Madame, Monsieur,
C'est en effectuant complètement par hasard une réservation sur le site de voyages SNCF, que je suis tombée sur vos nouveaux concepts de voyage personnalisé : IDZen et IDZap. Toujours complètement par hasard j'ai choisi le Zen, me disant que j'allais probablement être fatiguée de mon aller-retour Paris Nimes sur à peine deux jours ; un peu de calme est toujours bon à prendre dans ces cas là.
Zen donc.
C'était le 10 juin 2008, départ de Nîmes 19H50.
Je suis entrée dans le compartiment et là ô surprise ! je m'attendais vaguement à des personnels de bord rasés comme des bonzes en toge orange, disséminant ça et là des vapeurs d'encens avec en bruit de fond une cascade tibétaine, mais non, il n'y a rien eu de spécial, rien de rien même, et ça ressemblait vaguement à un voyage normal dans une voiture TGV lambda. Probablement que c'en était une de voiture lambda, c'est pour ça sûrement que tout a paru normal. J'ai fait comme d'habitude : rechercher la zénitude avec mon lecteur MP3, on est si bien servi que par soi-même il paraît. J'ai écouté ma musique deux heures environ, à un volume assez bas au cas où une annonce particulière aurait lieu (genre un retard imprévu prévisible), ou un évènement catastrophique (genre une troupe de rugbymen bourrés déboulent dans ma voiture, ou pire une troupe d'écoliers en partance pour une colonie de vacances).
J'ai coupé une première fois mon lecteur quand j'ai entendu le jingle zen.
L'annonce qui a suivi était très très très intéressante et ô combien indispensable : un barista* (parce que je crois que vous les nommez ainsi, je me suis documentée) a déclamé à une foule de voyageurs en délire qu'au menu ce soir il y aurait du croque monsieur brûlé. Alors là applause, hein franchement quel humour décapant, un futur Jamel Debbouze le barista, pour sûr ! Vu le prix des consommations au bar en plus, ça laisse vaguement rêveur.
Première annonce d'importance, merci de nous avoir fait partager ce genre de confidences, d'un seul coup c'est comme si on était potes depuis toujours.
Zen !
Un peu plus tard j'ai décidé d'enlever mon casque pour lire un livre (oui je sais j'ai une vie trépidante), et là j'ai assisté à un véritable sketch haut en couleurs : un contrôleur s'est permis de faire la morale à une voyageuse pas du tout bruyante à la base, et lui a précisé qu'elle était dans un espace zen et qu'elle était priée de ne pas parler aussi fort et de ne pas déranger tout le monde. Je me suis dit "heureusement qu'elle n'a pas ne serait-ce qu'une corde vocale dumeurienne**, parce que là le contrôleur il aurait compris de suite ce que ça signifiait vraiment parler fort". Du coup, à la fin de cet entretien de plus en plus musclé, le contrôleur est devenu de moins en moins zen et c'est là qu'à mon sens, de l'encens et un bruit d'eau qui coule aurait pu le détendre le pauvre. Voire un moyen plus illicite, mais à mon avis ça n'est pas compris dans la charte de la SNCF.
Presque fin de l'épisode. La dame très vexée a du coup commencé à faire beaucoup de bruit alors que jusque là elle était plutôt discrète, bel effet que n'avait pas escompté votre membre du personnel probablement épuisé par tous ces abrutis de voyageurs ne comprenant décidemment pas la zen'attitude, alors que lui a reçu une formation spéciale à ce sujet.
Ca a fini par se tasser quand même. Et c'est à ce moment précis, après cette accalmie passagère, qu'à trois reprises, en à peine 10 minutes d'intervalle, des effets d'annonce spectaculaires ont encore été émis par haut parleur dans les oreilles contrites et moins zens de vos passagers : pas de clown brûlé cette fois-ci mais mieux encore, j'ai nommé THE caviar de la zen'attitude à la SNCF : la blague à Toto. Le futur remplaçant de Jamel a sorti "pour détendre l'atmosphère" une plaisanterie digne du jury élitiste de Carambar, ça parlait d'un chauve et d'un peigne et je ne sais plus trop quoi encore car je le rappelle, j'essayais de lire mon fichu bouquin dans mon compartiment zen et ça faisait quatre fois que j'attaquais la même page.
