C'est le retour de ma cochonne favorite ! Cet
après-midi entre les cadeaux de Noël - quels playmobils plairaient le plus à ma nièce - et la douceur printanière de ce mois de novembre, j'ai eu soudain une brusque envie de violence goresque.
Et quand la violence goresque vous prend, il faut l'assouvir. Dirigeant mes pas vers mon cinéma favori - celui où les gens ils bouffent des Twix, pas celui où ils lisent "Andromaque" dans la
queue - j'ai vu "Saw 3" à l'affiche, et sans que
j'ai pu le retenir, un petit filet de bave s'est mis à couler de ma bouche comme si je venais de poêler du foie gras frais : j'avais lu une critique dithyrambique dans Mad Movies et une descente
en flèche dans les magazines pour gens biens comme il faut.
Un gage de qualité en quelque sorte.
Je me suis donc précipitée vers le guichet et là que vois-je ? Des affiches placardées tout partout interdisant le film aux moins de 18 ans et exigeant les spectateurs du film à montrer une pièce d'identité. Noël avant Noël !!! Enfin j'allais pouvoir assister à un film sanglant sans être emmerdée par des hordes de boutonneux voulant se procurer un petit frisson autre que la branlette habituelle. Sauf que 3-4 d'entre eux ont réussi à se faufiler en se procurant des tickets pour "Souris city" mais comme ils étaient sous le coup d'une interdiction, autant dire qu'ils n'ont pas fait les branlassons de service en faisant sonner leur portable ou en pouffant intempestivement devant du sang giclant. Et puis quelque part ça a vraiment du leur procurer du plaisir, ça m'a rappelée le bon vieux temps de Cannibal holocaust avec des interdictions semblables et une réputation sulfureuse d'horreur jamais vue. De toute façon s'ils veulent vraiment voir des horreurs autorisées, ils n'ont qu'à aller sur le Net, c'est gratuit et personne ne leur demandera leur carte d'identité.
Alors le film ? Et bien il est purement jouissif dans le sadisme et le putride. Le réalisateur - toujours Bousman - n'a pas lésiné sur les gros plans sanguinolents mais qui restent tout de même supportables. Disons que si vous avez vu la fameuse scène de dîner dans "Hannibal" avec Lecter au scalpel, et bien c'est de la gnognote pour petits bourges voulant se procurer un frisson, Saw 3 n'épargne pas vos mirettes - et vos oreilles aussi - avec des effets très réalistes sur la découpe chirurgical d'un crâne. C'est mieux qu'Urgences ! (sauf qu'il n'y a pas Clooney, j'en conviens).
Enfin pour ma part ce n'est pas le sang qui m'écoeure le plus, le sang on en a tous vu, c'est rouge, liquide, et dans les films on n'en sent pas l'odeur, ce qui est à mon sens le côté le plus dégoûtant de la chose. Non. Ce qui m'effraie dans les Saw, et j'en ai déjà parlé, c'est la propension de l'équipe du film à mettre des cochons partout. Une fois encore ils nous refont le coup de la Mona Lisa porcine, mais à trop la montrer elle ne fait plus le même effet. Par contre, et là franchement c'est à vomir, il y a une scène interminable avec des porcs décomposés utilisés dans le pire des instruments de torture ; l'arrachage de dents de Marathon man c'est du pipi de souris à côté !
Donc Saw 3 continue dans sa lancée mais avec un peu plus de franchise et moins de retenue dans la réalisation, c'est brutal et moins convenu que le deuxième opus par exemple. Il n'y a pas de surenchère d'effets gores, ils arrivent fort à propos et sont justifiés par la teneur du scénario. Ca n'est pas outrancier ni grand guignol - comme Hannibal par exemple - et ça sonne juste. Je pense même que l'interdiction aux moins de 18 ans peut servir la cause du film, car même sans interdiction il aurait été moins suivi par des ados avides de simplification et sans recherche de concepts particuliers. A cet âge là on n'apprécie pas et on ne voit pas les choses de la même façon.
