« Doberman »
avait fait en son temps fortes sensations chez les fans de genre hexagonal. C'était le temps des Kassovitz, des Gans, et une lueur de renouveau, que dis-je de nouveau tout court (à part Les yeux
sans visage de Franju, que dalle de notable sous le soleil fantastique franchouillard ; rappelez-moi la date de production de ce bijou noir d'ailleurs ???) pointait au bout du tunnel du
néant intersidéral de la créativité fantastique mad in France. Fâcheuses illusions d'ailleurs, puisque les frais élus prometteurs ont eu vite fait ou de payer les fours d'un milieu
« artistique » masturbateur pas encore prêt à cette mutation, ou de s'exporter dans des contrées plus chaleureuses dans ce domaine, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs.
Jan Kounen avec « Doberman » faisait partie de ceux-là. Le gars a eu d'ailleurs beaucoup de mal à rebondir après cette œuvre-ci, et encore plus après « Blueberry », véritable échec commercial. Qu'est-ce qui a fait que Kounen a donc été choisi pour réaliser l'adaptation du best seller de Beigbeder, méga production, avec dans le casting l'une des stars nationales les plus plébiscitées par le public ? A priori mystère.
Octave Parengaut est un publicitaire renommé, ultra cynique, cultivant un parisianisme méprisant, en symbiose toutefois avec les compétences requises pour son poste, puisque dans ce domaine il s'agit de plumer le plus de monde possible tout en les manipulant dans le bon sens du poil. C'est aussi un capricieux narcissique, arrogant, immature et pisseux, toxico à l'adrénaline, celle-ci étant favorisée par moults substances illicites qu'il se met régulièrement dans le pif... Largué par sa petite amie enceinte de ses œuvres, Octave prend subitement conscience du vide de son existence...
Après visionnage, on comprend pourquoi Kounen a été choisi pour tourner le film : à l'image de « Doberman », « 99 francs » ressemble fort à une bande dessinée animée (et pas un film d'animation fluide, nuance !), où les personnages subissent des traitements infligés par un Tex Avery sous ecsta aux manettes. La réalisation est brillante et découpée en vignettes psychédéliques, mais cette qualité évidente est contrecarrée par... elle-même. En effet, Kounen ne raconte pas une histoire, mais peint plutôt avec une large palette de couleurs saturées, une succession de saynètes sans vraiment de cohérence les unes avec les autres. Qui ressemble fort d'ailleurs au découpage du roman, dont on a beaucoup de mal, plus d'une décennie plus tard, à restituer le contenu du livre. Le film est-il fidèle au roman ? De quoi parle le livre au final, à part le pétage de plombs d'un publicitaire cynique ? Difficile de le dire !
Beigbeder dans « 99 francs » et Kounen dans son adaptation cinématographique, ne racontent pas une histoire académique avec un début et une fin, mais dépeignent avant tout un univers cynique sous Prozac avec une furieuse virtuosité, un peu comme Terry Gilliam en son temps avec « Las vegas parano ». C'est visuellement riche, coloré, épileptique, mais globalement froid et sans âme.
Vide de toute substance.
Pour mieux dénoncer nos sociétés occidentales buveuses de Coca et les consommateurs bêtes à bouffer du foin que nous sommes ?

- Bonjour Suzyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !
- Alors voilà je vous explique mon problème, mais j'ai tellement honte...
- Non Suzy, parle, ça fait du bien d'évacuer ses difficultés, c'est la voie de la guérison !!!
- Bon allez je me lance... en fait dès que je vois une jolie affiche et certains mots clés dessus, je n'ai qu'une envie : voir le film, même si je sais d'instinct que ça va être une grosse daube, ben j'y vais quand même, je ne peux pas m'en empêcher, c'est comme une drogue, une pulsion incontrôlable ! Aidez-moi ! Je vous en supplie !!!!
- Mais à quand remonte ton dernier navet ?
- Ben c'était aujourd'hui en fait... mais ça dure depuis plusieurs jours, j'ai vu 2 films tout pourris dernièrement tout ça parce qu'il y avait "diable" et "mortelle" dans les titres... oui je sais, je suis faible, je sais que c'est pas bien mais je le fais quand même, je suis impardonnable !!!!!
- Raconte comment ça s'est passé précisément...
