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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Récits de Dumeurie

 

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Il est des voyages qu'il ne faudrait pas refaire étant adulte sous peine de briser des rêves d'enfant. Tu as envie de revivre des sensations fortes, des revivals nostalgiques et doux, hé puis pan ! Entre temps l'adultâgie est arrivée, et bizarrement le toboggan au parc où tu te faisais des films d'action et où tu risquais ta vie de môme, est devenu un misérable truc rouillé d'un mètre de haut où tu crains juste de te choper un tétanos au derrière.

Hé bien pour le Mont-saint-Michel c'est un tétanos psychique briseur de rêves que je me suis chopée. Je n'ai pas arrêté de dire à mon Auvergnat favori : « maieuuuuuuuh c'était pas comme ça dans mes souvenirs !!!! » ou encore « maieuuuuuuuuh c'était drôlement mieux avant !!! » ; faut dire que j'avais vachement insisté pour qu'il visite ce monument de rêve mon Auvergnat favori, en argumentant que c'était une chose sublime, une pyramide merveilleuse, gnagnagna.

Remarquez à ma décharge je ne suis pas sûre d'être devenue une vieille conne clichée ambulante. Pas complètement. Mes yeux d'enfant (et de pré ado) ont bien du émerveiller le lieu en son temps, mais quand même, l'effet toboggan ne s'est pas appliqué quand je suis revenue au Portugal ou à Carnac, où j'ai bien usé mes fonds de culotte autrefois. La magie était bien là, à opérer et elle opère encore.

Pas complètement vieille conne la Dumeur, mais alors que s'est-il passé ?

 

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Vous avez probablement suivi tous les travaux de préservation du site effectués ces dernières années (l'opération de rétablissement du caractère maritime du Mont saint Michel), ce qui est une bonne chose, enfin je pense, enfin je ne sais pas si j'ai mon mot à dire car je ne suis pas du coin. Ce qui fait que maintenant – contrairement à mes souvenirs véridiques enfantins – vous devez vous garer à 3 bornes du bousin dans un parking où des vigiles en gilet jaune vous surveillent au cas où vous voudriez faire popo dans les prés salés ; et pour tous ces services il vous en coûtera pour plus de deux heures de stationnement, la modique somme de 11,70€.

Oui mais c'est pour participer à la préservation du patrimoine. Ah ben présenté comme ça, ça va, c'est moral et écolo, c'est pas du tout pour faire du fric, n'ayons pas l'esprit détourné et mauvais tout le temps quoi. Et puis c'est bien de se débarasser des bagnoles non ?

Alors pour aller ensuite jusqu'au Mont saint Michel, vous pouvez : marcher pendant une cinquantaine de minutes en moyenne sur un chemin entièrement balisé et sans abri - où en déambulateur ou poussette sous une grosse averse normande ça risque un peu d'être balèze mais bon, c'est pour le bien du site - ou alors vous faire véhiculer dans une navette gratos où vous ferez connaissance avec les aisselles odorantes de tout un tas de monde, oui comme dans les transports en commun quand tu bosses la semaine. Déjà le trip mélancolique tu le sens là, tu le sens ? Ah ben ça y est je commence à tutoyer moi.

Navette gratos qui comme par hasard, fait des arrêts dans toute la zone commerciale, parce que oui, maintenant, contrairement à mes souvenirs d'enfant, y'a plein de magasins et d'hôtels, et de magasins et d'hôtels, au moins 10 bornes avant le Mont saint Michel. C'était mieux avant je vous dis. Cet arrêt est sponsorisé par le cidre saint Michel, ah oui mais si vous en achetez vous participez à l'économie locale, ah ben présenté comme ça bon, ça va c'est éthique !

Déjà avant d'arriver au fameux parking qui vous permet de préserver le patrimoine du coin bande d'égoïstes, j'ai senti que ça commençait gravement à puer du cul cette affaire là. D'ailleurs je l'ai dit à mon Auvergnat favori : « dis donc ça commence à puer du cul cette affaire là ». Biscuiterie saint Michel par ci, cabaret saint Michel par là, parc à alligator et calvados comme là bas dis, ça commence un peu à bouffer à tous les rateliers non ? NON ? Si, si et re si. Pis alors je vous raconte pas une fois arrivée sur le fabuleux trésor du patrimoine classé à l'UNESCO, je ne l'ai pas trop sentie non plu la madeleine dumeurienne, mais par contre l'effet de l'omelette de la mère Poulard qui vise le CAC 40, ça j'avoue je l'ai sentie très fort un peu dans le dedans de moi même où ça crispe, ouille ça fait un peu mal là. Figurez-vous qu'étant môme, ENCORE, je fantasmais sur l'omelette de la mère Poulard, mais comme on n'avait pas les moyens on se contentait de brioches fraîches qu'on mangeait en regardant la baie et c'était drôlement bien. Ben là comment dire, je crois qu'avec mon Auvergnat favori on n'a toujours pas les moyens de se la payer, l'omelette de la business woman qui n'est plus de ce monde mais qu'on profite bien de sa renommée, bordel.

 

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J'avais un chien à une époque, il gerbait exactement pareil,
même qu'on a cru qu'il avait la rage.

 

C'est qu'elle coûte 35€ l'omelette.

35€ la putain d'omelette faite avec trois putains d'oeufs auquel on ajoute un putain d'ingrédient mystère : du putain de beurre.

Pardon je deviens vulgaire. Mais quand même. Quand même je me demande comment on peut en arriver à une somme pareille avec des trucs sortis du cul d'une poule et d'un pis de vache ?

 

Hein COMMENT ON EN EST ARRIVE LA ?

 

Comment je vais vous le dire. Par la volonté très pure de vouloir préserver le patrimoine du Mont saint Michel et de faire des bifetons monumentaux sur le dos des touristes qui achèteraient N'IMPORTE QUOI et à qui on vend effectivement N'IMPORTE QUOI, en se foutant complètement de l'authenticité et de la cohérence du site. Il n'y aurait eu que le coup de l'omelette, franchement j'aurai fermé mon clapet, pourquoi ça ne serait pas aussi hype et branchouille que Cannes le Mont saint Michel ? Mais maintenant, MAINTENANT j'insiste, quand vous débarquez au Mont saint Michel vous avez l'impression d'être arrivé comme par magie à Pigalle, enfin magie c'est façon de parler hein. Des rabâteurs à l'entrée qui pourraient très bien brailler « pussy pussy PUSSY !!!! » sans que ce soit choquant vu la putasserie des alentours, des enseignes m'as-tu-vu de partout dans la rue principale, des boutiques dignes de Las Vegas ce haut lieu du raffinement, criardes de vulgarité où tu trouves pêle mêle des sabres japonais, des revolvers du far West, des tapisseries « Joconde », des Tours Eiffel mais attention avec du calvados dedans, c'est qu'il faudrait pas oublier où on est hein...