Saw 3 aurait pu devenir un vulgaire Scream et consorts mais il se détourne habilement de ces sentiers re-re-battus. Et bien malin celui qui écrira le scénario du 4.
Je sais "Desperate housewives" c'est pas du ciné mais je savais pas trop la mettre où et pis d'abord c'est moi le chef ici. Bon. Au début était le pilote et dans les premières minutes je me suis dit "pffffffffff on dirait une resucée de Côte Ouest et en plus y'a Paige dedans, c'est original tiens !" ; sauf qu'après... et bien après je suis devenue littéralement droguée à ces épisodes à tel point que je me materai la 3ème saison avec un sous-titrage kazakhstan si besoin est. Quand Mary-Alice s'est elle-même trouée la cervelle dans le salon tout blanc qu'elle venait juste d'astiquer, je me suis dit (je me dit beaucoup de choses) : "ptain cette série est pour moi !!!". Et faut croire qu'il y en a des millions comme moi qui se sont dit ça aussi. Cette voix off d'outre tombe m'enchante. Et tout le reste également.
Il y a bien eu des tentatives de "ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiis c'est de la merde, c'est une énième série sur des caricatures de femmes, c'est encore pour les mijaurées beuuuuaaaaaaaaaaaaaaark" et bien rien à foutre. Je ne suis pas une mijaurée d'abord, j'ai vu "L'exorciste" à 11 ans, et "Cannibal holocaust" dans la foulée, alors je crois qu'en anti-mijauritude je m'y connais un peu. On n'est pas obligés d'aimer certes, mais on n'est pas non plus obligés de tirer à boulets rouges sur tout ce qu'aime le public TOUT LE TEMPS. On a le droit de baisser la garde et d'apprécier quelque chose que 90% de la population aime. Voilà. CE N'EST PAS GRAVE !
Je voulais juste lancer un appel aux producteurs et scénaristes de Desperate housewives, parce que je sais qu'ils sont fans de mon blog et qu'ils attendent mon feu vert pour réaliser la 4ème saison :
"Pourriez-vous mesdames et messieurs, faire en sorte que cette gourdasse de Susan Mayer soit un peu moins conne, un peu moins stupide, et un peu moins bêtasse ? Ne pourriez-vous pas lui donner un peu d'envergure, un peu de poids - dans tous les sens du terme - un peu de lourdeur dans la personnalité, parce que là elle n'est même pas légère, elle ressemble à un veau broutant bêtement l'herbe pas grasse et qui mériterait l'abattoir ? Franchement sa bluette avec le plombier stéréotypé fête à neuneu on en a rien à battre, et une pauvre fille qui ne rêve que de robe blanche d'épousailles avec sa maman qui pleure toute aussi conne - au moins dans son cas on sait que la pétasserie est génétique - ça c'est de la caricature et ça fait de la mauvaise pub pour tous les détracteurs en puissance à votre série excellentissime.
Si vous pouviez lui apprendre à courir aussi dans la 4ème saison, ça renforcerait mon estime d'appartenir à la gent féminine.
D'avance merci.
Votre vénérissime altesse Suzy Dumeur.
PS : ne changez rien à Bree Van de Kamp et continuez à lui faire charger des fusils, Sigourney la relève est assurée !
PPS : ah et j'espère aussi que Carlos - le beau mâle pas le fils de Dolto - aura plus de scènes torse nu."
Voilà c'est tout et d'avance re-re-merci.
The Roost ? Jamais entendu parler. Ti West ? Jamais
entendu parler non plus. Les acteurs ? Karl Jacob, Vanessa Horneff, Sean Reid ? Euh ben... non non je ne commence pas un Alzheimer, je sais pas qui c'est ! Comment ça se fait que je l'ai vu alors
? Et bien parce que je dois être la seule conne de tout l'univers à payer pour voir des films et que c'était en nouveauté chez Canalplay. Et puis que le pitch chauve-souris + zombie ne pouvait
qu'attirer mes yeux bourrins avides de chair putride.
