Vous connaissez mon addiction aux belles affiches ? Et celle-là reconnaissez là qu'elle est splendide nan ? Bon ben voilà tout ça pour vous
dire que j'ai encore cédé. Et le pire c'est que j'avais été prévenue que c'était tout pourri, mais j'y suis allée quand même (je ne suis jamais les conseils, donc à l'avenir ne vous fatiguez
pas...). Alors pour me venger, je vais absolument vous raconter tout ce qui s'y passe ! Rassurez-vous : pas grand chose.
Alors c'est l'histoire d'une vieille légende indienne. Ca dit en gros qu'il y a des méchants poilus et des gentils poilus aussi. Comme au pays de Candy mais en plus poilu. Alors Candy ici c'est
Rachel, qui vit depuis une douzaine d'années avec des loups garous mais qui le sait pas la conne (en même temps je la surnomme pas Candy pour rien non plus, je suis pas méchante gratuitement). Et
Rachel elle a un mioche de 12 ans qui va sauver le monde des lycanthropes, un peu comme John Connor avec les robots.
Sauf que les loups garou qui revendiquent haut et fort leur pilosité et la consommation d'humains tartare, ils vont pas être contents de savoir que le chiard veut les décimer. Il pèse 30 kilos,
il a un air plus inoffensif qu'un labrador, mais il va les dégommer tous. Si si. Donc les méchants pileux vont le poursuivre pour l'anéantir ce petit fouteur de merde, et sûre qu'une bombe
atomique n'y arriverait pas, alors va falloir mettre le paquet c'est à dire 4 loups garou à moto avec des gros flingues.
Vous me suivez toujours ? Alors ça va être la guerre entre les gentils et les méchants. Ca va défourailler grave dans les chaumières et pêle mêle ça va donner à peu près ça : un chouia du "Train
sifflera trois fois", beaucoup de "Near dark" (alias Aux frontières de l'aube) et... bah c'est balot j'ai déjà oublié les autres citations ? Oh mais je me rappelle, c'est que je me suis endormie
! Attendez je vais me remettre le DVD je reviens, faut pas critiquer les films qu'on a pas vu, c'est pas bien.
Ayéééééééééé !!!!!
Quoi les autres références ??? De quoi vous parlez là ? Toujours pas, me rappelle toujours pas, Skinwalkers a du être créé par des savants fous testant le produit de consommation biodégradable,
indélébile pour la cervelle. Alors en gros, si mes souvenirs sont pas bons, les gentils passent leur temps à fuir les méchants dans un gros camion où de temps en temps ils se transforment ;
d'ailleurs ils ressemblent vaguement à des macaques sans cul rouge mais avec quand même un gros blair. C'est plein d'incohérences, les personnages sont tous aussi stupides les uns que les autres
(une fois n'est pas coutume, ce sont les hommes qui jouent les dindons !), et la palme d'Or revient au gamin aussi bon acteur que Richard Gere (je lui prédis donc une grande carrière). Et en plus
c'est lisse, terriblement lisse, les loups garous quand ils mangent ils se mettent une serviette autour du cou pour pas se salir (c'est une image hein, n'empêche que c'est comme ça qu'ils ont du
tourner les effets spéciaux, pas une seule goutte de sang sur le plateau).
Suivez mon conseil, ne faites pas comme moi : passez votre chemin ou (re)matez vous Hurlements, ça a 28 ans et ça reste encore le meilleur film de loup garou en la matière (même si Ginger snaps
est très très bon aussi dans cette catégorie, matez vous les deux !).

Genre.
J'attendraiiiiiiiiiiiiii toujours. Genre. Ptain je me suis encore faite avoir. C'est ça de prendre ses désirs pour des réalités. Ca ne m'apprendra pas tiens.
Anne-Marie mène une double vie : d'un côté épouse rangée d'un chirurgien esthétique humiliant et de la vieille école, de l'autre, maîtresse d'un marin pêcheur porté sur la passion romantique et l'exotisme. Alors que Léo son amant tente de la persuader de le suivre au bout du monde, Gilbert son mari tire sa révérence subitement au volant de sa voiture en se fracassant contre un tracteur. Mais le chien n'a rien...
