et servis par des dialogues effrontés, aient été trahis en quelque sorte par cette réalisation sans âme, fade et sans consistance, à l'image du dernier plan du film montrant Sagan sur une plage à Deauville : lourd en symbolique maladroite, et terriblement mou. Sagan ne se retournera pas dans sa tombe, mais le spectateur lui peut passer son chemin.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mercredi 4 juin 2008

Sur la longue filmographie de l'un de mes barbus favoris, on ne compte que de rares échecs, et encore tout est subjectif, la seule chose que je puisse de mon point de vue d'être humain dépourvu de qualités cinématographiques reprocher à Spielby, c'est sa tendance à la cucuterie un peu trop facile. Citons par exemple "Always" à rapprocher d'un "Ghost" en la matière mais sans Whoopi Goldberg, ou encore "Le terminal", parsemé de raccourcis mélodramatiques légèrement sirupeux. Mais passons... car franchement s'il y a quelqu'un en ce bas monde capable de sublimer une star imbuvable et cabotine, c'est bien Spielberg !

Ray travaille sur les docks et entretient avec son entourage des liens quelque peu superficiels. Alors qu'il "accueille" en week-end ses deux enfants, Robbie et Rachel, des créatures de science fiction enterrées dans les sols depuis des millénaires, ravagent l'humanité en quelques heures dans un déchaînement apocalyptique et prennent le total contrôle du monde...

Attention car voir "La guerre des mondes" ne relève absolument pas du divertissement dans le style "Jurassic park" : il vous prendra sérieusement aux tripes tout en vous accrochant de stress et de peur aux accoudoirs de votre fauteuil. La séance n'est pas du tout relaxante tant elle est jonchée d'éléments dramatiques et de symboles guerriers ; le personnage de Ray, quidam entre les quidams, est pris dans une explosion d'évènements dignes d'une troisième guerre mondiale en quelques minutes. D'ailleurs le film est parsemé d'images propres à la Shoah (les cendres humaines puis les vêtements tombant du ciel, les humains dépouillés de leur substance pour servir la cause du vainqueur, le commentaire du personnage de Tim Robbins : "ce n'est pas une guerre, c'est une extermination"...) mais pas seulement : Spielberg filme avec cohérence et vraisemblance à quoi peut ressembler n'importe quelle guerre, vue de l'intérieur par des personnes jusque là tranquilles dans leur quotidien et ne doutant de rien.

Furieusement banal en quelque sorte et éblouissant dans la forme. La plupart des plans sont magnifiques et tellement soignés qu'il faudrait des décennies d'études en grammaire cinématographique pour les décoder un tant soit peu... Citons humblement ce qui est probablement la scène choc du film : Rachel - magnifique Dakota Fanning - fait une pause pipi derrière les arbres et avec stupeur voit flotter sur les eaux du fleuve, un, puis deux, puis une masse innombrable de cadavres humains... Jusqu'à ce que son père la saisisse et lui ferme les yeux. Explosion de douleur silencieuse, multiples symboles d'une extermination massive, dans un cadre paisible et reposant... Et encore ceci n'est réellement qu'un modeste exemple, tous les plans étant lourds de sens et chargés émotionnellement.

Mieux vaut être en bonne condition psychologique pour tenir le choc de ce chef d'oeuvre immédiat. Et même ainsi, "La guerre des mondes" vous vrillera les tripes de façon lancinante et vous touchera le coeur de façon poignante, sans toutefois vous donner le sentiment de vous être régalé devant une bonne oeuvre de fiction : comme "La liste de Schindler" il vous percutera même dans votre quotidien.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mardi 3 juin 2008

Ridley Scott est l'homme de la demi teinte : capable de chefs d'oeuvre pour l'éternité cinéphilique ("Alien", "Blade runner"...), il peut aussi de temps à autre nous pondre des opus carrément mous et/ou bisseux : "A armes égales" (GI Jane !!!!!), "Hannibal" ou encore "La chute du faucon noir". Néanmoins le bonhomme est tojours attendu au tournant, et pour cause, ses brillants antécédents.