Avant de l'acheter 4,99 euros j'ai quand même téléchargé la bande annonce, ou plutôt l'extrait, que j'ai trouvé longuissime. Déjà. C'est pas "28 jours plus tard" quoi. Mais comme je suis prête à vendre père et mère - surtout mère - pour me mater des morts-vivants avec des godasses pourries, et bien j'ai failli à ma faiblesse. Je ne suis qu'une faible femme faillible. Je le regrette et je ne le regrette pas, c'est curieux comme sensation ambiguë n'est-il pas ?
Le rythme du film est très très très lent. J'ai failli m'endormir 38 fois dès 21 heures c'est dire (j'avais mis le film à 20h54). Les plans sont très longs, les quelques scènes marquantes sont suggérées dans l'épouvante, d'entrée on pense au "Projet Blair witch" pour sa réalisation bricolée, et à "Evil dead" aussi pour les mêmes raisons. Alors on attend, on se dit que c'est peut être le prochain miracle cinématographique. Mais trop d'attente tue l'attente et quand les chauve-souris attaquent et bien... elles attaquent quoi ! C'est que des chauve-souris bordel ! Elles font à peine 20 cm d'envergure toutes ailes déployées et quand elles se déplacent pour buter de l'être humain, elles ne sont pas 8 millions 712. Elles sont seules. Voire deux. Bon OK leur morsure vous refile le virus du zombie et là on se dit : "chouette!!!" on en vient au vif du sujet, mes potes les zombies !
Bon. Il y a 4 zombies dont 2 seniors. Vous comprenez mon désarroi ? Ca me semble facile à éviter 4 malheureux zombies, surtout que les vioques ne se déplacent pas très très vite sans leur déambulateur. Voilà. J'ai calculé 4,99 euros pour 4 zombies ça fait 1,2475 euro par zombie ; franchement chez Romero ils sont bradés !!!
Bon malgré tout j'ai gardé un je-ne-sais-quoi de positif dans cet OVNI inconnu réalisé par un inconnu et joué par des inconnus (aucune chauve-souris ne figure au générique). D'abord ça détend. Ensuite ça fait penser aux vieux films d'épouvante d'antan, d'ailleurs on se croirait dans un film muet tellement la musique est omniprésente et couvre même les dialogues ; la réalisation est volontairement bricolée et rend hommage à tous les poncifs accumulés depuis des décennies dans nos chers films de genre.
Et puis un homme qui fait un film pour 50 000 dollars ne peut pas être complètement mauvais. A déconseiller aux purs bourrins intoxiqués aux Bad boys ou aux Scream, mais à conseiller aux phobiques des chauve-souris en thérapie cognitivo-comportementale.
Vous me paierez en zombies pour le conseil.
Rarement les mots me manquent, surtout pendant
l'écriture, en général je commence et tout arrive. Ca me submerge, je n'ai plus qu'à les taper. Mais là ils me manquent, je ne suis pas sûre de pouvoir en poser sur ce que je ressens. Utiliser
des mots suremployés ? Chef d'oeuvre, film magnifique, conte pour adultes somptueux ? Non. Pas assez. Surfait. Banal.
Plats.
Ces mots sont plats.
Je vais me lancer dans une anecdote. Le film de Guillermo del Toro a déboulé au dernier festival de Cannes devant des spectateurs médusés rompus à l'auteurisation pompeuse toute cannesque, repus aux frères Dardenne, aux Loach, aux Von Trier et consorts, gargarisés à cette espèce de congénitalité incestueuse où ce sont TOUJOURS les mêmes que l'on daigne voir. Del Toro est un OVNI et en plus il se paie la double tare d'être étiquetté "réalisateur de genre", le tout dit avec beaucoup de mépris une pince à linge sur le nez pour ne pas sentir la puanteur émanant du "film de genre".