Quand même faut rester un poil authentique.

 

 

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Who are you, houhou, houhou !

 

Des fois que. Et partout PARTOUT la mèrepoulardisation du site. Je ne sais pas qui sont ses géniteurs mais franchement les mecs (et les nanas aussi tiens, ne soyons pas sexiste) vous avez complètement explosé la banque ! BRAVO ! YOU WIN ! A part le fameux resto qui existait et était déjà très réputé quand j'avais une dizaine d'années, la franchisation du nom de la dame s'est transformée en poule aux œufs d'or (d'où le prix de l'omelette peut être ?) : en-cas « la mère Poulard », hôtel « la mère Poulard », boutiques de souvenirs « la mère Poulard », cookies et thé earl grey « la mère Poulard » (so normando-breton isn't it?) ; la poulardisation des esprits est partout !

Franchement madame Poulard, étant donné le nawak qui règne dans ce temple aux marchands dans un site autrefois hautement étiqueté lieu de pélerinage catholique (je croyais qu'argent et religion catholique n'étaient pas compatibles, don de pauvreté toussa, mais j'ai du rater un chapitre biblique vu comment ils se mettent la race au Vatican), je pense qu'il y a encores quelques ficelles sonnantes et trébuchantes que vous pourriez tirer histoire de régner encore plus sur ce Disneyland ambulant : pourquoi pas un fast food burger « mère Poulard » ? Un kebab « mère Poulard » ? Un buffet asiatique « mère Poulard » ? Et un sex shop « mère Poulard » hein, j'ai trouvé ça bizarre de ne pas trouver de godes dans vos boutiques de souvenirs* ? Nan ? Vous trouvez ça aussi incongru qu'une choucroute dans le menu d'une pizzeria ?

 

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Du thé noir de Chine typique de la Normandie, mais pourquoi pas ?

 

Oui ben moi aussi. Non seulement vous avez gâché un des rares merveilleux souvenirs d'enfance (et de pré adolescence) que j'avais, mais en plus vous avez bousillé mon envie de revenir et j'étais même tellement dégoûtée que je n'ai même pas acheté de cartes postales pour dire aux gens « c'est génial, allez-y, j'y ai passé un super moment, c'était comme dans mes souvenirs !!! ». Et j'adore les cartes postales bordel.

Merci de me faire dire maintenant : « le Mont saint Michel c'était mieux avant ». Voilà grâce à vous je suis devenue une vieille conne aigrie. Mais si j'ai pu contribuer à la préservation écologique du patrimoine de votre Disneyland bretonno-normand avec les 6.30€ qu'on a laissé dans le parking vu qu'on s'est barrés au bout d'une heure, je suis trop contente pour vous et vos ovaires en or.

Et vu que je vous ai suggérée l'idée d'un vibromasseur « la mère Poulard », je pourrai peut être toucher un copyright là dessus quand vous le mettrez en place ? Ca ne saurait tarder. Pour le bien être du Mont saint Michel bien sûr, ne soyons pas cynique...

 

Allez, pour terminer une chanson tout à fait de circonstances :

 

 

* on me fait signe à l'oreillette que oui, ils ont même osé les capotes Mont-saint-Michel...

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Sautes Dumeur

Alors je me présente, je m'appelle Suzy, je balance du sarcasme plus vite que mon ombre, je pense que l'espèce humaine mérite d'être bouffée pendant une invasion de zombies, j'ai des rêves de révoltes à base de têtes célèbres sur des piques (ah ça ira ça ira ça ira !), et de temps en temps j'ai des visions comme dans Ally McBeal sauf que là c'est plutôt des lancers de hache et des giclées de sang que j'entraperçois dans certaines situations.

Je pense à la mort souvent.

Hyper souvent même.

Je suis très saine d'esprit quoi. Jamais en colère, toute rangée de partout, dans les bons tiroirs.

Mais faut savoir qu'il y a trois trucs en cette planète qui me rendent toute chose, qui me transforment en yougouyougoucétrochoupi où je babille des gouzis gouzis comme les culs bénis devant un tableau de la Nativité : les bébés hérissons...

 

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ils ont des toutes petiiiiiiiiiiiiiiiiiites mains toutes roses !!!!!

 

... et recevoir des cartes postales.

Le troisième je le dirai pas, mais il se situe quelque part sur mon Etalon Auvergnat, histoire de vous mettre sur la piste.

Donc pour en revenir aux cartes postales, ça me fait HYPER PLAISIR d'en recevoir. Et d'en écrire. En vacances, à peine arrivée et même si on est partis deux jours, j'ai une envie furieuse d'en acheter et d'en envoyer. Et pis comme j'ai une phobie administrative, le fait d'ouvrir la boite aux lettres et d'avoir autre chose que des documents avec Marianne sur l'enveloppe ou c'te merde de GDF (nan je ne dirai pas leur nouveau nom), hé ben ça console un peu et surtout ça fait moins peur.

En recevoir et en envoyer.

Le pied.

Jusqu'à il y a deux mois, j'étais une amateurounette de la carte postale, et ça ne concernait que les proches. Jusqu'à ce que Claire-qui-se-reconnaîtra partage son vice sur Facebook et Twitter. Son vice à la dame c'est le Postcrossing. Et à force de me renseigner sur le truc, hé bien je suis tombée dedans, mais grave. J'en suis à 21 cartes envoyées en 68 jours. C'est pas grand chose quand on considère les gros tarés du Postcrossing, mais c'est le signe que je suis enferrée, grave.

Grave quoi, vous l'aurez compris. Maintenant je gazouille devant ma boite aux lettres au lieu d'avoir mal aux boyaux. Maintenant je fais encore plus la fête à mon Etalon Auvergnat quand il dit "on a du courrier !!!!" (et je ne me répands pas en flaque de caca). Alors je gueule des fois à la vue de certaines cartes postales (je vous raconterai tout ça, du calme), mais sinon ma vie a radicalement changé.

Oui elle a changé. J'ai les joues roses et je ne pense plus à cramer des cyclistes au lance flammes. Je pense que nous vivons dans un monde merveilleux et que nous allons tous courir tous ensemble à poil dans l'herbe fraîche au petit matin.

Et la mort, pfffffffffffffff, la quoi déjà ?

J'ai foi en l'humanité.