Zen. Restons zen. Le mot d'ordre : zen.
Enfin, c'est devenu très très drôle quand le barista a terminé en disant "au fait nous sommes à l'heure", là tous les passagers de la voiture (enfin peut être pas la dame vexée, elle avait juste la permission de se taire elle) se sont mis à rigoler à l'unisson, c'est vrai que ce n'est pas très fréquent que vous fassiez de l'autodérision à ce sujet, mais au final je crois que c'était plutôt involontaire comme remarque ; mais passons, ça a bien détendu l'atmosphère pour le coup.
Un train à l'heure. J'ai encore mal aux côtes rien que d'y penser tiens.
Moralité : la prochaine fois qu'on me demandera de faire un choix sur le type de voyage que je souhaiterai, je choisirai "normal" même si c'est plus cher, car c'est quand même beaucoup plus calme et tranquille que chez les zens, surtout quand ils ont bouffé du Lagaf' autosatisfait de ses performances de comique. Moi je demandais juste à lire mon bouquin peinarde, mais bon, IDZen en a décidé autrement.
PS : si vous recrutez des artistes de spectacle, je connais un petit gars de 10 ans qui a un répertoire de blagues léguées par son père beaucoup moins foireuses, remarquez à ce stade ça n'est pas trop compliqué d'élever le niveau. C'est juste qu'il a arrêté de manger des Carambars, ça aide vous verrez.
PPS : si je vous envoie ce mail c'est parce qu'en sortant du train, une autre annonce dans un haut parleur (la je ne sais combientième) a proposé aux passagers de donner leurs éventuelles suggestions sur le site SNCF, et moi franchement c'est le genre de perche que je saisis même si on me la tend pas. Mais merci quand même.
* : cliquez sur le lien et vous découvrirez un autre univers inconnu, celui des gentils baristas zens ou zappeurs, en tenue colorée mieux que chez Disney.
** : dans le mail envoyé à la SNCF, ils me connaissent sous mon vrai nom non dumeurien.
Rendons à la saucisse ce qui appartient à la saucisse.
Vengeance. Spéciale dédicace.
On se gausse de ta chair exquise
Pour vanter des plats de marquise,
Alors que tu te suffis à toi seule,
ô saucisse !
Tu es faite de porc, de boeuf ou de veau,
Qui d'autre que toi peut se targuer de ce niveau ?
Tu peux être fumée, grillée, parfumée au curry,
Et je n'accepterai plus que de toi on rit !
Rarement un mets aura été aussi incompris,
Mais pourquoi tant de mépris,
Pour toi rebelle,
ô saucisse !
Tu n'as pas à avoir honte d'un filet mignon en croûte,
Et de Nuremberg à Francfort,
Tu n'as pas pris racine comme le roquefort !
Cessons là tout sarcasme,
J'arrêterai pour toi tous les miasmes,
Et je te rendrai tes lettres de noblesse,
ô saucisse !
Pour que plus jamais on n'entende piailler,
Sur ton titre fortement décrié,
Je suis sûre que l'on peut allier,
A toi les termes les plus raffinés.
Endiguons là toute future ignominie,
Je ferai taire tous tes ennemis,
Et aujourd'hui je te réitère mon soutien fanatique,
ô saucisse !
Je me sens drôlement bizarre moi en ce moment ? Pascal Sevran sort de ce corps !!!!!!!!
Extraits.









Bref allez-y !
Suivante...
Pourquoi Berlin ? Laissez-moi vous convaincre en quelques images :



Ah j'ai failli oublier l'essentiel !

Enfin restons prudents, peut être elle aussi a été contaminée. Confirmation ou pas à mon retour.
Et comme je le dis toujours, la frite est un légume, mangez-en.
Je trouve la démarche du pourquoi intéressante. Effectivement Haneke a peut être raison en disant que la plupart des spectateurs ne savent pas pourquoi ils aiment ce genre de "spectacles", encore que, il faudrait peut être poser la question un jour aux principaux intéressés, plutôt que de les clouer au pilori aussi facilement. Bref en ce qui concerne ma petite personne, ça fait belle lurette que je me la pose, et qu'on me la pose aussi. Parce qu'une fifille qui aime le rose (bah si ! ça vous troue le cul hein ?) et qui est censée comme toutes les fifilles pleurer devant la mort de la mère de Bambi au lieu de voir à la place l'excellent civet que ça pourrait donner, ça interpelle (tiens ça fait juste 3 fois que j'emploie ce verbe !). Et des fois donc je réponds aux interrogations des autres, parce que ça m'arrive d'être sympa.