C'est vrai que si j'avais été à la place d'Anne Marie (je vois pas trop comment ça pourrait m'arriver mais bon IMAGINONS DEUX SECONDES), le film aurait duré une demi heure avec cette équation fort logique : mari mort = chance inopinée = que la vie est bien faite des fois = j'me casse avec l'amant en Chine = LIBERTEEEEEEEEEEEE ! Clap de fin, salut les spectateurs, au revoir et à la prochaine. Sauf que ça s'est pas passé comme ça nan plus dans le film. Ca fait déjà deux hypothèses bidons de ma part. J'aime bien être surprise mais pas de façon pathétique comme ici, ça a tendance à m'énerver un poil, parce que franchement le pitch de base aurait pu être désopilant.
Aurait pu hein. Sauf que là on a droit à un film médiocre sur une femme médiocre qui vit une existence médiocre alors que pourtant une chance inestimable lui sourit. Anne Marie incarne la femme que personne ne souhaiterait être (en même temps doit y en avoir des milliers comme elle, misère) : mariée avec un type ennuyeux et imbu de sa personne, sans travail et avec comme seule activité le jogging sur la plage et les courses à la boulangerie, contournant sans cesse les conflits avec toute une tribu à ses basques pour le moins casse burettes, incapable de dire non à quoique ce soit ; bref la vraie carpette de moins de 50 ans. Et le pire c'est qu'elle va se comporter de la sorte TOUT LE LONG DU FILM, même et surtout avec Gamblin son magnifique amant, qui ne demande qu'à la sortir de ce marasme bourgeois.
Y'en a qui aiment les causes désespérées c'est fou ça (oué en même temps je ferai mieux de fermer ma gueule à ce sujet, mais je sais tirer les leçons du passé. Fin de la parenthèse). Et le encore plus pire, c'est que la fin sirupeuse à souhait, cautionne complètement ce comportement de limace. Gerbant et gênant à la fois le message du film (si tant est qu'il y en ait un, en ce moment je vois des messages partout aussi). Quant à l'interprétation, hé bien Gamblin fait du Gamblin (et ma foi ça lui va plutôt bien), pas de surprise ; par contre Michèle Laroque ne croit pas un instant à son personnage, enfin c'est ce qu'elle a l'air de crier toutes les deux secondes, en surjouant de façon crispée et pas du tout convaincante. En même temps comment lui en vouloir ? Mention spéciale tout de même à Tom Morton, parfait inconnu, exaspérant bien comme il faut et plus encore, dans le rôle du fils ; une interprétation hilarante et tellement énervante, chapeau bas monsieur ! Fascinante de crispation pour le spectateur.
A part ça ? Rien. Ah si quand même ! Les caniches ne sont pas aussi mauvais que je le pensais.
Vous remontez dans mon estime les caniches. Et ça, ça vaut tout l'or du monde.

Lucie, une jeune fille d'une dizaine d'années, parvient à s'enfuir de l'endroit où on la retenait prisonnière. Torturée - mais ne portant trace d'aucun sévice sexuel - humiliée, maltraitée physiquement et moralement, elle va être recueillie dans un hôpital psychiatrique pour enfants où elle va se lier d'amitié avec Anna. 15 ans plus tard, Lucie reconnait dans une coupure de journal le visage de ses tortionnaires, qui n'ont jusque là jamais été inquiétés. Elle va se rendre à leur domicile et les décimer à l'aide d'un fusil de chasse, ainsi que leurs enfants. Anna va alors arriver dans les lieux, et tenter d'apporter son aide...
Attention spoilers ! Que ceux qui n'ont pas vu Martyrs et souhaitent le visionner un jour, ne lisent pas ce qui va suivre !
Dans ce film il y a deux parties : la "normale" qui suit pas mal de codes du film de genre (la fuite du lieu de sévices, les cauchemars pendant les années qui suivent, la vengeance au gros calibre, le gore qui tache...) avec tout de même mention spéciale aux hallucinations cauchemardesques subies par Lucie, on où on voit un corps décharné et mutilé poursuivre la jeune femme complètement terrorisée par ses propres assauts douloureux d'autodestruction. Et quand je dis "normale" ça n'est pas péjoratif, c'est même plutôt foutrement bien fichu et rachète en une demi heure tous les films français pourraves de ces dix dernières années.