Sauf que le Del Toro tout pop cornesque qu'il soit, a eu droit à une standing ovation lors de ce dernier festival de Cannes. Vous me direz des standing ovations il y en a sur le plateau des "Enfants de la télé", mais quand même. Quand même. Et qui a eu la palme d'Or ? Pas lui. Mais on s'en fout Guillermo, on a pas besoin d'eux, on a pas besoin de leur reconnaissance tardive, car un jour hypocritement ils te porteront aux nues comme ils encensent maintenant les Jackson et Raimi, goreux bissesques faisant boire du vomi à leurs personnages. Avant leur heure de gloire auprès d'un public bobo embourgeoisé.
Eux non plus n'ont pas perdu leur âme, Peter Jackson est avant tout un récupérateur de cervelles et un créateur de marionnettes libidineuses, et Sam Raimi utilisera toujours du vrai sang de cochon dans ma tête. Tout comme toi Guillermo. On a pas besoin de Cannes mais par contre tous ces crétinoïdes se nourrissant de contre-courant parce que c'est à la mode, eux ONT BESOIN DE TOI. Et nous plus qu'eux. Ne te trompe pas de cible.
J'ai écris, écris mais pourtant les mots sur ton oeuvre ne viennent toujours pas. Je pense ce soir à cette petite fille se cherchant un Père de substitution et qui est tombée sur un ogre franquiste. Je pense ce soir à cette petite fille qui s'est enfin assise à la gauche du Père, tout puissant dans sa tour d'ivoire, et qui est morte se répandant dans une mare de sang sans avoir jamais osé le regarder VRAIMENT en face, ce Père tout puissant. La petite fille est morte et la femme ne naîtra jamais. Je suis triste pour elle et je suis heureuse ce soir car moi, on m'a laissé le temps.
Ils ont besoin plus de nous que nous d'eux.
Une toute toute petite idée minuscule par là.
APPLAUSE
!!!!
Non seulement tu vas la prêter ta main, mais en plus tu vas taper dedans avec ton autre main parce que ce film est une vraie bouffée de fraîcheur, d'insolence, d'humour et de tendresse, et par les temps qui courent saturés de comédies bouffies sur les trentenaires, ça change ! Oui moi Suzy Dumeur j'ai aimé un film avec de la tendresse dedans et y'avait même pas un zombie qui traînait sa godasse pourrie. Même pas un !
Le scénario est téméraire, les comédiens truculents, les répliques assassines, et les dialogues bientôt cultes nous gratinent d'insolence et de 8ème degré. C'est bon ! Mention spéciale à Alain Chabat qu'on avait pas revu en bas résilles depuis le JTN des Nuls et à cette idée de G7 coupeuses de couilles antipolitiquement correcte.
Alors il y aura bien quelques esprits chagrins pour vous dire que c'est sirupeux et qu'il y a une belle morale à la fin, mais moi qui suis une grosse allergique à tout ce qui est peut être sentimental à grosses ficelles avec une coulée de guimauve par dessus, je vous dis que non, certes il y a un happy end, certes on le voit arriver avec une bonne longueur d'avance, et... et alors ??? Est-ce que de temps en temps on peut se laisser aller les gars sans faire une overdose de bons sentiments ?
Les bons sentiments justement il n'y en a pas, il y a des sentiments tout court, à vous de voir lesquels. Mais ça n'est pas déplacé et c'est franchement bon à prendre. Ca plus une bonne grosse dose de situations cocasses.
Alors allez-y - je prédis à ce film un succès ultrapopulaire et je chie sur les critiques auteurisants bobos - et surtout n'oubliez pas : il y a de la banane en Sandrine.
Ici vous pouvez prêter votre main...