Pourquoi je regarde des films avec des morts vivants dévoreurs de cervelle fraîche et pourquoi je ne m'arrête pas sur le bas côté de la route pour mater les flaques de sang laissées par des accidentés ? Parce que je fais la différence entre la fiction et la réalité. Parce que le premier est de l'ordre du fantasme, et l'autre est synonyme de détresse et de souffrance humaines. J'ai beau avoir envie de cramer mes cons citoyens au lance-flammes et même imaginer la scène avec tous mes sens en éveil au moment où ils m'adressent la parole (putain les cheveux brûlés ça pue !), mais je sais pertinemment et sainement que je ne le ferai pas, juste parce qu'ils me posent des questions existentielles sur mon pamplemousse. Par contre il me semble que si ma vie était en jeu, ou celle de quelqu'un de cher en premier lieu, je ne resterai pas les bras ballants à attendre que ça trépasse. Ca non je ne crois pas. Visionnage ou pas visionnage de films étiquetés violents.
Pourquoi j'aime tellement les bobines sanglantes ? Là encore nuances.
D'abord j'ai baigné dedans toute petite comme dirait l'autre. Ca aurait pu m'en dégoûter mais non, ça ne m'est jamais passé, et je ne souhaite pas que ça passe, ça n'est pas une maladie ou un vice. C'est un genre de marque de fabrique dumeurienne. Je crois que vioque en maison de retraite, je ferai chier l'animatrice pour qu'elle me trouve le HD Blue Ray Bidule Haute Technologie du "Retour des morts vivants 28" ; et peut être même que je ne serai pas la seule à en réclamer dis-donc. Ensuite ça m'aide à m'évader d'un quotidien stressant et j'assouvis à l'aide de ces péloches dégoulinantes d'hémoglobine des fantasmes inavouables. C'est aussi le but de l'Art il me semble, tout comme les rêves, de faire et de concrétiser virtuellement tout ce qu'on ne peut pas faire dans la réalité ; parce que nous gardons malgré tout la tête bien vissée sur les épaules.
Et puis, je n'aime pas que les films où il y a des trucs gores dedans, loin de là. Contrairement à certains spectateurs fanatiques qui se cantonnent dans un genre en particulier et pis c'est tout, moi je laisse mon cerveau et ma chair apprécier d'autres contenus. Je ne suis ni restrictive, ni extrémiste. J'ai adoré "Sur la route de Madison" voyez ? Alors on ne pourra pas me taxer d'intolérante. Même dans le registre que j'affectionne, il y a des films que je trouve insoutenable et que je ne veux plus jamais revoir (si tant est que je sois allée jusqu'au bout). Le week end dernier par exemple, j'ai été incapable de regarder en entier "Wolf creek". Pourquoi ? Parce que je ne supporte pas d'entendre une jeune femme hurler pitié à son tortionnaire sadique qui pour l'instant ne fait "que" la menacer de viol. Je n'ai pas du tout envie de voir s'il va exécuter cela. Je pense d'ailleurs fortement qu'il va le faire. Et pire encore. Je ne juge pas le réalisateur de "Wolf creek" ni ceux qui ont aimé le film, mais je sais que pour ma part je laisse ça à d'autres. Je n'ai pas eu le recul nécessaire et je me suis certainement beaucoup identifiée aux femmes du film. La fiction était beaucoup trop proche de la réalité.
Peut être que Greg Mc Lean - le réalisateur de "Wolf creek" - a voulu heurter le public de la même façon qu'Haneke. Sûrement et quand bien même ?