L'Humanité.

Le Postcrossing a changé ma vie.

Comme quoi le bonheur c'est simple comme un petit rectangle cartonné avec des bisous.

 

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(et puis comme j'ai envie de faire durer le suspens et qu'il me reste des côtés relous quand même faut pas abuser, je vais vous narrer tout ça en plusieurs billets tiens).

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Ciné Dumeur

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Alors qu'on se le dise tout de suite le titre français de The hallow est complètement pourri (pour changer) : dans notre belle contrée ça s'appelle "Le sanctuaire", alors que l'explication donnée au VRAI titre est on ne peut plus jolie, et symbolique, et légendaire. Donc je vais vous parler de The Hallow. Si vous voulez savoir ce que ça veut dire, matez le film !

Je ne vais pas vous en faire des gorges chaudes, ni de démontage en forme, parce que le film ne mérite ni l'un ni l'autre. A mon humble avis. Oui ça n'est que mon humble avis. Juste en le matant y'a plein de sarcasmes cérébraux qui me sont venus à la tête, et comme je suis en pleine purge en ce moment, je me suis dit que j'allais me faire du bien et accessoirement vous contaminer avec ça.

Donc ne prenez pas pour argent comptant ce qui va suivre. Ou pas. Oups deux négations. Faites en ce que vous voulez.

 

(Dois-je préciser que je vais grave tout spoiler au fait ?)

 

Alors voilà The hallow c'est l'histoire d'Adam qui arrive avec sa petite famille de Londres vers l'Irlande pour... hé ben pour faire des trucs dans les bois. Au vu de l'ambiance qu'instaurent les pécores du coin - personne ne lui adresse la parole et la famille reçoit des menaces - on se doute qu'il a un rapport avec la future déforestation des bois dont tout le monde parle à la radio.

Et là dès le démarrage, je me suis dit : "faudrait quand même que les persos des films d'horreur aient un minimum de culture de films d'horreur, parce que bon y'a plein de clignotants rouges qui s'allument d'un coup, d'un coup, tout partout". C'est un truc que je pigerai jamais dans les nouveaux films d'horreur, pourquoi les persos font que des trucs cons ? Dans les anciens on leur pardonne, ils savaient pas, mais maintenant avec l'Internet toussa ?

Déjà en premier clignotant rouge pour Bibi, Adam il est joué par Joseph Mawle, et moi dès que je vois ce gars je me dis que c'est comme Nicholson : d'entrée on se méfie. D'entrée je me méfierai. D'ailleurs le début du film c'est un peu comme le début de Shining, ça fait "lalalalalala nous arrivons pour une nouvelle vie lalalalalalala il fait soleil on se fait des bisous lalalalalala..."

 

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"... ah ben non y'a Joseph Mawle on se calme hein"

 

Pis comme si j'avais pas raison tout de suite, dans le casting y'a aussi Roose Bolton. Roose Bolton il prévient la femme d'Adam que l'heure est grave, que l'endroit est maudit toussa. Je sais pas vous, mais moi y'aurait Roose Bolton qui me balancerait un livre relié avec de la peau d'humain à travers la tronche en me disant "je vous aurai prévenus", hé bien je me méfierai.

 

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"lalalalalalalala je vais continuer à enlever les barreaux que les anciens proprios ont jugé bon de mettre aux fenêtres lalalalalalala tout va bien lalalalalalala"

 

Pendant que madame met un peu d'ordre dans la maison, Adam il explore la forêt avec son bébé dans le dos, et il arpente les endroits les plus sombres et les plus glauques ; il profite même de cette ballade bucolique pour faire un prélèvement dégueu sur la carcasse d'une biche faisandée qui a de drôles de pics pointus dans l'une de ses plaies, avec son bébé dans le dos. Plaie qui dégouline d'un truc poisseux et noir. Mais comme Adam il est scientifique (il a un microscope) et qu'il a aussi un bébé dans le dos, il va de ce pas farfouiller la plaie et emmener dans un petit pot du truc poisseux et noir. Chez lui.

 

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"lalalalalalala hum c'est intéressant je n'ai jamais vu The thing ou Alien lalalalalalala"

 

Et il repart trankilou dans la maison familiale avec son bébé dans le dos pour analyser dans une pièce pas sécurisée du tout, le truc POISSEUX ET NOIR dont je parlais juste au dessus. Mais il a mis des gants, cékilépacon, Adam. Et voilà ce que ça donne au microscope, sa trouvaille.

 

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"lalalalalala c'est tout à fait rassurant lalalalala allons voir Clare et tenter d'avoir un coït avec elle lalalalalalala"

 

Je sais pas vous, mais moi je me méfierai hein. Plein de fois déjà. Parce que j'ai vu plein de films qui inspirent pas confiance, mais pas Adam, ni Clare, ils sont purs. Mais je crois que je l'ai déjà dit.

Pis ça continue tout du long comme ça, l'inculture concernant les films d'horreur. Adam il est persuadé que c'est Roose Bolton qui lui veut du mal, qui défonce la fenêtre de la chambre du bébé en pleine nuit, qui l'enferme dans le coffre de sa caisse, qui griffe la dite caisse de tous les côtés, qui met des cadavres pourris POISSEUX ET NOIRS dans le berceau du bébé... en même temps là je ne peux pas complètement lui donner tort, il a peut être vu Game of thrones ?

Mais à un moment Adam il commence à se douter que c'est peut être lié à autre chose tous ces trucs méchants dirigés contre lui. En fait ce qui va le faire tiquer un peu, c'est quand sa femme met les phares de la voiture en plein sur ça (et il a ramené des petits copains dites donc) :

 

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"ah mé non pas lalalalala c'est quoi ces trucs je ne les avais pas vus venir ceux là !!!!!"

 

SERIEUSEMENT ADAM ????

Vous croyez que maintenant qu'ils savent tout ça dans la famille, ils vont arrêter leurs conneries ? Que nenni !!! Clare elle va continuer à rester de tout son poids sur une trappe dans le grenier pour empêcher une créature de rentrer alors qu'elle a déjà enfilé un bon mètre cinquante de bras, et qu'un pic pointu s'approche dangereusement de son œil,

 

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et Adam va avoir l'idée du siècle d'enfermer leur bébé dans un placard. Mé oué un bébé dans un placard rien que ça. Sans air, avec une bonne cisaille pour fermer le dit placard, et le tout dans une baraque qui suinte le truc NOIR ET POISSEUX, je répète le TRUC NOIR ET POISSEUX.