Qui se préoccupe encore d'Halloween en France en 2006 ? Il y a quelques années
l'orange, les citrouilles et autres squelettes étaient à l'honneur partout PARTOUT dans les boutiques, et les rues dégueulaient de pseudo morbidité dans un opportunisme commercial. Dieu merci -
Diable merci - cette mode stupide s'est éteinte d'elle-même, par faim je suppose, les fêtards ne l'alimentant plus. Et même pour les admirateurs de la face obscure cette fête n'a jamais eu aucun
sens en France car c'était du pipi de chauve-souris. Mais là où ça devient drôlement sympathique et salutaire c'est qu'ARTE a voulu marquer le coup quand même en diffusant le chef d'oeuvre du
maestro Argento, opus faisant partie de la thématique "La nuit des sorcières" et pas question de bouder notre plaisir en ces temps de pénurie télévisuelle horrifique !
C'était Noël la veille de la Toussaint ! Je me suis régalée en revoyant une nouvelle fois "Suspiria", film que je n'ai pas vu très souvent du fait de sa rareté dans les programmes et dans les bacs DVD. C'est de l'Argento pur, de l'Argento parfait, de l'Argento par tous les pores de la peau. Le film est bleu, jaune, rouge écarlate surtout dans des tons sanguinolents où même le vin paraît vénéneux. L'atmosphère est baroque, flamboyante, malsaine, dans des décors kitsch et pop, et empreinte d'un certain sens du grand guignol. Il n'y a qu'à voir le cabotinage des acteurs - même les premiers rôles - c'est du pur giallo des années 70 !
Les scènes reflètent une certaine cruauté dans le traitement imposé à ses personnages, il suffit de suivre la destinée de ce pianiste aveugle pour s'en rendre compte ! Le Mal est tapi partout, dans une malle, dans un verrou, dans un enfant, dans l'air tout simplement. C'est magistralement réalisé, la scène nocturne avec l'aveugle et son chien est à couper le souffle tellement nous sommes saisis par les effets de caméra. Des montagnes russes qui vous secouent drôlement les boyaux et l'âme... Mention spéciale à la scène où une jeune femme se fait poursuivre par on-ne-sait-quoi et qui prise au piège, tombe elle-même dans une fosse remplie de rouleaux de fils de fer où elle n'a plus qu'à être cueillie... D'ailleurs Bousman n'aurait-il pas rendu hommage à Argento dans Saw II avec la fosse à seringues ? Un sous-hommage mais l'intention y était...
"Suspiria" - le plus beau titre de film AU MONDE, si si ! - a marqué nos pupilles dans les années 70, les miennes étaient vierges et juvéniles mais elles se souviennent avec délectation de ce choc artistique et visuel...
Merci ARTE !
PS : vous faites quoi à la saint Valentin ?
Pour voir le trailer d'origine, en américain.
Comment se fait-il que les films où on s'éclate le plus sont-ils toujours les plus courts ??? A première vue le pitch fait peur, sauf à des grosses bourrines comme moi : une équipe part en week end de cohésion dans un gîte en Hongrie - au programme paint ball et macramé - et tombe sur des anciens militaires psychotiques. On pense derechef à Hostel, aux Vendredi 13, bref à un énième survival où tout le monde finit par crever dans une barbarie niaiseuse totale. De la bonne chair à pâté pour psychopathe masqué. Sauf que quand on connaît le nom du bonhomme qui l'a réalisé, ça commence à faire moins convenu. Et quand les premières critiques spécialisées le comparent à "Shaun of the dead", ça démange d'un seul coup d'y aller.
Christopher Smith a déjà réalisé un film brillant, "Creep" où Franka Potente passait la nuit la pire de sa vie coincée dans un métro londonien avec une compagnie pour le moins hostile, et pour seuls compagnons d'arme des SDF. Après ce superbe coup d'essai, il valait mieux surveiller le réalisateur. A raison. Même s'il diffère totalement du premier. Si le film est comparé à "Shaun of the dead", c'est tout d'abord parce qu'il est anglais, mais comme ça ne suffisait pas c'est aussi bourré d'humour détonnant bien british et également un bel hommage aux films de genre, en l'occurence le survival. Dans les bois !