Pendant la guerre du Viêtnam, à New York, Frank Lucas prend peu à peu la succession du grand parrain d'Harlem, son mentor et père de substitution. De part sa discrétion et son intuition dans les affaires, il prend rapidement le contrôle du marché de la cocaïne à l'aide de sa famille et de militaires haut placés, et devient par la-même l'homme à abattre. Un homme, policier et incorruptible, Richie Roberts, va finir par identifier ce nouveau parrain new yorkais...

Voilà un film que Scorsese ne renierait pas ! Avec les Italiens en moins... Carré de bout en bout, on suit pendant près de 3 heures sans ennui aucun les chemins croisés entre le flic intègre et le parrain jusqu'au boutiste. Les personnages ne sont jamais manichéens ni cyniques, et profondément détaillés par Ridley Scott, qui les fait évoluer dans un New York des années 70 dans lequel on s'y croirait carrément ! Le souci du réalisme est poussé dans le conflit viêtnamien, que l'on voit évoluer en même temps que les protagonistes, jusqu'à une déchéance programmée pour l'un d'entre eux. Enfin, depuis la scène d'anthologie de "Heat" entre Pacino et De Niro, mètre étalon en la matière, on n'avait pas vu un aussi somptueux face à face entre deux acteurs monumentaux : Denzel Washington enfin utilisé à contre emploi et sortant définitivement d'une filmographie plutôt lisse (le bonhomme amorçait déjà un sacré virage dans "Man on fire"), et Russell Crowe refaisant surface avec toute son épaisseur, dans un personnage plutôt bonhomme mais ultra ambigu dans sa vie privée.

Pas de manichéisme je vous dis ! Et pas de bémol non plus, regardez le DVD les yeux fermés (miss France, sort de ce sorps...).



par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Samedi 31 mai 2008



Et que le dernier ferme la porte. L'attente d'un Indiana Jones n'est pas aussi douloureuse que celle d'un Romero ou d'un Argento par exemple, mais suscite néanmoins quelques petits guilis guilis probablement causés par l'aura spielbergienne... Surtout que le troisième opus était un petit chef d'oeuvre de malignité, de pertinence dans un contexte historique qui aura marqué l'avenir de chacun, et de brio chez tous les membres de l'équipe. Spielberg était au sommet de sa forme (bon on se calme, il l'est encore !), l'alchimie Connery/Ford était somptueuse, et même les seconds couteaux excellaient dans des rôles approfondis et à leur mesure. Un bel édifice divertissant mais pas seulement !

Alors, 19 ans après Indy revient et tout le monde accourt à ses aventures tant attendues. Les années 50, en pleine guerre froide, Indiana se fait licencier par son université à cause de conflits avec l'armée soviétique à la suite de la quête d'une mystérieuse relique. Peu après il fait la connaissance de Mutt, jeune rebelle à la James Dean, qui détient des informations sur le Crâne de Cristal. Ils partent ensemble vers l'aventure, bientôt rejoints par une ancienne connaissance d'Indy...

Bon alors annonçons la couleur tout de suite, cet épisode est probablement le plus faiblard des 4. Déjà le deuxième "Indiana Jones et le temple maudit" avait quelque peu déçu son public, mais ce quatrième risque de creuser un peu plus l'écart. On reconnaît bien l'élégance de Spielberg dans la réalisation, mais "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal"  se rapproche d'une vague resucée des précédents opus, et surtout du troisième : il y a par exemple le personnage féminin avide de pouvoir et de puissance (même si Cate Blanchett est éblouissante), et aussi le couple Ford/La Beouf ressemble à s'y méprendre mais en beaucoup moins bien, à la fameuse combinaison fils/père orchestrée par Sean Connery. A part Blanchett donc, le casting est assez fadasse voire cucul la praline, il faut voir le couple sentimentalo-mielleux qu'Indy forme avec Karen Allen ! Du grand Spielberg au temps d'Always !!!