Bon tout ça pour dire que c'est fort dommage ces persos qui n'ont vu que Game of thrones et pas un seul film de la culture d'horreur des années 70/80 (au moins !), parce que sinon le film possède une ambiance assez plombante, l'imagerie est très belle, il y a de la flipette au rendez-vous et le sous titre écolo est assez séduisant (même si déjà vu et très classique).

Nan vraiment les gens, y'a pas que les séries télé dans la vie hein...

 

PS : je ne suis vraiment, mais vraiment pas sérieuse dans tous mes propos, devinez lesquels.

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Sautes Dumeur

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Hé mais ça pète un titre en english !

L'autre soir j'étais en train de tailler le bout de gras avec mes voisines et mon cher et tendre, et naturellement ça a viré séries télé vu qu'on s'en enquille des kilos, de séries télé. Mes voisines m'ont fait connaître Girls, et ma foi je suis allée jeter un coup d'oeil, et... j'ai été absolument fascinée, au point d'enquiller quatre saisons sans interruption coïtale (quant à la 5ème, j'y suis allée mollo parce bon Kimmy Schmidt et Rebecca Bunch étaient sur la scène, et sont foutrement plus intéressantes quand même).

4 saisons de fascination ! Alors chère lectrice, cher lecteur, sache que je fais un gros distinguo entre fascination, amour, et adoration de la qualité du bousin. Concernant Girls, je dirai que si je faisais une moyenne des sentiments traversés dans ces 4 saisons, ça virerait grave à la tiédasserie, à l'énervement, et au récurrent "mé cé quoi ces persos de merdeuhhhhhhh".

Mais je voulais quand même tenter de vous expliquer ma fascination : essentiellement tournée vers Lena Dunham - la créatrice de la série et l'actrice du perso principal Hannah - qui est autant énervante, exaspérante, narcissique qu'intéressante. Cette femme - si j'ai bien tout pigé les articles en english lus ça et là - cristallise et crispe toutes les tensions et polémiques depuis environ quatre ans. Oué elle est trop à poil, oué elle est raciste, oué elle aime pas les trans', oué elle dit qu'elle est la voix de sa génération, et j'en passe des dizaines d'autres ; à tel point qu'elle a été victime de menaces de mort sur son compte Twitter parce qu'elle avait fait un selfie habillée avec le boxer de son mec.

Twitter et ses trolls haters quoi.

En fait ce qui m'a surtout interpellée perso, c'est le fait de lire dans tout un tas d'articles que Girls était une série féministe et que Lena Dunham bossait sur sa prochaine série féministe. Alors ou les gens qui ont écrit ça n'ont maté que 3 épisodes, ou je suis complètement à la masse niveau analyse. Ils illustrent leurs propos en disant que Girls parle de sujets touchant des femmes, de façon crue et réaliste, comme l'avortement, le papillomavirus, le sexe, le travail etc. Et montre à poil à quasi tous les épisodes, une femme foutue normalement (avec du bide et une grosse culotte de cheval). Euh oué les gens, mais le simple fait d'en parler ça veut dire que c'est féministe ? Le simple fait de jouer au ping pong à oilpé en montrant son corps tout potelé, avec un beau gosse ça veut dire que c'est féministe ? Seriously guys ?

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Voilà l'objet du délit...

 

Franchement si Girls c'est féministe, alors tout est absolument féministe en ce monde et surtout les choses les plus improbables. Si vous n'avez pas vu la série et que vous voulez quand même vous faire une opinion, je vais vous en raconter certains événements.

Alors le perso principal de la série, Hannah, est de loin le plus catastrophique humainement parlant. Elle se prétend écrivain, elle n'a jamais écrit de bouquin de sa vie, et quand finalement on lui fait une offre d'ebook, elle développe des troubles psychiatriques et bien évidemment foire ce projet. Ca peut arriver, je dis pas, bon passons. Elle finit par décrocher une place dans une université dans le Michigan pour se professionnaliser dans l'écriture, mais ne supporte pas les critiques de ses pairs qui ne sont pas là à l'encenser systématiquement comme tous ses amis plus ou moins dégénérés new yorkais. Et qui lui reprochent notamment d'avoir retranscrit la souffrance physique d'une femme en une espèce de truc boursouflé d'ego et d'ode à la violence. Alors elle retourne à New York soi disant par nostalgie du pays, sans jamais se remettre en question bien sûr. Niveau relations intimes, elle se fait régulièrement humilier par ses mecs (le fantasme d'Adam qu'elle est une prostituée de 11 ans, oupsssssss), et quand elle se fait harceler par son boss qui a les mains baladeuses, elle lui propose ni plus ni moins de réaliser son fantasme et de coucher avec elle ! Dans un autre épisode Hannah tente une fellation au volant sur l'un de ses potes pour le remercier d'être venu la chercher... alors qu'il ne demandait rien du tout, le pauvre (je dis le pauvre parce que ça va mal finir, et que franchement il y aurait une inversion des rôles dans cette scène, là direct on parlerait de tentative de viol).

Le pire je crois c'est cette scène pathétique où son directeur d'école lui fait des remarques sur son comportement tout à fait justifiées (la nana elle sympathise avec l'une de ses élèves ado, lui raconte les pires trucs, et après lui fait une scène quand celle-ci s'éloigne d'elle pour aller vers des gens et des problèmes de son âge ; vlà le niveau de maturité quand même) et qu'Hannah pour résoudre le conflit écarte ses pattes et lui montre sa foufoune !

Fin du conflit !

Donc c'est ça être féministe, OK.

Sans oublier les autres persos féminins, tous franchement à la ramasse... La plupart d'entre elles n'ont pas de job, n'en cherchent pas et passent leur temps à ponctionner les pauvres andouilles de leur entourage. Mais par contre elles font les boutiques, vont dans les endroits branchés et mangent des cupcakes (oui toutes les nanas font ça c'est bien connu). Le summum pour cette série féministe je trouve, c'est de porter vers le haut en matière d'image, d'intelligence et de comportements matures... LES MECS ! Et oué LES MECS évoluent dans cette série ! Le fameux Adam, gros taré sociopathe de première, se développe petit à petit au fil des saisons pour devenir enfin un homme responsable, se prenant en main et essayant d'être moins impulsif. La scène où il s'occupe du bébé de sa sœur (qui s'est barrée bien évidemment, sans se préoccuper de sa môme, encore un bel exemple de personne tiens) alors que Jessa (la soi disante meilleure amie d'Hannah) hurle comme une bécasse parce qu'elle a un petit vomi de bébé dans le dos, est assez révélatrice. Alors qu'elle lui demande son aide pour la nettoyer en hurlant alors qu'il tient le bébé dans ses bras, et qu'elle lui crie dessus en lui disant "mais pourquoi tu ne t'occupes pas de moi ???", Adam répond de façon exaspérée mais posée : "parce que c'est un bébé et que tu es une adulte". Idem pour le perso de Fran, dernier petit ami en date d'Hannah, taxé par celle-ci de moralisateur rétrograde, alors que c'est un mec normal, mature, sensé et responsable. Et respectueux envers les femmes, et tout le monde en général. Bizarrement le seul à ne pas évoluer et à continuer à être complètement crétin et futile, c'est le meilleur pote d'Hannah, et il est gay.