Alors que certains que j'ai déjà nommé s'acharnent à cracher dans la soupe en caricaturant le film de genre à l'aide de répliques lourdingues posées dans la bouche d'héros à deux balles et autres ficelles très subtiles, Christophe Smith assume totalement son appartenance et manie très bien un humour au premier degré sans tomber dans le piège de la comédie détournée. C'est drôle, très drôle, malgré le drame qui se déroule et cet élément dramatique est très bien combiné à la dérision. L'un ne se moque pas de l'autre. Sans oublier les petites touches gore ça et là habilement mêlées à tout le reste.
Certes Severance n'est pas un chef d'oeuvre mais il constitue une belle réussite dans le thème du survival. Certains auraient aimé qu'il y ait davantage de critiques sur le milieu de l'armement - les salariés de cette équipe travaillant pour l'industrie de guerre - mais Severance n'est pas "Lord of the war" et les nombreuses piques envoyées suffisent amplement pour éviter justement de tomber dans un autre genre de film.
Il ne faut pas s'atteler à trop de taches et Christopher Smith a nettement rempli son contrat.
Essayez la bande annonce sur l'ours.
Qu'est-ce qui se cache dans cette immensité de tournesols et sous ce titre inhabituellement utilisé avec ce pronom possessif ? Sa vie, ma vie, ta vie... ce film de Zabou Breitman ne peut pas être aimé de tout le monde. Autant prévenir tout de suite, ça vous évitera de payer une place pour rien et de partir en plein milieu de la séance furieux contre tous ces films français auteurisants chiants comme la mort. Il ne peut pas être aimé par tout le monde et franchement il ne peut plaire qu'à une toute petite partie de la population, c'est mon avis. Ca ne veut pas dire qu'il est mauvais, ça veut dire qu'il est inaccessible sans une concentration extrême, et qu'il est inaccessible du fait d'une réalisation hors du commun.
L'histoire est on ne peut plus basique, celle du triangle amoureux, et un peu moins basique, celle de l'homosexualité masculine. Ca commence comme une carte postale de vacances avec le son des cigales en plus : gros plan sur les paysages, gros plan sur la maison de famille, gros plan sur les tablées à n'en plus finir, gros plan sur la famille et les amis qui ne peuvent vivre sans être 10 dans la maisonnée, sans être seuls une seule et unique seconde. Gros plan sur tout, tout et tout, même sur le dessus d'armoire avec le papier peint défraîchi. Jusqu'à ce qu'arrive le prédateur, Charles Berling, semant le trouble dans cette famille repue à la routine routinière. Quand l'amour n'est plus, la tendresse subsiste. Mais que fait-on du désir ?
Le film apporte des débuts de suggestions de réponses tout du long. En fait toutes les répliques, tous les mots mériteraient d'être notés. Et médités. Toutes les images sont magnifiques, et toutes ont une signification latente à décoder. Une simple étiquette dans le dos suscite une sensualité inassumée, un seul lever de canapé fait penser à une vie qui se remet en place lentement. Et qui ne retrouvera jamais sa forme antérieure. Justement c'est trop... trop de sens, trop de signification, trop d'arrêt sur image, trop de lenteur dans la description, le film pèche par un excès d'ambition. Peut être nos rétines sont elles intoxiquées aux boums explosifs et aux réalisations épileptiques ?