- Alors Prom night c'est l'histoire de puceaux lycéens qui vont à leur bal de promo. Parmi eux y'a Donna, qui a vu toute sa famille décimée par un maniaque amoureux d'elle. Elle voit une psy et tout et tout, et celle-ci arrive à la convaincre de vivre sa vie de jeune gourdasse décolorée comme si de rien n'était. Alors la Donna elle va à son bal de promo avec son Ken de service, même qu'il est comme deux ronds de flanc quand il la voit descendre les escaliers de la maison familiale en robe beige. D'ailleurs on dirait que dans les pavillons américains, y'a des escaliers exprès pour que les blondasses elles fassent leur show avant de perdre leur pucelage sur la banquette arrière d'une Pontiac. Ah oui y'a un truc dont il faut que je vous parle aussi, je peux pas m'empêcher de dire du mal de tout le monde, c'est fou ça, je suis mauvaise, mais alors mauvaise !!!!!
- Vas-y parle, tu es sur la voie de la rédemption, Dieu te pardonnera lui, il n'est pas trop tard !!!!!
- Ca me rassure là, je ne suis qu'une méchante pécheresse ! Bon je continue avec le film, enfin avec le truc là... alors comme de bien entendu, le psychopathe il va s'évader et va pourrir le plus beau jour de la viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie - mariage mis à part cela va sans dire - de toute la clique de jouvenceaux qui sont venus là pour s'éclater avec une maousse limousine à papa, et surtout gagner le concours de la reine et du roi de promo. C'est pas bien !!!!!!!!!!!!!
- Oh non c'est pas bien !!!!
- Le pire c'est que des scénars comme ça y'en a eu d'autres (un certain Carrie d'un réalisateur inconnu par exemple), mais alors à chier à ce point, c'est pas humain là... Le casting est bête à bouffer du foin, les poufs elles gloussent non stop et se maquillent toutes les 10 minutes, la Donna en question elle est tellement bêtasse que pendant une alarme d'urgence, elle prend l'ascenseur pour aller chercher son sac à main et l'écharpe de sa mère au 3ème étage... Bah oui elle avait le nez qui brille la pauvre... Donna, pas la mère hein, elle a plus de nez l'autre dans son cercueil... faut encore que je vous avoue un truc... c'est pire que tout...
- On t'aime Suzyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !!!!
- Pas sûre après une confession pareille... bon allez je me lance... j'en peux pluuuuuuuuuuuuuuuuus, faut que je le dise. Des fois, j'ai envie que les gens meurent. Pas les vrais hein (quoique ?) mais dans les films, quand ils sont comme des burnes, je rêve à des tortures suivies d'une mise à mort carnassière... c'est pas bien !
- ...
- allez je continue, je suis lancée, ça me fait un bien fou, merci de m'écouter les gars !!!!!! Le pire quand même dans l'histoire, c'est qu'il n'y a absolument rien à racheter, rien je vous jure. Les abrutis de jeunes ils sont tués comme si le psychopathe avait signé une charte de respect à Amnesty International, et le taré justement parlons-en, il pourrait racheter le film, bah non même pas, il a le charisme d'une endive le con. Et le réalisateur il a pompé plein de scènes au "Silence des agneaux", et il essaie de faire stïïïïle dans sa mise en scène, genre ouh qu'elle est belle cette poignée de mains. Alors vous attendez une bonne scène de cul à vous mettre sous la dent, comme dans tous les Vendredi 13 : là aussi ceinture, ils fichent même pas la langue quand ils se bécotent, alors que pourtant à cet âge là les hormones travaillent grave et les gars ils rêvent que d'enfourner leur grosse...
- arrête Suzy, on fait une pause !!!! Respiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire !!!!
- Non non non je peux plus, faut que je dise tout TOUT !!!!!!!!!!! J'ai autre chose à avouer...
- Encore ????????????? On en garde un peu pour la prochaine séance ????
- J'arrête pas de dire du mal des blondes aussi. Je comprends pas pourquoi, j'ai des amies qui sont blondes, et l'actrice que je préfère au monde elle aussi elle est blonde :

- hé bien euh... peut être, on va d'abord vous prescrire 158 séances de groupe à 125€ après on verra ce que ça donne hein...
- Ah ! Parce qu'il y a le dernier Argento qui sort et là je sens comme une pulsion d'acheter le DVD métallique en technicolor à 859€, et de ne plus avoir du tout de vie sociale, même si à Mad ils disent que c'est nul à pleurer ??? Je sens la rechute, aidez-moi !!!!!