 

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Le fameux Adam, fascinant lui ausi,
et très bon acteur soi dit en passant

 

Alors voilà au final si je résume et je réduis tout, Girls est une série féministe parce que des nanas immatures et irresponsables jouent avec leur sexe pour se tirer de toutes les situations, et parce qu'elle montre les hommes sous un jour nettement plus favorable (à quelques exceptions près). Donc oui j'ai été fascinée. Fascinée par tant de contradictions, par tant d'ambivalence dans l'approche, par tant de conneries, par tant de pathétisme dans des persos exécrables, et j'avoue que ça n'est pas du tout MAIS ALORS DU TOUT ma came habituellement, préférant de loin les séries résilientes avec des gens se sortant les mains du cul.

Mais c'est fascinant de voir tout ça et de se dire "oh mon Dieu j'ai 43 piges et je suis bien contente de ne pas être dans ce merdier et que Lena Dunham ne soit pas la voix de ma génération !". Pinaise je l'ai échappée belle ! Mais sinon Girls c'est pas mal pour les dialogues, la réalisation (oui je pense qu'elle est douée la dame qui énerve tout le monde, on sent qu'elle aime Hitchcock et Kubrick, par contre faudrait qu'elle arrête de jouer, cf la vidéo ci dessous), la bande originale et les guest stars par foison que j'étais super contente de revoir, mais pour le féminisme hein j'ai rien compris...

 

J'ai à peu près la même expression quand je vais éternuer, sauf que là elle vient juste d'apprendre que son ex mec couche avec sa soi disante meilleure amie, c'est tragique les amis


Original Video - More videos at TinyPic

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Récits de Dumeurie

Et pourtant chère lectrice, cher lecteur, le titre est trompeur, les préceptes premiers que j'essaie d'enseigner aux stagiaires psy qui vont m'endurer plusieurs mois, sont les suivants :

1. Les êtres humains sont imprévisibles.

2. Les êtres humains sont imprévisibles.

3. Tu ne peux pas deviner ni prévoir ce qu'un être humain est susceptible de faire.

4. Maintenant démerde toi dans la vie avec ton futur diplôme.

 

Force est de constater néanmoins, après 15 ans de carrière et 43 ans de côtoiement de l'espèce humaine, que des fois, des fois, je me laisse aller à un trop plein de confiance arrogante, à une supputation de ligne de conduite chez l'autre ; mesdames et messieurs, des fois j'avoue, je me laisse aller au profilage, à la devination et à la prévisibilitude des comportements humains. En général ça donne ça : "alors çui la, ça m'étonnerait un jour que ça change, il restera piteusement le même touteeeeeeeee sa vie, ou alors il va faire ça ça et ça tuuuuuuuuuuu le temps, indécrottable toussa, salut, au revoir". Bien évidemment quand on se targue des fois de faire de la spychologie raccourcie, il est des jours où on dérape et en général c'est pour casser du sucre sur le dos de ses congénères. C'est rarement plein d'espoir le profilage.

 

C'est toujours pour condamner l'autre.

 

Ca ne m'arrive pas souvent de supputer négativement l'attitude et le soi disant avenir des autres, surtout dans mon taf, mais dans le privé, s'il est une espèce que je croyais connaître sur le bout de doigt, dans toutes les langues, et surtout du côté des injures en portugais, c'est bien l'espèce dumeurienne.

 

Celle de laquelle je suis issue. Et la personne dont je vais vous parler ce jour, c'est celle dont je suis sortie, celle sans qui je ne serai rien et celle sans qui je suis tout, cet être profondément complexe, cette boule de femme autant capable de terrorisme psychique que de merveilles affectives, cette créature que j'adore et que je hais à la fois et à qui je porte les sentiments les plus violents et les plus bouleversants du monde : ma mère.

 

La mère Dumeur. Mal née il y a 70 ans, mal mariée, mal tout court depuis des décennies, pétrie de douleurs éternelles, sempiternelle hypocondriaque qui enceinte à l'âge de 15 ans, croyait que le truc qui grossissait son ventre était une tumeur cancéreuse. C'est dire depuis combien de temps ça dure. La mère Dumeur diabétique, insuffisante cardiaque, malvoyante, cassée à de nombreux endroits, balafrée du cerveau, scarifiée sur toute la surface de sa peau, faisant péter toutes les échelles de douleur dès qu'elle se retrouve à l'hôpital, c'est à dire 2 ou 3 fois par an.

 

La mère Dumeur qui un jour a appelé son médecin parce que ses pets sentaient mauvais, et qui a fait capituler ce même médecin, à l'aube de sa retraite avec son dossier médical de la taille de l'annuaire de la région parisienne, tant sa médecine ne lui servait à rien. Cette même mère Dumeur qui avant la pose de son défibrillateur, répondant en privé avec moi à des enquêtes sur l'impact de sa maladie sur sa qualité de vie, s'est mis d'un coup à faire voler les scores à l'approche du cardiologue dans sa chambre.

 

"Mets le maximum sur l'échelle, J'ai mallllllllllllll J'AI MAL DOCTORRRRRRRRRRRR J'AI TRÈS TRÈS TRRRRRRRRRES MALLLLL", sempiternel chant dumeurien avec main collée sur le front pour bien prouver que c'est insoutenable.

Voilà j'ai dépeint le tableau, restez, n'ayez pas peur, ça va devenir caustique.

 

Donc je la vois arriver au service de consultation externe de cardio, tout doucettement avec son tripode, baskets aux pieds (le médecin lui a dit de faire du sport), col roulé bleu canard sous pull orange vif, à moins que ce ne soit l'inverse. On ne s'est pas souhaitées la bonne année, c'était pas la peine, ça fait longtemps qu'elle n'y croit plus la mère Dumeur.

 

Et voilà que pour la visite du contrôle de son défibrillateur, on se retrouve la mère Dumeur, mon frère, le qualiticien du service et moi, à devoir lui faire passer ses foutues enquêtes sur la qualité de vie depuis la pose du machin sur son cœur, y compris l'appréciation sur sa vie sexuelle, où là d'entrée sans lui demander je coche dorénavant à sa place : "non concernée".