Puis la seconde, qui commence comme un torture porn et qui se termine sur une aura spirituelle et mystique. Complètement inattendu. Quand Anna découvre cette espèce de couloir de la mort dans un endroit aseptisé où les murs sont décorés par des photos de personnes en pleine agonie et ayant vécu les pires souffrances, on se dit qu'effectivement Lucie a été maltraitée dans son enfance par des dégénérés pervers avides de tortures gratuites ; et quand elle se retrouve elle-même séquestrée à son tour, on se demande si on n'est pas en train d'assister à un énième Hostel, film que je déteste (que ce soit le premier ou sa suite, encore pire à mes mirettes) pour ses tortures orchestrées par des friqués décérébrés du bulbe en mal de sensations fortes. Ca m'a mise dans un pétard noir, et j'ai failli sortir de la salle en hurlant GROSSE ARNAQUE C'EST UNE GROSSE ARNAQUE C'EST UN PUTAIN DE FILM PSEUDO REALISTE OU ON TORTURE ENCORE DES NANAS !!!!
Mais je ne l'ai pas fait. J'ai senti qu'il fallait que je reste. Que je m'accroche et que je détourne les yeux de ces scènes s'enchainant à un rythme routinier (là j'ai compris ce que ressentait le chien de Pavlov) : Anna se fait tabasser, Anna mange de la soupe immonde, Anna pisse, Anna se fait tabasser, Anna mange de la soupe immonde, Anna pisse, jusqu'à ce qu'elle ne devienne qu'une peau de douleur. Enfin de peau parlons-en, d'absence plutôt par la suite, dans cette énième scène faisant se hérisser les poils sur les bras dans une tentative de fuite de l'insoutenable...
Tout cela devait avoir un sens, pas de gratuité pourtant dans les propos de Laugier dans Mad !
Et il y en a eu un sens, et quel sens... Laugier touche du doigt les concepts même du paradis et de l'enfer, les tortures infligées sur ces jeunes femmes par ces respectables notables ayant pour vocation d'enfin révéler à la face du monde les mystères de la mort et de l'au delà. Qu'y a t'il après le cap fatidique ? Seuls les martyrs le savent, car seule la transcendance infligée par la douleur extrême - morale et physique - permet d'ouvrir les portes de la divine connaissance. Enfin c'est ce qu'ils prétendent. Car Anna dans un dernier souffle béat après avoir entr'aperçu l'au delà, raconte dans un chuchotement au personnage Mademoiselle, sorte de Maître de la secte, LA révélation. Et celle-ci de s'auto-occire dans un dernier élan de lucidité, ne se résignant pas à l'insupportable réalité ; elle riche et puissante, comment pourrait-il en être ainsi ?
A force de détachement de l'humanité et de cupidité encyclopédique, les nantis tortionnaires tous assez âgés, vont infliger les pires sévices à des jeunes femmes innocentes et sans défense, sans accepter une seule fois la règle du jeu : personne ne peut savoir, absolument personne de son vivant ne peut percer le mystère ultime qu'est la mort. Et au final il n'y a qu'une façon de connaître le dernier secret absolu sur Terre : mourir, ce que va d'ailleurs exécuter à la lettre Mademoiselle ne pouvant dans son geste désespéré vivre "pour rien" (ou seulement pour brûler en Enfer ?). Et si la révélation d'Anna n'était pas une hallucination du corps douloureux et du psychisme réduit à néant ? Voire un ultime pied de nez à ces porcs trop occupés par leur propre petite existence pour ne pas ressentir une vague empathie à l'égard du genre humain qu'ils maltraitent ?
Martyr = témoin. Oui mais témoin de quoi ?

Freddy vient de trouver du travail dans un entrepôt médical. Frank - son collègue - lui fait faire le tour du propriétaire, et mentionne dans sa visite guidée, le jour où l'armée a livré par erreur des containers abritant des cadavres qui auraient inspiré "La nuit des morts vivants" de Romero : ceux-ci sont encore entreposés au sous-sol, et nos deux compères ne trouvent rien de mieux que de libérer le gaz contenu dans l'un des bidons... Constatant que le mort dans la chambre froide revient à la vie et plutôt de mauvaise humeur, Frank et Freddy appellent au secours le patron de l'entrepôt. Ils décident tous ensemble de faire cramer le mort vivant dans le crématorium de la morgue à côté, mais les gaz dispersés par la crémation ramènent à la vie tous les défunts du cimetière, où des punks (amis de Freddy) festoient...
Si mes souvenirs sont bons, Dan O'Bannon - le réalisateur - a été l'un des premiers à faire courir comme des dératés nos chers zombies, plutôt aux pieds de plomb jusqu'à maintenant dans la grande tradition romerienne. Nos maccabés adorés en plus, se contentent de grignoter le cerveau, au lieu de tout le reste. Le metteur en scène cherche en effet à expliquer les faits et gestes des défunts ressuscités, notamment lors de la scène mémorable où une femme - ou tout du moins ce qu'il en reste : le tronc (et encore, momifié le tronc !), se fait épingler sur la table d'autopsie pour subir l'interrogatoire des vivants interloqués ! Celle-ci répond tout normalement (mais quand même avec une voix d'outre tombe, et oui les morts vivants parlent !) que si les zombies dévorent le cerveau, c'est pour atténuer "le mal d'être mort". Déjà que la vie se révèle chienne, voilà qu'on nous promet une mort encore plus douloureuse !