- ... le numéro que vous demandez n'est plus attribué... tududute...

Donc un groupe d'anciens camarades de lycée part pour une virée sur un yacht. Ils ont pris de l'âge mais ils n'ont pas profité des effets de la maturation pour gagner des neurones. Dans le lot il y a une mère de famille avec un poupon de 6/7 mois je dirai à vue de nez (vous verrez ça a son importance le chiard plus tard. Oh ça rime !), plus les sempiternels abrutis dignes d'un survival en pleine mer. Mais pourquoi dis-je abrutis là tusuite ? Passke !!!!! Non en fait il faut 5 minutes chrono pour s'apercevoir du néant intersidéral qui réside dans leur boîte crânienne, et bon sang ne saurait mentir, au bout de 20 minutes de métrage à peu près, ils commettent THE boulette : oublier l'échelle qui permet de regrimper dans le yacht. Oh ben c'est ballot tiens ! Donc les vlà tous à la flotte, et sur le bateau il n'en reste qu'une mais qui ne pourra pas être d'une grande aide aux adultes même si elle est probablement plus intelligente que tous les naufragés additionnés : la môme...
Oh ben on dirait à mon ton subtil que je n'ai pas aimé le film ? Je suis vraiment méchante, y'a pas à tortiller. Bon allez je vais plaider ma cause : rarement je n'ai vu autant d'imbécillité concentrée en 1H40, tout ça pour justifier les grosses ficelles scénaristiques tenant cahin caha le film pendant tout ce temps. Sûre que si le QI était à la hausse sur le yacht, le film aurait duré 20 minutes à tout casser, alors faut vraiment cautionner toutes ces conneries donnant une piètre image de l'espèce humaine. Pour un peu on se surprend à attendre sadiquement la venue des grands squales pour délivrer le spectateur, on leur en aurait pas voulu ce coup ci de boulotter de la viande à deux pattes, ben non même pas, pas un aileron à l'horizon, que dalle. Les acteurs sont lamentables, les dialogues sont lamentables, le scénario hum-hum tient sur le string de la blondasse de service, enfin en un qualificatif c'est : AFFLIGEANT. Vous voulez des exemples ? Au lieu de chercher à s'en sortir, la blonde bête va se mettre à prier, elle qui habituellement serait plutôt du style à choper des chtouilles en boîte tout en vomissant ses 4 grammes d'alcool. Là elle se rappelle que Dieu peut être existe, et pourrait lui venir en aide si elle est très très gentille (effectivement elle l'est, très très gentille, mais n'empêche elle va quand même crever, oups spoiler !) ; alors un autre crétin de philosopher sur l'existence de Dieu et patati patata. Autre exemple : le bêtaud qui a oublié l'échelle en sautant (soi-dit en passant, c'est l'acteur qui joue le très canon chirurgien esthétique dans Grey's anatomy) faut préciser quand même, s'est balancé à la flotte avec une aquaphobe, la seule qui aurait du rester à bord normalement. Et leur venir en aide.
Respire.
J'en ai encore : à un moment un téléphone portable sonne. Un gars réussi à le topper (quand ça arrange le scénario les bras peuvent être longs et attraper des trucs à bord, si si) mais bien sûr l'hystérique de service trouve le moyen de l'arroser copieusement, et le gars of course, ne vérifiant même pas s'il est hors d'usage, qu'est-ce qu'il fait ? Ben il le balance à la flotte normal, vous feriez pas pareil vous naufragé en pleine mer en plein cagnard ? Non vous feriez pas pareil ? J'ai une bonne nouvelle pour vous : vous n'allez pas mourir !!!!! Enfin pas tout de suite. C'était l'acte le plus stupide de toute l'Histoire du cinéma, avant c'était le jet de carte dans la rivière dans "Le projet Blair witch", maintenant il est détrôné. Largement. Bon j'arrête là, parce que franchement et sans aucune exagération méditérranéenne de ma part, le "film" est plein de stupidités incohérentes dans ce genre et à la fin c'est très très énervé par autant de médiocrité, que l'on arrête le visionnage pénible de cette pellicule là. Même dans les slashers les plus bêtauds, je n'ai jamais assisté à autant de bêtises prétextes à un film qui n'aurait jamais dû exister finalement, l'hydrocution aurait dû éliminer tous les protagonistes au bout de quelques heures seulement.
Stupidissime.

C'est que je voudrai pas être impardonnable encore, et blesser ton petit coeur tendre.