 

Oui parce que la mère Dumeur elle est malvoyante, elle est portugaise, et faut que ses enfants remplissent les trucs à sa place, même si bizarrement à la maison elle arrive à lire des petits caractères en français.

 

La mère Dumeur quoi.

 

On arrive à la partie : "sur une échelle de 0 à 100, 0 étant le seuil "je me sens proche de la mort", 100 "je me sens en parfaite santé", quel score mettriez-vous pour parler de votre état de santé actuel ?". Me voilà avec le crayon en train de chercher sur l'échelle s'il y a pas des graduations sous le "0", genre un "-50 seuil momifié, pourri, décomposé, cadavre zombifié", quand soudain j'entends : "mets moi un 100".

 

METS MOI UN 100.

 

Moi : "nan mais t'as pas compris la question, 100 c'est le plus haut score, c'est quand tu te sens en parfaite santé, attends je te répète tout là, t'as pas compris !!!".

"J'ai tout compris, 100 c'est bien, mets 100".

Moi roulant les yeux comme des billes, et me demandant s'il faut pas la coller tout de suite en neurologie, MA MERE EST EN TRAIN DE FAIRE UN AVC, ON LUI FAIT LES GAZ DU SANG TOUT DE SUITE, NFS CHIMIE IONO ON S’ÉCARTE !!!!! : "nan mais c'est pas possible maman, 100 c'est pas possible, MEME MOI JE SUIS PAS EN 100 C'EST PAS POSSIBLE !!!!".

 

Même moi je ne suis pas en 100 elle est bonne celle là hein ? Passons. Je la vois hésiter. Je vois le qualiticien blêmir et je l'imagine en train de se dire "merde elle est en train d'influencer les questions ça va me pourrir mes stats". Ben en même temps le questionnaire où ON PARLE DE LA VIE SEXUELLE DE SA MÈRE t'as qu'à le faire passer par quelqu'un de moins émotionnellement impliqué, hein MEC ?

Je lui laisse le score, je lui ai mis son 100 et j'ai demandé au qualiticien quand c'était possible que je m'en fasse poser un, de défibrillateur ? ça distille de la coke, du Xanax, du caramel, de la bière votre truc, ça marche comment au juste ? J'en veux un moi aussi bordel.

Un truc au cœur qui fait du bien au cerveau. Qui fait qu'on se sent en parfaite santé alors qu'on a un dossier médical qui a probablement contribué à la déforestation de l'Amazonie.

 

Demain sera un autre jour, peut être, mais là tout de suite la mère Dumeur elle m'a collée le doute. Un doute d'un genre nouveau qu'elle avait pas l'habitude de me coller dans les pattes, la mère Dumeur, elle qui m'a programmée pour l'hypocondrie et l'anxiété, et d'autres trucs un peu faisandés encore. Un doute teinté d'espoir et de sérénité avec lequel j'avoue, je ne sais pas composer. Elle m'a cassée tous mes préceptes moraux à son sujet la bourrique. Comment je fais pour la décoder maintenant, l'être que je connais depuis le plus longtemps sur cette planète hein ? Bordel faut toujours qu'elle fasse chier la mère Dumeur ! Allez mettons les projos sur elle, encore et toujours !

 

Ce qui est sûr, en tout cas, même si ça dure seulement deux jours, c'est que dorénavant quand je saoulerai mes futures stagiaires et les étudiants de psy avec mon savoir tout frais à base de réponses à la normande, je citerai la mère Dumeur dans mon discours.

 

Avec son échelle de 100 elle va passer à ma postérité.

 

(et je lui tire mon chapeau avec cette chanson)

 

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Sautes Dumeur

Quand j'ai reçu un courrier de la CPAM me disant que j'avais été pas mal en arrêt maladie depuis mars, et que si ça continuait nous étions susceptibles, mon médecin traitant et moi, de subir un contrôle pour savoir si tout cela était justifié, hé bien j'avoue j'ai fort pensé à toi année 2015.

 

GROSSE VACHE.

 

Oui j'ai fort pensé à toi. J'ai un moment voulu écrire tout le récit de mon année 2015 pour expliquer ça au monsieur qui contrôle de la CPAM, depuis la suspicion de cancer sur la personne de ma sœur jusqu'à ce moment de solitude avant hier devant les paquets de Noël où j'ai voulu sur les étiquettes distinguer le cadeau de ma mère de celui de... ah ben merde non y'a plus besoin de les distinguer les mamans, y'en a plus qu'une. Et puis non je ne l'ai pas écrite au final cette lettre au monsieur de la CPAM, c'était un courrier automatique que j'avais reçu, hé pis je ne voulais pas me lancer dans un style misérabiliste d'avant l'heure, le trip valise en carton ce sera pas pour tout de suite.

 

PUTE.

 

Oui j'ai fort pensé à toi et figure toi que c'est pas terminé, vu que tu n'es pas terminée, gros sac à merde. Mais là c'est bon je n'ai pas envie d'attendre le premier janvier pour t'écrire une lettre d'amour, salope, j'ai envie de te braver là maintenant tout de suite parce que tu nous auras bien laminé la tronche, gros tas de fumier infâme.

 

Chère année 2015, je crois que pour le moment tu peux te féliciter d'avoir été la pire de ma vie, BRAVO, SOUS VOS APPLAUDISSEMENTS ! Tu es fière ? Oh mais tu peux l'être ! Je frôle d'admiration pour toi tiens, c'est magnifique tout cet élan de générosité envers moi, envers nous, envers plein d'humains car en causant de ci de là avec d'autres gens, a priori t'as joué à la grosse connasse avec eux aussi. Pis y'a qu'à mater les infos pour constater ça aussi hein, je suis pas myope non plus et totalement égocentrée, vieille trace de caca dans le slip.

 

Et pourtant sale raclure de bidet, je t'avais accueillie sous les meilleures auspices. Un chouette réveillon, des vœux pour tout le monde, des bonne année en veux-tu en voilà. Ca t'a déplu à ce point qu'on ait été sympas avec toi vieille pute dégarnie ? Qu'est-ce qu'il y a qui ne va pas dans ta petite tête hein ? Une année 2014 extraordinaire pour mon homme et moi, de l'amour tout partout, de la sérénité qui déborde, des vœux chaleureux pour du meilleur et du mieux encore, tu t'es dit quoi à ce moment là, qu'il fallait que ça s'arrête, que c'était trooooooooooooop et qu'il fallait qu'on se rende compte que la vie pouvait être chienne ? Comme si j'étais pas au courant, GROSSE MERDE.