Ce film s'apparente plus à une comédie qu'à une véritable oeuvre d'épouvante, et les situations sont plutôt cocasses, sans susciter de réels frissons dorsaux. De ce fait, les comédiens ont l'air de se marrer également dans le tournage, discréditant encore un peu plus le métrage (à part le fameux Ernie Kaltenbrunner interprété par Don Calfa, que j'adore dans son personnage de croque-mort au grand coeur). Mais qu'importe, les scènes de légende s'amoncèlent, et surtout le fameux strip tease sur tombeau, orchestré par une Linnea Quigley - scream queen mythique - au sommet de ses formes, se balladant pendant tout le film la foufoune chauve à l'air, et faisant passer Kim Basinger pour une pauvre fille excitant juste les bobos tout propres sur eux ! La bande originale sur laquelle se trémousse Trash, est également bonne à se mettre dans les esgourdes, en tout cas cela faisait des années que je la cherchais et je l'ai enfin dénichée sur Ebay ! Je ne peux plus entrer dans un cimetière sans penser au film et à la musique...
Pas un chef d'oeuvre certes, mais mythique sur plusieurs points car fleurant bon une certaine nostalgie dépassée - un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaîtreeeeeeeeuuuuuuuuu... - et divertissant dans la forme sans jamais se prendre au sérieux. Sa suite d'ailleurs se prendra les pieds dans tapis à force d'en faire des tonnes dans le comique lourdingue, rendant un piètre hommage d'infortune à l'oeuvre originelle ; jusqu'à ce que Yuzna se pointe et revisite Roméo et Juliette à la sauce trash-punk de façon très très sombre...
CERVEAU !!!!!!

Susan et Daniel ont des vies d'occidentaux tout stressés, tout préoccupés par le boulot et le matérialisme. Alors ils s'accordent des vacances idylliques au soleil sous les tropiques, et ils vont bien profiter de leur repos tant mérité, parce que lors d'une séance de plongée, les abrutis d'organisateurs vont tout bonnement les oublier dans la mer sans même leur dire au revoir ces enfoirés. Alors Susan et Daniel ils vont se retrouver tout seuls dans l'océan, à essayer de tuer le temps comme ils peuvent, sauf que le problème c'est qu'il y a plein de requins qui rôdent tout autour...
Encore un film qui fait passer le requin pour une créature maudite qu'il vaut mieux avoir morte dans son assiette ou en trophée dans le salon ? Bah ouais, ça change tiens. Alors que si on regarde du bon côté des choses, le requin peut être fort utile et pas seulement écologiquement parlant : d'abord il peut vous aider à vous débarrasser d'un boulet inutile (conjoint qui regarde Dechavanne tous les soirs, chien qui perd ses poils en toute saison, etc rajoutez ce qui vous plaira juste après), ensuite il peut vous permettre de passer un relativement bon moment alors que vous vous faites chier comme un rat mort, il peut même concourir aux Oscars du meilleur acteur par rapport aux vrais supposés acteurs du film.
A moins que vous ne soyez bobo fini repu aux films intellectuels chiantissimes, ou geek en manque de sessualité s'émouvant d'une foufoune dévoilée subrepticement (oui effectivement dans le forum Mad movies, les gars ils ont repéré le minou de la dame ! incroyable ! quel sens de l'observation ! moi je l'avais pas vue !), autant le savoir tout de suite : vous allez vous faire chier comme un requin mort. Et là encore je suis polie. Bon rendons à César, le film est beau : les méduses c'est beau, la mer c'est beau, les ailerons de requin c'est beau. C'est déjà ça de gagné. Mais ça dure 1H20 de beauté, et moi quand je veux voir des belles photos avec du poisson et de la flotte, je mate Thalassa. Là ils nous avaient promis un massacre bordel !!!