Peut être que tous les spectateurs en ce monde ne font pas comme moi et beaucoup d'autres, ce genre de discernement. Mais la seule vision de "Chucky la poupée de sang" ou de "Tueurs nés" peut-elle pousser un individu à commettre les pires méfaits ? Si cette théorie simpliste et simplifiée était exacte, à quoi pourrait-on lier les crimes de sang des siècles passés ? A la littérature, la peinture ? Peut-on résumer un être humain à ce facteur là uniquement ? Vaste débat qui ne pourra probablement jamais aboutir. En tous les cas, nombre de serial killers affirment avoir pris leur pied de voir étalé leur nom dans les journaux à sensations, et ça les médias se gardent bien de le crier sur tous les toits, préférant fustiger le bouc émissaire habituel. Relayer l'information d'accord, mais de là à en faire des gorges chaudes et glorifier par la même des individus nauséabonds...
Alors Haneke m'a interpellée (4 !). Son point de vue est intéressant et le cinéma en tant que 7ème Art bien évidemment doit susciter des questionnements philosophiques. Par contre ce réalisateur devrait s'abstenir de faire des grandes déclarations dans des domaines qu'il méconnait ou qu'il ne veut pas voir. Il a dit dans une autre interview que la violence était montrée partout, alors que la plupart des gens n'avaient jamais connu cela, d'actes violents. Que très peu d'humains au final en avaient été victimes. Que l'on s'acharne à montrer le plus horrible dans l'humain sans montrer le plus beau dont il fait preuve quotidiennement, là oui d'accord, mais nier ce dont il est capable à l'opposé, là non ça ne va plus. Modérons la diabolisation mais aussi l'angélisme. Je ne crois pas appartenir à un milieu fragile ou marginal, je côtoie des personnes de tout bord socialement et culturellement il me semble, mais rien qu'en y pensant 10 minutes j'ai fait le compte des personnes de mon entourage ayant subi des choses terribles (et pas juste une petite baston dans un bal populaire) : deux ont été violées par un ami, quatre ont subi l'inceste, une a été attaquée à la machette par son époux, une a été découverte inanimée dans la rue par un passant, couverte de plaies et de bleus parce que prise pour un putching ball, une a reçu des menaces de mort... Evidemment pas de scénario de films d'horreur dans ce décompte mais beaucoup de mal subi et infligé par autrui.
Et je ne vous parle même pas des violences symboliques et morales, cassant net un individu.
Mais a priori il n'y a pas que les fans de films violents qui vivent détachés de la réalité, n'est-ce pas monsieur Haneke ?
Plus rarement d'ailleurs entend-on "mais comment que ça se fait que lui/elle est marié(e) ??????". Si si je vous jure, ça on l'entend drôlement moins souvent. Alors aujourd'hui je compte remettre les pendules à l'heure et réhabiliter la cause des célibataires parce qu'ils n'ont pas forcément une pièce défaillante dans le moteur : petite présentation de gens mariés et/ou avec des gosses, ayant tous leurs vices visibles sur la tronche, ou perceptibles en 5 minutes de discussion.








J'ai peur.
Elle a raison d'abord Lorie.
D'abord.
Bon, pour commencer : comment une banderole de 30 mètres de long a t'elle pu passer au travers des divers contrôles et barrages ? 30 mètres bordel, ça en fait du poids en tissu non ? Sauf sauf SAUF quand on est un petit génie du rouleau de scotch en vérité je vous le dis ; imaginez cet élan merveilleux de solidarité tout dévoué à un stratagème des plus ingénieux : 60 personnes impliquées dans un ballet sublime, chacune avec sa petite lettre peinte amoureusement au gros feutre noir, ou son espace blanc, ou son signe de ponctuation, même l'apostrophe n'a pas été oubliée ! Et je ne vous parle même pas du nombre de petites mains qu'il a fallu pour scotcher le tout ! Franchement ç'aurait été cousu main et là j'aurai dit : respect les mecs. Moi qui n'avait que bas mépris pour le supporter lambda de foot, là je dois avouer que toute cette tactique si bien orchestrée était plutôt inattendue vu le QI régnant habituellement dans ces tribunes. Sans compter la magnifique chorégraphie consistant à mettre les bonnes lettres à la bonne place : imaginez une petite erreur, Adolf qui prend la place de Rudolf et hop ! on aurait eu "IODOPHILES INCONGRUS MOUCHEURS : ENVINEE CHEZ LES BITES" (je n'ai pas utilisé toutes les lettres, je ne suis pas supportrice de foot et je sais pas quoi foutre avec l'apostrophe au fait ?) ce qui ne veut absolument rien dire, la honte à la télé après !