Pour le reste il y a beaucoup de blablas, et l'action met un temps fou pour se mettre en place (les 3/4 du film environ) pour finalement nous en mettre plein la vue (éblouissante course poursuite dans la jungle). Mais bon que je ne vous dégoûte pas plus que ça, vous en aurez quand même pour votre argent, car même un petit Spielberg vaut le détour. Le tout est divertissant et vaut le coup d'oeil de loin, pour peu qu'on ne fasse pas la bouche fine.

Rompez !

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Jeudi 22 mai 2008


Quand j'ai le blues du cafard dans les baskets noires, je me tourne vers mes meilleurs amis : les films d'épouvante que j'affectionnais avec Frérot, au tout début de mon apprentissage goresque. Genre ceux des années 80. Alors en cas d'attaque du sombre désespoir foudroyant, j'ai toujours dans ma DVDthèque quelques antidépresseurs au cas zoù. Cette semaine j'ai du utiliser en urgence ce bon vieux "Hurlements" que je n'avais pas vu depuis... foulala... depuis, quoi.

Karen White est une journaliste et présentatrice télé célèbre. Elle décide de mener une enquête sur une série de crimes terrifiants et file rencart à un informateur dans un sex shop, mais cela va tourner au drame et les policiers vont abattre l'indic - finalement LE serial killer - dans le chaos le plus total. Traumatisée par l'évènement, Karen fait une pause, et part en vacances avec son mari dans un centre de repos dirigé par son psychiatre, "La colonie"...

Ah rien de tel qu'un bon vieux poilu d'antan pour vous remettre la gniak !!! Réalisé en 1980, "Hurlements" reste à ce jour le film de loup-garous le plus réussi de tout l'univers. Si si ! Oh y'a bien eu "Le loup-garou de Londres" ou "Dog soldiers" de plus que potable, mais le bon vieux Joe Dante remporte encore tous les suffrages. Pourquoi ? Parce qu'il remplit plus qu'un simple cahier des charges dans le genre, parce qu'il file les chocottes, parce que le scénario est solide, l'interprétation aussi, et que le réalisateur - qui soi dit en passant n'a rien perdu de sa superbe - sait se montrer très ironique dans sa démarche : il glisse ça et là des éléments caustiques notamment via les postes de télé allumés (les 3 petits cochons face au loup !), et donne une image des communautés plutôt sectaire... Outre Dee Wallace Stone au temps de sa splendeur, les seconds couteaux du film ne sont pas non plus négligés : citons ça et là la louve-garou la plus sexy et affamée de l'histoire du cinéma, le vendeur d'objets spirituels (et de balles en argent !) voyant des complots partout, ou encore la tripotée de déglingués vivant dans la colonie.

Alors que d'autres films de la même époque ont terriblement mal vieilli (voire des beaucoup plus jeunes, z'avez maté "Matrix" dernièrement ???), notre "Hurlements" de 28 ans n'a pas pris une ride, y compris dans les effets spéciaux : la scène où Karen figée de stupeur, assiste à la lente transformation d'Eddie, est mémorable... on reste comme elle en deux ronds de flan, frappé par le réalisme malsain de la mutation... Du grand Art encore jamais égalé.

Alors les petits jeunes, qu'est-ce que vous foutez ???

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mardi 13 mai 2008


Autant je me méfie comme de la peste des films français, autant je fais une entière confiance aux choix artistiques d'Albert Dupontel, dont je suis les aventures déliro-créatives depuis Bernie et ses pelles aiguisées sur le rail de l'autoroute. Le réalisateur Jean Becker ne m'intéresse pas des masses car depuis les petites bousculades qu'ont été "L'été meurtrier" (25 ans déjà !) et "Elisa", il a plutôt viré sa veste du côté buccolique et lisse à souhait, voire démago (pour mémoire "Les enfants du marais" ou encore "Effroyables jardins")... mais Dupontel franchement a fait basculer toutes mes balances pessimistes.