 

Je sais pas si t'as fait gaffe furoncle suintant de pus, mais Disney ça n'a jamais été ma came. Tout juste me laisse-je aller de temps en temps, quelques jours par mois, à doses homéopathiques, à quelques notes de la mélodie du bonheur. C'est que naturellement j'essaie de ne pas trop me laisser aller, au cas où, des fois que tout ce tas de merde me reprenne. J'évite l'overdose de bien être, c'est nocif pour la santé, et puis ça fait mal quand le soufflé retombe. Mais là espèce d'abcès purulent, t'as même pas laissé la levure monter. Direct PAN ! dans ta face. Ah ça fait déjà DEUX JOURS, DEUX JOURS ENTIERS que rien d'horrible ou de déplaisant n'est arrivé, ah mais non MAIS NON ça ne peut pas durer, on va en remettre encore, ENCORE ET ENCORE.

 

T'as gagné, je me laisse couler dans du misérabilisme, ça y est ça suinte, ouinnnnnnnnnn la vie c'est trop injuste ! Quoi tu voudrais que je me laisse aller à de la philosophie de cour d'école, que je déclame à qui mieux mieux des citations pondues probablement par un môme de 8 ans qui vient de perdre sa sucette dans le caniveau genre "tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort", ou "même pas mal-euhhhhhhhhhhhhh", ou "c'est celui qui dit qui y est" ? Mais non chiennasse, j'ai mal, et j'ai peur et je suis tendue comme une ficelle de string, en attendant ton prochain coup de PUTE qui ne devrait pas tarder, mais surtout je suis en colère. Et non le fait d'asséner à des humains des merdes éprouvantes sans fin, ça ne les fait pas rebondir, ça ne les fait pas peindre des fresques arc en ciel avec des licornes roses, y'en a qui prétendent ça et qu'on retrouve bizarrement la nuque en L au pied de l'escalier.

 

Je suis tombé par accident, mais oui c'est ça, à qui tu veux faire croire ça franchement ? Alors salope d'année 2015, je vais faire ce que je peux avec les moyens du bord et attendre la tête dans le sable que ça passe un peu. Parce que je deviens un peu superstitieuse, tu comprendras pourquoi ou pas j'en ai rien à foutre, je n'accueillerai pas ta comparse 2016 de la même façon ; non à quelques jours de ton remplacement j'ai d'ores et déjà décidé qu'il n'y aurait pas de fête, pas de voeux, pas de bananéééééééééééée, rien de tout cela, de ma part, je vais attendre, patienter, le dos tendu que peut être, rien n'arrive.

 

Rien n'arrive, que rien n'arrive, je me contenterai du rien, c'est merveilleux le rien. Il y a quand même quelque chose qui me réjouit à cette heure, vieille tache de pus sanguinolente, c'est que tu n'as plus que 7 jours à vivre TOI, et que tu vas crever bientôt TOI. Tu vois l'espoir me regagne, mine de rien, c'est mesquin peut être, on va tous y passer, certains y sont déjà bien passés, mais toi aussi SALE PUNAISE DE LIT.

 

Alors je ne te dis même pas au revoir, je ne te présente même pas mes futures condoléances, juste je te pisse à la raie chère année 2015, et je te dédie cette chanson MAINTENANT CREVE.

 

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #La citation vieille

Entendu aujourd'hui :

 

"Il faut que je vous dise, après 70 ans de mariage, il se trouve que je suis encore plus amoureux de ma femme qu'au début".

 

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Récits de Dumeurie

Si je vous écris aujourd'hui c'est que ma lettre à monsieur le crabe qui ressemblait fort à une prière, n'a pas atteint son destinataire.

Chère Maryse donc, celle que j'appelais aussi par son nom de famille pour déconner, parce que depuis que j'ai épousé votre merveilleux fils, je porte le même, de nom. Des madame comme vous Maryse, y'en a encore mais clairement ça ne va pas être le même délire. C'est que j'ai vu mon nom, votre nom, sur une plaque gravée sur un cercueil hier après midi et ça m'a rendue toute chose, et je ne pourrai pas déconner avec les autres madame comme vous de la même manière.

A vous aussi je voulais écrire une lettre, avant celle à monsieur le crabe d'ailleurs, et je me suis dit : "ah ben non quand même, elle n'est pas mourante, les mots qui défilent dans ta tête ça fait un peu longue épitaphe, quand même, non ?". Ben non au final, non. Ils étaient complètement appropriés mes mots, beaucoup visionnaires et très surréalistes encore.

C'est comme dirait l'autre : "la mort est comme une chose impossible", effectivement dans votre cas elle l'est encore plus. Impossible. Il y a trois semaines on vous diagnostiquait un crabe, la semaine dernière on vous injectait 3 chimios d'affilée, et dimanche vous mouriez.

Dimanche on nous a appelés à 6 heures et quelques du matin, pour prendre la relève à l'hôpital car il fallait vous veiller. Sur le chemin qui nous séparait de vous, nous avons vécu des moments magiques encore plus surréalistes que la brutalité de votre maladie et de votre lutte vaine. Des renards traversant la route, des milans par dizaines guettant la proie du matin, des chiens fous s'agitant sur un sac rouge, et ce soleil, ce soleil éblouissant sur toute cette nature qui se réveillait. Et vous, vous mouriez.

D'ailleurs quand nous sommes arrivés vous étiez morte. L'homme de votre vie a dit : "c'est fini". Nous pensions encore avoir le temps, toujours avoir le temps, étirer ce temps pour rester encore avec vous. Vous êtes partie sans vous en apercevoir. Enfin peut être un peu si, mais pas complètement. La veille de votre hospitalisation vous nous avez regardés et avez simplement dit : "putain". Ca résumait bien la situation. Et puis samedi soir, vos derniers mots ont été : "mais où est-ce que vous allez manger ce soir ???", sur un ton à la Maryse, très aimable et très attentionné surtout à l'égard de vos proches.