Mais cessons là tout jugement construit sur des a priori, là franchement nous avons affaire à des génies en short et pouèt pouèt pour faire du bruit.
Et ce n'est pas fini. L'épatation des intellos imbus de leur personne n'allait pas s'arrêter là. Les mots choisis n'étaient pas des plus faciles à orthographier, reconnaissons-le à part "chômeurs" peut être, la génération SMS aurait plutôt simplifié le PH de "pédophile" par un F, et écrit CONS SANGUINS en 2 mots, voire méprisé le U, mais non non là encore une fois les bras m'en tombent : y'a même une putain d'apostrophe ! Pas une seule faute, qui l'eût cru ? Au Scrabble une si belle formule aurait donné, attendez que je télécharge ma petite calculette sur mon Petit Copain c'est que je sais pas compter non plus : euh... retenue... virgule, bon un score d'environ de 80 points, sans les placements compte triple et sans l'apostrophe bien sûr ! On sent là une érudition certaine, à quand une spéciale supporters de la tribune Boulogne à "Questions pour un champion", qu'on se frotte un petit peu à ces grands savants de la littérature française ? Moi qui ne sait même pas mettre 4 lettres dans l'ordre dans le Programme Cérébral de ma DS, j'ai honteuh !
Double double respect les gars ! Euh messieurs pardon ! peut être mesdames tiens, allez savoir !
Puis-je juste soumettre à nos amis du nord qui sauront garder tête froide face à cette intelligence hors du commun contre qui maheureusement personne à part les abonnés de la tribune ne peut rivaliser, un slogan issu de mon cru ?
"XENOPHOBES DELIQUESCENTS FACTIEUX : BIENVENUE CHEZ LES PARISIENS !"
Juste pour faire un bon mot compte triple. 116 points.
Il y a longtemps Bigard disait des choses drôles et pas vulgairo-beaufesques. Les non paroles répandues par une bonne partie de la population munie d'une langue, me rappellent inévitablement l'un de ses tous premiers sketches : "Les expressions". Vous en avez probablement entendu parler : quand vous arrivez dans un resto le soir et que le serveur vous demande "c'est pour dîner ?" et là Bigard de répondre "non c'est pour faire un tennis connard !". Voilà exactement de quoi je parle, et depuis ce fameux sketch on dirait que la manie langagière du rien a contaminé le pays. Dernièrement j'ai relevé plein d'exemples et comme par hasard, tous se sont déroulés sur mon lieu de travail ; tiens comment que ça se fait ma brave dame ? Y'aurait-il une plus grande concentration de blaireaux au boulot qu'ailleurs ? Un jour peut être je ferai une étude sociologique là-dessus. En attendant extraits.
Je vous passe les "il fait beau hein ?" suivis de rien du tout alors que oui, effectivement le soleil brille, les petits oiseaux gazouillent, les arbres bourgeonnent, et que le tableau devient subitement gâché par de la paraphrase bêtasse. Les repas entre collègues sont également sujets à questionnement philosophique, inévitablement. Entrée en matière : j'arrive avec un pamplemousse. Je ne m'attends pas à ce qu'on me parle de mon pamplemousse, c'est rien qu'un pamplemousse, surtout qu'il a l'air complètement normal en plus, coupé en deux et couleur pamplemousse quoi. J'ai envie qu'on me laisse bouffer tranquillement mais non, apparemment c'est trop demander : une collègue - pourtant plus évoluée que la normale - me soumet à la question : "ah tiens tu as pris un pamplemousse ?". Moi, ayant déjà subi muettement de multiples affronts de la sorte sans rien dire, lui rétorque toute rouge bouffie de colère, une réponse à la Bigard : "ah ouais t'es sûr ??? Putain c'est vraiment des incompétents dans cette cuisine, bordel je croyais que c'était des carottes râpées !!!! QU'ON M'APPELLE LE CHEF CUISINIER C'EST INADMISSIBLE !!!!!!! JE NE PAIERAI PAS MON REPAS A MOINS DE 3 EUROS POUR CETTE ERREUR IMPARDONNABLE !!!!!". Et la fameuse collègue de répondre subtilement : "euh t'es en train de te foutre de moi ?!", moi : "non non NON je te jure, je croyais VRAIMENT que c'était des carottes râpées dans mon assiette !!!!!".