Ca s'étire jusqu'à plus soif, le pitch tout maigre ne pouvant bien évidemment pas tenir sur un long métrage. Alors le réalisateur il comble comme il peut : Susan et Daniel se brossent les dents, Susan et Daniel lisent au lit (c'est là qu'on voit de la foufoune), Susan et Daniel dans l'eau piquent une scène de ménage, Daniel fait pipi, Susan fait pipi ; bref pas grand chose à se foutre sous la dent. Il y a bien quelques petits moments où on sursaute, mais c'est juste parce que le roupillon pointe et que le volume de la télé est réglé trop fort. Certes de belles images surgissent du néant à quelques reprises (merde je l'ai pas déjà dit ??) comme ces pauvres humains ne se rendant pas compte qu'ils sont sur la table du salon des requins et que le dîner va être servi, on entend déjà la cloche au loin, mais contrairement aux squales : nous on boulotte pas. Et en plus les acteurs principaux (2 donc) sont des plus banals, mention toute spéciale à la dame qui montre sa petite moule pas poilue avec des expressions de tanche, c'est à dire que dalle dans son jeu d'actrice.
Et une tanche dans l'eau de mer ça le fait pas.

Mike Enslin est un écrivain. Brillant par le passé, il ne réussit pas à ré éditer cet exploit, et est devenu par la force des choses enquêteur des lieux où il règnerait une atmosphère surnaturelle voire démoniaque. Cynique, désabusé et profondément dépressif, Mike ne croit pas en ses missions et n'a jamais constaté une seule fois la présence d'un quelconque fantôme. Jusqu'au jour où il reçoit une carte postale de l'hôtel Dolphin, situé au coeur de New York, où la chambre 1408 a une réputation des plus morbides...
Bon ben voilà j'ai annoncé la couleur, Chambre 1408 est un film tiédasse. Or il n'y a rien de pire que la tiédeur, je préfère à la place une bonne grosse daube, au moins ça a de la personnalité la daube. On va commencer tout de suite par ce qui vaut quand même le coup d'oeil : l'interprétation. Samuel L. Jackson en employé de l'hôtel annonciateur de mort est magistral (mais sous employé avec un petit rôle, argh !) et John Cusack est impeccable et fort heureusement, car il figure dans pratiquement tous les plans. Mais on sent qu'il rame comme un taré pour nous tirer de la torpeur le pauvre... Attention pas tout de suite les moments pauvrets !!!! Dans ce qui retient l'attention encore, la première partie du film avec l'installation de l'écrivain dans la chambre maudite (le Diable est censé vivre là dedans ! Rien que lui !), le réalisateur nous titille, titille encore, on sent que ça vient, qu'on va prendre son pied, que ça va être terrible et qu'on va enfin voir une queue fourchue et et et...
Bah rien. Pas d'orgasme de terreur. Frustration. Aigreur. On redevient tout mou de partout. Chambre 1408 c'est comme Brad Pitt qui se pointe la gueule enfarinée une rose entre les dents et qui souffre d'éjaculation précoce : chiant et foutrement décevant. Y'a plus qu'à se faire une tisane et à se pieuter. Donc la seconde partie ne brille pas par son histoire, ni par ses rebondissements qui sont drôlement cousus de fil blanc en plus. A faire pleurer dans les chaumières même et complètement hors sujet. D'ailleurs je ne me rappelle pas que ces effets de suspens et autres ficelles larmoyantes figuraient dans la nouvelle ? Moi elle m'avait faite frissonner la petite, pas comme ce truc planplan là...
Allez je ne vais quand même pas complètement vous décourager, peut être que vous êtes encore plus bon public que moi et que vous ne ferez pas la fine bouche devant ce divertissement, car au final il remplit ce contrat là, c'est un bon film du dimanche soir en gros. Pour la trouille au ventre et les cauchemars nocturnes, allez voir ailleurs (par exemple du côté de La maison du Diable, de Robert Wise tourné en 1964, et toujours aussi efficace le bougre).

Tourné au début des années 90, bien avant le règne médiatique tout puissant actuel, « C'est arrivé près de chez vous » fit à
l'époque - car c'en était une, d'époque - l'effet d'une bombe. Défendu avec virulence et vilipendé avec virulence également, ce film n'a laissé personne indifférent, et est devenu culte
instantanément. Qui pouvait deviner presque 20 ans plus tard, qu'il serait le visionnaire d'une société occidentale en pleine déliquescence et en proie à de graves dérives exhibo-voyeuriste via
tous les supports de communication existants ?
Une équipe de télévision belge tourne un documentaire sur Benoît, serial killer professionnel. Elle va donc partager la vie quotidienne de ce psychopathe, l'assistant même pendant son
« travail », et se rendant complice sous prétexte du tournage, des exactions du tueur...