La Maryse comme on vous appelle là bas dans le Cantal. La Maryse qui faisait à bouffer pour un régiment, avec des pommes de terre en entrée, en plat, au déjeuner et au dîner ; vous étiez ma terreur diététique. Vous êtes morte d'ailleurs en croyant que la patate était un légume. La Maryse qui préparait ses menus des mois à l'avance, essayant d'harmoniser tout ça, la Maryse ayant emporté dans sa tombe la terrible recette inimitable du choux farci (oui ça tournait pas mal autour de la nourriture faut dire) ; la Maryse au sarcasme facile avec l’œil plein de conneries à venir, qu'est-ce que c'était marrant quand on faisait du ping pong verbal toutes les deux sur votre rejeton. La Maryse cul gelé qui a beaucoup contribué au réchauffement climatique avec ses flambées qui atteignaient les 26° in situ. La Maryse qui a refusé qu'on s'enquille un deuxième bocal de mirabelles à la gnôle un Noël (mais qui a bien boulotté et siroté jusqu'à la dernière goutte le premier avec nous, elle qui ne buvait jamais, ça lui a fait tout drôle). La Maryse qui nous a mis la race aux Mille sabords en juillet dernier. Chanceuse au jeu, heureuse en amour, oui c'est possible.

La Maryse qui était assise à mes côtés à notre mariage.

Le temps qu'on a passé sur la terrasse, chez vous, à ne rien dire et à prendre le soleil, en regardant le petit insecte colibri butiner vos géraniums. Je l'ai vue hier soir encore la petite bestiole, mais vous n'étiez plus là pour me soutenir dans ce silence assourdissant que vous nous avez laissés. La voix cassée, les mitrailles verbales plein la bouche, les conseils et invitations étant en fait des ordres ("reprends en !!!!!"), les objets que vous laissiez tomber une ou deux fois par jour, vous en faisiez du bruit et ça nous allait très bien.

Je ne vais pas réussir à terminer cette lettre comme je l'aurai voulu, parce que j'aurai voulu ne jamais l'ébaucher dans ma tête, ne jamais la coucher ici. Ou alors très vieille et vous plus encore. Nous allons essayer de vous rendre hommage chère Maryse, votre fils en continuant à faire tomber des objets aussi, à lire et à écrire tous les soirs en pensant à vous, à contrôler la compta et l'administratif de ces deux autres hommes qui sont seuls maintenant sans vous. Moi en étant naturelle, au final, je ne vais pas me forcer, c'est que je vous ressemble un peu.

Mais pour la patate ça ne va vraiment pas être possible Maryse.

 

Et on termine en chanson avec le King que je n'arrête pas d'avoir dans ma tête aussi en ce moment :

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #Récits de Dumeurie

Tu permets que je t'appelle comme ça ? Je ne sais pas pourquoi, bizarrement je te vois comme une entité masculine, no offense vraiment, pis je ne suis pas sexiste je le rappelle.

Cher monsieur le crabe donc, on s'est un peu côtoyé ces dernières années via des personnes chères en qui tu t'es immiscé, maintenant ça s'est plutôt bien passé vos cohabitations. C'est qu'apparemment de plus en plus on arrive à t'oublier, jusqu'à un répit de plusieurs décennies des fois ; j'ai même vu des vieux warriors à qui tu avais fait des soucis quand ils étaient jeunes, puis pan plus rien.

T'es parti chez d'autres, faut croire, ou alors on arrive mieux à t'écarter maintenant.

No offense vraiment. Je ne suis même pas en colère contre toi, c'est dire.

T'as même failli attaquer la Dumeurie en début d'année. "Kyste suspect à l'ovaire" qu'il avait dit le radiologue à ma sœur. Et là, la mère Dumeur est intervenue, elle a dit : "y'a jamais eu de crabe chez nous, c'est pas maintenant que ça va commencer". Je ne sais pas si elle t'a foutu les boules mais en tout cas tu ne t'y es pas collé en Dumeurie ; pire que la chimio et les traitements agressifs : la mère Dumeur. Barrez-vous la voilà, elle va vous démonter la gueule.

Nan t'es parti ailleurs, dans des contrées montagneuses paisibles et sereines jusqu'à maintenant. Et de façon splendide, bravo !

Tu nous as surpris par la rapidité de ta violence. BOUM DANS VOTRE TRONCHE SANS AVERTISSEMENT ! ALLEZ MAINTENANT DEMERDEZ-VOUS !

Tu vois ma mère ne t'appelle même pas monsieur, elle te pisse à la raie, mais moi non. Je ne sais pas si c'est de la peur, sûrement un peu, mais c'est surtout du respect. Parce que contrairement à un virus apporté par d'autres, ou un accident externe, monsieur le crabe toi tu viens de nous. Tu fais partie de nous, tu es un bout à nous. On peut se mettre en colère contre un bout de nous, oui c'est faisable, mais je me demande à quel prix ? Combattre contre soi même c'est space quand on y pense. Donc là vois-tu je suis sur le cul, et on est une petite dizaine je dirai à se sentir minables et inutiles en ce moment, à se demander à quoi ça sert et à être complètement anesthésiés par la suite des événements qu'on arrive même pas un temps soit peu à anticiper.

Une vie au jour le jour. Je crois que c'est ça le plus violent pour moi. Une de mes principales défenses est d'essayer de tout anticiper, de tout contrôler et de ne pas laisser de place à des possibilités infimes de grains de sable. Oh ce n'est pas la première fois que ça s'enraye, mais à ce point, si.

C'est qu'en Dumeurie on est un peu des warriors de l'existence qui tourne mal. Je ne dirai pas qu'on est immunisés contre tout, c'est faux, mais mine de rien ça fait des décennies qu'on se prépare à des trucs monumentaux, donc ça nous aurait moins pris de court si ça avait été chez nous. Pis nous on t'aurait dégagé vite fait tellement là dedans c'est invivable et tellement on parle fort tout le temps avec des joues toutes rouges tout le temps.

No offense, c'est pas qu'on veut pas de toi, vraiment, mais c'est qu'on fait peur à un tas de monde.

Mais là je dois dire que t'as vraiment fait fort. T'immiscer dans leur vie franchement.

Ca fait quelques jours que je pense à toi et aussi à t'écrire une lettre. Tel que c'est parti je ne pense pas que ce sera un traité de paix qui va aboutir à une entente fraternelle sur des décennies. Par contre j'aimerai bien, juste pendant quelques semaines, quelques mois et plus encore mais bon je ne veux pas t'embêter, que tu fumes le calumet de la paix et que tu fasses une trêve. Laisse lui du temps, toi qui est un bout d'elle.

Et je mets Elvis de mon côté aussi tiens, sait-on jamais :

 

 

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Publié le par Suzy D.
Publié dans : #La citation vieille

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La réponse - agrémenté d'un ricanement en coin - d'une dame à qui je demande ce qu'elle faisait comme métier :

 

"J'étais trésorière principale à la Direction Générale des Impôts.

Je faisais payer les gens."

 

D'accord, je ne vais pas vous contredire vous, jamais...

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