Peut être. Et alors qu'on se faisait à cette ambiance analytique et à ces symboles imperceptibles au premier degré, voilà que le trop plein d'ambition se transforme en son contraire. Le manque. Le subtil devient lourd et maladroit, ose certains clichés qui viennent plomber les propos jusque là assumés et magnifiquement illustrés. Les images deviennent trop limpides par rapport à l'obscurité du départ. Tout s'éclaircit et tout devient cauchemardesque. Contradictoire. La morale gagne du terrain, ainsi que le sens commun. Comme s'il y avait lassitude de l'autre côté de la caméra, comme si trop oser devenait trop aventureux. Comme si Zabou Breitman tentait de regagner des spectateurs repus de ces images statiques pleines de sens alors que justement ils sont déjà acquis à sa cause, les autres aux rétines saturées étant déjà partis.
Paradoxal film, tout à la mesure du personnage joué par Bernard Campan, désireux désirable qui s'essoufle et ne va pas jusqu'au bout. On aurait aimé qu'ils y aillent. Charles Berling en prédateur - égal au grand requin blanc tout en grâce et en dangerosité potentielle où l'on se demande sans cesse s'il va mordre - le méritait. Au moins un million de fois...
Moi j'aurai plongé...
Sans réfléchir.
Pour vous donner une petite idée, c'est par là.
Vous m'en mettrez 2 doigts ? Boh allez j'avoue c'est de l'humour blaireau très facile... c'est que j'ai une nette préférence pour l'affiche du premier Saw où on voit une pauvre femme empêtrée dans une drôle de machine à tortures moyenâgeuses. En plus si on s'arrête à tous les détails, le réalisateur a un nom qui me tente drôlement dans mes blagues beaufesques : il s'appelle Bousman le pauvre ; en anglais je sais pas ce que ça veut dire ? Alors je vais faire un raccourci facile : la suite de Saw est-elle une bouse comme les 3/4 des suites ?
Vous connaissez peut être le principe du Jigsaw, le sadique du film : mettre dans des situations mortelles des quidams choisis parce qu'ils n'apprécient pas la vie, à sa juste mesure, ou en tout cas comme le Jigsaw aimerait. Ceux-ci possèdent la plupart du temps la clé de l'énigme tarabiscotée que le psychopathe propose en défi, mais rares sont ceux qui s'en sortent. Il y en a une qui a survécu, Amanda, que l'on retrouve d'ailleurs dans cette suite dans une autre épreuve en compagnie de 7 autres personnes, toutes séquestrées dans une vieille maison murée...
On prend le même scénario et on recommence. Pas d'innovations dans cette suite mais ça n'est pas plus mal, le but sadique des spectateurs étant de voir ces pauvres gens essayer désespérement de se sortir de cette situation a priori inextricable. Ca flatte les bas instincts, c'est bourré de suspens et ce jusqu'à la fin, on en prend plein les mirettes car c'est vraiment très cruel, comme cette plongée forcée dans des millions de seringues... Et on se surprend même à comprendre les tenants et les aboutissants du Jigsaw. Moi personnellement ce qui m'impressionne le plus ce sont ses accoutrements : ce masque de porc avec des cheveux longs me donne froid dans le dos, on dirait une sorte de Mona Lisa porcine, j'en frissonne encore !
Donc Saw II ne révolutionnera pas le genre mais a crée un nouveau psychopathe dans le panthéon des tarés, qui risque fort d'être immortel sans être destroy comme les Jason et les Freddy. Le plus ambigu est l'humanité qui découle de ce personnage désespéré de voir les autres gâcher leur vie, s'érigeant en juge et parti, le tout couplé à une sauvagerie sans précédent où les piégés meurent de façon cruelle. Sacrée ambiguïté que les autres psychopathes ont rarement et du coup on les déteste d'emblée. Le Jigsaw montre un visage humain franchement dérangeant, on préfèrerait le voir avec un vrai visage de monstre pour être plus tranquille... et sans tête de porc !
Si vous voulez voir des bandes annonces et des extraits (bande de sadiques !) c'est par là.