Aussi les absences de certains dans leur bureau soulèvent des interrogations ultra pertinentes : moi assistant à la scène et faisant office les 3/4 du temps de secrétaire médicale, le bureau d'à côté vide vide VIDE complètement VIDE et il suffit d'un regard d'une seconde pour s'en apercevoir ; complètement vide aussi la plupart des visiteurs, s'enquérant de l'absence de personne dans le dit bureau par un perspicace : "elle est pas dans son bureau Ginette ?". Moi, me retenant de répondre la réplique suivante, parce que je peux pas tout dire tout le temps ce que je pense parce que sinon je pense que je me ferai licencier : "ben c'est qu'elle en a marre de voir ta sale gueule, vérifie bien quand même je crois qu'elle est planquée dans le placard CONASSE !!!!!!!". En général j'essaie de me calmer, et je dis juste "ben non on dirait qu'elle n'est pas là dis-doooooooonc".
Dans un autre style, les politesses du matin foisonnent d'inintérêt profond : entre les bises dispensées à tout va même aux collègues qu'on ne peut pas saquer (je ne cèderai jamais JAMAIS à cette tradition naze, je n'embrasse que les gens que j'aime, et encore !!!!!) et qui puent pour certains déjà très très tôt, arrive la formule soi-disante de politesse : "ça vaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!", je précise sans point d'interrogation. Parce que si vous foutez un point d'interrogation dans le ton, alors là c'est la porte ouverte à tout ma brave dame ! Imaginez un seul instant que l'autre en face de vous dont vous n'avez strictement rien à foutre mais à qui vous faites semblant de demander quand même, vous sorte un "NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONNN !!!!!!!!!" de derrière les fagots ??? Mais c'est des coups à vous foutre dans la merde ça !!! C'est des coups à ce qu'il manifeste une ébauche de malaise voire de mal être, et qu'il vous gâche la journée en vous disant sincèrement comment il va vraiment, putain mais quelle idée !!!!! Etre poli certes, mais être un poil empathique et compatissant ce serait franchement trop exagéré là...
Bon, j'arrête là mes exemples d'expressions débiles et de conversations vides, avant de sombrer moi-même dans l'insipidité d'écrire pour ne rien dire...
A bon lecteur...
Depuis peu je suis très
intéressée par la saga Miss France. Avant je me foutais complètement de cette belle tradition bêtasse, sauf une fois parce que ça s'était déroulé dans ma ville alors j'ai regardé. Et pis ça m'a
bien fait ricaner de voir des veaux tout moches passer la sélection, comme la Miss 2006 alias Alexandra Rosenfeld, qui elle a carrément accédé au firmament des mammifères bons à brouter de la
pâquerette en conserve. Un genre de sacre du veau quoi.
Une consécration en la matière.
La petite dernière je l'aime bien. Si j'étais un gars je crois que je l'aimerai drôlement plus bien (on me fait signe qu'il y a des femmes qui aiment les femmes, euh !!!). Pour une fois on en a
une qui n'est pas toute lisse, toute mielleuse et toute fadasse, et même une qui fait drôlement salope je trouve. C'est autre chose qu'Alexandra Bovin nan ? En plus notre nouvelle Miss fait
tourner bourrique la puritaine de Fontenay qui a du concevoir son fils unique dans le noir, après avoir décroché tous les crucifix de la pièce au cas où le saint Père serait présent et materait
comme un gros lubrique pervers. Valérie Bègue, au vu des photos dévoilées à un rythme effréné, a passé sa prime jeunesse à se dépoiler sous les objectifs dans des poses olé olé, et franchement
comment ne nous paraîtrait-elle pas sympathique dans ces conditions ??? En plus elle a menti avant "l'élection", affirmant et signant, n'avoir jamais posée nue, entre autres... Une vraie Patty
Hewes en puissance !!!