Bon quand on lit le résumé comme ça, le film a l'air glauque de chez glauque ; d'ailleurs certains spectateurs ont du le prendre tel quel lors du visionnage, alors évidemment dans ces conditions, cela peut engendrer une certaine souffrance voire un dégoût certain. Erreur ! Si vous ne le prenez pas au deuxième voire trente huitième degré, vous risquez de passer à côté de ce monument politiquement incorrect, dénonciateur des travers futurs d'une télé réalité débutante. Les procédés utilisés sont provocateurs, dépassant toutes les limites, avec un cynisme outrancier dévastateur pour peu qu'on se prenne au jeu ; en effet tout le monde y passe : les vieux (mémorable mamie Tromblon !), les gamins, les postiers, les nains, les Maghrébins, le petit Grégory... et j'en oublie certainement !
L'humour corrosif fait mouche dans toutes les répliques, toutes déclamées par un Benoît Poelvoorde au summum de son Art (qui n'a jamais d'ailleurs décliné même dans des films moyens, aux chiottes Lindon), dont le personnage beauf fait de la philosophie à deux balles type Jean-Claude Vandamme, mais qui est transcendé et pris au sérieux par le seul pouvoir de la caméra. Ca ne vous rappelle pas certaines émissions télévisées actuelles ??? Visionnaire en son temps, je disais... Quand on voit certains témoins dans les émissions de Delarue et les sujets de télé réalité ayant dépassé l'océan Atlantique (traque de pédophiles par des personnes utilisant les mêmes procédés que les prédateurs, pose d'anneau gastrique chez des obèses filmés dans leur vie quotidienne...), une seule question se pose alors : à quand « C'est arrivé près de chez vous » sur tous les petits écrans ?
Dans pas longtemps, dans pas longtemps... A méditer (merci monsieur Romero au fait, dans un autre genre) et à ne jamais laisser tiédir, la manipulation médiatique a encore de beaux jours devant elle.

1. Pas de place à la branlette intellectuelle,
2. CA VA CHARCLER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
John Rambo coule des jours heureux en Thaïlande sur son bateau, avec pour compagnie des cobras et des pythons (c'est qu'il aime pas s'emmerder avec des poils sur le canapé). Sauf qu'un jour, un médecin et sa blonde virginale, vont lui demander de les emmener en bateau en Birmanie, parce qu'ils trouvent que la guerre c'est pas bien, et qu'ils pensent que les petits nenfants Birmans ont le droit comme tous les enfants du monde à une dentition impeccable et surtout à une Bible neuve. Alors Rambo il va écouter que son grand coeur (et aussi un peu son pénis parce qu'il en pince un peu pour la blonde faut dire) et les conduire là bas. Mais à peine arrivés, le gentil monsieur et sa gentille épouse vont se faire kidnapper par des méchants niakoués pédophiles et violeurs, et là Rambo, ça va lui faire moyen, faut pas déconner nan plus...
Promesses tenues !!!! John Rambo c'est pas un film à taffioles hein ! Et vaut mieux pas non plus être Birman et susceptible, parce que là vous ne passerez pas un bon moment... Sinon, pour peu qu'on soit un peu dérangé de la cabioche comme moi, ça peut le faire. D'abord on a affaire cette fois à un Rambo qui a mûri, qui a peut être même suivi une psychothérapie allez savoir, et qui pense dans sa tête : il réfléchit fort qu'en fait, la guerre c'est pour les gens comme lui qui aiment voir le sang couler (je rigole mais là il a pas complètement tort), et que personne ne se bat réellement pour son pays.
Et là subitement on sent que ça lui manque grave de défourailler les méchants caricaturaux. Le plus drôle, ce sont les interventions de nos deux évangélistes aux dents blanches, qui pensent eux tout le contraire de façon pas très lucide, car le médecin en question après que Rambo ait sauvé sa dulcinée d'un gang bang asiatique en atomisant la tête des futurs violeurs avec un gros calibre, trouve le moyen de lui dire : "mais qu'est-ce que vous faites ?? Nous sommes là parce que nous sommes contre la violence, et vous, vous les tuez en pensant faire bien ! Je vais être obligé de le signaler !!!!". Au lieu de lui dire merci comme tout le monde... A se pisser dessus de rire !