Andréa vient d'obtenir son diplôme de journaliste dans une école prestigieuse, et cherche du travail à New York. Elle se fait embaucher dans le magazine de mode luxueuse Runway et devient l'assistante de Miranda Priestly, patronne tyrannique et imbuvable...
Bon par quoi je commence ? Et bien en fait ce film ressemble à toutes les comédies sentimentales que j'ai pu voir jusqu'à maintenant (hé vous foutez pas de moi, c'est histoire de comprendre l'être humain toujours !!!), du coup j'ai deviné sans grand mal, tout ce qui allait se passer. Alors au début la fille très intelligente, un peu popote avec sa taille 6 (je ne connais pas l'équivalent en français, mais ça doit pas être énorme, genre 38 ou 40) méprise ouvertement le monde léger et superficiel de la mode. Pis au fil du temps elle va prendre plaisir à se ballader avec un sac à main à 1600€ (moi pour le même prix je passe un mois à Florence, et en plus je rends la monnaie, mais bon respectons les priorités des autres) et à se saper grave branchouille que tout le monde même Miranda ne la regarde plus de la même façon. Ca s'appelle avoir de la personnalité et s'affirmer, si si. Alors forcément ses anciens amis un peu pareils qu'elle avant sa transformation, ne vont plus la comprendre et ça va friter grave avec son petit ami, qui l'aimait bien comme elle était avec son pull bleu cyrulléen. Ou cyrillien. Enfin je sais pas le nom de la couleur, je sais écrire Nazareth mais pas cyrumachin-bleu.
Oh pis tiens je suis bien lancée, je vais vous raconter la fin. Alors Andréa elle va découvrir le monde merveilleux et rutilant de la mode, et même se faire aveugler par tout ce strass à 10 000 $ le caillou, perdre encore 2 tailles, et oublier la personne qu'elle était à l'origine et chier sur la faim dans le Tiers Monde, elle la grande reporter en herbe, oué c'est pas beau mais je vous rassure à la fin elle va retrouver son âme, parce que Miranda lui aura dit : "on se ressemble beaucoup toutes les deux", alors bonjour le modèle de référence hein, c'est pas joli-joli. Elle va recoucher avec son petit ami, décrocher un job honorable, bref ne plus flirter avec ce monde de vipères superficielles en Gucci.
Bon je vais pas être peau de vache complètement, ce film est divertissant avec ces grosses ficelles et voilà c'est tout ce qu'on lui demande au final. Moi j'ai d'autres formes de divertissement préféré c'est tout, comme imaginer des têtes qui explosent ou des répliques qui tuent de la mort, ou encore regarder des films où les gens se font amputer avec un petit couteau à beurre parce qu'il y a un truc non identifié qui vit à l'intérieur. Et puis on peut remercier "Le diable s'habille en Prada" d'avoir ouvert la voie à de vraies saloperies sur escarpins comme Patty Hewes dans Damages (l'histoire est quasi calquée sur ce film) ou encore Lucy Spiller dans Dirt. Certes Meryl Streep est très bonne, mais pas dangereuse ou vénale pour un sou franchement... Même pas peur !
Diable est nettement usurpé comme terme pour définir ce genre de personne... le mien à moi de diable déambule en chemise de nuit tachée de vomissures, s'enfonce des crucifix dans la foufoune, et a des répliques autrement plus périlleuses que "ouh il y a des freesias à proximité, je n'aime pas les freesiaaaaaaas". Non la mienne de diablesse, elle serait plutôt du genre à éructer "ta mère suce des queues en Enfer !!!!!!!!". Tout est une histoire de référence !

Et puis "Les ruines" de Carter Smith est arrivé. Pas excessivement révolutionnaire mais assez atypique pour être souligné. Rendons lui hommage.
Un groupe de djeun's à Cancun pratique joyeusement le Sea Sex and Sun, le tout arrosé d'alcool sans ça la fête est plus folle. Ils décident le dernier jour de leurs vacances, de rejoindre le frère de l'un d'entre eux, archéologue et actuellement sur le site d'une pyramide inconnue des guides touristiques. Arrivés sur place avec les moyens du bord (en taxi, qu'il faut rappeler pour le retour sauf qu'il n'y a qu'un seul portable qui capte...), paumés dans une jungle hostile, le petit groupe va faire soudain connaissance avec les autochtones, pas franchement accueillants : ils abattent l'un d'entre eux et séquestrent les vacanciers sur la pyramide. Ces derniers ne vont pas tarder à comprendre le comportement des habitants du coin et faire face à un Mal des plus sournois...