A priori, aux dernières rumeurs, à l'annonce de son embauche dans le poste tant convoité par des dizaines de milliers de jouvencelles sur le sol français, y'aurait même eu des ricanements salaces
sur l'île de la Réunion dont elle est originaire, parce que la demoiselle y a une réputation de... de quoi ? De femme d'aujourd'hui ne gardant pas son hymen pour un type qui ne supporterait pas
la comparaison avec d'autres !!! M'enfin faut être pucelle pour être Miss France maintenant ? On se croirait au Moyen Age ! Déjà qu'il faut se tartiner les foires aux boudins, une vraie synécure
en soi ; mais alors en plus garder son pucelage et partager des chambres d'hôtel avec la dame au chapeau HELP !!!!!
Alors Geneviève de Fontenay un seul message à votre intention :
LEAVE VALERIE ALOOOOOOOOOOOOOOONE !
Et retournez donc dans votre sarcophage embaumant la naphtaline... Vivement Miss France à la cérémonie des Hot d'Or tiens !!!
L'année dernière je regardais la Nouvelle Star sur M6. D'ailleurs bien avant tout le monde et en me vantant, je savais que Julien Doré allait marquer les esprits
(d'ailleurs il devient quoi le gars à barrettes ???). J'aimais bien les salves de Manu Katché laminant les gros blaireaux et blairotes se prenant pour les nouveaux Pavarotti and co. C'était bon
tout ce côté un peu rock décalé et méchant.
Seulement j'ai appris qu'il allait changer le jury, à part André Manoukian. Lui je l'aime bien mais sans plus, pas aussi féroce que le Manu quoi. Et j'ai su qu'il y aurait Lio maintenant. Ouaipa.
Chouette, trop fort Lio, oué. Vous notez mon manque d'enthousiasme : je n'ai pas mis plein de points d'exclamation ni de mots en majuscules écrits très très gros.
J'ai quand même essayé le jury avec Lio. J'ai tenu une demie heure avec la pub. Je ne supporte pas la façon de parler qu'elle a, ce n'est pas sa voix hein, après tout on ne peut pas en changer,
non c'est l'appui nasillard façon neuneu qu'elle met dans toutes ses phrases. Oui parce qu'elle fait des phrases Lio, et que même elle est au-dessus du lot de tout le monde, et surtout au-dessus
de pas mal de chanteurs formatés à la Star Ac et autres scènes bobotisées.
Lio dernièrement a dit : "je n’ai pas envie de participer à Star Academy... plutôt mourir !". Bah moi si j'avais à choisir, je préfèrerai quand même chanter du Mireille Mathieu ou
danser la bourrée vendéenne aux côtés de la burne de Nikos, que de mourir hein, je sais pas si elle est au courant la Lio que mourir c'est pas un truc évident et pas toujours jojo même quand on
est vieux. Mais ça doit être un effet de rhétorique, faut pas que je prenne tout au premier degré nan plus.
Ne pas participer à la Star Ac' et mourir. C'est beau. Encore plus que de voir Naples tiens.
Elle a dit aussi, je cite : "Chimène Badi est inutile, Amel Bent a une voix magnifique mais des chansons d’un ridicule achevé, et Zazie dit des choses d’un consensuel mou et terrifiant.
Bénabar a un côté anti-sexy qui me dérange. Je ne comprend pas comment on peut faire une chanson sur le fait de manger une pizza à la maison avec ses potes".
J'aime bien les trucs méchants habituellement. Mais quand on se veut sarcastique et virulent, mieux vaut avoir de la consistance derrière et ne pas souffrir d'une amnésie sélective sur
soi-même. Je dirai même qu'il faut connaître à fond ses dossiers, en cas de contre-attaque car je pense que ça ne va pas tarder. Et exceller en répliques de face à face.
Voire exceller dans un domaine en particulier tout court, ça peut aider et ça rend drôlement crédible.
Je rappelle à tous ceux qui auraient autant de mémoire artistique que la miss, les paroles de "Banana split". J'ai pris celle là mais j'aurai pu utiliser "Les brunes comptent pas pour des prunes"
hein, véritable étendard de guerre contre la blondisation des esprits. Heureusement qu'il y a de grands esprits comme ça pour dénoncer le fachisme, sinon qu'est-ce qu'on deviendrait je vous le
demande ?
Baisers givrés sur les montagnes blanches
Et pour paraphraser cette grande intellectuelle du 21ème siècle, je dirai même ceci : "je ne comprends pas comment on peut faire une chanson sur le fait d'aimer le banana split ?".
Terrifiant n'est-il pas ?