Enfin le tout est tellement caricatural et tiré par les cheveux que tout pacifiste qu'on soit (je ne parle pas de moi hein, moi je dis vas y Rambo, TUE LES TOUS !!!!), on prend un malin plaisir vengeresque à voir l'armée d'occupation se faire laminer la tronche à coups de lance roquettes dans le cul. Et vraiment faut pas chercher autre chose dans ce film là : que du gore en gros plan avec des corps sectionnés de partout (allez-y de ma part !!!), et de l'action bourrine comme dans un bon vieux rital des années 80. Ne cherchez vraiment rien d'autre, sinon ça va beaucoup vous énerver...
Et Rambo faut pas l'énerver, non non, vaut mieux pas...

Au Canada, des Rangers organisent régulièrement des sessions de réinsertion dans les bois pour des jeunes ayant eu maille à découdre avec les autorités. Mais ce dont personne ne se doute, c'est qu'un tueur en série ayant commis de nombreux viols et recherché par toutes les polices, usurpe l'identité de l'un des accompagnateurs... Quand en plus la Nature s'en mêle, les promesses de massacre sur des jeunes cons à bouffer du foin, se révèlent nombreuses !
Le réalisateur m'est complètement inconnu (Tom Skull) et peut être vaguement ai-je entendu parler de cette oeuvrette via les Notules lunaires de notre déjanté San Helving. Peut être, je ne m'en rappelle même plus. En tout cas ce qui est certain, c'est que mon cerveau avide de stupidités décérébrantes avant d'attaquer les gros morceaux du week-end (Solitaire, la Terza madre...), a vite fait l'équation « abrutis de jeunes citadins aux casiers judiciaires chargés + bois bourré de bébêtes + Grizzly du titre + serial killer = Vendredi 13 en puissance et buffet de barbaque à volonté » !!! Et ma foi j'ai été servie sur plusieurs points, mais pas forcément ceux auxquels je m'attendais.
Tout d'abord voir un film canadien en version originale est un vrai bonheur. Là bas par exemple ils disent « bon matin » au lieu de « bonjour », y'a des « R » qui roulent joyeusement, et quand un des rangers voit le tueur débarquer avec une chemise maculée de sang, il lui dit tout simplement « faut que tu changes de camisole mon gars ! ». De la pure truculence ! Ensuite le film ne se prend pas au sérieux une seule seconde, et ne respecte aucun des codes du genre. Le tueur sert effectivement de prétexte puisqu'il n'officiera que pendant un tiers du film, cédant sa place à un bien plus gros prédateur, voire plusieurs même, car la Nature est extrêmement sauvage par là bas ! Ici pas de vierge effarouchée rescapée du massacre, mais un retournement de situation pas piqué des hannetons et hilarant au possible !
Le réalisateur s'en donne à cœur joie dans les gags énormissimes, casant même un costume de grizzly avec sa grosse tête, dans l'un des sacs à dos des jeunes ! Complètement idiot mais jouissif dans la régression infantile, tout comme l'avant dernier plan final révélant le suspens éminemment primordial sur l'état siliconé ou non de la poitrine de Bibi (il y a aussi une Kiki dans le film, manquait plus que l'oncle Donald), ayant donné matière à penser aux mâles tout le long de l'histoire.
La conclusion est plutôt cruelle avec quelques relents de « Justicier dans la ville » (mais en moins facho et en plus fun rassurez-vous), puisque la seule supposée oie blanche du lot va payer chèrement sa personnalité manipulatrice. Bref une bonne surprise que ce Grizzly Park, dont il ne faudra pas attendre grand-chose néanmoins si on ne veut pas être déçu du voyage : laissez votre sens critique cynique et votre recherche de cohérence au vestiaire, et activez votre 38ème degré, vous verrez c'est meilleur que certains slashers en activité (voire passés, n'est-ce pas mon Jasounet d'amour ?), et en plus y'a du mixage avec Dumb et dumber !
Have fun !

Second tour des présidentielles en France, un candidat d'extrême droite se retrouve à la tête du gouvernement. Des émeutes éclatent dans le pays, et un petit groupe de braqueurs en profite pour se faire du blé vite fait, avant de partir en exil à Amsterdam. S'arrêtant dans un hôtel à la frontière française, les djeuns n'ont pas prévu de tomber dans l'antichambre d'une famille de cannibales nostalgiques du 3ème Reich...