Loin des sentiers de torture gratuite foisonnant sur les écrans ces derniers mois et voués à une disparition certaine, "Les Ruines" ne manque pourtant pas de cruauté à l'égard de l'espèce humaine (qu'est-ce qu'ils morflent par les temps qui courent nos concitoyens ! Pas de trêve estivale !). Ici pourtant point d'humains tuant des humains, mais le Mal qui s'insinue dans la chair et les esprits des protagonistes prend des airs de revanche millénaire, puisque c'est dame Nature qui reprend justement, mais sadiquement, ces droits sur la toute puissance arrogante de nos chers êtres imberbes à deux pattes. Les joyeux vacanciers légers et insouciants, américains pour la majorité, vont bientôt se rendre compte qu'ils sont seuls au monde, abandonnés par tous, très éloignés du confort de vie occidentale auquel nous sommes pour la plupart accros : pas de McDo ni de bouteille d'Evian à l'horizon, pas de bains à remous ou d'antiobiotiques, et encore moins de Wifi ou de sauvetage via satellite par l'US Air force. Là bas dans ce désert vert, c'est la jungle qui commande et qui assène son droit de vivre ou de mourir.
Surtout ce dernier d'ailleurs. La Nature se propage tel un cancer, et les moyens pour la contrer sont dérisoires et vains : il faut voir les personnages gangrénés peu à peu par cette lèpre verte, s'automutiler de façon désespérée, ou encore improviser une opération d'amputation des deux jambes sans aucune anesthésie et avec un petit couteau de fortune... Sinistre et profondément cruel ! Mais encore une fois pas de surenchère gratuite dans ses actes de dépeçage, le réalisateur ne se lance pas dans le voyeurisme flatteur du gogo en mal de sensations fortes, mais sert ainsi totalement la cause de ce Diable Vert mangeur d'humain. Et franchement il n'y a rien de jouissif dans ces mises en pièce là, à moins d'être une plante verte délaissée en pleine canicule pendant les vacances !
REVENGE DE LA CHLOROPHYLLE !!!!
En tout les cas, "Les ruines" vaut vraiment le coup d'oeil, pour peu qu'on ne soit pas trop sensible tout de même... et Carter Smith fait partie désormais des jeunes réalisateurs à suivre.

Hancock a des supers pouvoirs qui lui permettent de voler, de soulever des tonnes avec le petit doigt, et surtout d'être immortel ; et même s'il lui arrive de sauver la veuve et l'orphelin comme tout super héros qui se respecte, il est la plupart du temps incapable de gérer ses immenses facultés car alcoolique, et manquant totalement d'empathie à l'égard du genre humain. Hancock coûte des millions de dollars à la société par ses destructions massives, et en plus, il est haï par la population locale qui le prend pour un looser antipathique. Mais un jour Hancock sauve un expert en communication, qui lui propose en échange de redorer son blason...
Pas aussi corrosif qu'un Borat mais pas mal dans son genre quand même ! Notre antihéros est crade, négligent, colérique, sauve la populace une bouteille de bourbon à la main, et a tendance à coller des coups de tatanes à ceux qui le cherchent (voir l'expédition dans les astres du blondinet Micha, que certains auront reconnu comme le Michael Myers du remake de Zombie !). Voire à mettre des têtes dans le cul ! Epique ! Il n'hésite pas non plus à virer le - beau - fessier à l'air, des petits nenfants attendant patiemment devant un camion de glaces, tout ça pour voler un cornet au chocolat après une mission ardente ! Enfin je ne vais pas vous raconter tout le film non plus... Will Smith en plus, fait vraiment mouche avec ses réparties courtes mais assaisonnées, sans en faire des tonnes dans la phrase qui tue. Le seul bémol est cette tendance américaine lourdingue de rendre le discours consensuel et d'expliquer les origines d'Hancock, permettant de comprendre son comportement actuel, forcément dérangeant pour la masse. Le film prend un virage complètement inattendu et pas vraiment bienvenu au moment où le personnage de Charlize Theron prend de l'ampleur, cassant le rythme libertaire et inconvenant initié par l'antihéros.
On - je - aurait aimé qu'Hancock reste le sale con qu'il était mais bon... Néanmoins le film ne dépasse pas les limites gentillettes, il ne cède pas à la mièvrerie made in Disney et garde un caractère irrévérencieux fortement apprécié par les temps qui courent. Non le miel ne coulera pas sous les ponts !