Dans la série des Masters of horror je demande... non en fait je ne demande pas cet épisode "Haeckel's Tale" (les amants d'outre-tombe in french). Je n'ai rien contre John McNaughton mais je ne vois pas trop ce qu'il vient faire là au vu de sa filmographie qui n'a absolument rien de fantastique et encore moins d'horrifique. Certes le sieur a glauquement filmé un serial killer à l'oeuvre dans "Henry portrait of a serial killer", mais est-ce que tourner un film avec des tueurs en série relève automatiquement d'un métrage d'épouvante ? Moi je dis non quand il n'y a aucune dimension un tant soit peu surnaturelle. Son oeuvre certes brillante, relève néanmoins plus du dramatique, limite docu, à mon humble sens. Le choix est donc incohérent, et l'épisode logiquement transpire complètement l'incohérence et ce malgré la nouvelle de Clive Barker choisie comme base du scénario, le dit Clive ayant depuis longtemps vendu son âme au Diable et aux cénobites.
L'histoire justement... et bien elle tiendrait sur du papier cigarette et on sent bien qu'elle est étirée dans tous les sens dans cet épisode, pourtant de la durée d'un moyen métrage. Vous imaginez vous, trouver le moyen de s'ennuyer dans un film d'une heure à peine ? Il ne se passe rien, il ne se passe toujours rien et puis oh il se passe un truc ! Incroyable ! Notre héros, Haeckel, est médecin et se prend pour le le fils caché de Frankenstein : il voudrait inventer l'immortalité. Mais tout ce qu'il arrive à faire c'est crâmer des cadavres dont on ne sait pas trop d'où ils sortent. Jusqu'au jour où, se rendant au chevet de son père mourant, il trouve refuge dans une maison habitée par un vieil homme et sa pétillante jeune femme, aux moeurs on ne peut plus bizarres... bizairres je dirai même.
Alors il ne se passe pratiquement rien jusqu'aux 3/4 du film et boum d'un seul coup c'est l'overdose, l'orgie on pourrait même dire puisque sous nos yeux ébahis se déroule le premier... gang bang avec des zombies !!! Mémorable !!! J'en avais jamais vu, d'ailleurs je ne soupçonnais pas que les zombies puissent avoir une vie sexuelle tant leurs membres tombent en décrépitude bouffés par les asticots. Et bien si ! Haeckel's Tale traite ni plus ni moins de nécrophilie, et on se croirait en plein "Retour des morts vivants 2" tant le traitement est épais et lourd. L'amant choisi par notre miss insatisfaite au long cou, resplendit d'une incroyable ardeur sous la damoiselle éperdue de passion pour les corps pourrissants et embaumant autre chose que la rose. Question(s) : un mort peut-il transmettre une MST ? et faut-il prendre les précautions contraceptives d'usage ? Curieusement le réalisateur va répondre à cette dernière interrogation...
Après avoir vu "Henry portrait of a serial killer" je ne pensais pas que son réalisateur pouvait être doué d'humour ou d'un sens de la comédie graveleuse. En fait on ne sait pas trop si c'est un cracheur dans la soupe du style de Wes Craven qui tente de retrouver une position honorable à Hollywood en tournant des films honorables avec Meryl Streep qui joue du violon (il n'y est pas arrivé. Bien fait), ou s'il a commis cela complètement de façon involontaire ? Dur à dire.
En tout cas je lance un appel aujourd'hui à Mike Garris, le concepteur de la série : merci d'embaucher des réalisateurs repus au genre qui sont au chômage ou qu'il faudrait forcer à venir. J'ai même préparé ma petite liste : George A. Romero, Clive Barker (reviens !!!!), Brian Yuzna, David Cronenberg, Paul Verhoeven, Neil Marshall, Jaume Balaguero, et Guillermo Del Toro.
Ma dream team.
Et Lucio Fulci.
Ptain il est mort Lucio j'avais oublié, c'est pas possiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiible !!!!!