Donc. Antoine a tout pour être heureux comme dirait l'autre : une femme gentille, deux gosses adorables, une situation financière ultra confortable, un pavillon cosy avec un golden retriever ; bref il incarne la normalité absolue et l'image de la réussite à la française. Sauf qu'un jour le brillant Antoine va péter un câble, et subitement dire les quatre vérités à qui ne veut surtout pas l'entendre, sa petite famille en pôle position dans ce jeu grinçant et franc... Lors de sa fête d'anniversaire mémorable, il va annoncer à sa petite fille qu'il va partir...

Attention à ceux qui sont tentés par le film, je vais peut être dévoiler dans ce qui suit, le fil principal de l'histoire. Enfin pour rassurer quand même, ce n'est pas un film à suspens du tout à la Kaïser Sozé, et même que la révélation finale est facilement devinable au tout début du film, pour un peu qu'on tende l'oreille et surtout le sens critique. Voire l'expérience des paroles crues, dites uniquement en certaines circonstances. Deviner dès le départ ce que cache Antoine à tout son entourage, gâche d'ailleurs un peu les ressorts dramatiques suivants, et surtout la rencontre toute en émotions larvées et en non dits avec le père bourru et solitaire, exilé en Irlande. Cette remarque résume malheureusement à mon sens tout le film : les ficelles sont un peu grosses, et le final arrive subitement comme une perruque échevelée dans la soupe ; on aurait aimé un peu plus de subtilités scénaristiques sur un thème ô combien magnifique et dérangeant.

Malgré cela on est immédiatement happé par le jeu d'Albert Dupontel (j'avais raison !!!), dont le personnage se voudrait ignoble, mais qui somme toute gagne en sympathie sadique le spectateur qui voudrait de temps en temps dans sa vie réelle, asséner légitimement le coup de massue à son entourage des appréciations - pas des jugements - criantes de vérité. Le film vaut son pesant d'or uniquement grâce à sa présence. Uniquement, enfin presque, car il est toujours exceptionnel d'entendre la prestation de Serge Reggiani sur "Le temps qui reste", ici au générique de fin.

Histoire de nous rappeler à l'ordre et de faire des piqûres de rappel sur la fugacité de la vie. Il n'y a que l'imminence de la mort pour réveiller cette dernière authenticité.

par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur
Mercredi 30 avril 2008


[REC] est un film concept réalisé par Jaume Balaguero et Paco Plaza. Le premier s'est d'ores et déjà illustré dans le domaine fantastique, et de façon plutôt brillantissime, puisqu'il a crée les perles noires que sont "Darkness", "Para entrar a vivir" ("A louer" in french) et surtout "Fragile" mon petit préféré. Alors imaginez la tronche des fans de films d'horreur quand ils ont appris que le sieur allait s'attaquer au thème des zombies ! Pour ma part je n'arrive même pas à décrire mon état d'attente subjuguée, c'est dire.

Les mots me manquent.

Je suis émue.

Réalisateur espagnol + zombie + vision subjective à la caméra = AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!

Voilà c'est tout ce que j'ai à dire.

Bon non quand même je vais essayer de faire mieux : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Vous comprenez maintenant ?

L'histoire : Angela fait un reportage sur les métiers de nuit, et avec Pablo, son caméraman, elle va suivre une équipe de pompiers pendant leur travail. Espérant ne pas tomber sur des appels au secours dramatiques pour faire un sujet léger, l'équipe ne va pas tarder à être appelée dans un immeuble où une vieille dame a besoin d'être secourue. Mais la situation va tourner au véritable cauchemar quand celle-ci va sauvagement mordre à la gorge l'un des policiers également sur les lieux. Surtout que les autorités publiques vont clore l'immeuble par mesure de sécurité, car un virus expliquant le comportement ultra violent de la locataire âgée, se serait propagé dans les murs. Coupés du monde, bientôt assaillis par les nouveaux contaminés, les survivants vont être filmés par Paco pris lui-même dans la tourmente...