HANCOCK FOR PRESIDENT !

Oubliés ceux là. Les histoires s'amoncellent dans un tel brouhaha scénaristique, qu'à moins d'avoir une mémoire pachydermique ou d'être un fan absolu aux multiples visionnages, il est impossible de relier les points liant les protagonistes entre eux, surtout que certains d'entre eux ont la fâcheuse tendance à mêler les pistes (toujours) et même de s'être connus avant le crash de l'avion ! Ainsi le dernier épisode de la saison 3, dévoilait la relation entre deux personnages phare de la série, sans bien sûr révéler au début de la 4, les tenants, aboutissants et sens de cette accointance là. Histoire d'entretenir un suspens complètement délavé par la suite et de brouiller de façon invraisemblable le peu d'histoire consistante qu'on avait réussi à décrypter à la force d'une intense concentration. Mieux qu'un film de zombie ou de fantôme, les morts reviennent, le temps se délie, les hypothèses de la présence des survivants foisonnent : île = purgatoire ? Histoire = invention d'un des persos au passé psychiatrique douteux ? Mise en scène grandiose d'une télé réalité à la Truman show ? Conspiration paranoïaque avec bidouilles génétiques sur les embryons ? Laboratoire freudien ou sectaire ?
Et j'en passe et des meilleures, et à force de tourner en rond, on finit par s'énerver et n'en avoir plus rien à faire des sempiternels questionnements sans cesse remis en question et délayés par d'autres pistes nouvelles inexploitées. Ras le bol ! Je me suis donc arrêtée au 5ème épisode de la saison 4, celui-ci donnant encore naissance à une énième hypothèse sur une quatrième voire cinquième dimension - à moins qu'il ne s'agisse d'un retour vers le passé futur - alors que les deux premiers évoquaient le retour des survivants dans leurs pays respectifs. Déjà plus exploitée cette idée là.
Lost une série pour personnes très très intelligentes ? Ou un fourre tout pratique pour scénaristes incapables de mener de riches idées à bien ? En tous les cas je laisse le débat à d'autres. Marre de perdre mon temps à ses conneries masturbatoires anorgasmiques !

Sauf que ça ne s'est pas vraiment passé comme ça.
Pour l'histoire ça va être très simple : j'ai pas tout compris. Ca n'est pas parce que c'est hautement philosophique et bourré de sens à décoder (genre une branlette à la Godard doublée par Desplechin), non non c'est juste que ce film est illisible. Au début j'ai cru que ça venait de mon écran d'ordinateur, mais après avoir fait tous les réglages et m'être rendue sur des forums de spécialistes, je me suis aperçue que non en fait, non. Donc ce que j'ai pu en décrypter tant bien que mâle : un Alien a été pondu dans le ventre d'un Predator et ô surprïïïïse ! quand le divi nenfant jailli de son Kinder (j'aurais jamais imaginé qu'un Predator ça pouvait avoir un ventre mou et par conséquent crevable ?), ça a donné un Predalien. A moins que ce ne soit un Alipred ? Vite une aspirine. En tous les cas il est très très méchant le rejeton, et quand il atterrit sur Terre (oups pas jolie comme formule mais en même temps je critique pas un chef d'oeuvre hein), il va pondre partout et dégommer de l'humain aussi. Jusqu'à ce qu'un Predator arrive, et là ça va être le charclage total à tous les étages, les têtes vont tomber je vous le dis.
Quand même, j'ai du m'y prendre à 3 reprises pour voir ce truc jusqu'à la fin. Parce que franchement faut être motivé, et bourré d'illusions aussi ; je pense que bourré tout court ça peut aider, et le mal de crâne du lendemain ne sera pas forcément dû à l'alcool. Comme je le disais juste avant toutes ces digressions, le film est IL-LI-SI-BLE ! C'est saccadé, monté épileptiquement, filmé dans le noir avec des pieds bots, et du coup on ne fait absolument aucune distinction entre les Predators et les Aliens, à part quand il y a une rasta en contre jour. D'ailleurs si ça se trouve ils étaient même pas plusieurs les monstres ? Serait-ce volontaire par un manque de moyens financiers ? Dans ce cas je préfère nettemment Ed Wood ou Sam Raimi, de vrais virtuoses poétiques qui ne se la pètent pas, EUX. Quant au mélange Prédatruc, lui aussi est inexistant par son inconsistance, je lui prédis une grande carrière dans "Les feux de l'amour" ; tout comme d'ailleurs, TOUT le reste du casting, lamentable, bêtaud, aussi bons acteurs que les chefs d'atelier de Carglass dans le Berry. Le scénario idem, inexistant, stupide, pourrave, d'une platitude extrême, sans aucune scène d'action digne de ce nom. On est loin, très loin, des militaires dépassés par la situation apocalyptique dans les Cameron et McTiernan.