Dès les premières minutes j'ai senti que ça puait du cul cette affaire là. Générique pataud lorgnant vers "L'armée des morts" mais sans Johnny Cash, clichés sur la banlieue (la caillera qui parle à la zyva), symboles lourdingues, dénonciation maladroite du climat politique actuel, interprétation hasardeuse, tout cela inaugurait un véritable plantage. Mais comme j'ai réussi à regarder Prom night jusqu'au bout - pour ne nommer que celui-là - pourquoi ne pas tenter le coup avec ce film là aussi ? Après tout ce n'est pas tous les jours que notre beau pays peut se targuer de produire une oeuvre a priori déroutante rien que dans son pitch.
Sauf qu'au tout début j'ai reconnu la société de production bessonnienne, là j'ai franchement blémi.
Mais bon. Laissons-lui une chance !!!!!
Que nenni j'aurai du. J'ai tellement été abasourdie par l'interprétation lamentable de quasiment tous les "acteurs", que je n'ai pas pu un seul instant profiter de ce qu'il pouvait y avoir de bon dans le film : c'est à dire en très très gros une très belle photo (la scène entre Yasmine et Eva, avant qu'elle lui coupe les cheveux, rappelant un certain Balaguero dans "A louer") et une volonté très prononcée du réalisateur de rendre hommage au genre via des effets jusqu'aux boutistes dans le gore et la caricature outrancière, ainsi que des clins d'oeil multiples à ses oeuvres phare. Xavier Gens a d'ailleurs tellement été inspiré que l'indigestion d'hommages frôle le plagiat : tout en effet transpire la saga de Massacre à la tronçonneuse, entre autres (citons aussi les oeuvres de Rob Zombie).
Voilà. Point. Stop. Et la suite ? Comme je le disais, je crois que je n'ai JAMAIS vu un tel plantage dans le casting et l'absence flagrante de direction d'acteurs, même dans les bisseries les plus Z de ma carrière de spectatrice. J'en viens à regretter le casting réuni de Prom night, Dérive mortelle et Cannibal holocaust !!!!! Rien à dire sur Samuel Le Bihan, il est comme d'habitude, rustaud et borborygmant quelques mots comme s'il venait d'apprendre à parler. Estelle Lefebure est pathétique dans son imitation à deux balles de la divine Sheri Moon Zombie, on ne croit pas un seul instant à son jeu sensuel bas du front censé nous impressionner ; idem pour Maud Forget, inconnue au bataillon, improbable Amélie Poulain de la famille de bouchers, faisant des tonnes de mimiques débiles soi disantes propres à son personnage (une neunette séquestrée dans son enfance par l'ersatz de Goebels). Les palmes du grotesque reviennent néanmoins à Jean-Pierre Jorris, outrancier dans son rôle de nazi sur le tard, et surtout à Karina Testa - actrice prometteuse selon certaines sources - ayant deux expressions en tout et pour tout à son palmarès à futurs Césars : l'hystérie et la catatonie. Le final est ubuesque à tous les points tellement la malheureuse est livrée à elle-même, pas crédible ni subtile pour deux sous, elle nous gratifie (attention je cite*) "d'une splendide démarche de canard sodomisé, le tout accompagné de hochements de tête débiloïdes" ; elle doit venir du cours Florent la petite, à n'en pas douter. Vous trouvez que Nicholson ou Cage en font des caisses dans le cabotinage ? Matez Frontière(s) et vous réviserez votre jugement !
C'est lamentable ! Encore une fois, Besson en produisant ce petit chef d'oeuvre du pathétique, nous prouve son penchant pour les héroïnes hystériques morveuses et baveuses, se mangeant des baffes par des musclors surdimensionnés, quand elles ne plongent pas toute bouche ouverte dans la merde de cochon ; belle image cinématographique de la femme, on est bien loin malheureusement des héroïnes à la Sarah Connor ou Ellen Ripley. Je ne vous parle même pas des allégories pachydermiques censées faire passer des messages hautement intellectuels ou des incohérences scénaristiques ; ben si en fait je vous en parle : le Christ crucifié dans plusieurs plans, la Beurette soumise à une union forcée, la pluie purificatrice dans un final hystérique et sanglant, Eva mère d'enfants plus âgés qu'elle... et puis merde tiens, je vais arrêter là mon appréciation et vite oublier ce nouveau plantage à la française, en terminant au choix ou par l'accroche putassière de l'affiche "il y'a des limites à ne pas franchir" ou par un extrait de dialogues du film, qui en quelques mots en dit bien long sur le métrage, et en fait la meilleure conclusion :
- "Mais où est-elle ?"
- "Dans ton cul, sale nazi !!!!!"
*La citation vient de EBE dans le forum Mad Movies consacré à ce magnifique film.