Allez on va commencer par les très très bonnes choses : le film passe à une telle vitesse qu'à la fin vous vous retrouvez littéralement sur le cul, et en général quand on ne s'ennuie pas, c'est plutôt bon signe. Il est aussi de courte durée (c'est pour ça aussi qu'il passe vite, ouh que je suis intelligente) et concentre par la même une extrême palette d'émotions exacerbées. Effectivement tout y passe dans l'ultra stressant : l'angoisse, la peur, la panique, l'effroi, la terreur ; ne vous attendez donc pas à une cueillette de pâquerettes dans un joli champ de tournesols ! On sort de la salle avec une sensation diffuse de malaise vissé dans les tripes. Ce climat de flippe palpable et ressentie vivement, est induite par la réalisation subjective de caméra sur l'épaule : vous êtes au centre de l'action car c'est vous en quelque sorte qui filmez les évènements, et ainsi vous avez l'impression de partager ces moments avec tous les protagonistes. Le final par exemple est rendu terrifiant par le procédé utilisé : l'électricité est coupée dans l'immeuble, renforçant l'extrême panique des survivants tatonnant dans le noir alors qu'ils viennent de faire une découverte des plus glauques. Le caméraman est obligé ainsi d'employer la vision en infra rouge, focalisant sur sa collègue aux yeux écarquillés, littéralement cristallisée par la peur... Depuis la scène entre Clarice Starling et Buffalo Bill dans "Le silence des agneaux" où cette méthode avait aussi montré son efficacité, on n'avait pas eu aussi peur du noir...

Vous avez compris, Balaguero et Plaza jouent avec nos nerfs et nos peurs primales jusqu'à la toute dernière minute : peur du noir donc, mais aussi peur de l'autre (les Chinois s'en prennent plein la gueule dans les jugements racistes des voisins les accusant des pires maux, c'est à la mode d'ailleurs !), peur de la solitude, peur de la mort, de la maladie... Les deux sadiques n'hésitent pas non plus à nous balancer dans la tête des images que nous ne sommes pas habitués à voir, tant la démagogie règne dans la plupart des films et séries actuels : une femme âgée attaquant deux hommes de façon frontale et viscérale, une fillette contaminée poussant des cris immondes de bête enragée, sa mère menottée à l'escalier et voulant lui prêter secours puis laissée pour compte quand les zombies vont attaquer les survivants...

Dérangeant.

Maintenant ce qui fâche un chouia : les réalisateurs se vantent un peu partout d'avoir conçu un film unique au monde du fait du parti pris du spectateur vivant les mêmes cauchemars que les survivants, mais le procédé a été ultra popularisé par "Le projet Blair Witch" puis "Cloverfield" plus récemment, donc pour le concept novateur on repassera... Il est vrai néanmoins que [REC] ressemble plus à une partie de jeu vidéo que les deux films cités, mais ce n'est pas une révolution tout de même. Ensuite, le casting n'a rien de transcendant ; en même temps les réalisateurs ont du vouloir prendre des acteurs lambda (voire des amateurs) pour que le film soit le plus réaliste possible. Démarche compréhensible mais qui aurait gagné en épaisseur avec d'autres protagonistes. Aussi le scénario est franchement tiré par les cheveux, alors que laisser planer le mystère aurait pu renforcer l'angoisse : les auteurs s'acharnent tout du long à expliquer à l'aide de différents indices les origines du virus (encore une fois la comparaison avec le jeu vidéo peut être faite) et c'est plutôt tarabiscoté (mais je suis drôlement fière qu'une portugaise soit le point de départ de tout ce bordel !!!).

Bon les points négatifs ne sont pas catastrophiques loin de là, et [REC] captive en un instant pour peu qu'on laisse ses petites chipoteries au vestiaire. Il ne fera pas date comme son grand frère "Le projet Blair witch" parce que précurseur en son genre, mais il deviendra instantanément l'un des DVD à obtenir absolument de toute urgence. Le support télévisuel devrait d'ailleurs renforcer le côté télé réalité voulu par les réals, le grand écran devenant ici plutôt accessoire. Et puis, c'est tout ce qu'on lui demande, il vous flanquera une bonne trouille au ventre et une crispation nerveuse aux accoudoirs, comme rarement vous en avez vécu virtuellement...

Diable que c'est bon !
par Suzy Dumeur publié dans : Ciné Dumeur

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