D'ailleurs on est loin, très loin de tout, à part peut être pour la bande originale mais que j'avoue ne pas avoir entendue (à Mad ils disent qu'elle est brillante), car j'étais plutôt concentrée sur cette marche funèbre là :
Ou comment massacrer pour la seconde fois deux légendes du septième Art. Je vous jure que je n'assisterai pas aux obsèques du troisième.

Quand on fait des remake, si on n'innove pas un tant soit peu sur le concept de base ou qu'on n'apporte pas sa patte particulière, je ne vois pas l'intérêt d'en réaliser un ! Ce succédané d'original est pâle à tous les niveaux, autant que son actrice principale pourtant glaciale en diable habituellement. C'est mou, sans saveur, lisse, stéréotypé, formaté à "l'esprit" hollywoodien et aussi insipide que le mal dont les humains "souffrent" dans le film. Certains ont vu une idéologie nauséabonde dans ce film, j'en viendrai à dire que malheureusement même pas, au moins ainsi il serait détestable tandis que là ce remake insignifiant ne suscite que pitié, énervement voire complète indifférence pour les plus calmes d'entre nous. Pitié pour Nicole Kidman qui prend l'air effrayé au lieu du neutre de rigueur, pitié pour Daniel Craig dans un rôle creux de médecin bellâtre, pitié pour Oliver Hirschbiegel, génialissime réalisateur de "La chute" non dépourvu en sentiments de tous ordres celui là, et enfin pitié pour les spectateurs qui par devoir, ont enquillé la totalité de la pellicule pour voir si et espérer que.
Que dalle en fait. Alors par pitié puisqu'il s'agit de cela, matez-vous "Body snatchers" d'Abel Ferrara "remake de" lui aussi, mais terrifiant et véritable diatribe angoissante contre les institutions laveuses de cerveaux (je ne peux pas me prononcer sur l'original, je ne l'ai pas vu !). Quant au machin avec Nicole, aussitôt vu, aussitôt oublié, signe que l'invasion a déjà commencé ?!

Grace, son mari Adam, et sa soeur Lee passent leurs vacances en Australie. Après avoir visité une ferme aux crocodiles la veille, ils décident de partir à la pêche dans les mangroves avec un guide local. La petite expédition vire au cauchemar quand un crocodile retourne la mince embarcation et s'en prend violemment à l'accompagnateur. Les 3 survivants se réfugient dans un arbre, étroitement surveillé par le saurien affamé. Ils sont seuls, isolés dans une région hostile, sans vivres, sans moyen de communiquer, et avec pour seul espoir de retour une frêle coquille de noix retournée...
Avec "Black water" on se croirait au bon vieux temps des "Dents de la mer" ! Ce n'est pas le Maître qui est aux commandes, mais deux petits gars à la réalisation qui se débrouillent plus que bien pour susciter des frissons de frayeur rien qu'avec quelques plans crocodiliens. La bête n'apparaît qu'à 5 ou 6 reprises (en plus elle n'est pas virtuelle, c'est un bon vieux croco des chaumières) mais son fantôme plane dans toutes les scènes et dans l'extrême tension suscitée par sa possible présence dans ces eaux boueuses et infestées de bactéries. Traucki et Nerlich (les 2 metteurs en scène) parviennent à instaurer un climat de désespoir, surtout après les multiples tentatives avortées des 3 protagonistes de se sauver de cet enfer marécageux. Je ne vous dis pas s'ils y arriveront, en tout les cas le film se termine sur une note cruelle comme le cinéma australien en abonde par ces temps ci.
Gageons que le "Rogue" de Greg McLean risque de nous en mettre plein la tronche aussi niveau sadisme, rappelez-vous mesdames et messieurs de son dernier opus "Wolf creek"... Et pendant ce temps là en France...
PS : en France y'a quand même eu "A l'intérieur", mais bon...


